Avertir le modérateur

mercredi, 31 janvier 2007

« La seule animation, c’est la pizza »

Tous les mardis, Loïc Le Meur, qui donne un coup de main pour la campagne Internet de Nicolas Sarkozy (il ne veut pas qu’on dise qu’il est le monsieur Internet de Sarko), convie des blogueurs au siège de campagne du candidat de l’UMP. Il y a quinze jours, seuls les militants avaient été invités à rencontrer Nicolas Sarkozy. Mardi soir, la réunion était ouverte à tous les blogueurs. Et François Fillon était là pour répondre à leurs questions. Récit d’une soirée qui a vraiment démarré au moment où elle se terminait.

medium_BLOG01.3.jpgUn peu près 20h, une quarantaine de personnes prennent place dans la salle, assises en demi-cercle face à François Fillon, Loïc Le Meur, et Yves Jégo, arrivé un peu en retard. Le premier lance le débat en évoquant justement la note qu’il était en train d’écrire pour son blog. « Est-ce que Nicolas Sarkozy doit rester au Ministère de l’Intérieur ? » s’interroge tout haut le conseiller politique du candidat. Et de répondre seul à la question, déroulant les arguments habituels.La salle est sage, des mains se lèvent pour poser les premières questions, tel ce chroniqueur de Benito Report, ou Bertrand qui se demande combien « on va manger avant de réagir ? ».

 

Fillon est en terrain connu, et la réunion tourne à la rencontre politique classique. On parle Europe, cumul des mandats, Royal, autonomie des universités... Le discours est bien rôdé : « On a besoin d’un président qui gouverne sans se cacher derrière le Premier ministre ; la question de la démission de Ségolène Royal ne se pose pas ; il faut libérer le travail, l’accroissement de la richesse nationale passe par l’accroissement des heures travaillées. »

 

Rien de nouveau sous le soleil, ni sur le fond, ni dans la forme. Il faut dire que l’assistance n’est pas spécialement vindicative. Bien au contraire, malgré la présence du militant socialiste Christophe Grébert qui est venu au titre de journaliste pour le blog Génération 2007. Loïc Le Meur demande combien il y a de militants dans l’assistance. Une quinzaine de mains se lèvent. Mais s’il avait demandé combien il y a de sympathisants, les mains auraient été plus nombreuses.

 

medium_BLOG03.jpgVolontairement ou involontairement, François Fillon manque de peu l’incident diplomatique en expliquant qu’en France les personnes qui sont aux plus hautes fonctions « sont issues des urnes ». Oubliant, ou non, que le Premier ministre n’a jamais affronté les électeurs. Personne ne relève, le remarque glisse sur l’assistance. La soirée ronronne un peu, il ne manque plus qu’un feu dans la cheminée et de la Suze pour tout le monde «La seule animation, c’est la pizza », lâche MRY, blogueur émérite qui s’intéresse de près aussi à Nicolas Sarkozy. «La dernière fois, c’était plus vivant». Même Loïc Le Meur finit par demander à l’assistance comme rendre ce débat « moins chiant ». «Il faudrait se mettre debout, pour une ambiance plus “café”», assure MRY.

 

Et c’est lorsque l’on débat sur la manière dont on doit débattre que tout s’anime. «Vous êtes libres, c’est vous qui posez la question, c’est vous qui choisissez les sujets», ironise Loïc Le Meur. François Fillon est parti. Tout le monde se lève, on met les manteaux, les groupes se forment, on se « podcast » ou se « vidéocast ». C’est maintenant que les vraies discussions commencent.  « La règle ici, c’est la liberté », rappelle Yves Jégo. « Les blogueurs peuvent être durs quand ils sont derrière leur écran, mais en face ils ne disent plus rien. C’est dommage.»

medium_carzon.3.jpg
Photos Sébastien Ortola

Petits conseils au candidat Bové

Le quasi candidat Bové a, comme la plupart des partants, réussi sa «précampagne», passant ainsi avec succès les commandements 1 et 2 du parfait postulant.

1. La petite phrase de début de campagne tu trouveras. C’est fait. Le «picotement dans le ventre», vaut bien le sarkozien «J’y pense et pas seulement le matin en me rasant». 

2. La campagne interne tu réussiras. Après t’être porté candidat à l'investiture des antilibéraux, puis t’être retiré devant les divisions, tu as annoncé ton retour, porté par les signatures de 30.000 pétitionnaires. 

Restent maintenant les commandements 3 et suivants :
 
3. Pour la France, tu te sacrifieras. Avant tout, en annonçant ta candidature, prends soin de préciser que tu as entendu l’appel des Français et que ce n’est pas par ambition personnelle que tu y vas.

4. L’Internet, tu utiliseras. Le fax à l’afp désormais c’est ringard, alors pour déclarer ta flamme à la patrie, utilise plutôt un blog, ou un site internet. Mercredi soir, la République des blogs se réunit à Paris, d’autres y ont déjà fait un saut, mais pour toi c’est peut-être trop tôt.
 
