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vendredi, 09 février 2007

François Bayrou, tout reste à faire

"François Bayrou jusqu'où ?" se demande «L'Express» de cette semaine, accréditant la thèse de l'ascension sans limite du président de l'UDF. L'histoire électorale et l'analyse des sondages nous semblent pourtant appeler des jugements plus nuancés.Il ne s'agit pas de nier une progression régulière et indiscutable : de 8-9% à la fin de l'année dernière, l'élu béarnais est monté à 13-14% aujourd'hui.

Mais de rappeler que ce niveau n'a rien d'exceptionnel pour une candidature de centre droit, que l'on se réfère aux scrutins les plus récents (12% pour l'UDF aux dernières européennes) ou plus anciens (près de 16% pour Raymond Barre à l'élection présidentielle de 1988).

A ce stade, François Bayrou réussit donc bien le rassemblement de la sensibilité démocrate-chrétienne, sans aller au-delà. C'est grâce à la mobilisation de son camp (70% d'intentions de vote des sympathisant UDF dans la dernière enquête Ipsos) qu'il obtient aujourd'hui des scores bien meilleurs qu'en 2002 (entre 4 et 6% à la même époque, avec le soutien de seulement 20% de l'électorat UDF).

En revanche, l'attraction de sa candidature sur l'électorat socialiste reste contenue. En moyenne, un sympathisant PS sur dix dans les enquêtes d'opinion exprime aujourd'hui une tentation Bayrou.

Pour François Bayrou finalement, tout commence maintenant. Soit il parvient vraiment à transcender le clivage gauche-droite pour espérer porter le centre à des niveaux électoraux inégalés, soit il est "victime" des logiques de politisation et de mobilisation de chaque camp, au fil de la radicalisation probable de la campagne ; il devra alors se contenter de se situer au mieux au plafond traditionnel de l'UDF.

•• Au regard des logiques électorales qui ont prévalu par le passé, c'est vers cette dernière hypothèse, celle d’un plafonnement, que nous penchons ••

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17:00 Publié dans Le Fil | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

Février sera crucial car :
* le 11 Mme Royal annonce son programme, la synthèse entre celui existant du PS et les résultats de ses fameux débats participatifs... difficile numéro d'équilibriste... qu risque de tomber de son vélo car il n'y a déjà du rétro-pédalage (à gauche toute!) dans l'air... et le message risque de finir complèment brouillé pour les électeurs...

* à partir du 26, M. Bayrou présentera l'ensemble de son programme qui, il faut le dire, a été jusqu'à présent bien pillé tant par M. Sarkozy (qui, exemple parmi tant d'autres, a changé d'avis sur le CNE et s'est enfin rangé aux critiques de l'UDF... exprimées en mars 2006) que par Mme Royal (les centres d'éducation renforcés, le service civique, propositions de F. Bayrou depuis... 2002!)

Et si Mme Royal n'apparait toujours pas "à la hauteur du job" pour reprendre l'expression d'Alain MINC, et si M. Bayrou continue dans les 2 à 3 prochaines semaines sur sa dynamique actuelle, en renforçant son discours sur le fond -ce qu'il fait par petites touches jusqu'à présent -, en étant ainsi pour tous les Français "à la hauteur du job" car rassembleur et courageux, le break sera fait!

Les Français, particulièrement les électeurs de la 2ème gauche (rocardiens, strauss-kahniens, sociaux démocrate)) sans oublier ceux de centre-droit modéré et les électeurs centristes bien sûr!) comprendront alors en mars et 'ici fin avril que, face à Nicolas Sarkozy, le vote utile est bel et bien... François Bayrou!

Nous aurons ainsi 1 candidat, parti haut, d'un peu plus de 30% dans les sondages mais dont la cote s'érodera encore lentement mais sûrement (M. Sarkozy) ainsi que 2 candidats entre 20-25%: Ségolène Royal et... François Bayrou... en position, dans les esprits (et le coeurs) de se qualifier enfin complètement pour le 2nd tour.

Mon pronostic pour le 22 avril au soir à 20h01:
N. Sarkozy 26-28%
F. Bayrou: 22-24%
S. Royal: 19-21%
JM Le Pen: 14-16%

Blog citoyen: www.jrsergent.com

Écrit par : JRS | vendredi, 09 février 2007

Je suis d'accord sur le fond de votre analyse.

Toutefois, je rajouterais une inconnue dans l'équation : Mr Le Pen.

D'ailleurs, je suis persuadé qu'il atteindra les alentours de 20% pendant le premier tour. Nicolas Sarkozy lui descendra plus près des 24 - 26 que des 26 - 28. Mr Bayrou se tiendra en embuscade autour des 21, 22, tout comme Mme Royal.

Enfin, pour le second tour, je considère que la seule personne qui puisse contrer Mr Sarkozy est Mr Bayrou. Face au discours actuel et pas véritablement ancré de Mme Royal, je pense que Mr Sarkozy gagnera, tout comme contre Mr Le Pen.

Écrit par : Matthieu | vendredi, 09 février 2007

Je trouve vos conclusions étranges.

