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jeudi, 10 mai 2007

Point final

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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10:32 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd

mercredi, 02 mai 2007

Les écolos avec Royal

C'est vrai, les Verts sont descendus électoralement bien bas le 22 avril : 1,57 %. Passé le choc, on réfléchit et on se remet à la tâche.Pour l'instant, la tâche, c'est de militer pour que la candidate de lagauche gagne le 6 mai. Oui, les Verts appellent à voter Ségolène Royal. Sans ambiguïté, les Verts appellent donc à voter pour la gauche. Encore une fois, certaines personnes poseront la question suivante :«pourquoi l'écologie est-elle ancrée à gauche ?» J'essaie de répondre à cette question dans un billet sur mon blog: L'écologie, de gauche ET de droite ? Mais quand on défend un projet de société où on confisque le débatsur l'énergie en imposant l'EPR, où on pense pouvoir continuer à tuer l'espace urbain à coup de bagnoles grâce aux agrocarburants français ou importés du Brésil, un projet de société qui relègue des personnes qui fuient leurs pays pour des raisons politiques ou climatiques aurang de voleurs, quand on est le seul candidat à refuser ne serait-cequ'un moratoire sur les OGM en plein champs, je trouve qu'il est délicat de se qualifier d'écologistes. «Pour les écolos, de toute façon, quand on compare les programmes des deux candidats du deuxième tour, y a pas photo. L'Alliance pour la planète a donnéla note de 16/20 à Royal, seulement 8,5/20 à Sarkozy. C'est aussi pourça que je voterai le 6 mai pour Ségolène Royal, sans état d'âme.

 

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Sarkozy favori, sauf révolution copernicienne

Au-delà de la mobilisation démocratique saluée par tous, et de la fiabilité prouvée des enquêtes d’opinion sur lesquels nous ne reviendrons pas, trois enseignements politiques essentiels se dégagent du scrutin du 22 avril :

1. Le premier tour place très nettement Nicolas Sarkozy en position de favori. Le candidat de l’UMP a réussi la mobilisation de toutes les droites et bénéficie d’un rapport de force électoral (même en partageant l’électorat de François Bayrou) particulièrement favorable dans la perspective du second tour.  
2. L’extrême gauche a raté une occasion historique de prendre place dans le paysage politique français, du fait de ses divisions. Rassemblée autour d’un seul candidat, elle aurait pu talonner, voire dépasser le FN, ce qui aurait constitué un événement considérable. Ses querelles de clocher et de leadership l’en ont empêché.
3. La logique du vote utile identitaire a porté Ségolène Royal. Le souhait de voir la gauche présente au second tour a prévalu sur toute autre considération. Le Sondage Sortie des Urnes d’Ipsos est particulièrement clair sur ce point : quand 60% des électeurs sarkozystes disent que leur principale motivation de vote fut « le projet », 52% des électeurs de Ségolène Royal mettent d’abord en avant « l’appartenance politique » de la candidate.

Les enquêtes de second tour, auxquelles ont peut faire confiance au vu de la justesse de celles du premier tour, la situent autour de 46% : un handicap qui nous paraît impossible à renverser en quinze jours, dans un contexte où les réserves abstentionnistes sont nulles et où le taux de fermeté du choix pour le second tour dépasse les 90%. En France comme aux Etats-Unis, le débat d'entre-deux tours n'a jamais inversé le rapport de force; en général il conforte simplement les électeurs de chaque camp. Les quinze jours de campagne ne pourront donc suffire à inverser une tendance clairement favorable à Nicolas Sarkozy. Du coup, seul un «accident» ou un acte politique lourd peuvent modifier le cours des choses. Deux hypothèses sont envisageables pour ce type de scenarii:

•    une lourde erreur de comportement de Nicolas Sarkozy, qui le ferait apparaître comme trop «nerveux», ou «brutal», en réactivant ses traits d’image négatifs : disons le nettement, nous n’y croyons guère au vu de son excellente capacité à se maîtriser, à maîtriser sa communication et son discours. Nicolas Sarkozy paraît trop «fort» pour commettre les erreurs attendues par ses adversaires.

•    un pari stratégique et politique de la part de Ségolène Royal, celui d’annoncer dans les jours qui viennent aux Français qu’une fois élue elle nommera François Bayrou Premier ministre. Cela est peut-être pour elle la seule manière de s’assurer un report suffisant –c'est à dire quasi intégral- des voix centristes du premier tour sur son nom. Au vu des reports de voix dans les enquêtes d'intentions de vote second tour, ni son projet, ni sa personnalité ne suffisent. Une initiative de ce type ne rendrait pas la victoire certaine mais à l’évidence la défaite moins sûre, si l’on se souvient que tous les sondages pointaient François Bayrou largement vainqueur dans l’hypothèse d’un duel de second tour avec Nicolas Sarkozy. Cette stratégie, qui consiste à remettre en cause  quarante ans d’alliances et de comportements politiques pour conserver une chance de l’emporter, nous parait toutefois très peu probable. Sous réserve de ce retournement d'alliances, nous pensons que Nicolas Sarkozy sera le prochain Président de la République française.


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vendredi, 27 avril 2007

Certains ont-ils intérêt à transformer cette campagne en vaudeville ?

Je suis halluciné par le jeu auquel se livrent certains. Nous avons eu dimanche une belle étape pour la démocratie : forte participation, beau score de premier tour et net recul d FN. Tout pour faire pendant 15 jours un beau débat entre deux projets.

Et depuis que se passe t il ? Une pièce de tartuffe ! Il y a 10 jours Ségolène Royal critiquait avec violence Francois Bayrou ; aujourd'hui elle soutient qu ils ont des convergences. On nous prend pour des ânes. Segolene royal tombe dans le jeu des combinaisons politiciennes ! Elle déjeune en ville avec DSK pour la jouer "aimons nous folle vie". Pendant ce temps Nicolas Sarkozy est en visite dans un chantier du bâtiment ... No comment !

Le plus scandaleux, ce sont les accusations de pression sur la PQR ou Canal plus. En résumé, ils jettent en l'air des rumeurs pour faire croire que Nicolas Sarkozy a exercé des pressions sans avancer la moindre preuve. C'est juste digne des procès de Moscou. On lance une rumeur et on vous dit "prouvez votre innocence" ! C'est parfaitement honteux !

Ségolène royal a par exemple dit que le patron du syndicat de la PQR avait ete convoqué par Nicolas Sarkozy ... Sauf que comme il l'a lui même indiqué dans une dépêche AFP, le dit-patron était à un meeting devant 500 personnes. Je suis surtout énervé parce que je ne voudrais pas que l'on nous fausse ce débat de 2ème tour qui doit être un débat sur le fond entre deux projets et pas un vaudeville.

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dimanche, 22 avril 2007

Morandini slalome

Sur son blog, Jean-Marc Morandini a annoncé qu’il donnerait les résultats du premier tour avant 20 heures, puis qu’il ne le ferait pas. Finalement, il a annoncé à 18h31 que plus de 80000 personnes tentaient «de se connecter au même moment sur ce  blog en 10 minutes».

 Mais tout ce qu’il a donné, c’est qu’à 19h35, sur Canal +, la marionnette de Bachelot parlait de "succès" et que «celle de Lang avait un verre de champagne à la main».


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vendredi, 20 avril 2007

Dimanche, on vote...

Et voilà. Des mois qu'on se triture les méninges pour certains, qu'on milite pour d'autres. Qu'on débat, qu'on soupèse. En ligne, entre amis, au détour d'un marché, d'une réunion. A un point qui devient presque assourdissant.

Malgré la lasstitude, la vraie fatigue, je voudrais revenir sur quelques éléments de cette campagne en ligne. Pas un bilan, non, juste des coups de coeur, des espoirs, des envies, des frustrations. J'avais vécu la campagne de 2002, en ligne, comme un spectateur attentif mais peu impliqué outre quelques espaces particuliers. J'ai vécu 2007 au coeur, dans une pression et un volume un peu fou.

J'en retiens une immense frénésie, une abondance folle d'initiatives. J'ai fait le compte de mes emails. Plus de 3000 notifications de nouveaux sites, blogs, billets, initiatives, communiqués (sans compter les communiqués de presse des grands partis). Des centaines de sites ont éclôt. On peut gager que peu auront trouvé un succès immense ou un bel écho, mais que tous auront eu des petites responsabilités dans des choix individuels et des réflexions sur le vote. C'est ça, la longue traine : l'immense foule des petits comptes parfois plus que les quelques "gros", dans cette abondance.

Cette frénésie est une fantastique illustration de ce qu'est devenu l'internet : une économie de l'abondance. Je reste déçu du manque d'endroits où l'on parvenait à hiérarchiser, classifier, mettre en valeur, par des mécanismes innovants ou des choix éditoriaux clairs, ce qui se passait. La course à la news, au scoop, au relais de la dernière vidéo a souvent gagné ceux qui auraient du être des guides et des validateurs, des personnes ou des lieux qui aident non à répertorier tout ce qui se fait, mais à trier et sélectionner. J'ai trop vu mille fois les mêmes vidéos partout, les mêmes argumentaires. Souvent jusqu'à la nausée.

La solution, dans ce cas, est le repli là où ça ne se passe pas sous les projecteurs. Le "je garde pour moi". Sous le feu nourri, j'ai pris plus de plaisir, finalement, à lire d'excellents articles et de vraies révélations chez des blogueurs qui avaient peu d'audience et étaient moins exposés que les autres. Se retrouver, comme il y a deux ou trois ans, dans des endroits où les médias n'ont pas accès, où les militants se font rares, où la qualité est préservée... Je pense à certains blogs d'économistes, qui n'ont pas été poussés sous les feux de la rampe. J'ai dégusté leurs billets avec délectation, et le plaisir de ne pas être noyé dans la masse, en plein coeur de cette matrice à faire de l'actu qu'a été l'Internet. Allez, je vous en livre un : Etienne Wasmer se révèle un blogueur passionnant, autant qu'il était déjà un économiste que je respectais. S'il vous plait, n'en faites pas une blogostar !

A coté des sérieux, j'ai parcouru, par périodes, les sphères militantes. J'y ai vu beaucoup d'énergie, eu la révélation de ces échanges incroyables de désirs d'avenir, qui resteront un des véritables phénomènes, à analyser, de cette campagne. Mais je goûte peu le militantisme et l'acharnement à croire. Je n'y suis pas beaucoup resté.

Enfin, j'ai été déçu du manque de créativité dans la satyre et dans la parodie. La vidéo, finalement, est un métier. Produire des contenus qui touchent, ça demande du talent, et il n'est pas forcément répandu. Je m'attendais à une plus grande émergence de talents. Finalement, celui qui a fait mouche a été presidentielles.net, par une équipe qui nous faisait déjà tous rire en 2002. Il y a eu Magne & Viard, qui, pour le coup, furent les révélations. Ipol et son impertinence pertinente. Quelques vidéos éparses ont fait rire avec justesse. Mais de masse de créations nouvelles, d'émergence de talent, point trop.

Drôle de campagne que celle où l'on se retrouve, à moitié malgré soi, plongé au coeur. Fantastique opportunité de rencontres, aussi, parfois trop furtives, tant ça tourne. Rencontres de blogueurs, de militants passionnés ou lucides, de journalistes en train de réinventer leur métier, d'hommes politiques qui osent.

Dans quelques semaines, on ne va pas rentrer chez nous. On va certes remballer tracts, vidéos militantes et affiches. Le boulot va reprendre dans un autre mode. Nous garderons malgré tout de sacrées traces de cette "première vraie netcampagne". Des amis, des découvertes, des enseignements riches pour la suite.

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PS : un petit message pour remercier l'équipe de 20minutes.fr de m'avoir invité à blogueur ici, et les prier de m'excuser de mon intermittence sur ce blog. Enseignement : il est dur de maîtriser et publier sur plusieurs supports à la fois quand ce n'est pas son métier... Merci. Et bravo pour ce qui est en train de s'inventer sur 20minutes.fr.

20:15 Publié dans Versac | Lien permanent | Commentaires (42)

Royal soutenue par les universitaires ? Dans ses rêves peut-être mais la réalité est tout autre.

Quatorze «présidents d’universités» ont annoncé officiellement leur soutien à Ségolène Royal. En quête de légitimité quant à ses compétences de femme d’Etat, Ségolène ne pouvait rêver mieux que le soutien de tenants de l’enseignement supérieur.

Seulement voilà sur les quatorze signataires seulement six sont effectivement encore en poste à la tête d’une université. Ces six présidents sont par ailleurs connus depuis longtemps pour leur engagement à gauche dont Sylvie Faucheux (Versailles Saint Quentin) est candidate socialiste aux législatives dans les Yvelines et Richard Messina (Evry Val d’Essonne) est conseiller général socialiste de l’Essonne.
Les quatre autres, Bernard Bosredon (Paris VI), Jean-Claude Fortier (Bourgogne, Marc Gontard (Rennes II) et Richard Lioger (Metz) sont tous membres ou proches du PS. Les universités sont traditionnellement classées à gauche et comme ironise Olivier Vial, délégué général de l’UNI, organisation de la droite universitaire, « ce qui m’étonne et me rassure, c’est qu’ils soient si peu nombreux à soutenir la candidate socialiste. Ca fait un peu baroud d’honneur d’archéo-présidents d’université ! ».

En résumé sur 82 présidents d’université seulement 6 sont derrière Royal, par conséquent 76 ne sont visiblement pas emballés par la vision de l’enseignement supérieur de la candidate socialiste.

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Petit dîner entre amis

François Bayrou et Michel Rocard ont dîné ensemble...

Décidément

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Le Chapelier flou

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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15:00 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

mardi, 17 avril 2007

Vous arrivez encore à dormir ? Pas moi.

Vous arrivez encore à dormir ? Pas moi.
Pas à l’aube d’une révolution citoyenne !

Quelques jours nous séparent du premier tour. Ce premier tour est historique, plus rien ne sera comme avant.
 
Les derniers gros meeting, cette adrénaline incroyable des préparatifs. Bercy mercredi soir à 19h, Pau le lendemain. Et puis de la nostalgie..., je ne peux m’empêcher de repenser à ce cycle politique qui se termine.
A cette campagne magnifique sur le plan des rencontres, via internet, sur le terrain, ces centaines, milliers de visages. Ca adoucit le cauchemar de la dérive à droite de la droite de Monsieur Sarkozy. En ce qui le concerne il a déjà perdu. Il ne pourra jamais être le Président de tous les Français. Ses mots ont blessé à jamais les citoyens. Il a joué la division, c’est irrémédiable.
Passons…
 
Tous les militants vous le diront. Des engagés plus anciens aux tous nouveaux, nous avons construit chaque jour en vue de cette élection. Depuis de longues années. Des familles politiques entières qui se tournent vers une échéance.
Lorsque j’ai pris ma carte en 2003 c’était déjà pour ces élections, pour participer de toutes mes forces à cette campagne.
 
J’ai une pensée pour celles et ceux avec qui j’ai appris à découvrir ce monde politique, des militants, des élus, des parlementaires, des salariés et puis deux figures. L’un qui s’envole vers son destin, François Bayrou. Et une femme, Marielle de Sarnez. C’est à elle que je dois d’avoir autant appris.
Pour toutes les personnes des appareils, dont l’avenir est suspendu à dimanche soir. Nous ne savons pas ce que nous serons dans 7 jours. Nous savons que nous sommes fiers de nous battre pour nos idées et que nous continuerons parce que c’est notre passion. La politique a donné un sens à notre vie. Une page nouvelle de notre Histoire est en train de s’ouvrir.
 
J’ai une pensée pour mes concitoyens, pour les Français. Pour nous tous, notre destin est suspendu à ce résultat.
Allons-nous saisir cette chance historique de tourner la page de cette fin de cycle politique qui n’en finit plus d’être un désastre ?
Allons-nous réussir à faire confiance à l’avenir, à nous faire confiance ?
A tenter ce qui semblait encore impossible il y a quelques mois : l’émergence d’une nouvelle voie, le dépassement des luttes partisanes, l’émergence d’une génération d’hommes et de femmes qui se rassemble autour d’une vision de société apaisée, combative, rassemblée ?
Allons-nous réussir à sortir du cadre, des carcans ?
Je n’arrive plus à dormir malgré ces longs mois de travail parce que je suis pleine d’espoir, pleine de projets, pleine d’images d’un renouveau.
J’ai confiance.
 
Des femmes et des hommes qui apportent au pot commun de la reconstruction leurs valeurs, le meilleur d’eux-mêmes.
Michel Rocard, Bernard Kouchner nous encouragent à faire tomber ces murs, hier si hauts, de l’épaisseur d’une feuille de cigarette. Ce que nous étions si nombreux, en dessous des blocages des états majors des gros appareils à réaliser, depuis de longues semaines, ils en parlent, ils le rendent réel. Dans les médias.
Azouz Begag, François Goulard, Jean-Luc Roméro, eux, nous préviennent de l’incapacité de Nicolas Sarkozy à rassembler et à fédérer autour de lui autrement que par la force, et de la dangerosité de sa droitisation.
 
François Bayrou, lui continue, imperturbable, à tracer le chemin de cette ère nouvelle que les Français attendent.
Nous sommes avec lui, à ses côtés pour lui permettre de mener à bien son grand projet pour la France. D’incarner cette majorité qui rendra possible une nouvelle gouvernance de la France.
Au lendemain du 1er tour, je prendrai mes responsabilités pour construire avec celles et ceux qui s’y sont aussi engagés cette belle majorité réformatrice, progressiste dans la diversité et le renouvellement.
 
Cette révolution citoyenne, c’est à nous de la mener. Ce dimanche 22 avril 2007.

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La surprise, c’est qu’il n’y en aura pas

A la lumière des élections présidentielles passées, commentateurs, observateurs, politologues se sont longuement interrogés sur les surprises possibles que pouvait réserver le scrutin de 2007. A cinq jours du scrutin, les enquêtes d’opinion montrent qu’il n’y en aura pas: Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal devraient bien être au rendez-vous du second tour, comme prévu depuis de longs mois.

Nicolas Sarkozy est toujours en tête des intentions de vote et peut compter à la fois sur l’extrême mobilisation de son camp (plus de 80% des sympathisants UMP) et l’apport de voix frontistes dès le premier tour (il capte actuellement près du quart de l’électorat lepéniste de 2002). Ségolène Royal, malgré quelques turbulences, bénéficie ces derniers jours d’une dynamique favorable dans toutes les enquêtes. Portée par le vote utile et la mémoire du 21 avril (77% des sympathisants de gauche jugent que l’absence de la gauche au second tour serait une « événement grave » selon une enquête LH2/Libération publiée aujourd’hui), elle semble avoir creusé avec François Bayrou un écart conséquent en vue de la qualification au premier tour : 9 points à la SOFRES, 6,5 chez IPSOS, 6 chez CSA. Elle est également parvenue à limiter les effets d’éviction sur sa gauche.

Certes, les deux principaux candidats ont logiquement vu leurs intentions de vote s’éroder par rapport à l’automne 2006. Mais ils sont restés à des niveaux très largement supérieurs à ceux qu’enregistraient Lionel Jospin et Jacques Chirac à la même époque en 2002. La progression de François Bayrou est bien l’événement de campagne le plus important des derniers mois. Elle lui permet d’espérer un triplement de son score de 2002. Pour autant, elle ne semble pas suffire pour le faire passer du statut de troisième homme à celui de deuxième. Sa tendance est orientée à la baisse en cette dernière semaine : tout se passe comme si son projet de transgression du clivage gauche-droite se heurtait, dans les jours décisifs de l’élection, au plafond de verre des logiques politiques, celles qui conduisent, notamment à gauche, les électeurs un temps tentés par le candidat béarnais à rejoindre leur camp quand l’échéance arrive. Quant à Jean-Marie Le Pen, si tout indique qu’il peut rééditer un bon, voire très bon score, il devrait cependant se situer en dessous de seuils de qualification plus élevés qu’en 2002.  « Les Français veulent le match » : l’intuition de Nicolas Sarkozy du début de campagne devrait se confirmer dimanche soir.

 

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lundi, 16 avril 2007

Voynet est la meilleure

Ce n'est pas moi qui le dit, mais plusieurs associations dans divers domaines. Jugez un peu, Dominique Voynet est classée en tête par les associations suivantes :
- L'Alliance pour la Planète (71 associations environnementales dont France Nature Environnement, le WWF, les Amis de la Terre, la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, la Plateforme du commerce équitable...)

- Le Collectif Urgence Planétaire (ONG de développement et d'environnement : CCFD, CRID, Cimade, Secours catholique, Accueil paysan, Attac, Défap, Fasti, Fédération Artisans du monde, Fédération française des MJC, Greenpeace France, Ipam, Les Amis de la terre, Ligue des droits de l'Homme, MRAP, Oxfam France-Agir ici, Peuples solidaires, Plate-forme pour le commerce équitable, 4D,RAC France, Réseau Sortir du nucléaire, Ritimo, Survie...)

- La Ligue des Droits de l'Homme qui «appelle les citoyennes et les citoyens à prendre en compte, dans leur choix... l'importance donnée aux droits de l'Homme dans les positions prises par les candidats... et leur engagement réel»

- Le Collectif pour la santé environnementale.  Des spécialistes de la santé publique à l'origine de la loi Evin de 1991 (professeurs Got, Hirsch, Tubiana, Grémy, Dubois), ont interpellécourant janvier les candidats à la présidentielle en leur présentant «16 propositions pour assurer la protection contre les épidémies industrielles». Elle a d'autre part reçu un «prix spécial avec mention Transparence» par l'association Anticor, associationd'élus qui luttent contre la corruption.

On fait deux reproches majeurs aux Verts. Le premier, c'est qu'ils oubliraient de se concentrer uniquement sur l'écologie en parlant de problèmes jugés "mineurs" comme l'immigration ou l'égalité des droits entre citoyens, le salaire minimum, les conditions de travail, etc. L'autre reproche, inverse, est qu'ils se concentrent trop sur l'écologie et ne pourraient donc pas gouverner vu qu'ils ne s'occupent que de la nature, des trucs d'écolos quoi.

Ces notations d'associations qui agissent dans plusieurs domaines (protection de l'environnement, lutte contre la corruption, aide audéveloppement, solidarité nationale et internationale, défense desdroits de l'Homme) prouvent que le programme des Verts porté par Dominique Voynet ne se limite pas à la caricature qu'on en fait, c'est-à-dire un peu d'écologie saupoudrée de mariage gay. Merci à ces associations qui, au-delà du caractère un brin infantilisant de la "notation" des programmes et des candidats, permet
d'éclairer les programmes des candidats et des partis sous un jour nouveau.

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PS : non, je n'ai pas oublié avoir promis de parler des biocarburants dans un billet précédent. Je n'ai pas eu le temps d'écrire un truc convenable, mais c'est en cours...

jeudi, 12 avril 2007

Cons Sensés

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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16:10 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : bd

Ségolène Royal et les jeunes: tango mortel?

Je voulais pousser un petit coup de gueule… Je suis halluciné par les approximations de Ségolène Royal dans son programme pour les jeunes. Quelques exemples :

- Autonomie des universités: elle a commencé par dire qu'elle était pour et puis elle a fait marche arrière, a expliqué que finalement ce serait dans le cadre national et puis marche arrière encore elle n’en parle plus.

- Prêts à taux zéro pour les étudiants : c'était dans le bouquin de Hollande, elle l'avait repris et mis en avant à Grenoble et puis l'UNEF a montré les dents, elle a pris peur et elle n'en parle plus aujourd'hui.

... vous pouvez bien sur vérifier tout cela sur internet.

Dernier élément en date le fameux contrat première chance. Cela devait être le clou de la soirée. D'abord je trouve ça un peu malhonnête. Elle est venue au congrès de l'UNEF et elle n'en a pas parlé. Et puis elle le sort de son chapeau.

