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lundi, 29 janvier 2007

2007=2002+5 ?

Y aura-t-il un 21 avril caché en avril 2007 ? Ce soir de tonnerre-là, les électeurs ont adressé trois messages aux responsables politiques. D’abord, ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir fait voté. Rien n’est joué en avance, surtout quand 14% des électeurs font un «vote d’isoloir», marquant leur hésitation jusqu’au moment de glisser leur bulletin. Ensuite, ils ont sanctionné l’ensemble des partis de pouvoir, et non pas seulement le futur résident permanent de l’île de Ré, Lionel Jospin. Le cocktail de 2002, c’était un tiers d’abstentions, un petit tiers de votes aux extrêmes et un gros tiers de votes pour le quintette des partis de gouvernement (PCF, verts, PS, UDF, UMP). Enfin, l’esprit de mai a eu beau marqué son rejet de Jean-Marie Le Pen, l’extrême droite était et reste une force sur laquelle il faut compter.

Aujourd’hui, le spectre d’avril hante toujours les débats et les stratégies de campagne. Nicolas Sarkozy veut aller chercher un à un les électeurs Le Pen. Ségolène Royal veut rompre avec l’autisme de Lionel Jospin en écoutant d’abord le peuple de gauche avant de proposer. Cela semble leur profiter puisqu’ils cumulent 66% des intentions de vote au 1er tour en janvier. On pourrait même parler d’un retour de désir pour la politique puisqu’en janvier  74% des sondés se disent intéressés par la campagne contre 67% en avril 2002. L’extrême gauche est cantonnée à son carré de fidèles et à son poids désormais assez stable de 5%. Difficile de la voir s’ériger en deuxième gauche, capable de renverser la reine Royal. Mais doit-on vraiment prendre ces sondages au pied du chiffre ?

Premièrement, l’électorat a bien envie de politique mais pas tant que ça de sa classe politique. Elle continue à être décriée : 60% la considèrent plutôt corrompue et plus de 80% des Français pensent qu’elle ne s’occupe pas des problèmes qui les concernent. 65% des électeurs sondés dans le BPF n’ont confiance ni en la gauche, ni en la droite pour gouverner le pays. Ce n’est pas pour rien qu’ils veulent la voir changer avec plus de femmes, plus de jeunes, ou de personnes issues de l’immigration. L’énarchie ne fait plus recette. 

Deuxièmement, même si la gauche se rassemble derrière la candidate socialiste, est-ce parce qu’elle convainc ou bien parce que le 21 avril incite au vote utile ? Le « camp des travailleurs » s’est-il vraiment réconcilié avec les socialistes ?

Troisièmement, Le Pen n’a pas disparu derrière les politiques de sécurité de Nicolas Sarkozy, bien au contraire. Les intentions de vote sont plutôt défavorables au leader du FN (quoique, avec 13% des votes possibles en janvier 2007, il est en avance de 4 points par rapport à janvier 2002). Mais il  se banalise, notamment avec la persistance chez certains électeurs de l’effet crise des banlieues. Il n’a plus a tordre les faits pour qu’ils lui conviennent, d’autres s’en sont chargés pour lui.

Conséquence, sa marge de progression est grande puisque deux fois plus d’électeurs se disent d’accord avec ces idées qu’ils ne disent voter pour lui. Décidément ce spectre d’avril est bien difficile à exorciser…

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Commentaires

A cela j'ajoute, un débat qui reste très médiocre sur le fond... mais là je m'interroge sur la part de responsabilité des grands médias... des idées sont avancées de la part de tous les candidats mais visiblement ça ne vend pas... on préfère la petite phrase ou son interprétation...

Écrit par : Marc | lundi, 29 janvier 2007

Pour éviter un 2002+5, il faudrait peut-être éviter de recréer les mêmes conditions médiatiques, à savoir le tryptique classique :

- Diabolisation systématique de Le pen dans les médias (ce qui permet d'évacuer les thématiques qu'il aborde ainsi que d'analyser son programme*)

- mépris profond de la parole du peuple dans les émissions politiques. (ultra-canalisée, absente le plus souvent alors qu'on nous bassine avec la démocratie participative et "le peuple qui veut s'inviter dans le débat politique"... )

- parisiannisme de la presse (là c'est encore pire qu'en 2002)

* j’ai en mémoire une récente interview à charge de Le Pen sur la chaîne d’état France 24 qui fut un modèle dans le genre de complête perte de sang froid de la journaliste.

