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lundi, 12 février 2007

Une nouvelle campagne commence

On attendait Ségolène Royal au tournant ces jours derniers, la disant « affaiblie », « éprouvée » par la multiplication des attaques personnelles. On misait tout sur la date du dimanche 11 février en se disant que cela constituerait un véritable coup d’accélérateur de la campagne présidentielle. Et, même si Nicolas Sarkozy s’est bien chargé de réunir ses comités de soutien dans la salle de la Mutualité, autrement connue pour accueillir les réunions socialistes, cette opération a tourné au flop et les projecteurs sont restés braqués sur le grand événement du jour : la déclinaison du pacte présidentiel socialiste.

En effet, le discours de Ségolène Royal devant près de 10.000 militants et de nombreuses personnalités réunis à Villepinte a résonné comme un souffle nouveau, une impulsion nécessaire, maîtrisée et réussie. Un ton juste, des formules claires, des propositions précises, la candidate m’a paru incarner la « force tranquille » mitterrandienne, portant un formidable espoir lucide et pragmatique.

Parlant tour à tour de la question de la dette de l’Etat, d’environnement, de la famille, de l’éducation, elle a fait sienne la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » alors que, deux heures plus tôt, son adversaire fustigeait l’égalité comme aliénation de l’homme. C’est à cet instant précis que le discours de la candidate s’est profondément inscrit à gauche et que j’ai ressenti une immense fierté de militer pour les mêmes causes humanistes et solidaires.

Déclinant son programme en matière d’environnement, de famille, d’éducation, du système des retraites, de la sécurité sociale professionnelle, elle est apparue aussi bien convaincue que convaincante. Amenée également par la force des choses à préciser ses positions sur les questions internationales, elle n’a pas manqué de rappeler son attachement au continent africain et à la défense des droits de l’homme.

Et comme une ultime défiance au candidat Sarkozy, la présidente de la région Poitou-Charentes a proposé une réforme institutionnelle de grande envergure : la suppression de l’article 49-3 de la Constitution qui permet au gouvernement d’outrepasser les débats parlementaires mais surtout la nomination systématique d’un député de l’opposition à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée Nationale. Que ceux qui taxent Ségolène Royal de démagogie retiennent que son discours de Villepinte fut celui de l’ouverture, de la présentation d’un « pacte présidentiel » fort pour une France juste. En attendant ses futures propositions sur la justice, la fiscalité et la lutte contre les discriminations, ce premier volet est particulièrement enthousiasmant et le discours apparaît réussi.

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Commentaires

Dès le premier paragraphe on sent le texte militant...

Écrit par : tomer | lundi, 12 février 2007

Je l'ai trouvée plutôt bonne, moi aussi. Les accents sont très miterrandiens, on peut le regretter (vu ce que sont devenues les 110 propositions après 81!), mais c'est un choix. Elle devait rassembler la gauche, elle l'a fait. Pour ce faire, elle est obligée de rester floue sur des points essentiels : remboursement de la dette (dont elle évoque courageusement la nécessité), réforme des 35 heures, réduction du train de vie de l'Etat (et donc réduction du nombre de fonctionnaires, ce qui ne signifie pas forcément jeter à l'eau le service public), date à laquelle elle souhaite faire passer le SMIC à 1500 euros (stupide et dangereux si c'est cet été, neutre si c'est en 2012 puisqu'il suffirait de suivre l'inflation).

Je continue à penser que le PS, derrière Ségolène Royal, se trompe de stratégie pour la France et son programme : ce discours fleuve a donné des garanties à la gauche de la gauche, notamment à l'électorat du PC, et derrière eux à la LCR ou au PT, c'est à dire à des partis qui ne sont pas démocratiques. Et qui continueront à critiquer un programme toujours insuffisant à leurs yeux. Cela l'oblige à un grand écart intellectuel, qui se manifeste par exemple par les flous relevés plus haut.
C'est une grande erreur, un aveuglement, que de croire qu'aujourd'hui, après avril 2002, le clivage entre la droite et la gauche telles qu'elles sont aujourd'hui est plus important qu'entre les républicains et les extrêmes.

Pour moi, Ségolène Royal a fait revivre avec talent une mystique et un souffle "de gauche", qui fera se hérisser le poil de l'UMP, qui a fait frémir de passion son auditoire... et qui à terme contribuera à entretenir les oeillières de l'un et de l'autre parti, incapables d'exprimer clairement ce qui peut les rassembler. Cette frontière entre la droite et la gauche existe, mais aujourd'hui, sur les principales réformes à effectuer, elle n'est pas opérante.