Nous, notre programme pour les jeunes est connu depuis longtemps et on n'a pas changé à tout bout de champ. Résultat, en fait, elle proposait un nouveau CPE. Du coup évidemment les étudiants ont hurlé. Mais à la limite, si elle y croit, il fallait le garder. Mais là encore elle a pris peur et elle a plié les cannes et n'en parle plus aujourd'hui.

Je trouve incroyable : amateurisme, absence de sincérité, ajustement en fonction des réactions de l'opinion. Je ne trouve pas ça correct sur un sujet aussi important que l'avenir des étudiants.

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vendredi, 06 avril 2007

Quelle que soit la fatigue ou l’échéance qui approche, continuons à porter haut notre projet pour la France quelles que soient nos couleurs politiques !

Alors que les citoyens s’invitaient dans la campagne il y a quelques mois, c’est bien eux qui la portent aujourd’hui !

J’en veux pour preuve l’extraordinaire volonté d’organiser un débat entre les candidats avant le 1er tour. Je salue tous les candidats qui répondent d’ores et déjà présents. Je regrette profondément l’attitude de celui qui le refuse.

Je salue la mutualisation des énergies citoyennes et des nouveaux médias qui oeuvrent ensemble, main dans la main, pour réaliser cette prouesse politique, médiatique et technique. Je suis aussi particulièrement heureuse car les principaux acteurs si nombreux, ont tous entre 18 et une quarantaine d’années. Quand la démocratie a besoin de nous, notre génération est présente avec ses compétences et son énergie. 

Alors que cette campagne est extraordinaire de rencontres, de discussions de fond, la dérive droitière de la campagne a tendu l’atmosphère. Ce qui se retourne évidemment comme un effet boomerang contre leurs instigateurs.

Ca y est, le compte a rebours a commencé. Et les rumeurs nauséabondes fusent et se propagent. Les coups pleuvent, les règlements de compte aussi, notamment sur la Toile. Je n’aime pas la tournure que prend la dernière ligne droite.

J’appelle donc au calme, à la sérénité, à la dignité.

Continuons à répondre inlassablement au fond, aux questions, aux attentes et aux espoirs des Français.

Nos concitoyens ont besoin d’avoir en face d’eux des politiques responsables, exemplaires et respectueux. Nous serons tous amenés d’une manière ou d’une autre à œuvrer pour la France. Que ce soit aux responsabilités, dans l’opposition, la France a besoin de toutes nos forces. 

Cette campagne est, pour moi, une occasion inespérée de réconcilier les Français et leurs élus. Ce lien de confiance brisé. À maintes reprises exprimé. Que s’arrête enfin la spirale de la crise politique !

Alors courage, tolérance, convictions chevillées au corps, défendons haut nos idées.

Que la campagne reste belle !

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C’est Pas de Chance

Le Contrat Première Chance de Ségolène Royal est le dernier avatar du n’importe quoi en matière d’accès à l’emploi pour les jeunes. Cette mesure « phare » du programme de la candidate socialiste illustre le vide sidéral de son approche de la jeunesse. Par son CPC, Madame Royal stigmatise les jeunes en considérant à priori comme perdu ceux qui sortent du système scolaire sans qualification.

 Non contente de subventionner la précarité, Madame Royal, jusque dans le choix du nom de ce nouveau contrat gadget : CPC, montre qu’elle n’a tiré aucun enseignement de la crise du CPE. Je reste sans voix devant sa capacité à vouloir infantiliser les Français en particulier les plus jeunes d’entre nous. Nous ne voulons pas être pris par la main mais que soient créées, en France, les conditions favorables pour nous permettre de devenir adulte, de pouvoir construire, d’avoir le sentiment de réussir, d’être autonome.

Si, militant de l'UNI, j’ai décidé de soutenir Nicolas Sarkozy, c’est parce qu’il veut nous sortir de la spirale de l’assistanat en remettant le travail au cœur de la société et en faisant de la formation un enjeu national. Madame Royal avec son C’est Pas de Chance nie les valeurs qui sont celles que je partage avec tous les jeunes : liberté, dignité, mérite, effort et goût du risque alors que Nicolas Sarkozy les incarne. Ce que je veux, ce que les jeunes veulent c’est qu’ensemble tout devienne possible.

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Les électeurs ne sont pas toujours là où on les attendait

A l'entrée de la dernière ligne droite, les électeurs ne sont pas toujours là où on les attendait. Le cumul des interviews réalisées pour le sondage quotidien <http://www.ipsos.fr/presidentielle-2007> Ipsos/Dell du 26 au 31 mars, semaine relativement stable du pont de vue de l'évolution du rapport de force, permet de disposer d'un matériel d'analyse plus fourni pour cerner le vote par famille socio-démographique. Et de démentir un certain nombre d'idées reçues : les jeunes ne sont pas «anti-Sarko», les femmes n'accordent pas de prime à Ségolène Royal... Surtout, autour de 30%, Nicolas Sarkozy n'est sans doute pas surévalué, comme on l'entend parfois.
 
S'il y a débat chez les jeunes, on ne mesure pas de «réflexe anti-Sarko».
Selon la série Ipsos, Nicolas Sarkozy est à égalité avec Ségolène Royal chez les 18-24 ans (un tiers des voix chacun). Chez les 25-35 ans, Nicolas Sarkozy sort en tête (28%), devant François Bayrou (24%) et Ségolène Royal (22%). Au total sur la tranche «moins de 35 ans», on n'est pas très loin du rapport de force mesuré sur l'ensemble de l'échantillon : 30% d'intentions de vote pour Nicolas Sarkozy, 26% pour Ségolène Royal, 22% pour François Bayrou 22%.
 
Pas de prime féminine pour Royal
Autre intuition battue en brèche, celle d'un soutien particulier des femmes à Ségolène Royal, et en corollaire, un électorat de Nicolas Sarkozy qui serait plus particulièrement masculin. Là encore, ni l'un ni l'autre. La différence majeure entre le vote des femmes et des hommes se situe au niveau du score de Jean-Marie Le Pen, qui recueille 18% d'intentions de vote chez les hommes, 8% chez les femmes. Les 10 points d'écarts se retrouvent pour grande partie chez Nicolas Sarkozy (34% d'intentions de vote chez les femmes contre 28% chez les hommes), et à un degré moindre sur les candidatures de François Bayrou (20% contre 17%) ou Philippe de Villiers (2% contre 0,5%). Il en résulte un socle électoral du candidat de l'UMP majoritairement féminin.  On ne mesure pas en revanche de clivage marqué par genre pour les autres candidats. En particulier, Ségolène Royal ne bénéficie d'aucune prime dans l'électorat féminin, à 25% d'intentions de vote, contre 24% chez les hommes.
 
Où sont donc alors les bastions électoraux ?
Celui de Nicolas Sarkozy est aussi puissant que discret : l'électorat âgé. Le candidat UMP bénéficie d'environ 40% d'intentions de vote dans la tranche 60-69 ans et chez les retraités, et plus de 50% chez les 70 ans et plus... On dit souvent que l'élection se gagne au centre ; avec des taux aussi importants dans un électorat mobilisé et de plus en plus nombreux, elle se gagnera peut-être cette fois chez les seniors. D'autant que l'autre force de Nicolas Sarkozy, c'est d'être présent partout : dans chacune des 40 catégories socio-démographiques testées, il est au-dessus des 20% d'intentions de vote. Même si Ségolène Royal est en tête chez les 18-24 ans (34%), les cadres sup’ (33%), les professions intermédiaires (27%), les ouvriers (27%), les salariés du public (33%) et les salariés dans leur ensemble (27%), elle est toujours talonnée par le candidat UMP, et ne creuse pas vraiment d'écart. Ségolène Royal est en revanche inexistante dans les catégories traditionnellement acquises à la droite, comme par exemple les artisans, commerçants chefs d'entreprises (3%), ou chez les personnes «à leur compte» (5%). Au final, c'est bien Nicolas Sarkozy qui fait la course en tête, depuis janvier, selon tous les instituts.
 
•• Notre sentiment : Nicolas Sarkozy sera présent au second tour ••

 

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jeudi, 05 avril 2007

La rumeur de la rumeur de la rumeur…

Quelques blogueurs s’en font l’écho, «il y a une rumeur qui court sur Sarkozy dans les rédactions parisiennes», lâche Versac. «Un truc qui serait gros, très gros, de nature à faire bouger les lignes.»  
Le prof à Sciences-Po Thierry Vedel est tout aussi énigmatique: «Aujourd'hui 4 avril 2007, des rumeurs circulent à Paris sur un événement important concernant Nicolas Sarkozy qui pourrait fortement affecter la campagne du candidat de l'UMP.»

Il y a donc une rumeur sur une rumeur qui circulerait dans les rédactions parisiennes. On a donc fait le tour de 20 Minutes pour savoir si quelqu’un  la connaissait, cette fameuse rumeur. On a passé quelques coups de fil aussi. Evidemment, on a eu plusieurs réponses, toute plus impubliables les unes que les autres.
 
Ce qui est plus intéressant, c’est le phénomène «la rumeur de la rumeur». En gros, la rumeur 2 (sur l’Internet) dit que la rumeur 1 va faire tomber Sarkozy.  Deux observations:
 
 - Une rumeur, et seulement une rumeur se propage, le Net n’a pas encore joué un rôle majeur dans la campagne: pas de gros coup, pas même de grand débat entre candidats.
 
- Quand un l’opération immobilière réalisée par le couple Sarkozy à Neuilly est sorti dans «Le Canard enchaîné», cela n’a pas vraiment plombé la campagne de l’ancien ministre de l’Intérieur.
 
Pour cela, il faudrait que la rumeur soit vraiment énorme, mais ça c’est une troisième rumeur sur la rumeur de la rumeur…
 

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mercredi, 04 avril 2007

Pare-feu

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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20:16 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd

Le refus du débat : stratégie vers la perdition

Alors que les électeurs n’ont jamais fait autant preuve d’intérêt pour une campagne électorale entre fringants quinquas – à l’exception notable du président du Front National – l’idée d’un débat Internet fait de plus en plus son chemin et semble être sur le point de naître. A l’initiative du candidat UDF, encouragé dans sa démarche par l’accord exprimé par la candidate socialiste, cette interaction entre les principaux candidats a été acceptée sans condition par François Bayrou, Ségolène Royal et… par Jean-Marie Le Pen. Nicolas Sarkozy a pour sa part exprimé qu’un tel débat ne devait nullement avoir lieu avant le premier tour d’une élection présidentielle et a décliné sèchement la proposition. Soit.

En refusant de confronter son programme avec ceux de ses adversaires, le candidat de l’UMP démontre-t-il son impossibilité d’accepter la contradiction et la contestation ? Cette attitude n’est-elle pas le paradigme d’une position qui consiste à imposer une vision unilatérale sans concertation ni écoute ? Force est de constater que ce refus ne grandit pas l’ancien ministre de l’Intérieur qui, non seulement se coupe d’une tribune sur un média non contrôlé par le CSA (Internet est – il est vrai – incontrôlable !), mais risque par là-même d’organiser une stratégie qui le mène vers la perdition. Nul besoin de citer à nouveau l’ensemble des remontrances adressées par le candidat aux rédactions des chaînes publiques, de Libération et de Paris Match…dans une France pluraliste dans ses opinions et son expression.

Je souhaite ce débat entre tous les candidats, si difficile soit-il à mettre en place, non pas pour me faire mon idée mais pour permettre d’éclairer certaines positions encore trop floues dans les différents projets. Tout un chacun pourrait se faire une idée et comparer ceux qui brassent de l’air sur des questions de forme et ceux qui proposent de vraies mesures. Fuir le débat comme le fait Nicolas Sarkozy est très contestable et c’est une position indigne d’un grand candidat à l’élection présidentielle. C’est la preuve incontestable qu’il craint de ne pas briller dans l’exercice. D’autres brilleront à sa place, « grands » ou « petits » candidats.

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mardi, 03 avril 2007

Ils nous emmerdent avec leurs obsessions anti-vertes!

Jeunes écologistes, nous nous battons depuis des mois, sur le terrain, dans tous les coins de la France, aux côtés de Dominique Voynet, pour une écologie concrète et utile. Pour une écologie qui change la vie des gens. Pour une écologie qui ne s'adresse pas seulement aux classes moyennes mais à toutes celles et tous ceux qui en ont le plus besoin. Pour que l'écologie ne soit pas une promesse mais une réalité. Pour que cet enjeu ne soit pas expédié en un clic ou en une belle parole. Pour que l'écologie ne soit pasoubliée après le 22 avril 2007.

Jeunes écologistes, nous sommes révoltés par la partialité des principaux médias français, par l'obstination avec laquelle les grands journaux dits "de gauche" cherchent, à l'aide de la petite phrase, à démolir la seule candidate de l'écologie et tous ceux qui se battent à ses côtés.

Nous pouvons faire écho au titre du papier du Monde daté du 3 avril.Nous aurions pu le faire à celui de Libération du 31 mars ou aux articles de Sylvia Zappi. Nous étions au Zénith et au Trocadéro à l'appel de la fondation Nicolas Hulot et de l'Alliance pour la Planète. Nous sommes révoltés que ces deux journaux se soient finalement trèspeu intéressés à l'objet écologique de ces manifestations pour centrer leur attention sur les travers supposés et réels des Verts et de leur candidate. Cela au prix d'une mauvaise foi évidente qui nous conduit à nous demander si nous sommes allés au même Trocadéro qu'Elise Vincent,l'auteure de l'article du Monde.


Le 1er avril au Trocadéro, nous avons distribué plusieurs milliers d'exemplaires du Contrat écologique de Dominique Voynet en nerencontrant que le meilleur accueil. Nous avons entendu le cordial "salut aux amis verts" de Nicolas Hulot à la fin de son intervention sans observer la moindre réprobation, bien au contraire. Nous nous sommes réjouis et congratulés avec nos amis associatifs, militants detous les combats écologiques, sans ressentir l'ostracisme suggéré dans
ces papiers. Nous avons vu Dominique Voynet saluée, encouragée, empêchée de quitter les lieux avant 19 heures, par les innombrables participants qui ont également apprécié le concert de la batucada offert par les Verts.

Même si nous peinons à comprendre à quels objectifs obéissent ces choix éditoriaux, nous les acceptons sans broncher depuis des mois.Libre à eux de s'employer à convaincre que la planète, l'écologie etla gauche se porteraient mieux sans les Verts... Nous, nous resterons convaincus du contraire et nous espérons que les milliers de lecteurssauront distinguer le leurre de la réalité.

Nous ne vous demandons rien d'autre que le respect de nos engagementsde citoyens… et de lecteurs. Vous vous en écartez chaque jour un peu plus.

Révolution écolo – les jeunes écologistes avec la candidate des Verts, Dominique Voynet

 

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En avant les histoires

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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12:45 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

Stop EPR, ou le non au nucléaire (2/2)

Dédicace aux activistes de Greenpeace qui ont montré la grande sécurité de nos centrales nucléaires! Je finissais mon dernier billet sur le chiffre énorme de 80 % d'électricité française d'originenucléaire et l'importance de ce mode de production d'énergie pour la lutte contre le réchauffement climatique. C'est parti pour une battue en brêche de ces arguments... plutôt fallacieux.

En effet, en France, 80 % de l'électricité produite est d'origine nucléaire. C'est un fait que personne ne conteste, même si on peut vouloir changer la donne. Seulement, l'électricité n'est pas la seule source d'énergie consommée. En tout et pour tout, le nucléaire ne représente en France que 18 % de l'énergie totale consommée. Le chauffage et le transport, pour prendre deux activités très énergivores, consomment surtout du pétrole (fioul ou essence/diesel). Ramenée à l'échelle de la planète, l'énergie nucléaire représentemoins de 5 % de la consommation d'énergie mondiale. Même avec les futures centrales chinoises, on ne monte pas bien haut.

Vous en conviendrez aisément, les deux éléments que je viens de citer, le chauffage et les transports, sont non seulement de gros consommateurs de pétrole, mais également de gros pollueurs en raison de leurs émanations de CO2.Rien que les transports représentent plus d'un quart des émissions degaz à effet de serre. Où serait l'apport du nucléaire là dedans ? Les transports électriques ? Si l'on voulait remplacer tous nos moteurs à explosion par des moteurs électriques, il faudrait construire unecentrale par département. Qui souhaite 90 centrales nucléaires sur le territoire français? Imaginez alors pour la Chine et l'Inde avec lescentaines de millions de véhicules...On le voit, pour faire face à la fin du pétrole et au réchauffement climatique, le nucléaire n'est pas la bonne solution. Un commentaire sous mon précédent billet le remarquait fort justement: la meilleure énergie est celle qu'on ne consomme pas.

Voyons d'abord ce qui est inutile, où peuvent se faire les économies. Dans la domaine du logement, ces gisements d'économies sont légions : ampoules,appareils électriques en veille, chauffage. Avec ce dernier élément par exemple, on peut décider de mieux isoler les logements neufs et defaire isoler les logements anciens. Que d'économies d'énergie ! Que d'argent en plus pour la vie !
Pourquoi produire plus d'énergie, polluer pour des milliers d'années les sols et  pourir l'existence de nos descendants alors qu'il suffitd'économiser, de rester sobre dans notre consommation ?

Pour sortir du nucléaire, en plus des économies d'énergie, il existe une multitude de solutions. Il ne s'agit pas de couvrir la Franced'éoliennes ou de panneaux solaires, mais de bâtir des habitations etdes bureaux, des usines, non seulement peu gourmands en énergie mais surtout producteurs d'énergies !La clef se trouve dans la diversification énergétique : solaire,éolien, géothermie, mini hydraulique, force des marées, force du flux et du reflux, chauffe-eau solaire... Autant de techniques à l'essai ou éprouvées, qui n'attendent qu'un coup de pouce pour se développer et être utilisées au mieux.

Les commentaires du billet précédent me reprochaient de ne pas proposer de solutions, j'espère avoir donné là des bribes de début de possibilité. Continuer dans le nucléaire, c'est subir une bureaucratie lourde, centralisée, une culture du secret et du mensonge. Sortir du nucléaire, c'est permettre une production locale de l'énergie, avecles emplois qui vont avec.

La prochaine fois, je parlerai des biocarburants.

 

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lundi, 02 avril 2007

Ça commence aujourd’hui

2 avril : nous voilà entrés dans le "money-time" de la campagne présidentielle, ces trois semaines décisives où se joue le premier tour. Après le temps de l’indécision et de la volatilité, c’est le moment de la "cristallisation" du choix des Français. Stendhal le premier avait utilisé le terme pour décrire la consolidation du sentiment amoureux. Nourris par ce romantisme, les politologues et commentateurs de toutes sortes ont popularisé l’expression. A l’entrée de cette phase de réification du vote, il nous a semblé intéressant de revenir sur les évolutions fortes enregistrées dans les trois dernières semaines d’avril 2002. Bref flash back, donc : où en était-on au début du mois d’avril 2002 ?
- Arlette Laguiller était mesurée entre 9 et 10% d’intentions de vote, Olivier Besancenot entre 0,5% et 1% ;
- Jean-Pierre Chevènement était pointé autour de 8-9% ;
- Lionel Jospin avait entamé son glissement mais se situait encore autour de 19-20% ;
- Jacques Chirac recueillait 23-24% d’intentions de vote ;
- Jean-Marie Le Pen oscillait autour de 12-13% ;
- En y incluant la moitié des intentions de vote Chevènement, le total gauche et extrême-gauche était mesuré autour de 43/44%, ce qui fut d’ailleurs son résultat final (10,4% pour l’extrême-gauche, 32,5% pour la gauche plurielle).

Aujourd'hui comme en 2002, l’état de l’opinion mesuré à trois semaines du scrutin a peu de probabilités de correspondre à la stricte réalité qui sortira des urnes. Revue des forces et faiblesses des principaux candidats à l’aube de la dernière ligne droite.

- Nicolas Sarkozy fait la course en tête depuis début janvier et reste mesuré à un très haut niveau (autour de 30%). La forte mobilisation de son camp sur son nom lui semble acquise. Il n’est cependant pas à l’abri d’une montée de Le Pen dans les dernières semaines, qui ne peut se faire qu’en sa défaveur, puisqu’il capte aujourd’hui dans les intentions de vote 20 à 25% d’électeurs Le Pen de 2002. Il n’a pas encore non plus complètement démontré sa capacité à rassembler au second tour.
- Autour de 25-27%, Ségolène Royal arrive mieux placée que Lionel Jospin. Elle a su résister, contenir la poussée Bayrou et a encore les cartes en main pour accentuer la mobilisation de son électorat. Elle dispose en revanche de peu de réserves pour le second tour, du fait de la faiblesse des autres candidats de gauche.
- La progression de Bayrou a été le fait de campagne des mois de février et mars, mais il est depuis sur une pente descendante. Il se situe aujourd’hui à des niveaux proches de ceux enregistré par les candidatures centristes, Lecanuet en 1969 ou Barre en 1988. La réactivation de l’affrontement gauche-droite, déjà à l’œuvre, et la prégnance du vote utile identitaire de gauche en faveur de Ségolène Royal, peuvent jouer contre lui dans les dernières semaines
- Le Pen, à 12-13%, est dans les mêmes temps de passage que ceux d’avril 2002. Le retour de l’insécurité dans la campagne appuie encore un peu plus l’hypothèse de sa traditionnelle poussée dans les derniers jours.
- A 4/4,5%, Olivier Besancenot s’extirpe du "gruppetto" des 2% et moins.
A trois semaines du premier tour, le rapport de force électoral reste surtout largement favorable à la droite.

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Egalité des chances

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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09:55 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 31 mars 2007

Un taux d’élucidation qui élude la réalité

L’affaire des incidents de la gare du Nord illustre parfaitement un des points que j’ai expliqué dans le journal de vendredi concernant le bilan du ministre de l’Intérieur : le taux d’élucidation de la police ne reflète que les affaires que les policiers pensent avoir résolues et non pas les affaires résolues.


Je m’explique. Quand les policiers arrêtent un type qu’ils soupçonnent d’avoir commis un certain nombre de délits, qu’ils l’interrogent et qu’ils font en sorte qu’ils soient renvoyés devant un tribunal, évidemment qu’ils pensent ne pas se tromper. Mais bon, ça ne se passe pas toujours comme ils le pensent. Il y a plein de raisons – bonnes ou mauvaises, ce n’est pas le propos - qui font que le type en question n’est pas condamné par le tribunal. Toutefois, ce n’est pas parce que le type est relaxé, que le taux d’élucidation est corrigé, lui. Il n’y a pas d’interaction entre les statistiques de la police et celles de la justice.


On en revient à l’affaire de la gare du Nord. L’actuel ministre de l’Intérieur balance que l’homme interpellé à l’origine des incidents est un multirécidiviste condamné à 22 reprises et entre illégalement sur le territoire français. Sauf qu’on a appris depuis que François Baroin s’était basé sur les fiches de la police et qu’il était à côté de la plaque. Quand le véritable dossier judiciaire du suspect a été connu, on s’est rendu compte du fossé : le mec n’a été condamné « que » sept fois pour des délits mineurs et il n’était pas en situation irrégulière, le tribunal administratif ayant annulé une procédure de reconduite à la frontière.


Entre-temps, tout le monde s’est gargarisé ou écharpé sur les infos balancées par le très temporaire ministre de l’Intérieur. Même sur ce blog, on a pu lire ceci dans la note précédente écrite par Laurent Lécollier, militant de l’UNI : « Au fait le pauvre resquilleur, si l’on écoute les déclarations de la gauche, serait presque une victime. Dans les faits il s’agit plus simplement d’un homme en situation irrégulière et très défavorablement connu des services de police. Le sens de la mesure et de la responsabilité étant ce qu’ils sont à gauche et en particulier chez Ségolène Royal, elle s’est emparée du sujet pour tenter de déstabiliser Nicolas Sarkozy, je dois dire en pure perte. »


Voilà donc ce que peut devenir, à droite comme à gauche, « le sens de la mesure et de la responsabilité » lors d’une campagne électorale. Quant à l’expression « très défavorablement connu des services de police », on se rend compte à quel point elle peut être éloignée de la réalité. En l’occurrence, dans l’affaire qui nous préoccupe, le seul sens qu’elle peut avoir, est politique. Uniquement politique.