5. L’écologie, tu n’oublieras pas. Un commandement facile à tenir pour toi. Cela dit, ton refus de signer le pacte écologique de Nicolas Hulot pourrait te coûter des voix…

6. Ingrid Betancourt non plus, tu n’oublieras pas. Le manifeste pour sa libération tu signeras. Pour le moment personne ne l’a fait, tu pourrais faire un bon coup médiatique.

7. Devant le cercueil de l’abbé Pierre, tu te recueilleras. C’est un peu tard pour te prévenir, mais tu peux toujours faire un saut à Esteville, en Seine Maritime, là où il est inhumé. 

8.  Au Proche-Orient, tu iras. Déplacement officiel à Beyrouth, Jérusalem et Gaza tu feras. José, sur ce dossier très sensible, tu le sais, il faut faire attention à ce que l’on dit.  

9. Les 500 signatures, tu obtiendras. Il faut se dépêcher, il ne reste qu’un mois et demi.

10. Le dernier commandement, les internautes te donneront.

 

medium_clemence.jpg

mardi, 30 janvier 2007

Ce que les internautes préfèrent

Ce que les internautes préfèrent ? la vie privée de Ségolène plus que son programme. La candidate PS remporte un sondage à double tranchant. Xiti Monitor (1), institut d’études et de mesures d’audiences web, a mené début janvier une enquête sur les recherches des internautes concernant les deux favoris actuels (des médias surtout) de la présidentielle, à savoir Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Durant la période observée, la première a plus attiré la curiosité que le second. Sur 100 visites, 63 ont concerné la candidate socialiste. Un résultat qui reflète principalement une plus grande apparition médiatique de Ségolène Royal. En revanche, les requêtes analysées montrent que sa vie privée et certains de ses propos intéressent plus les internautes que son programme.

  1. La première des recherches concerne son nom à 53%.
  2. Viennent ensuite sa vie privée (9,4%),
  3. ses maladresses médiatiques (6,0%),
  4. sa campagne et son programme (5,7%),
  5. François Hollande (1,3%)…

Concernant Nicolas Sarkozy,

  1. 43,8% des requêtes se font sur son nom.
  2. Le deuxième centre d’intérêt est sa femme, Cécilia Sarkozy (4,5% des recherches, à comparer au score de François Hollande)
  3. Le programme (3,7%).
A noter que cette enquête a été réalisée avant l’affaire des RG, avant la suspension d’Arnaud Montebourg, et aussi avant certaines déclarations concernant la Corse.

(1) Etude menée sur un périmètre de 67 sites web d’actualité et média généralistes entre le 1er et le 15 janvier.

medium_carzon.3.jpg

Orages

Pathétique. Si on ne pouvait faire mystère des coups bas qui allaient se donner, 2007 sera bien l’année des « boules puantes ». Cette semaine, nouveaux rebondissements. Gérald Dahan, à la merci de l’UMP, piège une Ségolène Royal particulièrement « légère » sur les questions territoriales – sur le statut de la Corse qui, comme chacun sait, est un enjeu fondamental. Je trouve particulièrement inadmissible ce genre de canular qui tente de déstabiliser la candidate socialiste. Le procédé est malhonnête et ce n’est pas en se comportant comme un trublion de la sorte que Dahan va élever le débat, bien au contraire.

Ce que j’attends et ce que nous attendons tous, ce sont des définitions d’axes politiques et pas des tentatives d’intimidation tout à fait indignes et qui musèlent complètement le débat. Au lieu d’entendre et d’évaluer des choses intéressantes ou plus critiquables, il faut anticiper la dernière invention de tel ou tel camp. 

En clair, dans l’état actuel des choses, je comprends la remontée spectaculaire de François Bayrou dont je salue par ailleurs le positionnement ferme à l’encontre de l’UMP. Je regrette davantage la percée silencieuse du vote pour l’extrême droite qui m’apparaît plus comme un vote contestataire que comme un suffrage pour les thèses nationalistes.

Et pendant ce temps-là, José Bové qui croit bon, au nom d’un « état de nécessité » (prétend-il) d’arracher des champs de maïs transgénique ou de faire régner la zizanie, annonce qu’il rendra publique sa candidature le 1er février. Je ne m’inquiète pas particulièrement d’une telle annonce et doute que celui-ci réunira les 500 parrainages d’élus d’au-moins 30 départements. Et, dans l’hypothèse où celui-ci les obtiendrait, l’un des enjeux majeurs d’une élection reposant essentiellement sur les questions politiques, économiques et sociales, Bové ne pourra pas faire mystère de son ingérence.

Jamais une campagne n’aura débuté aussi tôt. Mais moins de trois mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, les cartes sont jetées et chaque petite phrase va compter, être décortiquée par l’adversaire et critiquée. Et ça, qu’on se le dise, l’UMP s’en est fait une spécialité puisqu’une commission a été chargée de reprendre tous les propos de Ségolène Royal pour démonter chacune de ses interventions. J’attends donc la présentation du programme de la candidate socialiste le 11 février pour étudier chaque proposition, sachant pertinemment que je ne dégagerai pas un enthousiasme démesuré. Mais que le parti du ministre-candidat Sarkozy cesse un peu d’user de procédés détestables et laisse un peu entrevoir ses idées. L’attaque est souvent contre-productive et il existe une tendance à se prendre de sympathie pour celui qui supporte les mauvaises critiques. Que la droite poursuive sur sa lancée, il pourrait y avoir de nouvelles surprises les 22 avril et 6 mai.

