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jeudi, 01 février 2007

Quand Sarkozy fait son marché

Il est 5 h 15 à Rungis, jeudi. Nicolas Sarkozy arrive tandis qu’une quarantaine de journalistes télé, radio et presse écrite –moi y compris - l’attendent de pieds fermes (et gelés). Le candidat semble un peu tendu en sortant de sa voiture. Pourtant, il a un avantage sur nous : il porte un beau blouson ciré tout blanc, tout neuf, alors que nous avons dû revêtir des blouses blanches en papier, question d’hygiène. Bref, lui peut se la péter quand nous avons l’air de chirurgiens slovakistanais.

sarko.jpg

C’est toujours impressionnant de voir l’appétence des caméras et des micros pour Nicolas Sarkozy. A peine est-il arrivé que tous se ruent sur lui le questionnant sur l’affaire des RG, sur son adversaire socialiste. Les caméras forment un tel rempart qu’il est quasiment impossible d’entendre ce qu’il se dit. Le candidat se prête au jeu, mais pas trop longtemps. Il n’est pas venu pour ça. Il s’engage dans le hall Poissons, toujours suivi par une nuée de journalistes qui ne le lâcheront pas.

Ce genre de déplacement est aussi l’occasion de choper quelques conversations entre journalistes. Exemple :

 

« Putain, t’étais pas à Beaubourg avec Chirac hier. C’était drôle. Quand il est sorti, il a voulu prendre un bain de foule, il a serré deux-trois mains et on a commencé à entendre quelqu’un crier “Chez le juge”, mais comme il est sourd, il entend rien alors ce sont ses conseillers qui l’ont ramené vers la voiture pour repartir. »


Ce jeudi matin à Rungis, Nicolas Sarkozy est venu tâter du « vrai gens », et il va le faire durant plus de deux heures. En effet, ils sont peu nombreux à l’envoyer sur les roses. Au contraire, beaucoup veulent le saluer, l’encourager, se faire prendre en photo avec lui. Le candidat serre des mains, tape sur des épaules (à défaut de tâter le cul des vaches), donne des petits coups de poing dans la poitrine de ses interlocuteurs.


Le conflit, il l’évite, sachant pertinemment que les caméras n’attendent que ça. Il va serrer la main d’une caissière derrière une porte vitrée. Elle lui parle, il n’entend pas, se penche vers l’hygiaphone. « Qui c’est qui les paye les milliards de cette campagne », lui hurle-t-elle. Les caméras sont loin, le candidat hoche la tête et recule sans dire un mot.

La visite continue à travers les poulpes et autres noix de Saint-Jacques avant les volailles, les abats… Ça discute pénibilité, travail de nuit, promesses électorales etc. Les vendeurs, sans vraiment le vouloir, lui servent l’occasion de se mettre en valeur

 

« - Ça marche les affaires ? demande Nicolas Sarkozy à un tripier, tandis les caméras filment au milieu des pieds de cochons, des foies sanguinolents, et autres cervelles.`
-    Vous savez, on ne fait plus de bonnes marchandises aujourd’hui.
-    Pourquoi ?
-    Ben, faut remettre les gens au travail
-    Ça tombe bien, c’est mon programme »


Parfois, les discussions sont plus dangereuses pour le candidat, comme celle avec cet employé français d’origine maghrébine.

 

-    « Vous savez monsieur Sarkozy, je suis pas une racaille, je me lève tous les jours à trois heures du matin pour 1280 euros net. Et je ne peux même pas me loger.

-    Moi, je veux que tout le monde devienne propriétaire.
-    Ce n’est pas le problème, on me demande 800 euros pour louer un taudis, c’est les trois quart de ma paye.
-    Ce n’est pas normal, on n’empêche les gens de travailler », conclue le candidat UMP pour ramener le débat sur un terrain plus favorable, véritable thème de ce déplacement matinal.