 

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jeudi, 29 mars 2007

Incident de la Gare du Nord à Paris

J’ai été révolté par l’exploitation honteuse de la gauche et l’amalgame entre jeunes et bande de casseurs suite aux incidents survenus Gare du Nord à Paris. Je vous propose de revenir sur les événements.

Un voyageur sans titre de transport a agressé des contrôleurs qui vérifiaient les billets. Témoins de la scène certaines personnes s’en sont prises aux policiers venus en renfort avant que cela ne dégénère. Les photographies, les images diffusées par les médias sont sans équivoque, ils ne s’agissaient pas de jeunes mais bel et bien de casseurs et de pilleurs qui se sont opposés à l’arrestation du resquilleur.
Au fait le pauvre resquilleur, si l’on écoute les déclarations de la gauche, serait presque une victime. Dans les faits il s’agit plus simplement d’un homme en situation irrégulière et très défavorablement connu des services de police. Le sens de la mesure et de la responsabilité étant ce qu’ils sont à gauche et en particulier chez Ségolène Royal, elle s’est emparée du sujet pour tenter de déstabiliser Nicolas Sarkozy, je dois dire en pure perte. Pas un mot pour les commerçants victimes des casseurs et pour les voyageurs de la Gare du Nord. En revanche, dans la bouche de Ségolène Royal ce ne sont que de pauvres jeunes et « des gens qui sont dressés les uns contre les autres, qui ont peur les uns des autres ». De qui ce moque-t-elle, il ne s’agissait pas de jeunes mais de casseurs, pilleurs, il ne s’agissait pas de gens mais de bande.

Hier, j’ai assisté au meeting de Nicolas Sarkozy au cours de son discours voilà ce qu’il a dit : « ceux qui ont osé prendre la défense d'un individu connu pour 22 délits, qui se permet de frauder et de ne pas payer son ticket dans le train, qui, une fois interpellé, se permet de frapper des fonctionnaires qui font juste leur travail avec honnêteté, dans la légalité, qui déclenche une émeute avec des voyous qui cassent une gare, des abribus . Ceux qui prennent le parti des émeutiers et des fraudeurs ne leur rendent pas un service. Ils ne sont même pas généreux car ce n'est pas rendre service à une minorité que de laisser à penser que dans la démocratie française on peut faire n'importe quoi, n'importe comment ». Nicolas Sarkozy a demandé aux journalistes de « ne pas appeler ces voyous des jeunes, car les jeunes n'ont rien à voir avec cette minorité de voyous. Enfin il a dénoncé « l’amalgame avec un certain nombre de quartiers où la majorité des gens qui y vivent sont des honnêtes gens qui utilisent les métros et les trains et ne supportent plus la dictature des bandes, des voyous et des délinquants ».

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mercredi, 28 mars 2007

"Moranogate": le blog n’est pas une blague

Nous avions évoqué ici l’initiative du blog "nadine revient", qui a fort déplu à la députée sarkozyste un temps mise sur la touche. Cette dernière, fort méfiante, nous disait avoir tenté en vain de contacter les promoteurs de son prétendu soutien en ligne. A notre tour, nous avons effectué la démarche de laisser un message à ce «collectif de jeunes pop’» (comprendre Jeunes populaires, la branche des – de 30 ans de l’UMP), quasi-certain d’avoir affaire à une plaisanterie. Un sentiment qui s’était même accru à la lecture du dernier billet de lundi, «Cachan, c’était vraiment juste pour râler», critiquant Josiane Balasko tout en regrettant : «“Les Bronzés 3”, c’était quand même bien. C’est dommage qu’elle ait mal tourné».

Surprise, ce mercredi matin, Pierre, «24 ans, militant UMP depuis 2003», nous répond ceci: «Bien sûr que je suis bien un membre des Jeunes Pop. Quel intérêt aurais-je à faire "un coup monté politicien"? Je comprends que Nadine Morano puisse faire peur, parce que les politiques, autant de gauche que de droite ont toujours intérêt à museler et saboter les talents, pour des raisons personnelles et de basses ambitions (…)Le contenu du site est assez explicite sur le pourquoi nous la soutenons, je n'ai pas besoin d'en faire des tartines. Quand elle a été mise au piquet pour un mois (ce que nous ne savions pas encore, puisqu'il était prévu que ce soit pour toute la campagne), nous avons décidé de réagir car nous avons trouvé les raisons de ce rejet injuste et injustifié». Et de conclure, à propos des demandes de fermeture du blog par la députée : «personne n'a pris contact avec nous, alors que le mail est très visible sur le site (puisque vous l'avez trouvé tout seul). Elle n'a aucune raison d'être en colère, bien au contraire; elle a été assez peu soutenue lors de son passage à vide, et nous avons été les seuls à être là. Et son retour est la preuve que nous avons réussi!»

 

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Vers une nouvelle éthique et équité des médias dans la campagne ?

Alors que Nicolas Sarkozy vient de quitter la place Beauvau et le Ministère de l’Intérieur, c’est une nouvelle phase de la campagne qui commence. Il est vrai que, le Ministère de l’Intérieur organisant l’élection présidentielle, le délai de 30 jours entre la survenance de cette démission et du 1er tour est la moindre des choses pour ne pas entraîner une confusion des genres. La limite entre l’utilisation des médias à des fins gouvernementales et à des fins personnelles de M. Sarkozy était déjà consommée depuis très longtemps. L’histoire électorale française a par ailleurs démontré qu’il est indiscutable qu’un ministre ou un Premier Ministre en exercice jusqu’au jour du scrutin est susceptible de faire les frais d’un refus de réserve minimal entre une mise en congé du pouvoir et la convocation des électeurs dans les bureaux de vote. Nul besoin de dresser une liste exhaustive de tous ceux qui y ont laissé leur carrière politique et ont retrouvé de simples mandats parlementaires.


Dans un article publié le 19 février 2007 par le quotidien économique anglo-saxon Financial Times intitulé « Sarkozy must go » et sonnant comme un nouveau pic à la sauce britannique contre la France, le journaliste s’est clairement positionné pour un départ forcé de M. Sarkozy qui, rappelle-t-il, « est un ministre aussi bien responsable des services de renseignement, des médias et… de l’organisation de l’élection présidentielle (…) entraînant automatiquement des conflits d’intérêt difficilement évitables ».
Il est vrai qu’une certaine connivence entre les médias et Nicolas Sarkozy existe. François Bayrou n’a pas caché ses critiques envers le groupe TF1-Bouygues dont le président n’est autre que le parrain du fils du candidat UMP à l’élection présidentielle. Et cette diatribe que la plupart d’entre nous, simples électeurs, approuvons, n’était certainement que la première pierre jetée dans la mare, un premier accroc visant à dénoncer l’absence de neutralité des patrons de chaîne. Les différentes antennes du service public se doivent, elles, de faire bonne impression en écartant Béatrice Schönberg de la présentation du 20H de France 2 et Marie Drucker de celle du Soir 3 de France 3. En effet, Patrick de Carolis ayant été nommé président de France Télévisions par un Conseil Supérieur de l’Audiovisuel clairement ancré à droite (8 représentants sur 9) et ayant publié un ouvrage consacré à Bernadette Chirac « Conversation » (2001), il faut désormais montrer patte blanche. L’éviction de l’éditorialiste Alain Duhamel pour une prise de position en faveur de François Bayrou a sonné le glas d’une campagne dont chacun réclame la transparence.


Désormais, alors que de nombreux intellectuels et artistes se positionnent en faveur de telle candidate ou tel candidat, cela favorise une course aux soutiens sans fin, chacun se faisant presque extorquer sous la contrainte de prononcer le nom de celui ou de celle qu’il voit succéder à Jacques Chirac le 6 mai prochain. Toutefois, ce petit jeu devrait vite prendre fin, le CSA affirmant sans équivoque que toute revendication de sympathie pour l’un des douze prétendants à l’Elysée sera décomptée du temps de parole équitable des candidats. Il était temps car je rappelle que cette même autorité administrative de régulation audiovisuelle, dans ses relevés portant sur la période décembre 2006-début mars 2007, a démontré que le candidat de l’UMP avait eu un temps de parole largement supérieur à tous les autres, non pour ses actions gouvernementales mais pour défendre son programme présidentiel. Dont acte. La campagne commence !
Vers une nouvelle éthique et équité des médias dans la campagne ?

Alors que Nicolas Sarkozy vient de quitter la place Beauvau et le Ministère de l’Intérieur, c’est une nouvelle phase de la campagne qui commence. Il est vrai que, le Ministère de l’Intérieur organisant l’élection présidentielle, le délai de 30 jours entre la survenance de cette démission et du 1er tour est la moindre des choses pour ne pas entraîner une confusion des genres. La limite entre l’utilisation des médias à des fins gouvernementales et à des fins personnelles de M. Sarkozy était déjà consommée depuis très longtemps. L’histoire électorale française a par ailleurs démontré qu’il est indiscutable qu’un ministre ou un Premier Ministre en exercice jusqu’au jour du scrutin est susceptible de faire les frais d’un refus de réserve minimal entre une mise en congé du pouvoir et la convocation des électeurs dans les bureaux de vote. Nul besoin de dresser une liste exhaustive de tous ceux qui y ont laissé leur carrière politique et ont retrouvé de simples mandats parlementaires.


Dans un article publié le 19 février 2007 par le quotidien économique anglo-saxon Financial Times intitulé « Sarkozy must go » et sonnant comme un nouveau pic à la sauce britannique contre la France, le journaliste s’est clairement positionné pour un départ forcé de M. Sarkozy qui, rappelle-t-il, « est un ministre aussi bien responsable des services de renseignement, des médias et… de l’organisation de l’élection présidentielle (…) entraînant automatiquement des conflits d’intérêt difficilement évitables ».
Il est vrai qu’une certaine connivence entre les médias et Nicolas Sarkozy existe. François Bayrou n’a pas caché ses critiques envers le groupe TF1-Bouygues dont le président n’est autre que le parrain du fils du candidat UMP à l’élection présidentielle. Et cette diatribe que la plupart d’entre nous, simples électeurs, approuvons, n’était certainement que la première pierre jetée dans la mare, un premier accroc visant à dénoncer l’absence de neutralité des patrons de chaîne. Les différentes antennes du service public se doivent, elles, de faire bonne impression en écartant Béatrice Schönberg de la présentation du 20H de France 2 et Marie Drucker de celle du Soir 3 de France 3. En effet, Patrick de Carolis ayant été nommé président de France Télévisions par un Conseil Supérieur de l’Audiovisuel clairement ancré à droite (8 représentants sur 9) et ayant publié un ouvrage consacré à Bernadette Chirac « Conversation » (2001), il faut désormais montrer patte blanche. L’éviction de l’éditorialiste Alain Duhamel pour une prise de position en faveur de François Bayrou a sonné le glas d’une campagne dont chacun réclame la transparence.


Désormais, alors que de nombreux intellectuels et artistes se positionnent en faveur de telle candidate ou tel candidat, cela favorise une course aux soutiens sans fin, chacun se faisant presque extorquer sous la contrainte de prononcer le nom de celui ou de celle qu’il voit succéder à Jacques Chirac le 6 mai prochain. Toutefois, ce petit jeu devrait vite prendre fin, le CSA affirmant sans équivoque que toute revendication de sympathie pour l’un des douze prétendants à l’Elysée sera décomptée du temps de parole équitable des candidats. Il était temps car je rappelle que cette même autorité administrative de régulation audiovisuelle, dans ses relevés portant sur la période décembre 2006-début mars 2007, a démontré que le candidat de l’UMP avait eu un temps de parole largement supérieur à tous les autres, non pour ses actions gouvernementales mais pour défendre son programme présidentiel. Dont acte. La campagne commence !

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mardi, 27 mars 2007

Tendances

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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Dérive de la campagne à droite de la droite, pauvres stratégies politiciennes…

Ministère de l’identité nationale et de l’immigration. Identité nationale et drapeau français. Surenchère politicienne. Où quand les partis entraînent la campagne à droite de la droite pour sauvegarder leur semblant de domination. Qu'est-ce que j'en pense de tout ça? On décomplexe le vote le Pen. On fait remonter le 4ème homme, seul garant de l’éternel partage du pouvoir UMP-PS. Seule solution pour étouffer une quelconque émergence d’un espace politique nouveau. Dernière tentative irresponsable de tuer dans l’œuf la recomposition du paysage politique français.

2002: l’insécurité. 2007: Immigration et identité nationale. Voilà Le Pen, et de Villiers qui fanfaronnent dans les médias. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal : clap, clap, clap.

C’est tellement plus facile de faire campagne sur des sujets aussi clivants. Beaucoup moins d’expliquer que rien n’est blanc ni noir. D’expliquer les causes et les remèdes. Vous féliciterez pour moi vos communicants, rois de la bonne formule. Mais, malheureusement, ils n’ont jamais fait de vos programmes des engagements, ni des solutions.

Alors parlons immigration. Parlons aussi d’intégration. Il est normal et légitime de régulariser toute personne ayant un contrat de travail, parlant la langue française et connaissant nos valeurs ou respectant nos lois, comme la reconnaissance du droit des femmes par exemple. Dans l’école maternelle de mon fils, il y a 27 nationalités différentes. J’aime cette vision de notre République. Et j’en suis fière. Si ce sont les conditions alors soyons solidaires les uns des autres, partageons nos connaissances.

C’est quoi l’objectif ? Virer les gens qui sont là ? Non, les intégrer ici. Que l’école s’occupe de l’apprentissage des enfants. Que d’autres citoyens, des parents, des retraités se mobilisent pour leurs parents, pour ceux qui ne sont pas dans le système de l’éducation. Que l’état valorise ces actions de bénévolat au service des autres, notamment pour le calcul des retraites. Personne n’arrêtera les flux migratoires, aucune loi. Aucun mur. Certains préfèrent risquer leur vie pour échapper à la misère et se font déposséder de tout pour atteindre notre monde meilleur.

Il existe des leviers politiques de co-développement à actionner au niveau européen. On pourrait parler des effets dévastateurs de notre politique agricole, ou de notre incapacité à forcer la diffusion des traitements génériques. Concentrons nous sur du positif. Si on était un peu créatifs, nous nous rendrions compte qu’Internet offre des perspectives de co-développement. Je suis outrée qu’on ne parle pas de tout cela. Je suis outrée de voir chaque année des millions d’ordinateurs jetés, même pas recyclés, même pas collectés. Je suis outrée de voir qu’on en est encore à construire des puits à la papa alors qu’en équipant informatiquement les pays en voie de développement, on permettrait de donner des cours à distance, de faire de la formation, de créer des micro-entreprises, de faire de la prévention, notamment pour lutter contre le Sida.

Demain, n’importe qui d’entre nous qui monte une boîte sur le net pourrait habiter dans n’importe quel village africain, s’il y a une connexion internet, et ainsi partager nos richesses, créer des emplois. C’est ça la mondialisation, c’est ça internet. Vivre ensemble, ici et ailleurs.

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Stop EPR, ou le non au nucléaire (1/2)

Il y a dix jours, on a compté 60.000 personnes dans les rues de Rennes, Toulouse, Lille, Lyon et Strasbourg. 60.000 personnes pour manifestercontre la construction du réacteur nucléaire de soi-disant nouvellegénération, l'EPR (pour «réacteur pressurisé européen»), à Flamanville dans la Manche. Le milieu écolo n'avait pas vu une telle mobilisation depuis la findes années 70 et la lutte contre la centrale de Plogoff. C'est une excellente nouvelle, surtout quand on sait que les cortèges étaient largement teintés de vert en plus du jaune, couleur du réseau Sortir du nucléaire et du collectif Stop EPR.

Mais pourquoi être contre l'EPR et plus généralement contre le nucléaire? Alors qu'aujourd'hui on sait que le pétrole s'épuise et que les émissions de CO2 sont responsables du réchauffement climatique, le nucléaire semble la solution pour une énergie illimitée, peu chère et qui assure l'indépendance énergétique de la France. Tout ça se discute... L'EPR est un projet à 3,3 milliards d'euros, pour produire de l'énergie de manière centralisée, énergie transportée grâce à de jolis pylones haute tension (vous préférez 200 pylones ou quelques éoliennes?). L'argent de l'EPR pourrait servir à développer les énergies renouvelables et créer des emplois sur tout le territoire, pas seulement à Flamanville. Beaucoup d'emplois ? Juste 15 fois plus comme le démontre une étude récente.

Pour revenir au nucléaire d'une manière plus générale, parlons d'abord de l'indépendance. L'uranium nécessaire pour alimenter les centrales ne poussent pas dansles forêts françaises. Il vient d'Afrique (Niger) ou d'Australie. On pourrait évoquer à loisir les Nigérians voisins de la mine, qui se ramassent la poussière radioactive, mangent radioactif, boivent radioactif, respirent radioactif... Qui a dit «énergie propre»? Où est l'indépendance s'il faut aller chercher l'uranium à l'autre bout de la planète? Quant au caractère illimité de l'énergie nucléaire, il tient carrément du fantasme. Je viens de dire que l'uranium était extrait de mines, parfois à ciel ouvert. Hé bien, ces filons ne sont pas inépuisables. On estime tout simplement la durée des réserves mondiales à 50 ou 80 ans. Quoi qu'il en soit, on est loin du miracle de science-fiction, sans compter les centrales supplémentaires que Chinois et Indiens veulent construire.

Je connais le débat par coeur, on va me rétorquer que le nucléaire représente 80 % de la production française d'électricité et qu'on ne peut donc s'en passer, qu'il permet de plus à la France de tenir ses engagements en matière d'émission de gaz à effet de serre... Tous ces arguments dûment estampillés EDF et Areva à grands coups de double page dans les magazines ou de spots gentillets avant le 20 heures. Je parlerai de cet aspect des choses dans un prochain billet. Pour vous faire patienter, cette petite vidéo réalisée par Greenpeace
France sur l'EPR.


 

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lundi, 26 mars 2007

Aliéné

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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16:45 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0)

Medias politiquement incorrect

Je voulais pousser un petit coup de gueule sur ces nouvelles règles du débat public qui s'impose depuis l'annonce officielle des candidatures par le Conseil constitutionnel. La règle maintenant c'est que tous les candidats doivent parler exactement le même temps sur les télés et radios. Si l'on fait du politiquement correct, on dira c'est formidable, enfin un peu de diversité, les petits et les grands tous sur le même pied, c'est génial, voilà l'image de la démocratie ! Quelle foutaise. Pardonnez-moi mais je trouve que tout cela est un gentil jeu de duppe. On peut penser que Gérard Schivardi est un type sympa et respectable et considérer malgré tout qu'il est un peu fou de lui donner le même temps de parole qu'à Sarkozy. On peut trouver intéressantes les thèses défendues par Frédéric Nihous et penser malgré tout qu'il est un peu surréaliste qu'il parle autant que Ségolène Royal qui elle représente malgré tout entre 20 et 30 % des électeurs. Tout ceci est une gigantesque supercherie qui éteint complétement le débat entre les grandes thèses en présence. On se fait plaisir, on peut se taper sur la panse en disant c'est super ce débat démocratique, la réalité c'est qu'on empêche la vraie confrontation d'idées et que le travail des journalistes va maintenant devenir totalement surréalistes.
 
La vraie démocratie ce n'est pas tout le monde sous la même toise alors que l'on sait très bien qu'il y a des candidats qui représentent des tendances majeures du débat politique et d'autres qui sans leur faire injure sont plus confidentiels. Le vrai débat c'est l'équité en fonction du nombre d'électeurs que représente la famille politique de chaque candidat.
 
C'est très politiquement incorrect et je suis sûr que je vais m'attirer des commentaires sympathiques. Mais ça m'a fait plaisir de le dire et c'est déjà pas mal !

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dimanche, 25 mars 2007

Vote utile… identitaire ou stratégique ?

Le vote utile sera un des déterminants des comportements électoraux de l’électorat de gauche le 22 avril. Dans ce domaine, deux logiques s’affrontent : celle du vote utile « identitaire » et celle du vote utile « stratégique ». La clé du premier tour tient de cet arbitrage. Le vote utile « identitaire » doit s’entendre comme le réflexe de l’électorat de gauche d’éviter un nouveau 21 avril, et l'absence de la gauche au second tour. Ce comportement réduit l’espace politique de la gauche de la gauche (7% aujourd’hui pour 10,4% le 21 avril 2002 selon le dernier sondage Ipsos) et profite à la candidate socialiste. Il constitue sans doute un argument majeur de vote en faveur de Ségolène Royal, qui lui permet d’afficher aujourd’hui un taux de mobilisation des sympathisants PS (70%) meilleur que celui recueilli par Lionel Jospin le 21 avril 2002 (47%).

Le vote utile « stratégique » peut se définir quant à lui comme le vote privilégiant la meilleure solution pour battre Nicolas Sarkozy. Il profiterait à François Bayrou, mieux placé dans les enquêtes d’intentions de vote second tour et expliquerait le ralliement d’une partie des sympathisants socialistes à l’élu béarnais. Que de tels électeurs stratèges existent ne fait pas de doute. Pour autant, ce vote utile stratégique nous semble moins important que le vote identitaire, et en perte de vitesse. En effet, la publication régulière depuis janvier d'enquêtes de second tour donnant Ségolène Royal battue face à Nicolas Sarkozy, et qui dans le même temps mesurent François Bayrou en tête, devrait alimenter le siphonage de l'électorat de gauche vers le leader centriste. Or, si au plus fort de sa percée François Bayrou captait le soutien de 25% des proches du PS, ce taux est aujourd'hui retombé à 15%. Après une progression de 10 points en un mois et demi sur l'ensemble de l'échantillon Ipsos (jusqu'à 24%), il en a perdu 5 cette semaine (19% au dernier pointage).

L'explication de ce reflux se trouve peut-être dans les pronostics de victoire. Malgré les enquêtes favorables, la conviction que François Bayrou pouvait gagner ne s’est pas imposée dans l’opinion, y compris au sein de son électorat : le 16 mars, seuls 22% des personnes déclarant une intention de vote pour lui au premier tour pensaient qu’il serait élu le 6 mai (Ipsos). Au final, la résistance actuelle de Ségolène Royal dans les enquêtes, alors même qu’elle s'est trouvée un temps à égalité avec Bayrou, et la dynamique défavorable cette semaine du candidat de l’UDF dessinent assez nettement à un mois du premier tour la prévalence d’un vote identitaire politique sur un vote stratégique transgressant les appartenances.

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jeudi, 22 mars 2007

« VIème Républiquetude »

Le Théâtre de La Sapinière
Présente
Une pièce de Ségolène Royal

« VIème Républiquetude »

La seule certitude avec la nouvelle République de Ségolène Royal c’est qu’il n’y a aucune certitude.
 
Prologue

Tandis que Nicolas Sarkozy réunissait 10 000 jeunes au Zénith de Paris, Ségolène Royal se retrouvait devant 2500 élus de gauche à la Porte de Versailles.

Ceints de leur écharpe tricolore les élus écoutent Ségolène Royal, sur un ton toujours aussi monocorde, leur livrer un discours qui se veut institutionnel. En une toute petite phrase et du bout des lèvres sans enthousiasme trop voyant, la candidate remercie les 4000 élus lui ayant apporté leur parrainage, reconnaissant ce qu’elle leur doit, ce qu’elle doit à son parti et aux militants. Ca ne mange pas de pain, considérant la façon qu’elle a, justement, de traiter les cadres du PS.