medium_jeremy.jpg

 

Glucksmann, le (boat) people qui rame pour Sarkozy

Bien sûr, le ralliement d'André Glucksmann peut surprendre quand on se souvient que l'ancien camarade de Sartre et Foucault a été maoïste. Mais si l'on a suivi un temps soit peu son parcours depuis quelques années, cela n'a rien de surprenant. Le texte que l'intellectuel a publié hier dans "Le Monde" et dans lequel le ministre de l'Intérieur se voit incarner la « France du cœur » est bien fastidieux et long. Impossible de croire Glucksmann lorsqu'il feint de penser sur quatre colonnes que Sarkozy se réclame sincèrement de Camus et de Jaurès.

 

Ce qui raccroche Glucksmann à Sarkozy, c’est leur atlantisme. Et c’est tout. Sarkozy n’a jamais lancé d’attaques en règle contre Poutine, bête noire de Glucksmann. Tout juste Sarkozy s’était-il pris la peine de faire remarquer que ceux qui l’accusaient récemment de zèle pro-américain étaient les mêmes qui ceux qui serraient la « pogne de Poutine ». Ses critiques sur la Tchétchénie, citées dans la tribune du « Monde », n’ont rien de plus hardies que celles des autres hommes politiques français.

 

Quant à l’autre grand combat de Glucksmann pour le Rwanda et la mémoire tutsie (et notamment, la reconnaissance de la responsabilité française dans les massacres), rappelons qu’Edouard Balladur, proche de Nicolas Sarkozy, a été auditionné en 1998 par la mission parlementaire sur le génocide rwandais. Le rôle ambivalent en 1994 de la France, alors gouvernée par le mentor politique de Nicolas Sarkozy, ne devrait pas jouer a priori dans le sens d’une amitié Glucksmann-Sarko…

 

Donc, l’atlantisme lie les deux hommes. Ce n’est pas un hasard si André Glucksmann avait récemment interviewé avec Pascal Bruckner, Michael Prazan et Yasmina Reza le ministre de l’Intérieur dans « Le meilleur des mondes », la revue éditée par le cercle de l’Oratoire, émanation en France la plus proche du néo-conservatisme américain. Dans ce long entretien, Nicolas Sarkozy détaille ce qui peut être considéré comme sa plate-forme en politique étrangère.

S’il rappelle qu’il était opposé à la guerre en Irak (contrairement à Glucksmann), Nicolas Sarkozy partage une vision atlantiste très proche de celle de ses interlocuteurs.

 

Rien de mal à ça d’ailleurs. Reste surprenant que Glucksmann, qui persiste à penser que l’intervention en Irak était bonne, ne prononce pas une seule fois dans son coming out pro-Sarko le mot « Etats-Unis ». En filigrane, quand il parle de la France qui doit « s’ouvrir fraternellement au monde » et renoncer à la Realpolitik chiraquienne, se devine l’ombre du droit d’ingérence avancé pour justifier la guerre contre le régime de Saddam Hussein. Mais jamais il ne parle des Etats-Unis en tant que tel. Il donne ainsi l’impression de ne pas assumer. Ou plutôt de ne pas vouloir donner le bâton pour se faire battre. Car Glucksmann sait sans doute qu’avoir une position plus ou moins pro-américaine comme seul dénominateur commun avec Sarkozy n’est pas suffisant pour justifier un ralliement. 

 

Il y a fort à parier malgré cela que Pascal Bruckner, parmi d’autres, choisisse à son tour Nicolas Sarkozy. Peut-être le justifiera-t-il avec moins de circonvolutions.

 

medium_sulzer.2.jpg

Lettre ouverte aux élus UDF

Chers amis, Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous remercier d’exister. Tout simplement. Mais avec beaucoup d’émotion. François Bayrou vous a proposé de l’accompagner dans une aventure, vous l’avez choisi. Avec lui, vous avez résisté. Résisté au rouleau compresseur, résisté à la pensée unique, résisté aux pressions incessantes depuis 2002. Ces pressions en fait n’ont jamais cessé. On ne le dit pas assez. A chaque remaniement ministériel, vos téléphones ont sonné. En local, les menaces sont aujourd’hui explicites.

Si vous n’aviez pas été là, je ne me serai peut-être jamais engagée. A l’heure de prendre ma carte, j’ai refusé de me couper de la moitié de mes proches, des mes collègues, de mes réseaux, des énergies avec lesquelles je voulais construire le monde de demain. Et vous étiez là. Cet espace qui ne ressemblait à rien de connu existait, enfin.

C’est parce que vous avez sauvegardé cet espace de liberté que cette aventure est possible. Oui vous avez fait des sacrifices de vie personnelle, oui vous avez subi des pressions, oui, vous avez fait un long cheminement, et parfois vécu des traversées du désert. Votre avenir personnel, mon avenir personnel ne comptent pas dans cette aventure. Parce qu’elle ne nous appartient pas. Elle appartient aux Français qui, chaque jour un peu plus nombreux, placent un espoir réel dans la démarche proposée par François Bayrou.