En particulier quand vous dites "A ce stade, François Bayrou réussit donc bien le rassemblement de la sensibilité démocrate-chrétienne, sans aller au-delà. C'est grâce à la mobilisation de son camp (70% d'intentions de vote des sympathisant UDF dans la dernière enquête Ipsos) qu'il obtient aujourd'hui des scores bien meilleurs qu'en 2002 (entre 4 et 6% à la même époque, avec le soutien de seulement 20% de l'électorat UDF)."

Cela va à l'encontre de la plupart des analyses, dont celle de BVA dans un sondage paru aujourd'hui (http://www.bva.fr/new/sondage_orange_bva_12.htm). Je cite :

"François Bayrou poursuit sa progression. Avec 14% des intentions de vote, il augmente de 3 points son résultat par rapport à la dernière enquête BVA-Orange comportant la même configuration de candidatures (22-23 janvier). L'origine de cette poussée est sans ambiguïté : alors qu'il recueillait 7% des intentions de vote des sympathisants de gauche, cette proportion a doublé (14%) cependant que celle des sympathisants de droite le choisissant demeure stable (16%)."


Vous mettez sur le même plan 20% de l'UDF de 2002, et 70% des sympathisants de l'UDF d'aujourd'hui. Mais les deux UDF n'ont rien à voir ! Les sympathisants de l'UDF étaient beaucoup plus nombreux du temps du duo RPR-UDF, et l'UDF d'alors tenait encore de l'UDF de Giscard. Alors qu'aujourd'hui, après la création de l'UMP, la base des sympathisants UDf est plus étriquée.

Il est indébiable que Bayrou a su souder son camp au fil des mois (les vagues d'enquêtes IFP de juillet, octobre et janvier montrent bien qu'un nombre croissant de sympathisant UDF votent pour Bayrou).Mais ce n'est pas ça qui le fait passer de 6% à 14% !! Les sympathisants UDf ne sont hélas ! pas si nombreux.

Non vraiment, la vérité est à trouver - comme l'évoque BVA et comme on peut le voir dans d'autres enquêtes - du coté de la progression de la pénétration du vote Bayrou dans des électorats de gauche. Cette pénétration est certes plus faible que parmi les sympathisants UDF (ok 10% de militant socialistes c'est une proportion moidnre que 70% de sympathisants UDF) mais qui au final compte pour beaucoup dans la composition des intentions de vote pour Bayrou, et en particulier celles qui lui permettent de s'élever au dessus de son étiage évalué à 6-8%.

Quand à mon scénario à moi, ce n'est pas celui d'un "plafonnement", mais soit celui d'un retour au plancher (l'étiage de 8%, précisément), soit celui où il crève le plafond !! :-)

Bruno

Écrit par : BeM | vendredi, 09 février 2007

Promostic du 1er tour:
selon JRS, les 3 premiers (S+B+R)totalisent au minimum 26 + 22 + 19 soit 67%
je rappelerai simplement que pour l'europe, il y a peu de temps, ils étaient les 3 ensembles et ont totalisé 45%.
En dehors des jeunes nouveaux inscrits, je pense que les personnes ont leurs idées arrêtées. De plus , les jeunes, je ne suis pas sûr qu'ils voteront pour S+V+R.
Alors je pense que le 2ème tour n'est pas acquis d'office pour aucun des candidats.

Écrit par : Gérard | samedi, 10 février 2007

Promostic du 1er tour:
selon JRS, les 3 premiers (S+B+R)totalisent au minimum 26 + 22 + 19 soit 67%
je rappelerai simplement que pour l'europe, il y a peu de temps, ils étaient les 3 ensembles et ont totalisé 45%.
En dehors des jeunes nouveaux inscrits, je pense que les personnes ont leurs idées arrêtées. De plus , les jeunes, je ne suis pas sûr qu'ils voteront pour S+V+R.
Alors je pense que le 2ème tour n'est pas acquis d'office pour aucun des candidats.

Écrit par : Gérard | samedi, 10 février 2007

"Au regard des logiques électorales qui ont prévalu par le passé", c'est ainsi que vous expliquez ce qui doit arriver. Or, je ne crois pas qu'on soit dans la même configuration que "par le passé". Et même, a prévalu par le passé que tous les 30 ans environ, on observe un bouleversement des configurations politiques. D'ailleurs, parlerait-on de choc du 21 avril si les logiques électorales du passé prévalaient toujours? Depuis que M.Le Pen est passé au 1° tour, la réflexion politique des Français est renouvelée. Il n’y a pas jusqu’au référendum sur la constitution qui a remis en cause et le bipartisme et les schémas politiques préconçus. En outre, aujourd’hui, les déçus du système savent qu’en votant Le Pen, ils confortent le système, puisque l’adversaire d’un éventuel Le Pen au 2° tour est assuré de plus de 70% des suffrages. Donc aujourd’hui la notion de vote utile a changé, elle est soit une arme de dissuasion de ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change, soit la nouvelle réalité d’un vote pour le changement voulu par M.Bayrou. Si c’est pour rester engoncé dans des logiques anciennes, alors rien ne sert de voter. Mais nous avons la liberté de voter à l’encontre des « logiques électorales qui ont prévalu par le passé » : qui donc nous en empêchera ?

Écrit par : Jeanne | samedi, 10 février 2007

Le Blog de la Fédération MPF du Puy-de-Dôme :

http://mpf63.over-blog.com/

Écrit par : Luc | dimanche, 11 février 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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