Écrit par : seb musset | lundi, 29 janvier 2007

Personnellement, j'y vois un autre grand malaise, mais il est difficile de lui donner une crédibilité tant il touche le coeur même de ce débat; mais je m'y risque. Tant pis. N'y a t il pas également un manque de légitimité dans la candidature du PS? Je sais bien ce que cela a d'insolent tant cette idée respire le parti pris. Mais revoyons le film à l'envers. 2002: echec. Inutile d'en rajouter, c'est trop pénible..Suivent cinq années qui auraient pu être mises à profit pour, d'une part, élaborer un programme, ou inviter les citoyens à des débats participatifs de fond. Faire émerger une candidature, une stature. Avouez que cela n'a pas été le cas! Au lieu de cela, on nous a servi une soupe élective à grand renfort de froufrous! Et une élection qui, même si elle était annoncée tant l'innovation et l'audace était au rendez vous, n'en était pas moins conduite en dépit de toute objectivité politique et qui laissait transparaître une stratégie de conquête. Ségolène était née...politiquement. Insémination artificielle, fécondation in vitro du PS, appelez ça comme vous voulez, mais à l'évidence, la question demeure: Ce genre de candidature peut il avoir rendez vous avec la Nation? Que l'on se comprenne bien; Je suis bien sûr membre de l'UMP, certes, mais cela n'effface pas mon logiciel Républicain, et encore moins ma matrice citoyenne. Mais je vois dans cette basse agitation non pas un début de campagne difficile, mais une réaction naturelle. Une réaction justement à un certain manque de légitimité, sans cesse ravivée par des faits, sporadiques mais révélateurs, qui tendent à confirmer à chacun ce manque de légitimité. Et c'est bien la que réside le paradoxe. D'un coté, une candidate, qui a tout pour séduire un électorat dont une grande partie, on dira ce qu'on veut, lui est naturellement et fémininement acquis, mais qui crée un doute sur sa légitimité devant la nation, tout autant que devant la critique sur sa capacité. Et qui ravit la moitié de l'électorat. De l'autre, un candidat qui travaille depuis longtemps pour réussir ce rendez vous galant, qui n'est pas un speed dating mais un long dating. Parfaitement rôdé, apte sans restriction à conduire les affaires d'un grand pays. Qui subit de plein fouet un agacement dont on aurait du mal à faire croire à un observateur averti qu'il est à l'oeuvre pour susciter tel agacement. Et qui enlève avec peine l'autre moitié de l'électorat. D'un coté des électeurs qui optent pour une idéologie non renouvelée et dont l'inventaire n'a pas, loin s'en faut été conduit,que le PS a revêtue d'une petite culotte, de l'autre un homme avec des idées et une volonté somme toute assez neuves, qui s'affranchit très nettement du programme officiel de la cérémonie, revêtant le costume de président et trouvant dans son voeu pour la nation bien plus de légitimité qu'il ne s'en est jamais vu au cours de ce dernier demi siècle. Voila ce que le citoyen a en face de lui! eh bien le citoyen est un peu décontenancé et les électrons s'agitent et font vibrer la vaisselle électorale toute cristalline. Au point de casser les oreilles des plus fins mélomanes politiques. Alors quelle pourrait être la suite? Le verre casse? on sort les boules quies et on va faire du ski? On s'en remet aux élites? Ou alors on va chez Bayrou, le gourou du ying et du yang de la politique, le redécouvrir de la politique? D'ailleurs sa montée illustre bien cette situation! Ce n'est pas tant le extrêmes ui bénéficient aujourd'hui de cette situation, car les causes ne sont pas les mêmes , même si elle ne demandent naturellement qu'à le redevenir!, comme une espèce de force de gravité idéologique qui ramène toute idée délaissée vers le sol des extrêmes , ou l'extrême du sol. En conclusion, le citoyen est en train de s'approprier une scène politique et prend ses marques dans l'espoir de pouvoir y tenir son rôle. La nervosité qui caractérise ce début de campagne traduit une incohérence de casting ressentie par les citoyens mais pas encore analysée comme tel. Une réaction de rejet est à craindre et a d'ailleurs été anticipée par le PS qui a dans ses cartons un plan B. Tant que le scénario des programmes ne sera pas distribué aux acteurs, il s'en tiendra à la qualité du rideau de la scène. Donc, wait and see...

Écrit par : Enzo | lundi, 29 janvier 2007

pourquoi ne peut on pas faire cotiser la part retraite les ordinateurs,qui ont supprimes des milliers d'emploi.cela ne penalisere pas trop les entrprises.

Écrit par : faissat | lundi, 12 février 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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