Cet espoir est incarné par des multiples visages, élus, acteurs de la société civile, citoyens. Parce que les Français n’en peuvent plus d’être les otages d’une guerre incessante clan contre clan qui ne leur bénéficie jamais. Parce qu’ils saluent le courage de François Bayrou, son intégrité et qu’ils lui trouvent l’honnêteté de dire qu’il ne gouvernera pas seul. Pas qu’avec les siens. Qu’il y a urgence, urgence nationale. Parce qu’avant la sortie de son projet en février, ils entendent déjà les grandes lignes de son projet.

Si ses prises de positions sur les médias, sur notre démocratie malade sont violentes mais justes, il est rassurant, par la cohérence de sa vision politique. Parce quand la vérité fait mal, il la dit. Le malaise que nous ressentons tous est enfin exprimé. C’est le point de départ d’une construction, d’une re-construction.

Si le début de cette histoire s’est écrit grâce à vous, elle va continuer avec ou sans chacun d’entre nous. C’est notre choix et notre liberté de conscience. Ne regardez pas les cartographies électorales, vos chances ou non d’être réélu. La clé c’est les Présidentielles. Elle seule permettra de rebattre les cartes, de redessiner nos institutions, de proposer aux citoyens de nouveaux espaces de décision, une nouvelle feuille de route,un programme de réformes à mener, contre vents et marées avec un gouvernement et un Parlement qui représentent vraiment les Français. Si votre résistance a permis cela, vous aurez écrit une page de l’Histoire.   Nous sommes là. Avec vous. Si vous portez cette vision malgré les embûches, si vous souhaitez, comme nous, changer les pratiques politiques, nous vous aiderons.

Moi, aujourd’hui, je n’ai pas peur. Parce que ma plus grande peur c’est que rien ne change. Mon plus grand espoir : que le paysage politique soit renouvelé, que les règles du jeu changent, que nous redevenions le pays des Lumières.   Alors aujourd’hui, du fond du cœur, merci.

medium_quitt.jpg

lundi, 29 janvier 2007

Y a t-il une taupe dans la rédaction?

Les journalistes politiques doivent-ils se retrancher dans le secret de leur trois-pièces pour gratter copie sur Sarkozy ?  A lire le journal suisse Le Matin, édition du 27.01.07, on est en droit de se poser la question : Le Figaro, Le Parisien et d’autres deviendraient des Pravda du XXIe siècle.

 

« Sarkozy s’est constitué une cour de sans-grade qui espionnent pour lui à l’intérieur des rédactions, recevant en compensation des informations exclusives ou des promesses de promotion », assène Ian Hamel dans cet article intitulé « Mainmise sur la presse tricolore ».

 

Le Matin est ce tabloïd suisse qui se repaît du moindre déboire sarkoïde. En mai 2005, il avait drainé une foule d’intenautes français sur son site en racontant par le menu l’escapade de Cécilia Sarkozy avec le publicitaire Richard Attias. « si Johnny achète une montre suisse demain, ils en feront la Une après-demain » plaisante un confrère de l’Hebdo de Lausanne qui parle de « méthodes limites ». Autre précision à apporter pour planter le décor : le sulfureux journaliste auteur de l’article Ian Hamel a écrit un livre, « La vérité sur Tariq Ramadan » qui dément les liens entre l’universitaire et l’islamisme radical.

Ceci précisé, rien ne permet de dire que certaines infos de Ian Hamel ne sont pas le reflet d’une certaine vérité. L’intéressé veut convaincre du sérieux de son article :

 

« J’ai appelé les rédactions. Au Figaro, un journaliste m’a dit qu’il était obligé de se planquer pour enquêter sur le ministre, parce qu’il savait que ses faits et gestes seraient répétés par d’autres de la rédac’. Au Parisien, un autre m’a certifié qu’il avait reçu un coup de fil désagréable d’un proche de Sarko, qui savait déjà que le rédacteur préparait un papier peu laudatif. ».

 

Hamel ne veut préciser ni le nom de ces journalistes terrorisés, ni celui de leurs confrères prompts à passer des coups de fil place Beauvau. « Loi du off », assure t-il.

Tout aussi pointilleux sur le off, un nom de la presse l'assure:

 
« les murs des rédactions ont de plus en plus d’oreilles à l’approche de l’élection présidentielle. Certains journalistes essaient de se placer en vue d’une victoire de tel ou tel. Par exemple, il n’est pas rare que le staff de Nicolas Sarkozy sache, avant même publication du moindre communiqué de presse, le déroulement de telle ou telle émission. Par quel mystère, si ce n’est grâce à des informateurs situés à l’intérieur même des rédactions ? »


Peut-être suffit-il de lire la prose de Sarkozy lui-même pour se rendre compte de l’ampleur des dégâts. Comme le rappellent Véronique Groussard et Claude Soula dans le Nouvel Obs, le champion de l’UMP a déjà théorisé sa stratégie de pieuvre journalistique. Sous pseudo, il écrivait dans un feuilleton estival de 1995 des Echos :

 
« Privilégiez [les journalistes] les plus jeunes et les moins titrés […], vous les formerez à votre main et vous bénéficierez d’un réseau qui vous sera acquis ».
 
 
medium_raphaelle.jpg

Feux et contre-feux

« Non, mais vous n’avez pas compris ce qu’il voulait dire, ses propos ont été déformés par ses adversaires. » C’est l’exercice continuel auquel doivent se prêter les porte-parole des candidats à la présidentielle durant la campagne. Et ils ont du travail en ce moment.Deux exemples rien que pour ce week-end.