Acte I

Soudain alors que les édiles locaux et nationaux se lovent dans une douce torpeur, bercés par le bourdonnement régulier de sa voix, Ségolène Royal lâche un : « Cette VIème République, elle est prête. Elle s’appuie sur votre travail » et la proportionnelle sera instituée. Un point d’interrogation se dessine sur le front des élus qui se demandent bien de quoi il s’agit. « Ce travail qui a été animé par nos présidents de groupe à l’Assemblée nationale et au Sénat ». La majorité des élus n’étant pas parlementaires on se demande juste comment ils ont pu participer à l’élaboration de la VIème République et à sa nouvelle constitution. Dans un coin Arnaud Montebourg est en lévitation sur son siège, la VIème, c’est son truc !
Fin de l’acte I

Acte II

L’annonce de cette nouvelle République, qui est prête, est à peine achevée que François Hollande l’enterre déjà en déclarant : « Mme Royal avait voulu que cette république nouvelle soit une forme de la VIème République ». Ségolène Royal, elle-même revient sur sa déclaration en précisant qu’ « elle consulterait en amont pour la VIème République » un « comité constituant » dans lequel « il y aura évidemment des parlementaires, je pense (Ah bon, elle n’est pas sûre ?) qu’il y aura des responsables des exécutifs régionaux et locaux, (…) et je souhaite mettre dans ce comité constituant des citoyens qui seront tirés au sort sur les listes électorales ». Pourtant il m’avait semblé qu’elle était prête et s’appuyait sur le travail des parlementaires de gauche, en fait non, Ségolène Royal ayant ajouté que « le comité constituant permettrait ensuite « de définir le contenu du texte du référendum qui sera soumis au peuple français ». Conclusion : la VIème n’est pas prête et il n’y a pas eu de travail de fait, non ?

Fin de l’acte II

Acte III

Jack Lang, conseiller de la candidate socialiste et par ailleurs professeur de droit constitutionnel, y alla de sa petite correction pour sauver sa championne : « Ségolène Royal voulait d’une assemblée constituante. Dans l’esprit de la candidate elle veut associer le parlement à l’élaboration ». Ca c’est gentil de l’associer, le parlement. Montebourg, dont la VIème est la marotte, jeudi 22 mars, a ajouté sa pierre à l’édifice, autrement dit change de direction, en livrant sa vision : « la VIème République, que mettra en place la candidate socialiste, après référendum à l’automne, sera « une République parlementaire ». Au sujet de la proportionnelle, il n’en a pas précisé l’importance, indiquant simplement que la décision serait prise après débat avec « tous les partis ». Mais, mais où est passé le comité constituant de Mme Royal ? En fait, Arnaud Montebourg veut quand même « conserver la stabilité » propre à la Vème République, car ajoute-t-il « nous ne voulons pas le retour de la IVème République.

Fin de l’acte III

Epilogue

Les trois actes de cette pièce sur la VIème République de Ségolène Royal, avaient pour but de vous la faire comprendre, et « j’espère que vous n’avez rien compris »(1). En effet, il n’y a rien à comprendre parce que c’est impossible, elle est prête grâce au travail des parlementaires mais en fait il y aura un comité constituant qui la rédigera et qui sera finalement une assemblée constituante avec le parlement ou sans. Mais, mais, on garde quand même la Vème et c’est la VIème qui est en fait la IVème et la IVème on en veut pas. Ouf, ça va ? Vous me suivez toujours ? Pour simplifier je propose à Ségolène de rétablir la monarchie elle en porte déjà le nom, ce sera plus simple.

Fin.
 

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mercredi, 21 mars 2007

La réponse de Quitterie Delmas (UDF) à Laurent Wauquiez (UMP): Ah, ils ont bon dos les jeunes !

Tout d’abord, j’engage Monsieur Sarkozy à rencontrer des jeunes hors des meeting de son parti, en dehors de son bureau de la place Beauvau, et en dehors des plateaux des medias. Laurent, j’espère que vous plaisantez sur les rencontres des autres candidats avec les jeunes, et sur le discours “d’amour” de NS devant une salle acquise, quand on a pointé du doigt les “racailles”, quand on monte les Français les uns contre les autres, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre. Mais bon, on règlera cela une autre fois. Parlons des jeunes en politique.

Quand il s’agit de faire la claque, de faire les supporter, d’aller coller des affiches, alors là oui, les partis politiques savent trouver les jeunes. Ils savent même les occuper : élections internes, formation aux argumentaires contre les autres partis. Ils jouent ensemble dans la cour des petits, comme cela ils foutent la paix aux aînés qui se partagent pour des concessions de 30 ans les mandats. Trop fort ! Et pendant ce temps-là, les jeunes s’épuisent dans des guerres dont ils ne bénéficient jamais.   En revanche, quand il s’agit d’investir des candidats, les jeunes, les représentants de la diversité ont disparu. Les états majors sont trop préoccupés à maintenir les troupes des parlementaires sortants bien au chaud. Et puis la crise de représentativité, c’est bien pour les discours. Le renouvellement se fait en général dans les circonscriptions ingagnables.


Nicolas Sarkozy parle du mérite. Mais qui sont les méritants ? La génération du dessus qui a laissé la France s’enfoncer, le gouvernement qui a creusé la dette, ou celui qui n’a pas fait les réformes qui s’imposaient, notamment des retraites. Ceux qui n’ont jamais eu le courage de nous dire la vérité, ceux qui déguisent les chiffres du chômage ? Ceux qui signent des chèques en blanc ? Quelle est la part de rêve, quelle est la quête que vous nous avez proposé ?
 
La génération qui se lève est méritante. Celles et ceux qui ont encore envie d’y croire. Celles et ceux qui s’engagent quelque soit le parti, quelle que soit l’idéologie, celles et ceux qui ont été cherchés leur carte d’électeur alors que tout les pousse à se désintéresser du spectacle politique pitoyable.
 
Spectacle politique pitoyable, je fais du populisme ? Alors je vais vous rafraîchir la mémoire : affaire Clearstream, 49.3, obstructions, passages en force à l’Assemblée, la gestion du CPE, 29 mai, loi DADVSI, le cirque des éléphants du PS, avec ou contre leur candidate, ça dépend des jours. Les ralliements sans une once de conviction de Messieurs Juppé, Raffarin, et tant d’autres. Franchement, on a vu mieux. On attend mieux. Et d’ailleurs on est en train de le construire ce mieux.
 
Messieurs les éléphants, les dinosaures, je crois que cette campagne remet en cause votre prédominance.
 
Parce que vous ne portez pas cette campagne, vous la freinez. Vous la rendez négative. Vous flinguez pour mieux vous protéger. Avec un peu de chance, vous allez vous paralyser.
 
Parce que tout ce je croise de positif dans cette campagne se situe en dessous de vous. Dans TOUS les partis, sur les blogs, dans les appareils et hors appareils. On est heureux, vous n’imaginez pas, de se connaître, on est là tous là pour se battre avec nos propres convictions, nos valeurs, nos couleurs pour construire l’avenir. Autant, j’ai la chance d’être dans une famille politique où la place est faite aux jeunes, par besoin, par nécessité, car l’UDF a joué sa survie en 2002. Autant quand je nous regarde, je suis profondément triste parce que j’ai l’impression qu’il va falloir 20 ans pour que nous émergions ensemble. Alors qu’il faudrait que ce soit maintenant, que nous devenions partie prenante de la société.
Ce n’est pas du jeunisme. C’est du bon sens. Rééquilibrer. Enfin.
Voilà, quelle est ma part de rêve et manifestement, ce n’est pas vous qui me l’offrez.
Et ce rêve va devenir réalité.

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O.K. Corral

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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mardi, 20 mars 2007

Le tuning, les poupées en porcelaine et Nadine Morano

Le web pour contrer les oukazes sarkozystes. Vue sur l’Internet, notamment ici ou , cette initiative d’un «collectif de Jeunes Pop qui voulons le retour de Nadine Morano» : le blog «Nadine revient», en hommage à la députée de Meurthe-et-Moselle passée de l’omniprésente et médiatique lumière au déprimant et solitaire oubli, par la volonté du candidat UMP. Au début, on croit à une blague, tant les centres d’intérêts des pro-Morano figurent un alliage détonant : tuning, porcelaine et UMP. Un sentiment qui s’accroît à la vue de la pétition mise en ligne sur le site lapetition.be. Le texte un brin parano, qui expliquerait la «sanction» par l’emballement contre la championne de «la meute gauchiste» sur d’obscurs forums, n’a été signé en tout et pour tout que par 15 personnes. 

Mais, au vu du cri de victoire prononcé le 9 mars dernier, l'on pense qu'il s’agit bien d’un blog au premier degré, se targuant de 10.000 visites. Et de se féliciter: «Grâce à notre mobilisation, Nicolas a enfin compris qu'il devait reprendre Nadine Morano dans son équipe! Bravo!» Effectivement, depuis quelques jours, nous assistons au retour sur les écrans médiatiques de la sémillante députée.

Coup de théâtre, Nadine Morano est totalement furax de l’initiative. Contactée, elle dit «avoir été mise au courant récemment». «J’ai tout de suite prévenu la Cnil et envoyé un fax à Google en Californie [propriétaire de  Blogspot, l’hébergeur de «Nadine revient»]. Je leur ai envoyé un message et on ne m’a jamais répondu. C’est n’importe quoi! Je me demande si ce n’est pas un ennemi qui est l’auteur de tout ça».

 

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Les jeunes et la politique

Dimanche se tenait au Zenith le grand meeting de Sarkozy. Il nous avait réunis, autour de 10 000, tous moins de trente ans, pour parler politique. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser en regardant la salle à toutes les stupidités que l'on a pu entendre sur le rapport de la jeunesse à la politique : les jeunes ne s'intéressent pas à la politique, cette génération est dépolitisée, c'est fini, ce n'est plus le bon vieux temps où on soulevait les pavés. Foutaise.

Dimanche, en tout cas, ils avaient tous répondus présents. Je regrette d'ailleurs un peu que les autres candidats ne fassent pas le même effort, proposer au moins un temps dans la campagne pour parler à cette génération. Dimanche, en plus, Nicolas n'avait pas choisi la voie de la facilité. Il a tenu un discours exigeant, sans jamais faire la moindre démagogie, pas la moindre attaque sur ses concurrents. Un discours sur sa vision de la place de la jeunesse dans la société. Un discours sur l'amour même, du jamais vu quoi où on a parlé de Guy Môquet ou Martin Luther King.

Plus que jamais sans doute cette génération s'intéresse à la politique. Elle répond présent à tous les rendez-vous qu'on lui propose. La veille, Nicolas était allé parler directement sur Skyrock, le média des 15-25 ans avec l'animateur Difool. Si l'on veut parler avec la jeune génération, il faut aller vers eux et ne pas les attendre tranquillement dans son bureau. C'est amusant d'ailleurs de voir à quel point dès qu'on propose un événement tourné vers les jeunes tout le monde s'affolle : pas contrôlable, mais qu'est-ce qu'ils vont poser comme question, est ce que ça risque pas de déborder ... Là encore foutaise. Dimanche, j'étais heureux que Nicolas soit passé par dessus tout cela.

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lundi, 19 mars 2007

Dédicaces

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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19:00 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

Moi, jeune sarkozyste


Au Zénith, Nicolas Sarkozy s’est exprimé devant 10 000 jeunes mais s’adressait personnellement à chacun d’entre-nous et à moi en particulier.Enfin un discours qui n’est pas clientéliste, dans lequel on ne me promet pas la lune, mais où on me considère comme acteur de ma vie et français à part entière.
À force, je pensais qu’être « jeune » c’était demander, demander encore et toujours. Demander pour obtenir toujours plus mais pas par ma créativité, mon travail ou mon mérite. Le culte de l’enfant roi n’a décidemment épargné personne pas même les politiques. Il faut dire qu’il est difficile de s’élever au dessus de la mêlée quand même nos profs, pour des raisons catégorielles, préfèrent manifester dans la rue plutôt que de nous faire passer nos bacs blancs. Etre jeune aujourd’hui c’est un statut ou on m’enferme, on m’apprend à avoir et pas à être, comme le voudrait Ségolène Royal.
Nicolas Sarkozy, au Zénith, a pris le contre pied du discours habituel sur la jeunesse. Il ne m’a pas détaillé une nouvelle liste d’avantages et d’acquis à venir, mais m’a dit, chiche, «bouge-toi» ! C’est la première fois dans cette campagne qu’un candidat à l’élection présidentielle me considère comme une personne et pas comme une catégorie de français dont le dynamisme ne s’exprimerait qu’à l’occasion de manifestations pour demander qui un salaire étudiant, qui des diplômes sans effort. Pour le coup, il y a une vraie différence entre le discours des autres candidats et celui de Nicolas Sarkozy quand il parle à la jeunesse. Il ne veut pas m’aider à rester jeune, à devenir un assisté ou pire un « ça me suffit », mais m’aider à devenir adulte et à prendre en main mon destin, parce que personne ne le fera à ma place. Finalement celui qui synthétise le mieux ce qu’à déclaré Nicolas Sarkozy et ce que je veux entendre, c’est Faudel : "Tu as donné envie aux jeunes d'écouter les politiques (...) Tu n'as pas eu peur d'exposer les vraies vérités. On connaît ton franc-parler. J'espère qu'avec ton énergie, tu pourras redonner aux jeunes l'envie de poursuivre leurs rêves."

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Bayrou, président suisse

À gauche comme à droite, il est un argument anti-Bayrou qui semble imparable (en tout cas pour ceux qui l’utilisent comme un miraculeux passe partout rhétorique):  on ne peut pas gouverner au centre. À l’UMP comme au PS, on est d’accord (pour une fois) : il ne sera pas question de collaborer avec le candidat UDF s’il est élu. Le gouvernement d’union nationale ne sera pas.

Pour le petit Suisse que je suis, ce discours a quelque chose d’incongru. Car, depuis 50 ans, le gouvernement helvétique est justement composé de sept ministres dont l’appartenance dépend des forces en présence au Parlement. Aujourd’hui, deux socialistes, un centriste, deux radicaux (droite libérale) et deux UDC (droite nationaliste). Bref, pratiquement tout le spectre des tendances politiques essayant de travailler ensemble pour, au bout du compte, gouverner de manière consensuelle, au centre. On appelle ça « la formule magique ».

La culture politique est différente en France, me direz-vous. Ok. La polarité inhérente au système et aux caractères rend, aujourd’hui, tout consensus impensable de ce côté-ci du Jura. Peut-être. Mais il faut admettre que si la formule est pratiquée à quelque kilomètre de chez vous, elle est envisageable ici, au prix d’un effort et d’une volonté de changement. De rupture comme ils disent.

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Sarkozy, Royal, Bayrou : tiercé dans l'ordre ou dans le désordre ?

En 1995, le tournant a eu lieu fin février quand Jacques Chirac rattrapait puis dépassait Edouard Balladur dans les intentions de vote. En 2002, ce furent les trois dernières semaines de campagne qui furent décisives avec l'ascension de Jean-Marie Le Pen et l’effondrement de Lionel Jospin. En ce qui concerne 2007, rien n’est figé et tous les scénarios restent possibles : on croit connaître le tiercé, mais en aucun cas l’ordre. Après une longue phase de précampagne où Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy semblaient hors de portée de leurs poursuivants, le «trou d'air» de la candidate socialiste, puis la poussée spectaculaire de François Bayrou, et plus récemment la baisse de Sarkozy ont remis les compteurs à zéro. Le point sur la semaine écoulée.

 

1.  Baisse des intentions de vote vers Nicolas Sarkozy. Après ses déclarations sur le Ministère de l'immigration et de l’identité nationale, il a perdu 5 points en 5 jours selon Ipsos, 6 points pour la Sofres. Aujourd'hui, plus aucun institut ne le mesure au-dessus des 30%. S'il conserve partout la première place, l'écart avec ses poursuivants s'est réduit.

2.  Mobilisant de mieux en mieux l'électorat UDF qui a petit à petit déserté Sarkozy, bénéficiant aussi d'un soutien du quart des sympathisants socialistes, et d'environ 10% des proches de l'UMP, François Bayrou continue de progresser. Chez Ipsos, il a encore gagné 4 points entre le 9 et le 16 mars. Le reflux annoncé par une enquête CSA n’est pas encore confirmé ailleurs. Avec la publication de sondages de second tour le donnant en tête face à Nicolas Sarkozy (55%/45% chez BVA), la dynamique favorable au candidat centriste pourrait bien se poursuivre, grâce au "vote utile stratégique" des électeurs allergiques à Sarkozy.

3.  Après une période de stabilité au-dessus des 25%; les soutiens de Ségolène Royal semble à nouveau s’éroder. Les dernières enquêtes Ifop et Ipsos la donnent à égalité avec François Bayrou, à 23%. Elle pourrait profiter de son exposition télévisuelle sur France 2 ce jeudi pour regagner quelques points, comme après toutes ses grandes sorties médiatiques (Villepinte, émission de TF1..). Surtout, une progression de Jean-Marie Le Pen en fin de campagne comme en 2002 pourrait remobiliser son camp en favorisant pour elle un "vote utile identitaire", pour éviter un nouveau 21 avril, sans gauche au second tour.

4.  Reste Le Pen, en embuscade. Gros outsider, les instituts ne le voient pas pour le moment à l'arrivée. Pointé entre 12 et 14%, il se situe toujours à des niveaux plus élevés que ceux mesurés en 2002 à la même époque (10%). Une progression en fin de campagne n'est évidemment pas à exclure. Pour autant, nous pensons toujours que 20% constitue un plafond pour sa candidature, eu égard son score du second tour en 2002 (18%). Vu les performances de ses trois adversaires, il semble aujourd'hui peu probable que la qualification pour le second tour se joue sous ce seuil.

 

En tenant compte en plus des marges d'erreurs de l'outil sondage, de plus ou moins trois-quatre points, la course est très ouverte. Aujourd'hui, le turfiste averti jouerait plutôt le trio que le tiercé. Pour l’opinion, l’élection de 2007 est encore loin d’être jouée.

 

 

 

7-8 mars

Sofres

8-9 mars

Ifop

9-10 mars

LH2

12-13 mars

BVA

14 mars

CSA

13-15 mars

Ipsos

Sarkozy

27

28

28

29

27

29

Royal

25,5

23

26

23

26

23

Bayrou

23

23

22

21

21

23

Le Pen

12

13

13,5

13

14

13

 

 

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No Pol in Job

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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samedi, 17 mars 2007

C'est parti !

Le dernier rendez-vous à la mode de la fin de semaine était le 2, rue Montpensier, dans le 1er arrondissement parisien. Un très beau quartier, Palais Royal, avec les colonnes de Buren dans une petite cour, des arcades rue de Rivoli... À cette adresse est sis le Conseil constitutionnel, où doivent être déposés les formulaires de présentation des candidats à la présidentielle. 500 au minimum sont nécessaires pour prétendre à la magistrature suprême, sans quoi...

Avec l'annonce de la liste officielle des candidats lundi 19 mars, par Jean-Louis Debré (il reste ce week-end le suspense autour de Bové), la campagne officielle va enfin démarrer. Le principal enjeu pour les "petits" candidats est l'égalité parfaite du temps de parole. Enfin les médias rendront compte de manière plus étendue des déplacements et réactions de tous les candidats, même Schivardi aura exactement le même temps télévisé que Sarkozy ou Royal. Évidemment, l'égalité du temps n'implique pas une égalité de traîtement! On n'en demande pas tant au Monde à propos de Voynet...

Pour ma part, en temps que salarié de l'équipe de campagne, les choses amusantes vont commencer. On est parti pour 5 semaines de véritable campagne, médiatique et de terrain. 5 semaines où les candidats pourront s'adresser aux Français, présenter leurs programmes. On espère qu'il y aura tout de même quelques débats entre candidats, en face à face ou en groupe. Ça changerait un peu de tous ces monologues...

La campagne militante, collage et diffusion de tracts, commence également. On laisse passer un samedi après-midi pour aller manifester contre l'EPR puis on s'y met à fond. Sans oublier que derrière, il y a une nouvelle campagne d'un mois et demi: celles des législatives.

 

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mercredi, 14 mars 2007

La e-politique, c’est pas non plus la e-panacée

Mercredi après-midi, le Sénat a organisé deux tables rondes sur la e-campagne et les e-propositions, évoquant pour la première* les nouvelles formes de militantisme, et pour la seconde le programme des candidats en matière de nouvelles technologies. Avec des invités bien connus du web 2.0 : Quitterie Delmas pour l’UDF, Loïc le Meur et Thierry Solère pour l’UMP, Vincent Feltesse et Benoit Thieulin pour le PS…

Sur le fond, rien de vraiment nouveau sous le soleil du web, mais pas mal de réflexions intéressantes notamment de Yann Wehrling des Verts qui analyse la ruée des partis politiques sur le net avec beaucoup de recul : « Tout est parti du Traité européen de 2005, mais la différence avec aujourd’hui, c’est que ce n’était pas maîtrisé par les partis, il y avait une liberté totale, tout cela s’est organisé de manière spontanée autour des partisans du non. »

Le porte-parole des Verts touche une partie de la réalité de la e-campagne. Les candidats se sont emparés de ce nouveau média pour diffuser leurs messages, leurs propositions, pour parler à leurs sympathisants… Mais il y a une chose qui s’est passée en 2005 et qu’ils n’arrivent pas à reproduire sur leur site respectif : des débats transversaux hors clivages politiques. Pour cette campagne 2007, on a tendance à rester entre soi. Et quand débat il y a, il ne se passe pas sur les sites des partis en tout cas.

Et ce n’est pas parce que le média est neuf que les mauvaises habitudes des politiques ne vont pas vouloir l’investir. Bien au contraire. La course à l’échalotte, les petites guerres intestines et les tacles ne sont pas virtuels. Par exemple, ils sont mignons tous ces partis à se vanter d’avoir été des pionniers du web : l’UDF et le FN disent avoir été les premiers partis à avoir créé leur site sur internet en 1995, le PS a inventé les débats participatifs, Sarkozy a compris l’intérêt du net avant tous les autres… Comme si être le premier, ça voulait dire être le meilleur.

* celle-ci a été enregistrée et sera diffusée sur Public-Sénat jeudi après-midi

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Héritage

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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14:47 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

lundi, 12 mars 2007

Tirés d'affaires

Tiré d'affaires

Après les révélations du Canard Enchaîné sur les ristournes dont aurait bénéficié Nicolas Sarkozy de la part d’un promoteur immobilier, et celles sur la sous-évaluation du patrimoine immobilier du couple Hollande-Royal se pose une nouvelle fois la question de l’impact des «affaires» sur l’opinion. Disons le tout net : nous pensons qu’il n’y a plus d’effets de ce genre de révélations sur le rapport de force électoral. Les commentateurs qui en scrutent les conséquences, les acteurs politiques qui les espèrent sans le dire, nous semblent fonder leur jugement sur une croyance dépassée.

La mémoire collective française a pourtant gardé trace d’affaires particulièrement pénalisante pour ceux qu’elles concernaient : on pense à la feuille vierge d’impôts de Chaban-Delmas publiée début 1972 qui fragilisa considérablement sa candidature présidentielle ou encore aux révélations sur les diamants (et le fameux « bonsoir messieurs, bonsoir mesdiams » de Thierry Le Luron) qui précipita sans doute la défaite de VGE en 1981.

Mais depuis les années 70-80, le contexte d’opinion a considérablement évolué. D'après la Sofres, 60% des Français pensent aujourd'hui que les élus politiques sont «plutôt corrompus» ; ils étaient moins de 40% en 1977. Près d'une personne sur deux juge à présent la politique comme une « activité peu honorable » ; cette proportion a presque doublée en 20 ans.

Dit autrement, l’opinion a aujourd’hui un rapport tellement désabusé, presque cynique, au politique que le discrédit collectif épargne la stigmatisation individuelle. Etre impliqué dans une affaire n’est plus distinctif puisque l’ensemble de la classe politique est déconsidérée, gauche et droite confondues. Pour les Français, nourris des affaires « mitterrandiennes » (Urba, Mnef) d’un côté et « chiraquiennes » de l’autre (HLM de Paris, marchés publics truqués d’Ile-de-France - Méry, billets d’avion), la suspicion est généralisée et concerne la classe politique dans son ensemble.