Plus on exacerbe, en période électorale, ce type de sentiment, plus la déception est grande lorsque les uns et les autres mettent en place leur Realpolitik. Et plus cette déception amène à voter aux extrêmes.

C'est pourquoi je voterai F. Bayrou.

Écrit par : Lisette | lundi, 12 février 2007

@ Lisette

Merci pour votre réponse et votre commentaire que je partage en quasiment tous les points. Il est manifeste que Ségolène Royal a tenté de rassembler son camp et de fédérer au-delà, qu'elle a tenté de convaincre également les plus réticents à l'extrême gauche. L'idéal serait, il est vrai une France vacillant entre le centre gauche et le centre droit mais la multipolarisation politique française est spécifique.

Assurément, si j'ai été convaincu par la plupart des propositions du pacte (notamment en matière institutionnelle, éducative et familiale), j'émets des réserves concernant le SMIC à 1500 €.

J'ai également énormément d'estime pour François Bayrou comme je l'indiquais dans un précédent billet, notamment pour mon fort attachement aux valeurs européennes. L'Europe dont je trouve par ailleurs que Sarkozy comme Royal ne parle pas suffisamment dans leurs programmes respectifs.

En bloggueur invétéré, j'irai poursuivre ma lecture de vos billets sur votre blog après l'avoir consulté une première fois.

Cordialement,
Excellente fin de journée,
Jérémy.

Écrit par : Jérémy | lundi, 12 février 2007

Je suis drôlement impressionnée que vous soyez d'accord avec moi!!

Écrit par : lisette | lundi, 12 février 2007

Moi aussi j'ai trouvé que son discours était trés mitterrandian, mais cela ne me rassure pas, au contraire.

Écrit par : passant | mardi, 13 février 2007

Quel aveuglement sympathique !

Écrit par : patrick2 | mardi, 13 février 2007

je partage ton sentiment jeremy, une gauche réaliste et un combat d'idée en caricaturant sur le base de programme... bouclier fiscal/bouclier logement... deux conceptions, deux projets.

Écrit par : Marc | mardi, 13 février 2007

@ Lisette

Ne soyez pas impressionnée Lisette que je sois d'accord avec vous ! Vous dites des choses que je partage pour la majorité et comme je suis ouvert au dialogue, je vous ai fait part de mon approbation de votre analyse. Essentiellement sur l'approche de la construction européenne comme je l'indiquais. Très bonne journée à vous.

@ Passant

Puis-je vous demander quelles raisons vous poussent à regretter le discours "mitterrandien" de Ségolène Royal afin de poursuivre le débat si vous le souhaitez ? En vous remerciant d'avance pour vos précisions, passez une très bonne journée.

@ Patrick2

Merci pour votre commentaire qui, même s'il pointe mon apparent manque de clair-voyance, me permet de vous répondre que je garde mon libre-arbitre vis-à-vis du programme de Ségolène Royal et que j'émets - comme je le disais - des réserves sur certains points. Pouvez-vous développer ce que vous avez pensé du programme socialiste ou quelles sont vos attentes dans cette campagne présidentielle ? Merci et excellente journée.

@ Marc

Un grand merci Marc pour ton commentaire. J'ai lu sur ton blog que tu n'étais pas un converti de longue date à Ségolène Royal, c'est le cas également pour moi. Autant j'attendais le discours de Villepinte avec une certaine anxiété par rapport au contexte nauséabond du début de campagne, autant elle m'a convaincu sur 90-95% de ses propositions. Ton blog est dans mes favoris parmi les blogs de la présidentielle. Passe une très bonne journée et à très bientôt.

Écrit par : Jérémy | mardi, 13 février 2007

Je seconde Passant.

Les 110 propositions étaient d'une imbécillité abyssale dont nous n'avons pas fini de payer le prix. La preuve en est qu'après 1 à 2 ans il a fallu faire un virage sur l'aile afin d'éviter la collision et le carnage.
A la rigueur comme c'était la première fois que la gauche venait au pouvoir et que les mythes devait être appliqués, que j'étais jeune alors et que je pouvais encore penser rebondir, on peut considérer que ce n’était qu’un mauvais moment a passer pour réveiller le "peuple de gauche" de ses rêves centenaires.
Bon, maintenant le peuple doit être réveillé et si il ne l'est pas on ne va pas recommencer l'apprentissage de la bicyclette avec chaque génération de rêveurs éveillés.

J'ai pris 25 ans depuis la dernière fois et je n'ai plus la capacité a me rétablir de tout ce galimatias bien pensant, bien généreux, forcément généreux mais complètement inapplicable sans mener a la ruine totale et dont le seul résultat sera un nouveau virage sur l'aile au bout de 12 mois avec des dégâts pour les plus faibles comme d’habitude. Cette fois ci, la dévaluation, l’inflation, ne vont plus pouvoir nous tirer aussi peu que ce soit d’affaire il faudra en baver pendant les siècles des siècles. L’Enfer est pavé de bonnes intentions.