Invité d’Europe 1 dimanche soir, Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de Ségolène Royal, a eu du pain sur la planche avec les « bourdes » de sa patronne que ce soit sur le Québec, sur la Corse, sur les sous-marins nucléaires, ou sur les positions prises énoncées durant sa tournée aux Antilles.L’exercice a parfois ses limites quand Jean-Louis Bianco revient sur l’épisode du Québec, [Ségolène Royal avait exprimé « sa sympathie pour la souveraineté de la province canadienne »]. « Souveraineté et sécession, les mots ont un sens en Français, souveraineté ne veut pas dire indépendance », explique l’ancien secrétaire général de l’Elysée. Les mots ont un sens aussi au Québec, surtout quand on parle de souveraineté et d’indépendance, sujet dont les Français ne mesurent pas l’importance, les enjeux et les passions qu’il suscite.


En face, le porte-parole du candidat de l’UMP a dû se livrer au même genre d’exercice périlleux. La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait affirmé que le Contrat nouvelle embauche (CNE) était «un progrès» et souhaité « la mise en place d’un contrat unique inspiré du CNE ». Des déclarations qui ont fait monter au créneau ses adversaires de gauche, mais aussi les organisations lycéennes qui y ont vu un retour en force du CPE. Une bombe à retardement donc qu’il fallait désamorcer au plus vite. Dans une interview publiée dans La Tribune ce lundi, Xavier Bertrand a nuancé le propos : « l'intention n'est pas de le généraliser », a-t-il expliqué, restant toutefois vague sur les contours du « contrat unique » de travail.

Quant à savoir ce que les électeurs retiennent de ces pas de deux…

medium_carzon.3.jpg

 

2007=2002+5 ?

Y aura-t-il un 21 avril caché en avril 2007 ? Ce soir de tonnerre-là, les électeurs ont adressé trois messages aux responsables politiques. D’abord, ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir fait voté. Rien n’est joué en avance, surtout quand 14% des électeurs font un «vote d’isoloir», marquant leur hésitation jusqu’au moment de glisser leur bulletin. Ensuite, ils ont sanctionné l’ensemble des partis de pouvoir, et non pas seulement le futur résident permanent de l’île de Ré, Lionel Jospin. Le cocktail de 2002, c’était un tiers d’abstentions, un petit tiers de votes aux extrêmes et un gros tiers de votes pour le quintette des partis de gouvernement (PCF, verts, PS, UDF, UMP). Enfin, l’esprit de mai a eu beau marqué son rejet de Jean-Marie Le Pen, l’extrême droite était et reste une force sur laquelle il faut compter.

Aujourd’hui, le spectre d’avril hante toujours les débats et les stratégies de campagne. Nicolas Sarkozy veut aller chercher un à un les électeurs Le Pen. Ségolène Royal veut rompre avec l’autisme de Lionel Jospin en écoutant d’abord le peuple de gauche avant de proposer. Cela semble leur profiter puisqu’ils cumulent 66% des intentions de vote au 1er tour en janvier. On pourrait même parler d’un retour de désir pour la politique puisqu’en janvier  74% des sondés se disent intéressés par la campagne contre 67% en avril 2002. L’extrême gauche est cantonnée à son carré de fidèles et à son poids désormais assez stable de 5%. Difficile de la voir s’ériger en deuxième gauche, capable de renverser la reine Royal. Mais doit-on vraiment prendre ces sondages au pied du chiffre ?

Premièrement, l’électorat a bien envie de politique mais pas tant que ça de sa classe politique. Elle continue à être décriée : 60% la considèrent plutôt corrompue et plus de 80% des Français pensent qu’elle ne s’occupe pas des problèmes qui les concernent. 65% des électeurs sondés dans le BPF n’ont confiance ni en la gauche, ni en la droite pour gouverner le pays. Ce n’est pas pour rien qu’ils veulent la voir changer avec plus de femmes, plus de jeunes, ou de personnes issues de l’immigration. L’énarchie ne fait plus recette. 

Deuxièmement, même si la gauche se rassemble derrière la candidate socialiste, est-ce parce qu’elle convainc ou bien parce que le 21 avril incite au vote utile ? Le « camp des travailleurs » s’est-il vraiment réconcilié avec les socialistes ?

Troisièmement, Le Pen n’a pas disparu derrière les politiques de sécurité de Nicolas Sarkozy, bien au contraire. Les intentions de vote sont plutôt défavorables au leader du FN (quoique, avec 13% des votes possibles en janvier 2007, il est en avance de 4 points par rapport à janvier 2002). Mais il  se banalise, notamment avec la persistance chez certains électeurs de l’effet crise des banlieues. Il n’a plus a tordre les faits pour qu’ils lui conviennent, d’autres s’en sont chargés pour lui.