A l’évidence, cette représentation du « tous pareils » - voire du «tous pourris» - pénalise les plus honnêtes en épargnant ceux qui le sont moins. En 2002, Lionel Jospin pensait l’emporter en misant sur l’intégrité, cf. le "présider autrement", avec "l'autre ment" en subliminal.

Avec ses casseroles, Jacques Chirac préside la France depuis 12 ans...Le subtil balancier du Canard, touchant une semaine la droite une semaine la gauche, ne peut que conforter l'immunisation globale des Français aux affaires.

Dès lors, et même si d'un point de vue moral on peut le regretter, l’appartement de Neuilly ne devrait pas fragiliser son propriétaire. Certes, l’affaire renforcera probablement les anti-sarkozystes, elle confortera le vote extrême droite, mais elle n’ébranlera pas les soutiens du candidat UMP. L’affaire de l’usage des RG à des fins personnelles n’a eu aucun impact. Celle de l’appartement devrait faire « pschitt » elle aussi. La sous-évaluation du patrimoine de Ségolène Royal pour diminuer l’ISF laissera à peine plus de traces, sur un électorat de gauche un peu plus sourcilleux sur les questions éthiques et plus sensible à l’exemplarité des comportements en matière fiscale.

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Samedi dernier, grosse journée militante, très terrain

Voilà à quoi peut ressembler une journée de militantisme "de base", ou comment décrocher les voix une par une, du côté de Marne-la-Vallée.

Le matin, diffusion sur le marché. Autant il y a trois semaines nous étions nous, les Verts, les seuls à distribuer (en fait on dit"differ", abréviation du verbe "diffuser"), autant ce matin-là, laquasi totalité des partis était présente place de l'église, à Torcy. UMP, UDF, PCF, PS et Verts... À tel point que j'avais pitié pour le citoyen qui venait faire son marché alimentaire et qui se retrouvait à devoir mettre dans son sac, à côtédes œufs, des clémentines et du steak, 6 tracts en quadrichromievantant les mérites d'un(e) candidat(e).

Heureusement, les styles dffèrent nettement. Chez Sarkozy, c'est «je veux, je veux, je veux». Les communistes n'ont trouvé que quatre bonnes raisons de voter pour Buffet. Bayrou nous rassemble sans rien dire de neuf ni de concret. Royal expose une version allégée du pacte présidentiel. Et nous, nous rappelons que nous sommes les seuls à parlerd'écologie (on distribue celui-là, téléchargeable ici). À 11h30, petit tour devant l'école pour toucher les parents d'élève (j'ai déjà écrit ici combien c'était super sympa à faire).

L'après-midi, départ pour le village de Carnetin avec Antoine Parodi, mon futur candidat aux législatives. Nous nous armons de courage car un porte-à-porte avec que des pavillons, c'est long et fatigant. Accueil mitigé, allant du «la politique ça sert à rien» [1] à «moi aussi je suis un peu écolo». Carnetin est un village encore dans la banlieue parisienne, mais totalement excentré par rapport au RER A. Les quelques lignes de bus ont des fréquences affreusement basses. Autant dire que parler de «mauvaise desserte» relève de la litote la plus osée. Forcément, les gens se plaignent qu'ils doivent prendre leur voiture pour aller bosser ou faire leur course, mais c'est le problème de ce genre de village. Il est probable qu'aller habiter là permet d'avoir une plus grande surface pour un coût moindre qu'en centre-ville. On touche là au problème du prix du logement. Comme quoi tout est lié. Mais c'est pas évident de caser ça quand on dérange les gens chez eux un samedi après-miidi...

À 18h on arrête et on rentre chez soi. On continuera la semaine prochaine.

 [1] Antoine a trouvé la bonne réponse à ce genre de réflexions : «Ah bon, mais alors même sans Bush, y aurait eu la guerre en Irak ?»

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dimanche, 11 mars 2007

Révélation

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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17:56 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : bd

jeudi, 08 mars 2007

Veil, femme pivot

La fin du mandat de Simone Veil au sein du Conseil constitutionnel a sonné son entrée dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.Symboliquement, Simone Veil, devient présidente du comité de soutien de Nicolas Sarkozy le 8 mars, journée de la femme. Le parallèle entre la personnalité de la candidate socialiste et de la centriste est inévitable. L’une, Simone Veil, rescapée de la Shoah, devint magistrate jusqu’en 1974, année de son entrée au gouvernement de Jacques Chirac comme ministre de la santé, marquant son action par l’adoption du texte légalisant l’IVG.

Elle fut après avoir quitté ses fonctions ministérielles en 1979, la 1ère présidente de l’Union européenne. Elle reviendra au gouvernement en 1993, comme ministre des affaires sociales d’Edouard Balladur, époque où elle se lia d’amitié avec un certain Nicolas Sarkozy. Trois ans auparavant, elle avait rencontré une jeune étudiante en droit, qu’elle encouragea à poursuivre ses études, elle lui offrit sa propre robe de magistrate quand celle-ci le devint en 1997. Il s’agissait de Rachida Dati, qui est aujourd’hui porte-parole de Nicolas Sarkozy. En 1998, elle intègre le Conseil constitutionnel qu’elle vient tout juste de quitter à l’issue de son mandat. L’action de Simone Veil, sa personnalité en font une grande dame de France qui incarne aux yeux des Français ce qu’est réellement une femme d’Etat.

Dans le même temps, Ségolène Royal, la candidate socialiste, a salué à sa manière la journée de la femme. Dans un discours prononcé la veille à Dijon, elle a déclaré : « je ne vous demande pas de voter pour moi, parce que je suis une femme mais…je suis une femme. Et avec moi, le vrai changement politique il est là. »Cruel contraste entre une Ségolène Royal qui fait de « sa féminitude » son principal argument de campagne et une Simone Veil qui ne s’est jamais posée en victime, qui a toujours été digne, ayant toujours le ton juste encore aujourd’hui en apportant son soutien à Nicolas Sarkozy, qui, au passage, ne demande à personne de voter pour lui parce qu’il est un homme.
Simone Veil connaît bien un autre candidat à la fonction présidentielle, François Bayrou, qui fut en 1989 son directeur de campagne aux Européennes. Elle le connaît si bien, d’ailleurs, qu’elle ne le soutient pas dans sa démarche, trop consciente qu’elle est de l’intérêt de la France et des Français.

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Être femme

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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18:14 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bd

Royal, Guignol, Gnafron et Joe Dalton

C’est désormais une habitude des meetings de Ségolène Royal, depuis son raout de Villepinte le 11 février : la séquence «Guignol-Gnafron». Mercredi soir, à Dijon, la candidate socialiste a récidivé. En fin de discours, elle s’est adressé à la salle par un subtil jeu de questions-réponses digne des spectacles pour enfants. Reprenant les grands termes de son slogan, elle a lancé un «La voulez-vous cette France plus juste ?», suivi d’un autre «La voulez-vous cette France plus forte ?». Réponse méga sonore : un «Ouiiiiiiiii» bissé majoritairement par le Mouvement des Jeunes Socialistes et la Ségosphère. Une pratique qui peut sembler infantilisante à l’égard des militants PS. Personnellement, je m’attends à chaque fois à voir débouler sur la scène, derrière la candidate, la marionnette de Nicolas Sarkozy grimé en Gnafron, et le public de reprendre comme un seul homme : «Attention Ségolène, derrière toi, derrière toiiiiii !!!!!!». Patience.

Mardi soir, être journaliste n’était pas la meilleure carte de visite au Zénith de Dijon. La salle de concert, qui a accueilli par le passé Pascal Obispo, Johnny ou la Star Academy 6, était pleine comme un œuf. Au point qu’une partie du public devait rester debout dans la fosse, par manque de places assises pour tout le monde. Problème, le meeting ayant lieu à partir de 17h30, la majorité des venus étaient des retraités, un public qui pour le coup, n’aime pas beaucoup la station verticale pendant plus de deux heures. Or, dans un coin de la salle, un grand carré de sièges rouges avait été réservé pour la presse.

Plusieurs places étant inoccupées une longue partie du meeting, les journalistes préférant se déplacer dans les travées ou se rendre en salle de presse à l’écart. Résultat, très vite, les chères places furent prises d’assaut par les cheveux blancs. Au point de provoquer quelques frictions avec les services de presse et d’ordre du PS. «Y’a pas de raison que les médias s’assoient et pas nous, nous on a notre carte du parti, on est prioritaire», a lancé une vieille dame.

Il y a une semaine, lors du déplacement de Ségolène Royal en banlieue parisienne, à Clichy-sous-Bois, la presse aussi avait été prise à partie par certains habitants, rapidement excédés de voir la «meute» de photographes, cameramen et rédacteurs tout bousculer sur son passage pour suivre la candidate. «Vous dites, dans vos journaux, qu’en banlieue, y’a que des sauvages, mais vous donnez pas l’exemple», avait raillé, à raison, une mère de famille.

Mais journaliste, ça a aussi ses bons côtés. Mardi soir, après le meeting, on a été quelques uns à être conviés dans la loge de Ségolène Royal pour une conversation à bâtons rompus sur la campagne. Le genre de rendez-vous «off» que nous, journalistes, on adore, et ils nous permettent le cas échéant de récolter quelques infos intéressantes ou de préciser certains points confus. Fauteuils en cuir noir et moquette rouge, la candidate a discuté avec nous pendant près d’une demi-heure. Faut savoir quelque chose avec Ségolène Royal, c’est qu’elle est très forte pour donner l’impression de faire du «off» sans en faire. Bayrou qui n’est que «l’illusion du changement», Le Pen qui serait «très sous-évalué» dans les sondages, une petite phrase sur Airbus, une autre sur la «longue campagne», et hop, fermez le ban.

Rien de vraiment révolutionnaire, vous en conviendrez. Sauf une tirade plutôt inattendue, tant sur la forme que sur le fond. Interrogée à deux reprises sur la montée dans les sondages de François Bayrou, Ségolène Royal finit par se crisper sur la notion de «changement». A la troisième question, elle part dans une réponse scandée, très directe : «Mon pacte présidentiel entraîne les réformes les plus radicales ! J’apporterai la preuve obstinée, permanente, acharnée, que j’incarne le seul changement, et qu’en plus, moi je le réaliserai ! Avec moi, les questions des banlieues seront réglées, avec moi les questions d’éducation seront réglées, avec moi, l’économie repartira, parce que je le veux vraiment!». Quinze secondes de volontarisme politique pur et dur, qui laisse néanmoins une drôle d’impression, entre méthode Coué et colère toute rouge de Joe Dalton. Bastien Bonnefous

Un phénomène pas encore remarqué par les médias classiques, c'est via le web que la nouvelle génération d'intellectuels s'engagent dans la campagne

Difficilement et lentement, une nouvelle génération d'intellectuels, plutôt de gauche, est en train de percer. L’atelier intellectuel et surtout la collection La Republique des idées leur a donné une certaine visibilité. Les travaux de d’Eric Maurin sur les nouveaux ghettos, de Philippe Askenazy sur les conditions de travail, de Thomas Piketty sur l'Impôt sur le revenu à travers le 20e siècle ou encore de Louis Chauvel sur la dérive des classes moyennes sont maintenant connus et largement relayés. Le colloque de Grenoble de mai dernier avait un petit côté événement fondateur générationnel. Même si tous n’ont pas la même inclinaison politique, une nouvelle pensée de gauche semblait émerger.

Pourtant en début de campagne, cette nouvelle génération intellectuelle ne s’est pas manifestée. Plusieurs observateurs l’ont souligné avec des explications différentes : volonté de nourrir le débat politique mais aussi de rester à sa périphérie, réticences supposées envers Ségolène Royal... Cela a été vrai un temps. Cela ne l'est plus.
Ce qui est étonnant, c'est que c'est par le web et de manière individuelle qu'ils ont pris position. Alors que les colonnes des grands journaux leur sont ouvertes, ils ont choisi une autre voie. Thomas Piketty, la même semaine où Le Monde lui consacre une pleine page, passe par le site reconnu mais assez confidentiel antisarko pour prendre position. Il est suivi quelques jours après par Thierry Pech, secrétaire général de la République des Idées qui s'exprime sur le même site. Depuis, le mouvement s'amplifie. Philippe Askenazi s'exprime sur un blog provisoire. Ils utilisent les blogs de Libé, du Nouvel Obs ou sont accueillis par l'agence intellectuelle en ligne Telos...

Cet engagement se fait non seulement via le web, mais aussi à gauche et notamment contre Bayrou. C'est notable.  Au moment où les médias classiques se font échos de la supposée percée de François Bayrou chez les blogueurs et dans certains milieux intellectuels, ils ne relèvent pas ce phénomène, à mes yeux, bien plus marquant. Car c'est aussi là que le nouveau stimulus intellectuel se trouve vraiment. La comparaison est alors rude : d’un côté les posts de Loic Le Meur, pape des blogueurs de droite, sur ses performances de joggeur, les analyses pas toujours passionnantes de plusieurs blogueurs assez médiatisés et les billets des intellectuels que je viens de citer.  

Voici, quelques liens mettant en exergue ce phénomène:


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Pas la peine d'en rajouter

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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06:40 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

mercredi, 07 mars 2007

Ça baille aux Cormeilles

Quand on se tape la sortie de Paris aux heures de pointes, la traversée de Saint-Ouen, l’A15 encombrée ras-la-gueule, l’A115 pareille et les petites routes à guetter le moindre panneau indiquant où se trouve la salle des fêtes de Cormeilles-en-Parisis, commune coincée entre Franconville et Argenteuil, quand on arrive sur place après une heure et demie de bagnole dont le chauffage est bloqué sur le chaud, on ne peut pas s’empêcher de se demander, avec un poil d’énervement, ce que Nicolas Sarkozy est venu foutre un mardi soir de Ligue des Champions dans ce bled paumé où on a plus envie de mourir que de vivre ce joli petit coin du Val d’Oise.

La réponse est au bout du couloir comme disait un grand philosophe sur TF1 le lundi soir. En l’occurrence, le bout du couloir il est à dix minutes de marche sous la pluie parce que forcément, on n’a trouvé à se garer qu’à perpet’. Enfin, la salle des fêtes se profile. Enfin plutôt, un espèce de gymnase look néo-stalinien. A l’intérieur, les panneaux de basket sont toujours accrochés et il ne manque que les buts de hand aux deux extrémités.

Les invités dont la moyenne d’âge frôle la teneur en alcool d’une vodka russe frelatée, sont installés en bas, les journalistes sont placés dans les gradins là où d’habitude le public vibre pour un derby entre l’ASCS basket Cormeilles-en-Parisis et l’Olympique Sannois-Saint-Gratien.

Et oui, vous qui pensez que les journaleux sont logés à la meilleure enseigne, qu’ils sont installés dans des fauteuils en cuir, que des nymphes à moitié nues leur servent des coupes de champagne tandis qu’un assistant stagiaire prend des notes à leur place, vous êtes loin de la réalité. Non, nous ne sommes pas à plaindre, mais franchement, se taler le cul sur un gradin en béton à écouter un discours qu’on peut prévoir à l’avance, ce n’est pas vraiment une soirée de rêve.

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La preuve en photo. Vous voyez dans les gradins en haut, c’est nous, les journalistes, en train d’écouter religieusement le best-off Sarko. Entouré de rouge, c’est ma pomme. En blanc, en revanche, ce n’est pas l’envoyé spécial du magazine interne de Monsieur de Fursac. Non, même s’il aborde la coupe de cheveux que moi, il s’agit d’un membre de la sécurité. Et il y en a comme ça quelques-uns disséminés un peu partout pour surveiller le bon déroulement des opérations et qui sont prêts à intervenir au cas où fuse dans la salle un « Sarko, on aura ta peau », comme cela a été le cas mardi soir.

Le truc marrant, c’est qu’il y avait du public assis avec nous, et notamment trois groupies qui hurlaient « Sarko président à tout bout de champ ». J’ai failli lâcher une grosse connerie à mon voisin en lui disant que ça commençait à se voir le soutien des journalistes d’ Europe 1 à Sarko. Je me suis retenu, je crois que cette vanne au 30 000ème degré aurait été mal prise.

J’en reviens à ma question de base : que venait faire le candidat de l’UMP dans ce trou cette riante bourgade qui conjugue les charmes de la province et la proximité de Paris ? Je pose la question à Alexandra, une des attachés de presse. « C’est dans le cadre normal des réunions publiques, nous faisons ce genre de meetings partout en province. Il est vrai que c’est la région d’Axel Poniatowski (député proche de Sarkozy). En tout cas, ce n’est pas LE déplacement en banlieue comme on a pu le lire. »

Il est vrai qu’Argenteuil, là où le ministre de l’Intérieur avait lâché le mot racaille en 2005, se situe juste à côté. Argenteuil où le candidat a promis de revenir mais où il se fait toujours désirer. Et là, on comprend mieux ce qu’il est venu faire. Il est venu s’adresser à la banlieue des pavillons, celle qui regarde d’un œil inquiet la banlieue des HLM, celle qui subit le plus les grèves des transports, celle qui pense payer trop d’impôts, celle qui pense que l’euro nous a fait perdre du pouvoir d’achat…

Alors Nicolas Sarkozy leur parle des « conducteurs de bus agressés », des « petits caïds impunis » dans les cités, de « service minimum dans les transports », de la « protection » des salariés et des industries, du « renforcement » et de la « responsabilisation » de la famille, des « solidarités distendues » entre proches ou voisins, de la « défense des valeurs de la France »… Un discours bien ciblé. L’audience a d’ailleurs apprécié toutes ces attentions. C’est toujours là qu’on se rend compte que ce qui prime, c’est l’importance avec laquelle on assène ses convictions et sa vérité. Peu importe les libertés qu’on peut prendre avec la réalité.

Un seul exemple ce mardi soir. Nicolas Sarkozy a remis sur le tapis la question de la responsabilité des magistrats, en en faisant une promesse de campagne. Mais qui sait dans la salle que le 1er mars, le Conseil constitutionnel a censuré quatre articles d’un projet de loi justement sur la responsabilité des magistrats, dont l'un créait une nouvelle faute disciplinaire pour les magistrats ? Selon cette haute autorité judiciaire, cette disposition était contraire à la Constitution. Mais cela n’empêche pas un candidat de la promettre quand même. Reste à savoir ce que pèse un avis du Conseil constitutionnel dans son esprit.

C’est en tout cas ce que je me demandais dans la voiture en repartant tandis que nous étions bloqués dans les embouteillages. Il y a une logique à finir la journée comme on l’a commencée. Avec l’impression de ne pas avoir beaucoup avancé. Au propre comme au figuré.

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(photo d'origine mais mal trafiquée par mes soins : Sébastien Ortola /20minutes)

19:49 Publié dans David Carzon | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : sarkoy, cormeilles

Webtélés des candidats : trois approches symptomatiques

Pendant qu'en France, on parle de l'élection dailymotion, les Etats-Unis sont en train de préparer, pour l'année prochaine, l'élection youtube. Jeff jarvis a décidé de suivre cet aspect de l'élection de près à travers un blog dédié, prezvid.  Il y suit l'actualité de l'usage de la vidéo en campagne, et la met en perspective d'usage, dans un espace de veille passionnant.

Pendant ce temps, en France, on voit plusieurs stratégies à l'oeuvre dans la campagne française :

Une volonté de contrôle total de l'agenda et du ton par Nicolas Sarkozy, avec sa NSTV qui fleure bon les années 80, une sorte d'ORTF du web. Volonté de contrôle d'une "vraie chaine de télé", qui est tempérée par la créativité et la volonté de jouer au journaliste fait parfois débarquer des petits couacs dans une machine de communication ultra huilée (pourquoi montrer ainsi l'équipe de jeunes loups de l'entourage de Sarkozy ? Pourquoi cette chaîne libre cours dont certaines vidéos font penser à des canulars ? Pourquoi créer ce drôle de truc, le jour jeune ?), Le format est celui de l'embedded, des coulisses, dans le souci de créer une sorte de connivence avec le spectateur. Spectateur seulement : le candidat ne parle pas directement sur NSTV, il est suivi par des journalistes, intermédié, observé, raconté par des tiers. On montre son équipe, ses locaux, ses déplacements. Il est étonnamment absent de NSTV, désincarné, le spectateur n'y a pas non plus beaucoup de place, de pouvoir. Aspect intéressant, à suivre, les décryptages et la chaîne sur la recherche, contenus rébarbatifs sur la forme, mais qui apportent du débat, du fond dans une chaîne très "publi reportage". Bref, un OWTNI (objet web télévisuel non identifié).

Coté Ségolène Royal, ce sont aujourd'hui surtout les images officielles qui circulent (plus que les vidéos de Nicolas Sarkozy, semble-t-il). On retrouve, géré par des militants, le site segolene-video, qui reprend tous les passages media de la candidate et les grands discours (il en existe de multiples clones, qui créent un effet d'écho sur le web). Assez peu de reportages en propre, à part ceux, au style étonnant, de FatCat Films, caméra épaule et premiers plans flous, comme pour les fameux voeux web de la socialiste (ça parait déjà si loin !). On attend, il parait, une grande série de petites vidéos qui mettrait en scène les cent propositions. On attend, on attend. Cent vidéos, en six semaines ? La vidéo chez Ségolène Royal, c'est l'inverse de NSTV : peu de contenus propres, pas d'hébergement centralisé. J'émets peu, je limite les contenus à mes discours, et je vous laisse diffuser de proche en proche. Cohérent avec le positionnement "miroir des désirs" et "autonomiste" de la candidate.

Chez Bayrou, sans grand étonnement, on est dans l'entre deux, dans une troisième voie. Le candidat a sa web télé, mais c'est une télé où il privilégie la parole directe, sans interlocuteur. Reportages de campagne non majoritaires, pas de "coulisses", mais plus d'évocations directes de sa personne et de ses propositions, par lui-même. Il tente donc d'abolir les frontières et de parler directement, ce que Ségolène Royal n'a fait que lors de ses voeux, et que Nicolas Sarkozy ne fait pas, s'adressant toujours à travers l'intermédiaire d'un Frèches ou d'un La Brosse. Il est, de ce point de vue, dans un registre plus proche de la web télé de David Cameron, dans une continuité certaine, également, de son positionnement d'homme sans intermédiaires. Notons que François Bayrou est pour l'instant le seul à tenir des tribunes, derrière son bureau, pour expliquer ce que sont les éléments de son projet aux internautes, "en exclusivité".

Je passe sur la télé de Jean-Marie Le Pen, qui fleure bon les années 60 (tout est fait en studio) ou le traitement intégral des meetings par les verts (qui ont diffusé un clip de campagne que je trouve raté). 

Les télés des candidats en disent beaucoup sur leur approche, leur positionnement. Un patron à l'agenda suractif, une candidate qui se retranche derrière la mobilisation de ses supporters, un homme qui se place directement face au peuple.

Reste à savoir ce que veulent les Français, ou, à tout le moins, les internautes.

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mardi, 06 mars 2007

Si Bayrou est élu président, que se passera-t-il pour les législatives?

 François Bayrou élu président de la République, il appellera chacune et chacun à prendre ses responsabilités et à s’engager selon un programme de réformes à mener. Femmes et hommes de différentes sensibilités pourront ainsi le rejoindre. La sélection ne se fera donc pas sur les étiquettes politiques mais en fonction les compétences. C’est cela un gouvernement d’union nationale, ce que souhaite 68 % des Français.  Ce n’est évidemment pas une cohabitation — comme le disent ses détracteurs qui en ont d’ailleurs été les acteurs par le passé — qui a démontré la preuve de son échec. C’est l’union des forces, pendant un temps donné, sous l’autorité d’un Président de la République s’engageant lui-même pour conduire le pays, sans se cacher derrière un Premier ministre, avec un «gouvernement de rassemblement».
 