La France est un pays qui depuis 25 ans dépense plus qu'elle ne gagne, dont le niveau de socialisation et de prise en charge des désirs généreux est égal a celui des social démocraties nordiques, qui elles ont les pied sur terre, qui dégagent des surplus budgétaires primaires, qui remboursent leur dette, qui diminuent la taille et réorganise leur service public (qui n’ont d’ailleurs pas le statut généreux de fonctionnaire du notre), etc., alors peut être, au lieu de faire plus du même, peut être, pour une fois faudrait il faire différent.

Je n'ai pas besoin d'une mère pour me tenir la main, me langer, me talquer et m'accompagner jusque dans mes derniers instants. Je reconnais que ça serait pourrait être agréable, mais il me semble que j'ai plutôt besoin de la liberté de respirer et de prendre mes décisions moi même.

Entre deux candidats qui promettent de raser gratis et alors que je sais que cette gratuité me sera facturée a moi, je préfère encore celui dont les promesses sont réversibles et qui cherche a donner à chacun plus de liberté de faire ce qu'il pense être bon pour lui-même plutôt que a celle qui va décider pour moi ce qui est bon pour les autres.

Amen.

Écrit par : Merlin | mardi, 13 février 2007

Faire ou laisser faire, telle est finalement la question. Notre société de services propose à ses concitoyens de déléguer tout ce qui est ennuyeux, difficile, risqué, pénible, chiant (osons le mot),déplaisant, bref tout ce qui nuit à un pseudo épanouissement personnel. Il en va de même du service politique! Il tend à devenir un service que l'on délègue. Il faut dire que les sollicitations de ces armées de VRP des idées sont fortes et permanantes! cela frise souvent la vente forcée d'ailleurs! Le prêt à penser est la et bien la. Bio, allégé, doté d'une com marketing de choc, certifié pur france, labellisé anti puces, bref, propre sur les coutures. Il n'y a plus qu'à naitre, vivre et mourrir, et on peut même se payer la trilogie dans le désordre maintenant. Je préfère faire, c'est ce qui fait de moi un citoyen de droite. Je ne délègue pas ce qui participe à donner un sens à ma vie, c'est pourquoi je ne suis pas de gauche. Je n'aime pas travailler, je préfère entreprendre. Je ne paye pas pour desherber mon jardin, j'adorre le faire moi même. Pour moi, le meilleur médicament contre le rhume, ça reste le mouchoir. Pour moi, le rhume, c'est plus un signal qu'une maladie. Comme tout le monde, je n'aime pas que l'on vienne fouiller dans mes poches pour savoir combien il me reste d'argent de poce, mais j'aime donner, c'est même indispensable. Ce que je n'aime pas chez les sociaistes, c'est cette façon qu'ils ont de nous vendre le numéro un d'une nouvelle revue au prix de 1 euro, avec le ptit cadeau promo qui va avec, et on se retrouve avec l'obligation d'achetr la collection pour dix ans au prix de cinquante euros le numéro, sous peine de saisie sur salaire. Voila précisément ce que je n'aime pas chez eux. Et cropyez moi, nous sommes nombreux à l'avoir vécu cette arnaque. Arnaque d'autant plus ecoeurante que l'on nous montre bien le gaspillage qui est fait avec les bénéfices de l'arnaque!! On nous avit bien dit qu'il y avait un euro reversé ax associations caritatives, on ne nous avait pas dit qu'il y en avait 30 autres qui ne seraient jamais reversées du tout!! Voyez vous, c'est tout ça qui ne me plait pas dans la multinationale socialiste. C'est cette façon honteuse de nous dire "ne vous emmerdez pas à être charitable! filez nous votre pognon, on va s'en charger pour vous!" Etre charitable a deux vertus: ça rend humain et ça aide l'humain qui en a besoin; .etre charitable par procuration a deux défauts: ça rend inhumain et ça rend service à l'humain qui n'en a pas besoin, au détriment des autres qui en ont vraiment besoin.

Écrit par : Enzo | mardi, 13 février 2007

les sifflets contre ségo filmés par la télé locale : http://www.lesiterugby.com/xv_de_france/Articles_153082_Portes-ouvertes-a-Bondoufle.shtml

ça vaut son pesant de cacahuèttes !! lol c'était merrcredi à bondoufle !!

Écrit par : Enzo | vendredi, 16 février 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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