Au et à mesure, Nicolas Sarkozy, se sentant en terrain conquis, se détend complètement, plaisante avec les marchants, glisse une vanne dans l’oreille de ses journalistes habitués à le suivre, prend tellement de temps que la visite s’éternise. Mais l’homme politique n’oublie pas un instant qu’il est venu là pour parler de « la France qui se lève tôt » et qui « veut travailler plus ». N’hésitant pas non plus à dire, alors qu’il est cerné par une forêt de caméras qu’il « veut rester accessible pour les Français ». Il leur faudra quand même franchir certains barrages.

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Photo Reuters 

 

Commentaires

j'ai bien rigoler en lisant le papier sur sarko à rungis.....personne ne parle de ça à la télé......il lui faut quand même une bonne santé pour se sortir de de tous ça.......ce sont ces petits détails qui nous font mieux connaitrel'homme.......oui il n'y a pas à dire il s'y connais pour rouler tout le monde........mais c'est bien écrit, et c'est très drole.......il lui faut aussi une bonne dose d'orgueil, et pourtant il est si petit.

Écrit par : marie | jeudi, 01 février 2007

Merci David! trop sympa! au royaume des faux culs, les enculés sont....des enculés!!

Écrit par : Enzo | vendredi, 02 février 2007

bravo a nicolas Sarkozy il faut une peche d'enfer pour etre aussi en forme a 5h du matin c'est ce qu'il nous faut pour la France continuez la France a besoin de vous

Écrit par : yvette jugault | vendredi, 02 février 2007

Ce qui me frappe c'est qu'on est vraiment dans l'affectif!
Pourquoi tant de haine envers Sarko, pourquoi c'est jugement émotionnels qui biaisent l'analyse factuelle?
J'ai pas la réponse et c'est vrai aussi pour Ségo!
any idea?

Écrit par : Blogblog | vendredi, 02 février 2007

Dès fois que le ministre de l'intérieur n'ait pas entendu ce qui lui criait la caissière derrière sa vitre blindée :

QUI C'EST QUI FINANCE LES MILLIARDS DE VOTRE CAMPAGNE ?

Pas de réaction de l'intéressé ! C'est bête quand même ces journalistes triés et complaisants qui oublient toujours ce qui fâche.

Écrit par : cornu | samedi, 03 février 2007

Irène Delse, permettez-moi de vous lire ce qu'écrivait Libé en 2002 sur Gianfranco Fini:
"Ses adversaires douteront longtemps de la conversion d'un homme qui, en mai 1992, adressait encore son salut de camerato aux combattants de la Decima Mas (sorte de corps d'élite de Mussolini durant la république de Salo) et qui, quelques mois plus tard, défilait dans le centre de Rome à la tête de 50 000 personnes, le bras tendu, contre les politiciens «corrompus».

Modérateur. Aujourd'hui, à gauche, on estime souvent que le sens de l'Etat de Fini, ses positions en faveur de la construction européenne et ses qualités politiques font finalement figure d'élément modérateur face à la droite berlusconienne affairiste, arrogante et irrespectueuse de la séparation des pouvoirs, et face aux attaques xénophobes, europhobes et autonomistes de la Ligue du Nord. Au printemps, sa nomination à la vice-présidence du Conseil a été acceptée sans heurts. Comme d'ailleurs aujourd'hui l'hypothèse de sa désignation au fauteuil de ministre des Affaires étrangères.

Paradoxalement, c'est au sein de son propre camp que la stratégie de Fini passe mal. Depuis quelques jours, il fait l'objet d'une fronde à la suite de ses propos sur le Duce. Une partie de ses opposants l'accusent de reniement. A commencer par la députée Alessandra Mussolini, petite-fille du dictateur, qui, furieuse, a harangué certains de ses collègues: «Attention, vous finirez tous circoncis, comme cela Fini pourra finalement aller en pèlerinage en Israël.»"

Cordialement

Écrit par : gabriel | samedi, 03 février 2007

à gabriel,
Donc Fini est un "bon facho", puisque recyclé et oublieux de ses anciennes amitiés, un peu comme nos ex du GUD, me voici rassurée ...
cordialement,

Écrit par : Diane | mardi, 06 février 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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