En ce qui concerne les législatives, rien de plus simple et de plus pragmatique ! Le nouveau gouvernement soutiendra les députés s’engageant à soutenir ce programme de réformes dont la France a cruellement besoin. Le gouvernement accordera un label dans chaque circonscription aux candidats qui le soutiennent. Ces démocrates de gauche, du centre comme de droite, formeront ainsi la majorité présidentielle. Et afin de mettre fin à la crise politique que nous traversons, notamment par la crise de confiance entre les Français et leurs élus, les règles du jeu vont devoir changer et se moderniser.

Pour combattre la crise de représentativité, François Bayrou introduira la proportionnelle avec 50 % des sièges au scrutin majoritaire de circonscription et 50 % à la proportionnelle, avec une barre à 5%. Ainsi toutes les sensibilités ayant reçu la confiance des Français seront représentées. Ce qui semble la base pour refonder notre démocratie et mener un débat parlementaire digne de ce nom.
 
Cette nouvelle majorité parlementaire sera composée des réformateurs de toutes tendances. Ceux qui veulent s’attaquer aux problèmes de fond. C’est une occasion inespérée pour renouveler nos élus, pour rééquilibrer la moyenne d’âge de nos parlementaires, de leur culture et de leurs origines sociales ou professionnelles.

Avec un président de la République quinqua, la France doit se doter d’une Assemblée nationale à l’image de ses forces vives dont elle pourra être fière, par-delà ses frontières.
 
En accordant un soutien à François Bayrou, les Français de plus en plus nombreux signifient aux appareils politiques qu’ils doivent se remettre en question. Ils ont envoyé beaucoup de signes dont ils n’ont pas tenu compte : 21 avril, 29 mai, crise du CPE.

Cette élection présidentielle représente pour moi une chance unique pour redonner du sens à notre engagement politique, reconstruire nos mouvements et nos pratiques.

Nous vivons un instant fondateur.

Et ça fait du bien !

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Des leçons de l'Amérique?

Vous pensiez que le niveau du débat de la campagne présidentielle française avait touché un fond. Un petit tour ailleurs est parfois instructif. Au hasard, Rendons-nous aux Etats-Unis. Là-bas, l’élection présidentielle se déroule à l’automne 2008. Mais le long processus de désignation des candidats démocrates et républicains a déjà commencé.

Côté démocrates, trois têtes d’affiche : John Edwards, Hillary Clinton et Barak Obama. Côté républicains, John McCain et Rudolf Giuliani. Dans cette longue course à la Maison Blanche, tous les coups bas et les dérapages sont permis.

Exemple, relayé comme il se doit par YouTube: la sortie de route d’Ann Coulter, une polémiste très à droite déjà à l’œuvre dans les embarras extraconjugaux de Bill Clinton. Lors d’une conférence, elle traite le démocrate John Edwards, co-listier John Kerry lors de l’élection de 2004, de «pédé».

Le magazine Slate décrypte les «Coulterisms», la publicité qui est faite dans les médias, etc. Et nous, on a Le Pen et ses «chapons, qui ne font plus couler d'«encre». Comment traiter ces dérapages, faut-il en parler ou pas?

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lundi, 05 mars 2007

En Campagne

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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13:50 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

Carnet de campagne (2)

Commune de Crespin, le 2  mars, à la frontière Belge. Porte à porte pour le vote Marie George Buffet. Il faut voir l’état des immeubles et des maisons de cette cité. En France, 6ème puissance économique au monde, au 21ème siècle, il existe encore des endroits où le sentiment d’abandon domine tout. Des familles, des ouvriers de chez Toyota, des employés communaux, des enfants, des personnes âgées habitent ici, avec leur fierté et leur dignité, avec les sourires et les malheurs de la vie. Pour eux la vie continue.

Mais l’état de ce quartier donne le sentiment que le temps s’est arrêté dans les années 50. La peinture défaite, la rue qui ressemble plus à une piste, les portes en bois, les fenêtres sans double vitrage… autant de signes extérieurs qu’aucuns travaux n’ont été entrepris ici depuis longtemps. Comment voulez vous que les gens aient confiance dans le rôle des élus ?
A la porte d’une de ces maisons, une jeune femme est assise sur les marches de son entrée. Trente ans, le regard perdu dans le vide, avec de longs cheveux blonds, très fine, elle ne tourne pas la tête quand je m’approche d’elle. Je force un peu les présentations et j’apprends qu’elle travaille à Toyota Onnaing, l’entreprise de cet arrondissement qui emploie 3 950 salariés. Je rentre dans le vif du sujet :

- «Avez-vous fait votre choix pour les prochaines élections?»
- «Non» me répond-elle.
- «Je ne vote pas. Ca ne sert à rien. J’aimerai un peu plus d’écologie mais, de toute façon, ça ne sert à rien de voter. Je ne m’occupe pas de la politique», poursuit-elle.
Après un bref échange pour essayer d’éveiller son intérêt pour la présidentielle en lui expliquant que la politique, elle, s’occupe d’elle, je n’arrive pas à susciter son intérêt. Le regard reste perdu dans le vide. Je suis sur le point de la quitter et je lui lance :
- «Vous travaillez en poste à Toyota Onnaing?»
- «Oui»
- «Et si je vous proposais de travailler plus pour gagner plus, comme le propose M. Sarkozy et la droite, qu’est ce que vous en pensez?».
Elle tourne la tête alors vers moi, ouvre grand ses yeux comme si je l’avais blessée et me répond d’une voix tout d’un coup ferme et déterminée.
«Ah ça non. Je suis cassée par le travail. Je veux gagner plus, tout court. On n’est pas assez payé. Je veux que mon salaire augmente pour les heures que je fais parce que c’est dur et parce qu’on est sous payé!».

C’est à ce moment que j’ai ressenti quelque chose dans ses yeux. C’était de la colère. Tout simplement. Et elle avait raison d’être en colère. Nous avons pu ensuite discuter des élections.

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dimanche, 04 mars 2007

Martin Hirsch et Dominique Voynet

Comme promis, un billet d'impressions du meeting de Montpellier, jeudi
1er mars. Entre les interventions de Noël Mamère et Dominique Voynet, 3 « grands témoins » sont venus sur la scène du Corum, la Palais des congrès local. Jean-Louis Roumégas, le régional de l'étape, a évoqué des combats des Verts sur la région, tel le doublement de l'A9, projet routier aberrant comme un peu partout. Pascal Frissant, de la commission viticulture de la Confédération paysanne, a été très émouvant en évoquant le désarroi du monde viticole et les émeutes de 1907 dans le Languedoc, dont j'ignorais jusque-là l'existence. Enfin, l'intervention que j'ai trouvée la plus efficace, la plus poignante et la plus simple, c'est celle de Martin Hirsch, le président de l'association Emmaüs. La présence d'une personne de sa qualité à nos côtés, aux côtés de Dominique Voynet, est un précieux soutien. Martin Hirsch aurait dû venir à Nantes, pour le premier meeting. Le decès de l'Abbé Pierre et les hommages successifs l'en ont empêché. Il était donc à Montpellier. En quelques mots, il a expliqué les liens entre écologie et lutte contre la pauvreté, les deux étant indissociables. Il a parlé des gens pour qui «la vie,c'est quelques euros par jour, pour l'éducation et les transports». Si seulement toute la gauche pouvait parler aussi clairement, aussi simplement et aussi précisément que cet homme ! Jean-Louis Calmettes, lui aussi Vert et blogueur, a réalisé une petitevidéo de cette soirée

Voynet- Montpellier
envoyé par calmettes
 
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vendredi, 02 mars 2007

Où est la face sexy des centristes?

Une semaine à crapahuter sur le site sexycentriste.com et pourtant, sur la page d’accueil, je figure toujours parmi les derniers internautes enregistrés, aux côtés de Tachatte et Bipbip.
Malgré leurs pseudos, les internautes débattent assez sérieusement de propositions politiques. Certes, les discussions sont plus nourries sur le port du string à l’école et la réouverture des maisons closes que sur la taxe Tobin, mais quand même, on est loin de «vous habitez chez vos parents?» ou de «et au fait, tu baises?».

Bref, sur sexycentriste.com, c’est beaucoup de centrisme et pas beaucoup de sexy. Comment faire pour passer à l’attaque subtilement mais sûrement? Je décide d’envoyer un message privé à un internaute avec qui j’ai, d’après les calculs de ce site, «100 % d’affinités politiques» et un autre avec qui j’ai «0% d’affinité».

Voici à quoi ressemble mon appât: «Bonjour, j'ai 100% (ou 0%) d'affinités politiques avec vous... Alors voilà, je vous écris parce que c'est fait pour ça aussi, ce site, non?». Mon collègue Pierre trouve la formulation de mon message trop littéraire, qu'ils ne mordront jamais à l'hameçon…

A suivre…

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Immobilisme

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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10:15 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

jeudi, 01 mars 2007

Premier billet

C'est avec beaucoup d'émotion que j'inaugure ma participation à ce blog spécial présidentielle, aux côtés d'illustres noms tels Versac, Guy Birenbaum ou Quitterie Delmas. J'ai eu le plaisir de voir que mon arrivée était annoncée avec un coup de pub sympa dans le journal de la présidentielle, sur 20minutes.fr. Ce coup de pub montrait d'ailleurs la bande-annonce de l'action Révolution écolo du 3 mars, au Salon de l'agriculture, dans laquelle je réendosse le costume de Maïs de Nice,
la casseur OGM (pour mémoire, le premier épisode). Non, je n'ai pas peur du ridicule. :-)


Révolutionécolo - Maïs de Nice 2
envoyé par revolutionecolo

En tant que militant Vert et salarié de l'équipe de campagne, je vous narrerai les collages nocturnes, les meetings enflammés (le prochain est à Montpellier ce soir) et les stress inhérents au métier que j'exerce actuellement au sein de la (trop) petite équipe de Dominique Voynet. À très bientôt pour de nouvelles aventures !

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20 Minutes à la conférence de presse mercredi de N.Sarkozy

mercredi, 28 février 2007

Il ne peut en rester qu'un

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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18:37 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd

Quand Bayrou sort TF1 de la Politic’ Academy

J’ai vu un PPDA excédé par François Bayrou qui ne s’est pas plié pas aux règles fixées par la chaîne. Bayrou est face aux Français, il prend le temps qu’il faut pour écouter, aller au bout de son raisonnement quelque soit le timing qu’on veut lui imposer. S’il tient à une chose, François Bayrou c’est de profiter de la fenêtre médiatique qui s’ouvre enfin, et donner les clés de compréhension aux Français pour choisir en toute connaissance de cause. On est bien loin de la politique à emporter, vendeuse de tapis, loin des radios crochet : 2 minutes pour vendre la soupe! 

J’ai été agréablement surprise par les questions du public très tournées vers l’avenir et pas seulement autocentrées. Ca change de l’émission Chirac et les 100 jeunes lors de la campagne référendaire, ainsi que les deux premières oraux de TF1 de qui donnaient l’impression fausse d’une société nombriliste et individualiste. Un homme à la fois à l’écoute, mais pas au même niveau. Les Français attendent en même temps de la proximité, des intermédiaires en moins, mais aussi d’être portés, tirés vers le haut, vers des perspectives qui fondent notre société ou le « comment vivre ensemble ». 

J’ai retrouvé la même qualité de débat que je vois chaque jour sur Internet Une fois dépassée la campagne poubelle ou la politique paillette, enfin on parle enfin du fond, on parle de la dette, de l’importance de l’éducation, de notre politique internationale, du dépassement du clivage gauche droite, de sa concrétisation sur le terrain des législatives après la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.
 
Et pendant ce temps-là, les tontons flingueurs sont de sortie UMPS tous unis contre François Bayrou. Je sens qu’on va rire ! Mais pendant ce temps, là, François est reparti sur les routes de France, à Metz ce soir…

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Carnet de campagne (1)

Vendredi 23 février 2007, 11h, à l’heure de l’apéritif dans un bistrot du quartier de Lille Sud, la discussion tourne vite sur la Une du journal La Voix du Nord, consacré aux résultats réalisés par les différents candidats à l’élection présidentielle dans la région Nord Pas-de-Calais. Dans l’ordre : Royal, Sarko, Le Pen, Bayrou.
Lille Sud est un quartier que l’on nomme «populaire» ou «défavorisé» selon le jargon politique. L’électorat socialiste y est fortement ancré. C’est un bastion de Pierre Mauroy. Le député est Bernard Roman. Au premier tour des derniers scrutins, le FN est devenu le deuxième parti après celui des abstentionnistes.
Lors d’une discussion, un client de ce bar affiche fièrement son choix pour le candidat de l’UMP. Le patron renchérit. «Ici», dit-il, «Le Pen était le plus fort. Maintenant, c’est Sarko». Soit.


La discussion se poursuit immédiatement sur les conditions de travail, les 35 heures et le pouvoir d’achat. Tout le monde se plaint. Rien ne va. Mais le patron de l’UMP ne porte absolument pas le bilan de cette situation.
Mon voisin, partisan de Monsieur Sarkozy, pose son verre de bière et s’exclame soudain : «Hé bien moi, j’ai 59 ans, j’ai cotisé pendant 40 ans et je viens d’apprendre que je ne pourrai pas partir en retraite à 60 ans. J’ai encore deux ans à faire. Vous croyez que c’est juste ça?» me dit-il. Je lui retourne alors la question : «Pour quelles raisons, à votre avis, vous devez travailler plus longtemps pour faire valoir vos droits à la retraite ?». «Je ne sais pas» me répond-il. Je lui explique alors la réforme Fillon qui a allongé la durée des cotisations tout en réduisant le montant des pensions des retraités. «C’est vrai» me dit-il. Et nous avons ensuite échangé sur le système de retraite, la nécessité de faire cotiser tous les revenus, y compris les revenus financiers des grandes entreprises du CAC 40, le poids des exonérations de charge accordés largement à ces même groupes sans contrepartie en matière d’emploi….Bref, qu’il est possible de faire autrement avec un peu de courage politique.


Cette discussion de comptoir est révélatrice de deux choses :
Monsieur Sarkozy, numéro deux de ce gouvernement, patron de l’UMP arrive à n’être responsable en rien des réformes qui se sont traduites par une dégradation de leur niveau de vie.
Deuxièmement, en discutant, un peu, il est possible d’apporter quelques éclairages sur le bilan et le contenu du programme du candidat de l’UMP et de faire réfléchir l’électorat «populaire» sur le sens de son vote.
Ah les bistrots, c’est aussi là que l’on fait de la politique…

 

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mardi, 27 février 2007

Droit de suite patrimonial...

Mardi matin sur France inter, Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, a répondu à «Pierre, de Dordogne», qui accusait son champion de «ne pas avoir tenu la promesse de publier le détail de son patrimoine». L’ancien commissaire au Plan n’a pas éludé la question et, apparemment sincère, a déclaré ne pas «s’être intéressé de près à la question» mais «avoir le sentiment que cela avait été fait», de «façon détaillé». De mémoire il y a cinq semaines, si l’on a souvenir que Nicolas Sarkozy devait publier cette déclaration de patrimoine détaillée «dans quelques jours» (cf. , ou même en vidéo là), sa trace me semblait depuis s’être perdue dans les «trous d’air» de l’actualité. Mais peut-être me trompais-je.

Puisque Henri Guaino le sous-entendait, il suffisait de le vérifier. Auprès de la communication de l’UMP, par exemple. «Oui bien sûr, c’est sorti dans L’Express il y a un mois». Mais la déclaration détaillée, ou juste le montant de l’ISF? «Ah non, pas plus que ça, je crois… Ecoutez, appelez Frank Louvrier». Et le directeur de la communication du candidat UMP de confirmer. «Oui, ça faisait deux pages dans Le Parisien et dans L’Express. Il y a même eu une dépêche AFP». Soit.Toutefois, après lecture des archives du Parisien depuis le 18 février (date de «l’emballement médiatique autour du patrimoine des candidats»), ainsi que de L’Express et des dépêches AFP, aucune trace de ladite déclaration. Des enquêtes, notamment le 25 janvier ici ou dans Le Point, avec des estimations réalisés par des journalistes. Mais pas le détail, par exemple de cette fameuse collection de timbre héritée du grand-père.

Survenue en cours de rédaction de ce billet, l’information (démentie) du Canard enchaîné à paraître mercredi, pourrait peut-être enfin convaincre le ministre de l’Intérieur à jouer la carte de la totale transparence.

 

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«Monsieur le Maire, les femmes n’ont pas assez de «couilles» pour élire une femme»

Ce mail, il m’est arrivé tôt ce matin. Il avait un titre suffisamment accrocheur pour que je le lise en premier dans la multitude accumulée dans la nuit et même le reprenne en titre de ce premier billet. Le sujet et la tonalité que j’avais prévu pour ce retour à un blog collectif devaient être tout autre. J’étais parti sur une analyse très sérieuse du programme social et économique de Bayrou. Sérieuse nécessairement, car il faut se les coltiner les 12 pages, sans intertitre et en interlignage simple. Bref, je voulais montrer et montrerai une autre fois qu’avec ce programme, le Béarnais avait abandonné les habits du Che pour reprendre ceux de Raymond Barre . Que ces attaques contre la classe médiatico-politique faisaient écho aux critiques sur le « Microcosme » de l’homme de la Réunion. L’Ile ! Et non, pas la grande alliance politique. Mais, tout cela sera pour une autre fois. Car ce petit mail, m’a bel et bien interloqué. En effet, pourquoi dans les enquêtes d’opinion, Ségolène Royal ne fait pas le plein de voix chez les femmes ? Loin de là. Rien que du très classique, en fait dans l’histoire de la domination. Historiquement, une partie de la gauche a longtemps été réservée face aux votes des femmes par crainte qu’elles votent comme le disait le curé. Mais, quand même ! Il demeure aujourd’hui à l’égard de Ségolène Royal une suspicion très forte. Plus que je ne l’aurais cru. Et elle va se réfugier dans des recoins de notre inconscient collectif pas toujours évident à traquer.

Suspicion, sur sa compétence, bien sûr. Le lynchage du début de l’année nous a montré son intensité. J’attends de voir les réactions aux approximations d’hier de Nicolas Sarkozy sur RMC. Plantage sur les sous marins nucléaires, vision plus que floue sur Al Qaïda et pour l’instant pas grand-chose. Mais, il n’y a pas que la compétence de la candidate socialiste qui soit mise en cause. Ce débat a été en partie clos avec le discours de Villepinte. Solide, charpenté, global. L’examen de passage a été réussi pour reprendre les commentaires des habituels chroniqueurs. Il reste aujourd’hui autre chose. Et c’est bien elle même, et c’est bien l statut qu’on lui réserve du fait de son état de femme.

Et c’est là, qu’on retombe sur François Bayrou. Après avoir percé en jouant au trublion, il veut consolider ses positions en apparaissant désormais comme le seul raisonnable. C’est celui qui rassure, surtout les milieux bien pensant. Il renvoie dos-à-dos Sarkozy et Royal, sur des arguments en fait dissymétriques. C’est éclairant quand il attaque la prodigalité des deux principaux candidats, En fait, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne se comportent pas de la  même façon. Le chiffrage du projet de la candidate socialiste n’a pas connu les mêmes approximations que celui de l’UMP. Il n’y a pas eu de dérapage contrôlé sur la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, sur 5, 10 puis 20 ans. Et pourtant, le candidat de l’extrême centre peut continuer à creuser son sillon. Il joue bien sûr sur la caricature des socialistes dispendieux, même si celle ci commence à être vraiment has been. La gauche est devenue bien souvent plus exemplaire que la droite. Il suffit de comparer l’état des finances publiques en 1995 après le Gouvernement Balladur avec François Bayrou comme numéro 2 et Nicolas Sarkozy comme Secrétaire d’Etat au budget avec celui de 2002.

Mais, en fait il peut continuer d'exploiter ce créneau de l’homme rassurant car il y a bel et bien autre chose.  Ce n’est pas compliqué de vouloir rassurer quand on veut se démarquer de Nicolas Sarkozy. Ses comportements, ses interpellations inquiètent. On a tous en tête son trouble jeu de pompier pyromane comme Ministre de l’Intérieur.  On peut effectivement se demander ce qu’il ferait sans garde fou. Mais, il y  aussi la volonté de rassurer face à Ségolène Royal. Et, là on cherche les raisons. Quels sont les actes, les dérapages verbaux, les propos qui nécessitent de devoir rassurer les Français face à Ségolène Royal. Quand a-t-elle été borderline, comme ils disent ? En rien, si ce n’est qu’elle est une femme. Nicolas Sarkozy fait peur, à raison. Ségolène Royal, inquiète, sans raison, mais par abus de clichés.   Clichés sur l’incompétence des femmes, sur cette vieille et éculée étymologie du mot hystérie … C’est aussi cela qu’il va falloir surmonter chez les Français, et les Françaises.

 

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La maison Russie

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17:52 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

Des éléphants dans un magasin de porcelaine

La politique de la terre brûlée. C’est ainsi que les journalistes des quotidiens régionaux qualifient la venue de leurs collègues parisiens qui débarquent en province, bousculent tout sur leur passage et repartent sans s’inquiéter de savoir s’ils ont cassé quelque chose. C’est encore plus vrai lors d’un déplacement de Nicolas Sarkozy.

Exemple dans le Cher lundi. Le rendez-vous est donné à Mehun-sur-Yèvre, chez Pillivuyt, une manufacture de porcelaine, en début d’après-midi. Une partie des ouvriers (qui ont la particularité d’avoir repris et fait fonctionner eux-mêmes leur entreprise après le départ de leurs patrons) attendent devant l’entrée d’un des bâtiments. Ils voient grossir les rangs des journalistes au fil des minutes. « Il y en a combien comme ça », s’inquiète une employée.

Pour le moment, ils sont confiants, ils pensent pouvoir accéder au candidat, lui parler, lui serrer la main. Et puis ils voient la voiture du candidat arriver, ils regardent une nuée de caméras et de micros se diriger vers lui, l’entourer jusqu’à former un rempart. « Quand on voit les images à la télé, on ne sait pas que ça se passe comme ça », maugrée une ouvrière en blouse blanche.

medium_sarko3.jpgLe candidat entre dans l’usine avec son flot de caméras qui poussent les radios qui poussent les photographes qui poussent les journalistes de presse écrite (l’ordre peut être différent) qui poussent les ouvriers. L’endroit est rempli d’assiettes, de soupières, de tasses et l’expression « des éléphants dans un magasin de porcelaine » a rarement été autant appropriée.Nicolas Sarkozy est entouré de nombreux policiers et collaborateurs autour de lui, certains lui ouvrant la route et permettant à quelques-uns d’accéder au candidat, d’autres assurent les arrières et font en sorte que personne ne tombe, ne soit piétiné (oui, oui, c’est à ce point là) et que rien ne soit cassé. Et dans un tel endroit, ils ont du boulot.

« Ils sont fous ». C’est l’expression qui revient le plus souvent dans la bouche des ouvriers qui voient les journalistes coller aux basques de Sarkozy. Caméras et micros enregistrent tout. Au cas où il se passe quelque chose. Ils sont là pour faire de l’image, du son. Il y a 999 chances sur 1000 qu’il ne se passe rien d’intéressant, le type qu’il filme est quand même préparé à faire face à toutes les situations, mais on ne sait jamais, il faut être là au cas où…medium_sarko1.jpg

La position des journalistes de presse écrite est un peu plus aisée. On peut prendre le temps de discuter avec l’entourage du candidat, avec les élus locaux, avec les employés, essayer de comprendre les intérêts moins évidents de ce déplacement… On essaye de se glisser dans la meute de temps en temps pour capter une conversation. Quelques ouvriers font de même, ils parviennent à serrer la main du candidat, à lui arracher un bonjour, et alors ils s’extirpent de ce magma, tout contents de leur exploit.

Alors que viennent chercher tous mes médias ? Il y a une semaine, à Perpignan, Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours bien musclé à droite. Là, cet après-midi, c’est le retour de Blum et de Jaurès auprès de la France qui se lève tôt, qui travaille dur et gagne peu. C’est en tout cas l’image qu’il vient « vendre ». Et que les médias viennent « acheter ». D’autant que Sarkozy n’est jamais avare d’une petite confrontation en tête-à-tête, mais filmée, avec quelqu’un qui n’est pas a priori de son bord politique. Comme cela se produit à Pillivuyt, il n’aime rien tant que se coltiner avec le syndicaliste local pour le mettre dans sa poche.