Conséquence, sa marge de progression est grande puisque deux fois plus d’électeurs se disent d’accord avec ces idées qu’ils ne disent voter pour lui. Décidément ce spectre d’avril est bien difficile à exorciser…

medium_vincent.jpg

vendredi, 26 janvier 2007

Combats ou coups bas?

On nous avait promis un débat d’idées, une campagne projet contre projet… Sauf que depuis que la campagne pour la présidentielle a vraiment commencé (c’est-à-dire depuis la désignation de Nicolas Sarkozy comme le candidat de l’UMP), on attend encore. Et les récentes affaires de ces derniers jours ne laissent augurer rien de bon.

Listons les ensemble :

  1. Ségolène Royal obligée de dévoiler son patrimoine après une campagne sur internet et des mails qui sont venus on ne sait d’où ; rumeurs sur la fragilité, voire l’inexistence, du couple Royal-Hollande ;
  2. Nicolas Sarkozy soupçonné d’utiliser les RG pour enquêter sur l’entourage de Royal ;
  3. livre noir du PS sur le bilan du ministre de l’Intérieur,
  4. création d’une cellule pour relever les bourdes de la candidate socialiste parce que dixit un membre du staff  de  Sarko « on veut trouver des angles d’attaque et pas répéter les erreurs de Fabius et Strauss-Kahn qui l’ont attaqué sur un plan personnel.»… Une cellule efficace puisque dans les rédactions, il ne passe pas une journée sans que l’on reçoive des mails argumentés sur telles ou telles déclarations de Ségolène Royal.


Ne soyons pas angéliques, on le sait, une campagne électorale, c’est quelque chose de violent, c’est un affrontement idéologique majeur dans le temps politique. Ceci étant dit, les Français n’oublieront pas qu’on a leur a promis une campagne différente basée sur les idées. Or regardons un peu ce qu’il se passe : Nicolas Sarkozy a déjà avancé une bonne partie de son programme (des proches assurent toutefois qu’il a en réserve de « nouvelles propositions majeures »), et Ségolène Royal n’a pas terminé son débat participatif. C’est comme si Michael Schumacher avait terminé ses tours de chauffe alors que Fernando Alonso en était toujours à régler le moteur de sa Formule 1. Il est difficile de savoir qui a la meilleure voiture.

Quant aux autres, on ne les entend pas non plus sur leur programme pour le moment : François Bayrou insiste dans sa posture « Moi, François, seul contre les médias » puisque ça fonctionne, Marie-George Buffet doit assumer le rôle de celle qui a tué la candidature unique antilibérale, Dominique Voynet n’incarne toujours pas l’écologie au-delà des seuls Verts, et les Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et consorts se battent pour exister.

Rarement une campagne n’a commencé de manière aussi virulente. Quelle tournure prendra-t-elle ? Difficile de se faire une idée tant que tous les programmes ne sont pas finalisés. On se souvient qu’en 2002, c’est la fin de campagne qui avait été vampirisée par les questions de sécurité. En tout cas, Quitterie Delmas (UDF) qui officie aussi sur ce blog, s’est déjà posée la bonne question en se demandant si le programme de la droite n’était pas juste de battre la gauche, et inversement.

N’oublions pas non plus qu’il y en a un qui continue de mener campagne à son rythme, surfant toujours sur les déçus de la politique, et en se disant que si la campagne continue comme ça, c’est tout bénéfice pour lui.

medium_carzon.3.jpg

mardi, 23 janvier 2007

Lutte des clans moyenâgeuse

Et si les citoyens s’invitaient dans cette campagne ?

Pour se remettre en cause, que leur faudra-t-il de plus qu’un 21 avril, un 29 mai, une crise des banlieues, une crise de CPE ? Les deux gros partis mammouths s’entêtent et emploient les mêmes recettes qu’auparavant. Sourds aux avertissements de notre peuple. L’impression de revenir au Moyen Age, ou dans une guerre. Porte de Versailles, c’était l’état de Siège. Des cars de CRS, des cars de militants, les drapeaux, comme les blasons d’antan.
 
Chacun aligne ses troupes. L’heure des ralliements a sonné. S’égrainent les communiqués de presse annonçant ces bonnes nouvelles qui ne concernent que la vie interne des partis. Derrière le rideau, les tractations de l’ombre. Des postes sont promis, des circonscriptions sont réservées, échangées. Les dossards des investis aux législatives changent au gré des deals et des parachutages.
 
Ah ! les équipes des Etats majors sont belles ! Ces alliances sont fondées, non sur une vision de la France, mais sur des rapports de force interne. Ces alliés de la dernière heure tous au premier rang, tous soumis le temps d’un meeting devant leurs leaders consacrés, couronnés. Ces ennemis si critiques hier tous ralliés. Et les médias qui marchent encore ! Personne n’y croit, ni les acteurs, ni même les médias, mais tout le monde joue le jeu. Nos deux têtes couronnées paraissaient si isolées dans cette mise en scène du pouvoir qu’ils ont tant souhaité, tant rêvé.
 
Le projet politique de ces ceux leaders : vaincre la droite, vaincre la gauche. Ne croient-ils pas que les Français sont lassés par leur guerre partisane qui se résume à faire campagne un clan contre l’autre ?
 