 

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C’est ce qui arrive également un peu plus tard en pays sancerrois, à la Maison des vins de Sancerre. Lorsque le responsable viticole local l’attaque bille en tête en lui disant en substance (ce ne sont pas ses paroles, mais la manière dont je les ai interprétées) : « Monsieur Sarkozy, vous buvez de l’eau, vous avez multiplié les contrôles d’alcoolémie, alors puisque vous n’aimez pas le vin et ceux qui le boivent, qu’est ce vous pouvez faire de plus pour tuer nos métier ? »

Juste le temps de hausser les épaules, de faire son petit rictus habituel avec la mâchoire et le candidat se livre à son exercice favori : répondre avec la même franchise que son interlocuteur, faire quelques promesses d’ordre catégoriel, asséner sa vérité et surtout finir par lui démontrer que finalement leurs positions ne sont pas si éloignées alors que ce n’était pas gagné au départ. Généralement, en face, l’autre ne sait plus quoi répondre.

Sauf que tout cela se passe dans un cadre très maîtrisé où Nicolas Sarkozy a toujours le dernier mot. A Sancerre par exemple, au milieu des milliers de gens venus l’acclamer, une quinzaine de membre du Réseau éducation sans frontières ont été rapidement évacués par les forces de l’ordre de la place où était attendu le candidat. Leur banderole a même été déchirée et les « perturbateurs » tenus à l’écart durant la visite. Finalement, la confrontation, c’est bien, mais quand l’issue est connue à l’avance, c'est encore mieux.

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(photos : Thomas Caplain/20minutes)

lundi, 26 février 2007

Bayrou : le décollage a eu lieu

Un petit schéma vaut mieux qu'un long discours : 

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(vous voyez la montée de la courbe bleue ?) 

Ceci-dit, un petit discours s'impose, surtout en prolongation d'une note publiée il y a quelques semaines sur ce blog, où je notais un frémissement pour le moins léger en faveur de François Bayrou dans les discussion qui émaillaient les espaces sociaux en ligne, et l'absence de ralliements (certains ont eu lieu depuis). 

Ce joli graphique indique, jour après jour, le nombre de billets publiés sur des blogs incluant les termes "françois bayrou" (bleu), "ségolène royal" (orange) et "nicolas sarkozy" (vert). L'outil de mesure est blogpulse, mais on peut également se référer à d'autres outils, tels que le tendançologue, sur l'observatoire de la présidentielle. Ils indiquent une évolution proche.

Tous les outils convergent : on parle, en ligne, désormais presque autant de Bayrou que des deux autres candidats. Le rapport n'est pas encore celui d'une égalité de traitement par les internautes, mais, pour simplifier, là où 100 blogs parlent de Sarkozy ou de Ségolène, on monte, hors exceptions, à 70 pour Bayrou, contre un rapport de 100 à 15/20 il y a trois semaines.

Le décollage a donc eu lieu. Il date de début février. Auparavant, c'était le calme plat, ou presque, sur le candidat centriste (le frémissement est très léger entre le 15 et le 30 janvier, et le même mouvement est perceptible chez tous les candidats : c'est l'élection en soit qui prend de la part de bruit médiatique, Bayrou voit même sa "part de marché " baisser).

Thierry Crouzet voit dans ce décollage le symbole de la victoire du 5ème pouvoir, qui impose son candidat à la société médiatique :

"Cette idée il ne l’a pas imposée, il l’a juste semée. Le cinquième pouvoir s’en est emparé, il l’a diffusée lentement. Aujourd’hui, elle remonte par percolation comme l’eau dans une cafetière, elle finit par atteindre la surface, et les Ségo-Sarko comme les médias ne peuvent plus l’ignorer. Alors ils la répètent, la consolident. Mais elle n’est pas née grâce à eux, elle n’a pas été calculée par eux mais par le cinquième pouvoir lui-même."

Difficile de dire qui est l'oeuf et la poule, dans l'émergence de Bayrou ces trois dernières semaines, entre le supposé cinquième pouvoir que constitueraient les internautes, nouvelle force autonome, et les media et faiseurs habituels d'opinion. Thierry en fait un élément de démonstration de la révolution qu'il chronique dans son livre et qu'il promeut depuis des mois. Je reste pour ma part dubitatif.

D'une part, les internautes, selon tous les outils de mesure dont on peut disposer, parlaient nettement moins de Bayrou que ne peut le supposer son poids électoral (il était 5  à 6 fois moins présent que les deux leaders). Tout juste pouvait-on noter, qualitativement, une sensibilité croissante au candidat centriste dans quelques espaces relativement visibles, et peut-être pionniers, des discussions politiques. C'est faible. Rien ne permet de dire que les internautes onteffectivement diffusé la graine Bayrou, que la plante a germé, avant que les media ne viennent l'arroser.

Car les media ont copieusement arrosé la graine : ce sont manifestement les sondages de la fin janvier qui ont généré l'explosion. Entre le 20 et le 30 janvier, plusieurs sondages montrent une progression de François Bayrou, qui, fait nouveau, passe devant Jean-Marie Le Pen. La presse s'empare alors de son maronnier de chaque janvier de présidentielle : le troisième homme. Les couvertures s'affolent, et Bayrou fait la une des media : l'hypothèse du troisième homme devient crédible, et, peu à peu, surtout la semaine dernière, l'hypothèse d'arrivée au second tour de François Bayrou devient un sujet de conversation majeur, même chez les internautes. La plus forte progression de Bayrou dans les discussions correspond à la semaine où il est très fortement exposé médiatiquement (A vous de Juger, France Europe Express...) en télévision.

Le fameux "cinquième pouvoir" est peut-être responsable, partiellement, du gain initial de quelques points dans les sondages, du passage de 7 à 8 ou 9%, à la faveur d'un discours fortement orienté dans le sens, le thème, les valeurs de ces internautes actifs (critique des media). Rien ne le prouve, mais on pourrait l'imaginer. Reste que le décollage réel, celui qui fait de F. Bayrou aujourd'hui une alternative crédible, répond à une logique proche de celle de l'apparition de S. Royal il y a plus d'un an : par un jeu d'emballement médiatique fondé sur quelques sondages d'opinion, sur un personnage dont le discours ou le positionnement est manifestement susceptible de remporter une adhésion. 

De quoi rester encore modeste sur le poids et l'influence des blogs et des internautes dans le jeu politique... En tout cas comme initiateurs de mouvements de fond. Ils sont en revanche de fantastiques relais réactifs à l'actualité médiatique.

 

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Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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14:21 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

J’ai testé le premier site de rencontre politique (enfin, pas encore), épisode 2…

Une semaine après m’être inscrite à sexycentriste.com, le site de rencontres des jeunes UDF, je m’étonne qu’ils ne m’aient toujours pas envoyé la confirmation de mon inscription par mail. Hé, les UDF, vous ne voulez pas que je vous rencontre ou quoi?

A force de pester en attendant mes codes d’accès qui ne viennent pas, mon collègue Nicolas finit par trouver la solution au problème: le mail envoyé par sexycentriste.com est bloqué depuis huit jours dans mon dossier de «messages indésirables». Le filtre anti-spams de 20 minutes est un poil trop aiguisé.

Toutes mes excuses, les sexycentristes, je retire ce que j’ai dit: vous n’êtes pas moins réactifs que le site qui vous a inspiré - meetic.fr pour ne pas le nommer. Et maintenant que j'ai mon mot de passe, on va pouvoir passer aux choses sérieuses...

 

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« Qu'on supprime l'élection présidentielle »

medium_aleveque.jpgC'est un fait : l'humoriste Christophe Alévêque (photo : Julien Cassagne) a le cœur à gauche. Mais que ce soit dans les émissions de Laurent Ruquier ou dans ses spectacles, il n'épargne personne de sa verve caustique. Dans son livre sorti début février Surtout, n'oubliez pas d'avoir peur (Editions du Panama), il compile pensées et petites phrases définitives sur tous les sujets de société. Avec la présidentielle en toile de fond. Pour 20 Minutes, il revient sur certaines de ces pensées et les décrypte.

« Ségolène Royal a remporté les primaires socialistes avec 61% des voix. 61% des militants socialistes ont donc voté contre le programme du Parti socialiste. Vivement la suite.»

J'ai écrit ça en décembre et on peut dire que j'ai eu le nez creux vu ce qu'il s'est passé par la suite. Ségolène Royal a été choisie sans programme, elle a été choisie sur sa personne. J'ai trouvé ça un peu léger de choisir quelqu'un parce qu'elle est en tête des sondages. En tant qu'humoriste, il y a eu une tendance à nous taxer de machiste dès qu'on attaquait Ségolène Royal. Sa vraie boulette en réalité, c'est d'avoir refusé le débat et d'avoir fait de la victimisation sur le fait que ce soit une femme. Moi, que ce soit une femme ou pas une femme, j'en ai rien à foutre. J'ai été attaqué tellement de fois sur le machisme et la misogynie, ça ne tient pas la route. Je crois que ça amuse les cons et ça sert de paravent à ceux qui n'ont pas grand-chose à dire.

 

« 21 avril. Jacques Chirac en sauveur de la République, c'est comme si on disait à un malade en phase terminal : Tiens, voilà de l'aspirine. »

Son bilan est proche du rien. Le mouvement des choses a continué dans son ensemble, les pauvres ont été pauvres, le chômage a augmenté. Rien n'a changé. Par contre, c'est un vrai Républicain. Après le 21 avril, il aurait dû intégrer dans son gouvernement des gens de toutes les couleurs politiques. Ce n'est pas le président le plus dangereux qu'on ait eu. Ou qu'on va avoir. Chirac, c'est un vrai Républicain. La France peut lui dire merci de ne pas nous avoir mis dans le bourbier irakien. Rien pour ça, on peut lui dire un petit merci quand même. Quand je vois Sarkozy, Chirac me paraît quelqu'un de social, de laïc, de républicain.

 

« La seule vraie différence entre Le Pen et Sarkozy, c'est 30 cm. Et 30 cm, ça peut faire mal. »

Je fais dans la caricature, c'est mon moyen d'expression. Mais quand on voit la politique répressive de Sarkoy ou sur l'immigration… Il a même repris un slogan du Front national : « la France tu l'aimes ou tu la quittes ». Maintenant, il dit qu'il a changé, mais il n'a pas cessé de faire du pied aux électeurs du Front national. On a des instances démocratiques, il ne pourra pas faire ce qui veut. Mais je pense que ce serait un mauvais choix pour les Français. J'essaye de faire en sorte que ce que je dis soit fondé. Même si des fois, c'est dur parce qu'il me met en colère.

 

« Quand ils sont dans l'opposition les hommes politiques réfléchissent. Quand ils sont au gouvernement, ils gèrent. Je propose donc que l'opposition doit au gouvernement. »

Très souvent, l'opposition a une idée de réforme dans la poche et une fois au gouvernement, elle nous dit : « ha ben non, y'a l'Europe, les syndicats sont contre, les Français ne veulent pas de réforme ». Je pense qu'ils sont impuissants. Au moins qu'ils le disent. Ne perdons pas de vue que Sarkozy est au pouvoir depuis cinq ans, donc s'il avait gouverné autrement, on s'en serait rendu compte. Peut-être qu'il n'était pas au bon poste… Je trouve que cette campagne manque d'idéologie, nous devons choisir dans quelle société nous voulons vivre. Pour le moment, il n'y a pas eu de débat au sein de l'UMP et il y a eu un faux-débat au PS avec trois mannequins de cire du musée Grévin qui ont fait des monologues. Pour le moment, le vrai débat n'a pas eu lieu. J'espère qu'il y aura un débat aussi intéressant que celui qui a eu lieu pour la Constitution européenne. Quelle que ce soit la personne qui est élue, mais au moins, qu'on parle des vrais problèmes, des vraies réformes. Aujourd'hui, les cartes sont brouillées. De toute façon, moi je suis pour qu'on supprime l'élection présidentielle et qu'on redonne le pouvoir au Parlement qui élit un Premier ministre. On est un des derniers pays avec un président avec autant de pouvoirs. On n'est pas moderne du tout.

 

« Ne confondons pas liberté et libéralisme. Si la liberté remplit les hommes, le libéralisme les vide. »

Les gens pensent que le libéralisme et la mondialisation sont inéluctables et c'est une erreur idéologique. Les gens sont résignés alors qu'il ne faudrait pas l'être. Et je vais me référer au président de la République qui a déclaré que le libéralisme n'était pas une solution, que la société allait dans le mur. Le libéralisme, ça ne veut plus rien dire. Libéralisme, libre-échange, ce sont de beaux mots, dedans il y a liberté, échange, mais tout ça est un leurre. La vraie définition du libéralisme est dans mon bouquin : « A qui ça sert de violer les gens quand on peut les baiser ». Moi, j'ai voté non à la Constitution et je pense que si on avait voté ça, il aurait été de plus en plus difficile de faire des réformes sociales. Le libéralisme serait devenu une façon politique et sociale de diriger les pays. C'aurait été un fait acquis. Moi, je ne suis pas d'accord.

 

« Le chômage a baissé en août. Des milliers de personnes ont retrouvé un boulot. Elles espèrent maintenant avoir un salaire. »

On nous dit que le chômage baisse. Je n'y crois pas. C'est comme les chiffres de la délinquance. Regardez ce qu'il se passe en Angleterre, ils affichent un taux de chômage de 4,5%. Mais là-bas, une personne qui a travaillé une fois dans la quinzaine n'est plus considérée comme chômeur. Alors deux jours de salaire par mois, au risque de paraître gauchiste, ça me paraît peu pour vivre. Chez nous, ça commence à se voir. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a plein de tentes le long des berges. Moi, je suis un bouffon, je suis là pour titiller le pouvoir, je n'ai pas de programme, mais je vois que les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 4,75%, c'est-à-dire 73,5 milliards. C'est très bien, je suis pour que les entreprises fassent des bénéfices. Mais peut-être qu'il faudrait à un moment partager la galette.

 

« Le gouvernement a lancé un nouveau plan pour les banlieues. Pourtant, le problème n'est pas d'y aller, c'est d'en sortir. »

Je ne comprends pas que les émeutes qu'elles n'aient pas eu lieu plus tôt. Que ce soit la gauche ou la droite, tout le monde a échoué. C'est là où un mec comme Sarkozy me fait très peur, car non seulement il a échoué, mais il refuse de voir dans ces émeutes, un phénomène politique. Pour lui, c'est le fait des voyous. Il faudrait un jour prêter l'oreille aux messages qu'il y a derrière. Cela n'excuse pas tout, ce n'est pas en brûlant des bagnoles qu'on va obtenir quelque chose. Mais chez les jeunes qui ont été arrêtés, la plupart n'avaient pas de casier judiciaire.

 

« En occident, un mariage annulé c'est un homme sauvé ; dans un pays islamique, c'est une femme. »

C'est très dur de faire rire avec la religion en ce moment, c'est pour cela que je me refuse à céder le pas au communautarisme. Dans mon spectacle, j'ai un sketch sur un repas avec un juif, un catholique, un protestant et un musulman. Toutes les communautés en prennent plein la gueule. Personnellement, j'en ai marre de ce pseudo-retour à la religion qui n'est prétexte à défendre sa chapelle. Je me refuse à accepter le fait qu'il faut faire partie d'une communauté pour se moquer d'elle.

 

« Si Jésus avait été empalé, la gay pride serait une fête religieuse. »

Ce ne sont pas les communautés qui se défendent aujourd'hui becs et ongles avec l'aide d'avocats et d'associations de défense qui vont m'empêcher de dire ce que j'ai envie de dire. Bien au contraire. Concernant la communauté homosexuelle, je vais leur donner un conseil d'hétérosexuel : ne rentrez dans le moule, inventez de nouveaux modes de vie, trouvez une autre idée que cette connerie de mariage, donnez nous des idées à nous hétérosexuels perdus dans nos valeurs judéo-chrétiennes. C'est un mec qui est marié depuis 20 ans et pour qui ça se passe plutôt bien qui vous le dit. Mais pourquoi ont-ils envie de faire les mêmes conneries ? S'ils trouvent une bonne idée, je les suis.

 

« Fumeurs, quand vous fumez à côté d'un non-fumeur, il fume aussi ! C'est dégueulasse, il profite de votre tabac sans payer. Pensez à lui réclamer des sous. »

Si un conseil à donner aux jeunes, c'est : ne commencez pas. C'est une connerie. Bon c'est vrai, dans une vie, on en fait beaucoup de conneries. Mais il faut arrêter de nous mentir, la clope n'est pas que mauvaise, c'est un anti-dépresseur, c'est un calmant. Sauf qu'au lieu d'en fumer trois dans une journée, on en fume quarante. Et ça, c'est complètement con. On nous ment sur les chiffres. Je veux bien qu'on parle de ça, mais il faut en parler dans son ensemble. Il faut sortir les vrais chiffres. Il faut qu'on dise ce que ce que fait une cigarette, en bien, en mal, même si on est d'accords, elle fait beaucoup plus de mal que de bien. Et là, on peut se décider, quand on a toutes les données en mains. N'oublions pas que plus on interdit les choses, plus on a envie de les faire. Et arrêtons cette hypocrisie, si la clope est interdite, les buralistes sont des dealers, faisons leur fermer leur établissement et mettons les en prison même.


Propos recueillis par David Carzon

 

vendredi, 23 février 2007

Le programme FN 2007, ruptures républicaines et continuité frontiste

C’est dimanche que Jean-Marie Le Pen se rend à Lille pour y présenter son programme électoral. Mais celui-ci est d’ores et déjà accessible sur le site internet de son parti. Petite fiche de lecture :

A première vue, ce document de 79 pages est tout ce qu’il y a de plus sérieux et «classique». Elaboré par vingt Commissions d’action présidentielle (CAP) thématiques, il décline pour chaque thème un grand A «constat» et un grand B «Mesures». Clair et efficace. Le ton est posé, les propositions sont exposées sans passion, presque de façon technocratique. Le document est rythmé par des «capsules» qui indiquent le gain estimé pour chaque mesure. A l’évidence, le Front national tente de concrétiser, à travers son programme, la respectabilité et la crédibilité qu’il recherche depuis plusieurs mois. Certains chapitres anodins, comme celui sur les transports, pourraient être dans les projets de l’UDF, du PS ou de l’UMP. Ainsi n’avait-on pas entendu souvent Jean-Marie Le Pen s’enflammer – c’est le cas de le dire – pour la «desserte de l’ensemble du territoire par la généralisation du couplage SNCF-autocars», la «limitation des élevages en batterie» (la patte – à nouveau le cas de le dire - de BB ?) ou «les procédures d’approche et d’attente des avions» dans les aéroports. Le Pen va même jusqu’à promettre des actions de prévention contre le Sida «en direction des communautés à risque». On est loin des déclarations de 1987 sur le «sidaïque» caricaturé en «espèce de lépreux». Après la vierge Jeanne d’Arc et l’orphelin, Le Le Pen 2007 serait-il devenu le défenseur de la prostituée africaine et de l’homo?

Mais regardons le programme dans le bleu-blanc-rouge des yeux. Le principal engagement de Le Pen reste «l’arrêt de l’immigration» déclinée dans chaque page du programme. Un leitmotiv noyé au milieu d’autres mesures. Ainsi entend-il plus que jamais mettre en œuvre la préférence nationale et l’inscrire dans le marbre de la Constitution. Les étrangers n’auraient plus le droit à aucune aide sociale ou allocation familiale. Quant au droit du sol, il serait remplacé par le droit du sang. Sous le verni du Le Pen light pointent donc de nombreuses propositions traditionnelles de l’extrême droite nationaliste et patriarcale. Entre autres mesures : -la sortie de la France de l’espace Schengen -le rétablissement de la peine de mort -la construction de 75.000 places de prison supplémentaires -la création d’une «présomption de légitime défense» pour les forces de l’ordre -la relance de la natalité française par la création d’un revenu parental qui permet à la femme au foyer de toucher le SMIC pendant trois ans pour le premier enfant (et renouveler la mise en développant la portée de têtes bien blondes) -le rétablissement de la liberté d’opinion et d’expression dans les universités (ben, à quoi peut-il bien penser ?)
-une «législation pour lutter contre les attaques médiatiques dont est victime l’Armée française.

Converti au républicanisme depuis son discours de Valmy en septembre, Le Pen prend bien soin de refuser «le communautarisme» et de réaffirmer le «principe de laïcité». Mais rassure aussitôt son électorat intégriste en s’affichant contre l’interdiction du clonage thérapeutique et en réaffirmant «le droit de la personne à être protégé par la loi de sa conception à sa mort naturelle».

Quant aux finances du pays, Le Pen est plus que jamais de «droite économiquement», comme il le répète à l’envie : baisse des impôts sur les particuliers, retraite à 65 ans, «desserrement de l’étau fiscal» sur les entreprises, suppression des 35 heures. Seul le patriotisme économique éloigne le Front national du libéralisme. Contre la BCE, les institutions internationales, l’Europe et «le capitalisme spéculatif et financier», l’économie frontiste redevient étatiste. A l’image de sa diplomatie farouchement anti-américaine qui préconise un retrait de la France de l’OTAN, «la dénonciation des nouveaux impérialismes» et la solidarité avec les patriotes africains ou sud-américains. Dans ce domaine, seule la volonté de renforcer les liens diplomatiques avec la Russie – «conformément à nos traditions» - rappelle qu’il ne s’agit pas d’un manifeste altermondialiste.

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La galère des petits candidats

Si Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font la course en tête pendant que François Bayrou et Jean-Marie Le Pen se disputent la troisième place, derrière, ça rame. Sous-exposition médiatique ou effet "vote utile", toujours est-il qu'aucun des autres candidats testés depuis octobre 2006 par les six principaux instituts de sondages n'a jamais dépassé la barre des 5%.

Selon la dernière mesure réalisée par BVA les 19 et 20 février, Marie-Georges Buffet mène le gruppetto à 4% d'intentions de vote, juste devant Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et Philippe de Villiers à 3% ; José Bové est à 2%, Dominique Voynet à 1%, et Corine Lepage est crédité d'un astérisque, renvoyant vers un diplomatique "résultat non significatif"...

Au-delà de la variation des scores d'un institut à l'autre, consécutifs à une offre électorale plus ou moins large (Ipsos propose l'offre la plus complète en testant également Nicolas Dupont-Aignan, Frédéric Nihous et Gérard Schivardi), le fait est qu'aucun des petits candidats n'arrive à percer. Ce n'était pas le cas en 2002, le rapport de force était beaucoup plus serré.

La Sofres avait mesuré dans ses intentions de vote de février Arlette Laguiller à 7,5% (le 23), Robert Hue à 6,5% (le 2), Noël Mamère à 7% (le 15), alors que Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Chevènement oscillaient autour des 10%. Ipsos obtenait des résultats comparables. A cette époque, derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin, cinq candidats pouvaient prétendre au podium.

Les petits candidats sont-ils aujourd'hui condamnés à rester en fond de cale ? Le sujet fait débat. Avec Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui captent toujours à eux deux environ 60% des intentions de vote, contre moins de 50% pour le total Chirac+Jospin en 2002, la marge de manœuvre est plus étroite.

D'autant plus que derrière, le candidat "ni gauche ni droite" de 2007 est plus haut que celui de 2002 (de 15 à 17% selon les instituts pour F. Bayrou, contre à peu près 10% pour J.P. Chevènement en février 2002), et que Jean-Marie Le Pen est lui aussi en avance sur ses temps de passage (+ 3 points en moyenne). C'est peut-être une conséquence du 21 avril, les candidats des grands partis mobilisent beaucoup mieux leur camp cette année. Plus de 80% de l'électorat UMP choisit Nicolas Sarkozy dès le premier tour (on était autour des 60% pour Jacques Chirac en 2002), les deux-tiers des sympathisants socialistes choisissent Ségolène Royal (moins de 60% en moyenne pour Lionel Jospin, et à peine un peu plus de 50% à l'approche du scrutin), François Bayrou est aujourd'hui soutenu par 60% des proches de l'UDF (40% en 2002) ; Le Pen reste à 80% de soutien dans son camp.

Avec un électorat moins dispersé, on se rapproche des "parts de marché" des différents partis, si l'on se réfère aux niveaux des proximités partisanes relevés par les sondeurs dans leurs échantillons. Pour autant, tout n'est pas joué. Les municipales 2008 en point de mire, les maires hésitent à parrainer qui que ce soit. Le couperet des 500 signatures devrait alors clarifier l'offre électorale et aider les candidats qui auraient gagné leur ticket d'entrée. Surtout, la campagne officielle n'a pas encore commencée. L'égalisation des temps de parole profite aux moins connus, et bouleverse parfois l'ordre établit.

En avril 2002, les Français découvraient Olivier Besancenot, qui gagnait alors soudainement 4 points d'intentions de vote, pour se retrouver tout près du seuil des 5%, qui fait passer le remboursement des frais de campagne de 5 à 50% des dépenses (plafonné selon le cas à  800 000 ou 8 millions d'euros). Ils étaient 7 à en bénéficier en 2002 (Chirac, Le Pen, Jospin, Bayrou, Laguiller, Mamère et Chevènement), pas sûr qu'en 2007 ils soient aussi nombreux.

•• Notre prévision : tous fauchés ! ••

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Le cimetière des éléphants

Treize, ils sont treize éléphants du PS à rejoindre l’équipe de campagne de Ségolène Royal. Parmi l’équipe du « pacte présidentiel », les trois candidats recalés à l’investiture socialiste, Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius et Lionel Jospin qui fait son grand retour.

Arnaud Montebourg n’avait trouvé qu’un défaut à Ségolène, « son compagnon ». Nous nous lui trouvons deux qualités. Royal n’est ni superstitieuse, ni rancunière. Renforcer son équipe avec treize personnes, dont la plupart ont émis plus que des doutes sur sa capacité à avoir l’étoffe d’un chef d’Etat.

Quoiqu’il en soit, la liste des éléphants qui la rejoignent vaut le détour. Pour les plus jeunes d’entre nous, adressez-vous à vos parents et grands parents pour savoir de qui il s’agit.  Mis à part les trois recalés, on retrouve Martine Aubry, Pierre Mauroy, Bertrand Delanoë, Yvette Roudy, Bernard Kouchner, Henri Emmanuelli et François Hollande, Gérard Collomb, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Bel. La dernière fois que tous furent réunis au sein d’une équipe de campagne présidentielle, se fut en 2002 autour de Lionel Jospin.

Le documentaire de Serge Moati sur cette campagne devrait être rediffusé tant il montrait l’ego démesuré de chacun des éléphants, plus préoccupé de tirer la couverture à soi que de contribuer à la victoire du candidat Jospin. Enfin, une question se pose, qui sera parmi ces treize nouveaux arrivants, le Judas de la bande ?

Ségolène Royal déclarait, à l’occasion de son grand oral sur TF1, « dans une équipe où il y a une vingtaine de personnes, il devrait y avoir une à deux personnes handicapés,…sinon c’est de la discrimination », se faisant ainsi la championne de la mixité sociale, du changement de regard de la société sur le handicap. Dommage que Marie-Ségolène ne tienne pas compte de ces propres engagements car dans son équipe de campagne pas, l’ombre d’une personne handicapée et pourtant ils sont trente six.

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jeudi, 22 février 2007

Anarchie in the Yucca

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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10:03 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bd, presidentielle

mercredi, 21 février 2007

En pleine campagne présidentielle, des textes pourraient mettre en danger notre espace de liberté qu’est Internet

En pleine campagne présidentielle, des textes pourraient mettre en danger notre espace de liberté qu’est Internet.

Vous aviez l’impression de vous réapproprier le débat public ? Dépêchez-vous d’en profiter... À moins que nous les fassions reculer.

En tant que citoyenne, mais aussi en tant qu’acteur politique, je m’inquiète des conclusions du rapport Tessier, proposant, entre autre, la mise en place d’un label décerné par un organe public. Quelles règles du jeu seront fixées, par qui, dans quelles conditions sera-t-il attribué, dans quelles conditions sera-t-il retiré ? Quand on voit les conditions d’attribution des numéros de commissions paritaires, on peut craindre des effets pervers.
C’était tellement prévisible. Trop de dégâts collatéraux. Trop incontrôlable. Trop de transparence. Trop de danger.

Certains pontes des grands médias, certains politiques s’inquiètent. Ils ne sont pas nés avec. Ils en ont donc peur. Cette réaction les ringardise d’ailleurs.

Et pourtant, ils ne devraient pas craindre cette évolution-révolution de la diffusion de l’information et de son pluralisme. Si les journalistes sont talentueux, un grand nombre le sont vraiment, le public sera au rendez-vous. Certaines rédactions ont bien saisi l’enjeu ;-).

A eux de faire les efforts financiers en investissement pour donner un écho à leurs journalistes sur la Toile.

De quoi ont-ils peur ? Du journalisme citoyen? Et si cet espace était une fenêtre pour découvrir de nouveaux talents, de nouvelles plumes, du travail coopératif ? Et si ça marche sans gros moyens ? Et si la vérité sortait en partie des sites, forums, blogs ? Et si c’était à nous de décoder entre mille témoignages sur un événement ? Voici un texte d’Agoravox que j’ai écris suite au Web 3 et qui parle d’ un exemple très concret de verrous qui sautent grâce à la Toile.

Un autre texte relatif à la prévention de la délinquance veut condamner les auteurs ou les diffuseurs des «Happy slapping». Si, bien évidemment, je condamne tout acte de violence, filmé ou non, en quoi la bêtise des délinquants qui les réalisent est pire que la bêtise des guerres que nous voyons tous les jours sur nos petits écrans ?

Toute chose égale par ailleurs, les premiers devraient être condamnés pour leurs actes d’atteinte à la personne, coups et blessures par la justice française, les seconds par les tribunaux internationaux.

Certains politiques ont tort de vouloir verrouiller l’Internet. Non seulement parce que c’est un espace de liberté mondial. Les pauvres petites règles du jeu imposées par le haut ne s’appliqueraient qu’en France ? Sont-ils au courant qu’il n’y a plus de frontières avec Internet ? Que les tentatives de verrouillage sont dignes des pays les plus totalitaires ?

Sauvegardons cet espace de la liberté d’expression. Aux dangers de ce qui circule sur le net, je préfère notre éducation à tous âges, à la sensibilisation. Enfin, si des chartes éthiques doivent apparaître, je souhaite qu’elles soient le fruit de travaux citoyens.

Qu’en pensez-vous ?

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mardi, 20 février 2007

Le deuxième effet Birenbaum

Suite à «l’affaire Duhamel», il n’était pas inintéressant de se promener sur le blog de l’autre victime expiatoire de cet invraisemblable emballement blogo-médiatique, Guy Birenbaum. Devenu celui qui a fait «tomber» l’emblème de l’éditorialiste politique des 40 dernières années, l’éditeur NRV poursuit involontairement sa démarche iconoclaste (dans le sens «briseuse d’icônes»). Ainsi, parmi les 400 commentaires ayant succédé à son post «Leurre de vérité» de vendredi dernier, le lendemain de la suspension de Duhamel, se trouve ce lien, posté par "Jeff Tweedyson" à 10h45: http://www.acrimed.org/IMG/mp3/Bianco_Elkabbach_280107.mp3.
Cela se passe le dimanche 28 janvier sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach reçoit Jean-Louis Bianco, lors de l’émission «Le grand rendez-vous».  Ce n’est pas par sympathie ou allégeance particulière à Acrimed que je transmets ce lien, mais parce qu’il isole le passage troublant de l’émission. Dans la blogosphère (par exemple ici), il s’est répandu que l’interview avait été retirée du site de la station. Si plusieurs pages de www.europe1.fr sont souvent «temporairement indisponibles», l’émission est bel est bien consultable. Mais en grande partie inaudible pour cause de coupures multiples. On en retrouve un script intégral sur le site de Jean-Louis Bianco.

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Il y a des bas et débats

Tout le monde s’en sort avec les honneurs. Au lendemain de l’émission J’ai une question à vous poser avec Ségolène Royal, il apparaît très clairement que les hommes (et femmes) politiques ne peuvent pas être mis en danger par ce genre d’émissions. Ils sont trop aguerris, trop entraînés pour être mis en difficulté. Les questions des Français invités font « café du commerce », chacun évoquant son cas personnel qui relève plus d’un édile local que d’un futur président de la République.


Face à ces questions, les hommes politiques n’ont pas de mal à répondre. Chacun dans son style : Sarkozy pointilleux à l’extrême (comme ça on ne voit pas quand il prend quelques libertés avec la réalité), Royal plus dans l’empathie (comme ça on ne voit pas quand elle ne répond pas précisément aux questions)… De toute façon, ils sont tranquilles, ils n’ont pas de contradicteurs et rares sont les citoyens qui peuvent, sur le fond et sur la forme, relancer les candidats.


Autre avantage pour les invités : les intervieweurs sont peu virulents, hormis un petit quart d’heure de chauffe pour le candidat de l’UMP sur les questions de l’homoparentalité et de la place des Français d’origine immigrée. Même avec Jean-Marie Le Pen, dont on aurait pu attendre quelques frictions avec le public, le ton a été étonnement calme, le panel étant même plus sévère un peu plus tard durant la même émission avec Marie-George Buffet.


Ce n’est pas que ce format soit inutile, c’est surtout qu’il est incomplet, même si, comme me le souffle mon collègue Arnaud, c’est grâce à ce genre d’émission sur le référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005 qu’on a pu voir que Chirac « ne comprenait pas » les jeunes. Un tournant dans la campagne.


Le problème, c’est que nous, pauvres petits électeurs, nous n’avons guère que ça à nous mettre sous la dent pour le moment. Il nous manque un vrai débat entre les candidats, et pas un affrontement entre leurs lieutenants comme c’est le cas actuellement. Moi, je rêve de vrais face-à-face avant le premier tour pour confronter les idées et les hommes (et femmes). Malheureusement, je pense que ce souhait ne sera pas exaucé, les deux principaux candidats, Royal et Sarkozy estimant avoir trop à perdre dans ce genre d’affrontements. Ils attendent le second tour pour se confronter ainsi. Une attitude qui a déjà joué des tours à certains

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Tout ou rien

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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12:28 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd, presidentielle

Le panel contre le débat

Etonnant. Même si Ségolène Royal ne semble pas particulièrement à l'aise dans l'exercice elle parvient toutefois à présenter ses propositions. Le problème majeur de l'émission est qu'une nouvelle fois, les problèmes personnels des panélistes sont valorisés par rapport aux problèmes généraux de fond. Les questions tournent principalement autour des thèmes chers à la gauche et c'est dommage car cela ne fait pas forcément avancer le débat.

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lundi, 19 février 2007

Live blogueurs chez 20minutes

La rédaction de 20minutes s’enrichit, lundi soir pour quelques heures, de quelques blogueurs reconnus. Ils suivront depuis nos locaux «J’ai une question à vous poser» avec Ségolène Royal.

Pour discuter de la prestation de la candidate socialiste, rendez-vous avec koztoujours, Jules, de Diner's Room, Maitre Eolas, Frednetick et Versac, un habitué de nos colonnes.


Aux alentours de 21 heures, Ségolène s’avance vers l’handicapé atteint de sclérose en plaque et lui donne l’accolade. Premier tournant l’émission de la dernière chance. la salle applaudi, les bloggeurs dans les murs de 20 minutes un peu moins. "C'est la nouvelle Bernadette Soubiroux", s'exclame Denis Castel. Après la scérose en plaque, les retraites, les malades en fin de vie, les sujets ne sont pas réjouissant. on est loin des désirs d'avenir. C'est docteur Ségo, s'enflamme Versac.

Heureusement que PPDA met un terme met un terme aux questions de santé et lance le débat économique sur le smic. Qui a dit que les journalistes ne servaient plus à rien, même lors des débats participatifs?

Versac compte le nombre de "pacte présidentiel" prononcé par Ségolène Royal et se fait reprendre par texto par le responsable internet de Ségolène. La vigilance ne faiblit pas.

Sur l’économie les bloggeurs sont ravis. Pas forcément par les propositions de Ségolène. « Je rêve où elle a doit qu’il ne fallait pas remplacer les hommes par des machines. »
30 milliards d’euros de déficit c’est un million d’emploi », assure la candidate. Les bloggeurs sont pour le moins dubitatifs.  

Pour répondre à Arnaud, non, tous les bloggeurs ne sont pas habillés en VRP, mais oui, ils sortent manifestement du boulot. Mais ils ne sont pas tous VRP. 

21h50, une heure d’émission, C’est le concept d’ « A vous de juger » qui écope, plus que Ségolène.  « La surprise, c’est qu’elle ne brille pas avec un format d’émission pareil», constate Jules.

Qui est ségoliste ? Les bloggeurs ne sont pas convaincus. «C’est dur d’être le seul ségoliste de l’assemblée», lance Versac à Frednetick.  Dénégation forcénée. Ce qui est énervant, c'est que là elle gagne des points", poursuit Versac. "Pourquoi énervant?" répond Frednetick.  

22h03, entre deux morceaux de fromage, les bloggeurs  s’amusent à imiter Ségolène. «Que répondre à votre question ?» On ne s’improvise pas candidat à l’élection présidentielle.
Ségolène déroule son cv. Pour résumer, ENA, ministères, débat participatifs. Le raccourci surprend les bloggeurs.

Question de Yannick Couppe sur les quartiers en difficulté. « On arrive enfin à une question de présidentielle, avant, on n’a eu que des questions de Premier ministre », critique Versac, décidément très acerbe. 

22h13 Pub. On cherche la bouteille de blanc. "C'est un truc de droite de boire des vins de Loire.» Koz a descendu une bouteille. La pub est courte, les bloggeurs étaient habitués à d’autres formats sur TF1. Question sur François Hollande. Ségolène Royal répond à côté. PPDA relance sur le sujet. «C’est à ça que ça sert, un journaliste», remarque Jules, repris par Versac sur son blog.

L’immigration. On parle de Sarkozy. Sécurité, Justice, Maître Eolas tend l’oreille, puis il va manger un morceau. «je règlerai cette question». «j’ai l’impression de voir Pascal Bourdon dans le sketch des Inconnus, Jesus 2, le retour». Denis Castel a des références.

22h29. Versac peste contre sa femme qui vote Ségolène. «C’est off, vous allez me faire passer pour un odieux machiste.» il arrange le coup par sms.  

Discussion sur le logement. La petite pique sur les logements sociaux construits par Sarkozy à Neuilly passe facilement. Le service public de la caution beaucoup moins. Les bloggeurs fatiguent. Jules a l’impression de ne plus commenter. «Je ne fais que noter ce qu’elle dit.» Question d’un alcoolique abstinent. Maitre Eolas lève son verre. Koz remarque que « c’est un panel qui lui permet briller, de faire maman.»


Ségolène parle des prisons. Elle évoque la régionalisation. Versac tique. «Je ne vois pas comment régionaliser cela, c’est une fonction régalienne.» «Va dire ça aux Corses», rétorque Jules.
 

Versac annonce que l’ambiance est excellente au QG de Ségolène Royal. Jules demande si c’est malgré la performance de la candidate. «Ils ne sont pas fans du format de l’émission.»

«Ils sont tous en train de parler de pinard sur mon blog, et plus du tout de Ségolène!» Koz a du mal à recentrer le débat, il préfère blogger sur Ségolène que sur le chinon. 

«Elle a bien dit que les maires devaient surveiller les plantations d’OGM?» Denis Castel a du mal à saisir toutes les subtilités de Ségolène Royal sur les OGM. Il est peut-être perturbé par sa regrettable erreur sur les Inconnus.

La performance de PPDA est aussi scrutée : «Sur mademoiselle, il était beaucoup moins langoureux que d’habitude», remarque Jules.

22h53 Question sur l’école. Koz se souvient d’avoir participer à un débat avec Ségolène et de lui avoir proposer de redessiner la carte scolaire en forme de camembert «comme le proposait Martin Hirsch dans son livre. Elle ne l’a pas retenu.»  

Les questions se bousculent. «Un peu d’ordre juste dans ce débat», parodie Koz. «On décroche tous», constate Versac. Sur l'ordinateur de Jules, Les bloggeurs regardent les photos de Maryline, bloggeuse UMP qui leur laisse des commentaires. 

Question sur la délinquance. «C’est une  bonne question, vous avez raison» répond Ségolène. C’est cela que tu aurais dû compter, au lieu de pacte présidentiel, lance Denis à Versac.

«Un euro dépensé est un euro… utile.» Frednetick finit la phrase de Ségolène. «Ce n’est pas d’elle, c’est de DSK.»

Les bloggeurs comparent leurs commentaires et envisagent de continuer le live blogging sur confessions intimes.

La présidentielle sur Second Life : a-t-on atteint le fond ?

Second Life (pour ceux qui l’ignoreraient encore, un jeu de « réalité virtuelle », comme l’indique son nom) est le nouveau phénomène médiatique du moment. Depuis que Ségolène Royal y a ouvert un « comité virtuel », peu de temps après le Front National, la communauté française s’est élargie jusqu’à devenir la seconde de ce monde virtuel.Depuis quelques semaines, je me balade donc, au gré de mon temps libre, dans les espaces de Second Life . J’y ai goûté les joies de la politique en 3D sous avatar, avec l’objectif de tenter de comprendre si ce nouvel espace d’échange apporte quelque chose à la campagne d’autre qu’un gadget étonnant.Pour qui est un vieil habitué des échanges numériques, Second Life fait un peu penser aux premiers newsgroups des années 90 : tout le monde passe par là, peut venir ajouter son grain de sel, troller, pourrir le moindre échange qui commence à se structurer, et il y a presque une prime aux terroristes et manipulateurs.


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Le siège du FN a ainsi été l’objet de manifestations très violentes à la mi janvier. Des anti fascistes ont bravé toutes les règles habituelles d’antiviolence de cette simulation de réalité pour tenter de décourager le parti de Jean-Marie Le Pen d’y rester. Achat de tous les terrais adjacents, pollution par l’envoi de « ballons » volant pour occuper l’espace de la permanence : le genre de choses que l’on peut faire dans cet univers virtuel, pas dans la vie réelle. Le FN est parti, puis revenu. L’oppression a recommencé. Les choses semblent s’être stabilisées : on ne peut plus accéder à la permanence qu’en s’y téléportant, mais les pollutions de militants anti-FN semblent être plus réduites depuis quelques jours. 

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Il faut dire que les comportements violents ne sont pas l’apanage des anti-FN. Un jeune sympathique militant du FN pollue le siège de son propre parti avec des affiches volantes pour un candidat du … FN ! J’ai récemment croisé un jeune militant, portant message de soutien à Nicolas Sarkozy sur son T-shirt, qui envoyait des « ballons » représentant Ségolène dans une boite de vache qui rit en direction de la permanence virtuelle de Ségolène Royal. Il venait, m’a-t-il expliqué, de se faire exclure de la permanence pour comportement irrespectueux et m’a avoué envoyer ainsi des « ballons » depuis plusieurs dizaines de minutes.
Pas un instant ces militants ne se comporteraient ainsi dans la vraie vie (et on ne les y autoriserait pas : imaginez entrer dans le QG de Nicolas Sarkozy avec un drapeau socialiste à la main). L’anonymat, la facilité, l’automatisation ouvrent aux excès et parfois à la bêtise. Second Life manque de règles, de polices, et son équilibre repose sur un consentement mutuel des participants.

Depuis quelques jours, le calme revient. L’irruption de la politique française sur Seond Life a fait du bruit, plutôt en négatif. Espérons que les deux prochains mois de campagne montreront au contraire des pratiques innovantes et un peu plus responsables.

J’y reviens dans un prochain billet.

 

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vendredi, 16 février 2007

Les trois défis de Ségolène Royal

Dans son fameux article « l’opinion publique n’existe pas », Pierre Bourdieu, outre un questionnement critique sur l’outil des sondages, dénonçait les « coups de forme et de force » auxquels leur exploitation médiatique pouvait donner lieu. L’actualité récente nous fournit deux belles illustrations de ces « coups », c’est-à-dire d’utilisation partiale des enquêtes d’opinion. Ainsi du sondage de l’Ifop pour Paris-Match.

Réalisé le lundi, lendemain du discours de Ségolène Royal à Villepinte, publié dès le lundi après-midi, il n’avait pour finalité que de démontrer, ainsi que l’a écrit l’institut et que l’ont commenté nombre d’agences et de médias « l’absence d’effet Villepinte ». Comme si cet effet aurait forcément dû être immédiat et se mesurer entre le dimanche soir et le lundi matin, comme si l’on présupposait au fond que tous les Français étaient au meeting ou rivés devant LCI ou BFM TV… Le bon sens, comme la rigueur, commande toujours de laisser le temps à une réaction de se produire avant d’en mesurer les effets. L’oubli du temps, voilà bien le coup de forme de l’Ifop.

Ou encore du sondage réalisé par BVA pour Orange et commenté ainsi par l’AFP « Ségolène Royal progresse au premier tour mais régresse au second ». La régression supposée, à 47% au second tour, s’appuye dans cette enquête sur une comparaison avec une autre enquête BVA du 7 février donnant alors 48% à la candidate socialiste. Le problème est qu’à cette date, BVA est le seul institut à mesurer Ségolène Royal à 48% quand tous les autres la mesurent à 47% ou 46% …

Du coup, ce qui aurait été stabilité et progrès chez n’importe quel autre institut devient recul chez BVA. On aurait aimé là encore que ce sondage soit traité avec plus de justesse et de discernement. Car finalement, au-delà de ces instrumentalisations, que mesure t-on depuis Villepinte ? On observe d’abord une légère remontée de Ségolène Royal (mesurée par BVA et Ipsos), liée à une meilleure mobilisation des sympathisants de gauche sur son nom. Ce n’est pas massif mais le mouvement de démobilisation du mois de janvier est clairement enrayé. Cette remobilisation relative ne suffit pour autant, et pour l’instant, à enclencher une véritable dynamique. Pour espérer changer de braquet, Ségolène Royal doit relever à notre sens relever trois défis :

 

  1. Accroître la mobilisation de l’électorat PS sur son nom. 66% des sympathisants socialistes expriment aujourd’hui une intention de vote en sa faveur au premier tour. C’est mieux que ce que recueillait Lionel Jospin à une époque similaire en 2002 mais cela reste encore loin de l’excellente assiste de Nicolas Sarkozy sur l’électorat UMP (85%). Là est probablement la marge la plus facile à conquérir pour la présidente du Poitou.

  2. Creuser l’écart chez les jeunes. Traditionnellement, on le sait, l’électorat âgé – qui pèse d’ailleurs de plus en plus au sein de l’électorat français, est majoritairement acquis à la droite. Ségolène Royal doit donc compenser par une mobilisation sans faille de la jeunesse en sa faveur. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, puisque elle ne devance que d’assez peu Nicolas Sarkozy sur ce segment.

  3. Reconquérir les classes populaires. On se trouve là désormais face au défi classique du PS à chaque élection depuis une dizaine d’années, accru par le fait que Nicolas Sarkozy y tient des positions inhabituelles pour un leader de droite. Aujourd’hui, il réalise au sein de ces couches sociales de meilleurs scores que Ségolène Royal, et Jean-Marie Le Pen (40% par exemple chez les titulaires d’un CAP-BEP contre 19% pour Ségolène Royal et 17% à Le Pen). Seule une inversion forte de tendance au sein  de cet électorat pourrait encore modifier un rapport de force aujourd’hui clairement favorable au candidat de l’UMP.

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17:59 Publié dans Le Fil | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : royal, sondages

 
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