On aurait pu croire qu’ils auraient appris l’humilité, la sincérité et l’exemplarité.


L’humilité de dire qu’ils n’ont pas à eux seuls la solution. (Cela ferait belle lurette qu’ils auraient mis en place les politiques adéquates s’ils l’avaient, n’est-ce pas monsieur le ministre d’Etat, numéro 2 du gouvernement).
 
La vérité. Reconnaître leurs erreurs du passé et la situation dans laquelle nous sommes : la dette publique, les retraites, la détérioration de l’environnement autant de fardeaux sur les épaules de la jeunesse d’aujourd’hui et des générations futures. Contrairement à ce qu’ils pensent notre peuple est mature et prêt à entendre la vérité. Ce sont les mensonges proférés, les belles promesses jamais tenues qui créent un climat de peur et d’insécurité.
 
L’exemplarité. A l’heure de dire aux Français que la situation est grave, et qu’il va falloir se serrer la ceinture, les millions engloutis dans les campagnes présidentielles laissent un goût amer.
 
Deux bonnes nouvelles montrent pourtant que tout est possible cette année : les inscriptions massives sur les listes électorale et l’apparition des nouveaux médias.

Une fois encore, l’espoir est de mise chez les Français, ils sont des centaines de milliers à s’être inscrits sur les listes, 192 000 à Paris. Ils veulent y croire. Ils sont 6 sur dix à se déclarer intéressés par cette campagne. Ils étaient 38% à la même époque en 2002. Voilà l’espoir de cette campagne. Et en voilà l’enjeu. Les politiques seront-ils à la hauteur ?
 
Pour accompagner cette démarche citoyenne, l’entrée en scène des nouveaux médias est providentielle ! Le bipartisme a du souci à se faire. Les modes de pensées uniques aussi. Les outils collaboratifs sont nés, les moyens d’expression plus équitables.
 
Les électeurs sont les décideurs. Ils ont la main. Leur vote personnel aura des conséquences sur notre destin collectif.
 
Cette campagne promet des surprises, de belles surprises, nous avons rendez-vous avec l’Histoire.
Cette Histoire, c’est notre histoire. D’où que nous venions.

medium_quitt.jpg

Lundi, à la rédac’...

Lundi, à la rédac’, on a reçu un mail d’un certain Francis Meynier.
D’abord on a cru qu’il postulait pour intégrer le quotidien. Francis Meynier, ça ne me disait rien. Vous non plus, ça ne vous dit dit sans doute rien — à moins de faire partie des 131 personnes qui ont voté pour lui en lors d’une élection partielle en 1998  — mais Francis Meynier est candidat à l’élection présidentielle.

Ni plus ni moins que l’un des quarante et quelques candidats déjà plus ou moins déclarés.
Dans son mail, le citoyen Meynier nous informe de son programme grâce un fichier joint au format rtf :«la reconnaissance du vote blanc, la stricte limitation de tous les mandats politiques (hormis ceux des communes de moins de 10 000 habitants), condition nécessaire pour obtenir auprès des maires des petites communes les 500 parrainages requis». Il avait déjà posté à l’identique sur certains blogs.

Mais peu importe la profession de foi, ce n’est pas ce débat qui m’intéresse. Mais plutôt ce qui fait qu’un Francis Meynier se lance dans une telle «aventure» ? Qu’est-ce qui fait qu’on qu’on peut penser pouvoir incarner un combat politique ou qu’on a un destin national? Qu’est ce qui fait qu’on peut oser se lancer, qu’on s’appelle Francis, Nicolas, François, Arlette, Ségolène, Stéphane, José, Marie-George, etc… Un soupçon d’inconscience ? Un poil d’ego surdimensionné ?


medium_johan.2.jpg

lundi, 22 janvier 2007

Et c’est parti ...

Ouf ! Honnêtement, je suis content qu’on sorte enfin de cette période d’étripage dans notre camp. Je n’en pouvais plus de ce jeu de petites phrases entre tous les ego surdimensionnés de la politique.
Le congrès pour Nicolas Sarkozy était incroyable ! Je me suis levé à 4 heures du matin et on est parti avec près de 300 personnes pourêtre vers 10 h 00 au meeting. L'impression était incroyable avec près de100.000 personnes — allez disons 70.000 personnes —  qui étaient venues departout. C’est une des choses que j aime dans l’engagement politique : des gens venus de partout en France des jeunes, des aînés, des cadres, desclasses moyennes, des retraités ... Un peu de tout. J’avoue que j’ai eu quelques moments de vraie émotion. C’est tout bête mais en regardant défiler un petit film où on voyait s’exprimer des Français de tous les métiers et de toutes les régions, je me suis juste dit que ce pays décidemment avait quelque chose de magique. Visiblement, Sarkozy était ému. On ne pouvait pas le voir à l’écran mais il a monté les marches avec une certaine lenteur comme conscient qu’une nouvelle page s’ouvrait.

Et maintenant. Maintenant, je voudrais juste que cette campagne ne soit pas un jeu de massacre consistant à démolir ceux d’en face. Si seulement on pouvait se contenter de mettre nos propositions sur la table ce ne serait pas si mal ! J’ai été choque par un brûlot contre Sarkozy qui était à la limite du dénigrement personnel. En tout cas je pense que dans ma génération, on en a ras le bol de ce genre de dénigrement. A suivre ...

Prochain épisode, je vous raconterai la mise en place de l’équipe de campagne.

medium_laurent.jpg

Les candidats, le stress et l’Internet

Plus que 89 jours.

L’investiture de Nicolas Sarkozy, le 14 janvier, a marqué la fin d’une période, celle de la pré campagne, celle où les candidats s’offrent encore l’illusion que leurs éventuelles erreurs pourraient ne pas avoir trop de conséquences. Depuis une bonne semaine, nous sommes en campagne : tout le monde est là (même Nicolas Hulot se sent obligé de clarifier sa position) ou presque, et nous sommes entrés dans un combat à durée déterminée. Quand il reste moins de cent jours, on n’économise plus ses forces, on se jette dans la bataille.Et ces cent jours commencent par des bévues du coté gauche. Renvoi d’Arnaud Royal, hésitations et complexes fiscaux, prestation plus que moyenne sur TF1 de la candidate : la tension est palpable. Ségolène Royal a trouvé un coupable à la tension : le début de campagne de « racaille », se posant en victime de rumeurs, alors qu’elle chercherait à élever le débat. Le stress s’explique simplement, en fait : nous sommes dans la première élection où Internet peut venir bouleverser les choses en permanence. Les internautes sont, dans le programme des cent jours à venir, un fantastique moteur d’incertitude. Ils sont déjà à l’origine de deux emmerdements de taille pour la candidate, qu’elle a réussi jusqu’ici à reprendre, mais qui ont fortement modifié son agenda politico médiatique : la vidéo sur les 35h des professeurs, et la rumeur sur la SCI qu’elle avait constituée avec son compagnon.

Pourquoi ce niveau de stress ? Parce que chaque équipe de campagne se demande ce qui va sortir, encore, des échanges des internautes. Elles tentent soit de le prévenir (bon courage), soit de le modérer, soit, parfois, mais sans jamais l’avouer, de susciter les bruits qui pourront embarrasser l’autre camp. Les media, qui ont flairé le filon, surveillent en permanence ce petit monde des internautes, transformant volontiers la moindre vidéo postée en un phénomène de société. Les blogueurs et internautes, eux, continuent bon an mal an leurs échanges d’un air à moitié amusé, à moitié nerveux : ils n’ont jamais demandé ce statut de trublions du jeu politique, et sentent bien toutes les tentatives de manipulation ou d’instrumentalisation dont ils sont l’objet.

Dans ce jeu, c’est finalement surtout aux intermédiaires classiques du débat qu’il faut faire appel : sachez vous modérer, ne pas légitimer ce qui n’est que de la rumeur en la brandissant à la une, ne pas en rajouter sur la moindre calomnie qui circule en ligne. Les internautes savent bien, eux, que l’essentiel de leurs échanges n’est pas fait de ça.

medium_versac.3.jpg


PS : merci à 20minutes.fr de m’accueillir dans ce blog, où je tenterai de suivre avec vous cette passionnante campagne en ligne.

je suis sympathisant de gauche...

Etudiant en droit de 21 ans, je suis sympathisant de gauche depuis presque dix ans. C’est la cohabitation de 1997 entre Jacques Chirac et Lionel Jospin qui commence à forger mes convictions politiques tant la période 1997-2002 permet la mise en place de réformes nécessaires (abaissement de la TVA à 19,6%, adoption du pacte civil de solidarité). Je me définis comme social-libéral, proche des conceptions de Dominique Strauss-Kahn sur la « social-démocratie » tout en m’intéressant aux idées du député-maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel. Je suis ainsi plutôt contre les 35 heures car j’estime que celui qui veut travailler davantage doit pouvoir gagner davantage.
 
N’ayant pas l’âge de voter en 2002 et attristé du résultat du 1er tour de l’élection présidentielle, j’ai attendu quelques années pour m’encarter dans un parti politique. Ce n’est que depuis mars 2006 que je suis militant au Parti socialiste, depuis le jour du lancement de la grande campagne d’adhésion initiée par François Hollande et Jack Lang. Ce fut une opportunité de comprendre le fonctionnement interne d’une formation politique tout en conjuguant mon intérêt pour les débats sur les questions locales et nationales. Ce fut également la concrétisation d’un engagement personnel de longue date, la volonté de participer aux débats sur le projet socialiste et à la désignation d’un candidat.
 
Originaire de Fontainebleau, j’ai toujours vécu en Seine-et-Marne et j’attends de cette campagne qu’elle sache porter l’intérêt général et non les intérêts particuliers, que la «démocratie participative», l’ «ordre juste» et la « sécurité durable » ne soient pas que de simples formules et prennent vie pour la XIIIème législature. Attachant une attention particulière aux réformes de nos voisins européens, notamment celles du président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, j’ai ardemment défendu le traité établissant une Constitution pour l’Europe et espère un consensus sur le volet institutionnel avant tout débat de fond sur les politiques de l’Union. J’attends désormais que l’élection ne se fasse pas sur un débat contextuel mais sur une vraie perspective d’avenir.

medium_jeremy.jpg
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu