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mardi, 13 février 2007

Les limites du chiffrage

Ce matin Libération, Le Parisien et France-Soir consacrent leur unes aux coûts des programmes de Royal et Sarkozy. La veille, 20 Minutes avait fourni un chiffrage du programme de Royal (merci à www.debat2007.fr et à sa cellule de chiffrage).

Mesurer le coût des promesses me semble évidemment pertinent, ne serait-ce que pour s’assurer que les mesures préconisées par les candidats ne sont pas fantaisistes et irréalisables.Ce qui est moins pertinent, en revanche, c’est la dérive qui consiste à faire de ces chiffrages des programmes le seul outil capable de départager objectivement les candidats.

Deux raison à cela.

La première, c’est que l’exercice est périlleux. On peut mesurer les coûts d’une réforme, pas toujours ses bénéfices. Des classes de 15 élèves ou des établissements tous dotés d’infirmières, on sait combien ça coûte. Mais ça rapporte combien s’il se révèle qu’au bout du compte une classe d’âge est mieux formée et mieux insérée ? Idem pour l’investissement dans la recherche. Ça coûte ou ça rapporte, d’investir dans la recherche?  Et la prison ? Comment mesurer le bénéfice à venir de mesures permettant à des détenus de se réinsérer?

La difficulté de chiffrer s’exerce aussi d’autres façons. Par exemple, comment anticiper le coût d’une mesure prenant effet dans plusieurs années ? On sait ce que vaut un euro aujourd’hui, mais un euro de 2012 ?

Enfin, beaucoup de mesures mériteraient d’être précisées pour connaître les coûts ou les recettes  qu’elles pourraient entraîner. Exemples: Quand Ségolène Royal préconise davantage d’adultes par classe, entend-elle créer des postes de fonctionnaires ou faire appel aux étudiants bénéficiaires d’allocations autonomie ou d’emploi-parents ? A plusieurs égards Nicolas Sarkozy n’est pas plus précis, par exemple sur ses mesures d’économies qui accompagneraient les baisses d’impôt.

Le second point qui me gêne dans la mise en avant systématique des chiffrages, c’est qu’il occulte tous les autres angles de vue. On ne se demande plus si une mesure est juste ou porteuse de vraies transformations, on se demande combien elle coûte. On ne se demande plus si un projet a une cohérence d’ensemble, on veut savoir s’il a prévu les recettes pour financer ses coûts.

Nécessaire, mais pas suffisant le chiffrage.


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Commentaires

tout à fait d'accord, on a maintenant dans notre société, une vision à court terme (libéralisme ?) il faut que ça rapport, il faut que ça rapport vite, pourquoi on ne prend pas l'argent là ou il est dans les places boursières, on taxe toujours le travail, personne n'a les couilles pour mettre en application la loi tobbing (j'ai oublié l'orthographe) un républicain en plus. on parle de la crise du logement des prix exorbitants mais des personnes ont les moyens de les acheter ces maisons et appartements ; c'est lécart entre les gens qui gagnent juste leur vie et ceux qui gagnent énormément qui ne va pas. Pour quel mérite gagnent-ils "énormement" soit disant des responsabilités, mais quand ils sont responsables de mauvais résultats ils partent en plus avec un petit pactole, y a un truc que je pige pas. Ce monde n'est pas équitable, on a pas tous les memes chances à la naissance alors un peu de solidarité merde !!

question : pourquoi je' suis obligée de saisir mon mail pour laisser un commentaire ? c pour les rg (on devient parano)

Écrit par : mcsun | mardi, 13 février 2007

Surtout, on ne sait pas ce ue veut dire ce chiffrage.

"Cette mesure coute 5 milliards" ok. 5 milliards par an ? 5 milliard sur 5 an ? Et l'inflation ? etc...
On compare des choux et des carottes, même si on on parle que d'argent

Écrit par : leroy | mardi, 13 février 2007

Excellente analyse. Mais finalement quelque soit le chiffrage, ce qui importe c'est le choix de société caché derrière : http://www.toreador.fr/2007/02/13/ole-n%c2%b031-les-deux-france/

Écrit par : Toreador | mardi, 13 février 2007

Nécessaire mais pas suffisant, évidemment d'accord. Mais je ne crois pas que le coût devienne le seul angle d'analyse. L'objectif du chiffrage est de pousser à la précision, d'exiger des candidats moins de promesse farfelue, de lever les contradictions dans le discours d'un candidat.

Quand N. Sarkozy dit en même temps vouloir baisser les P.O. de 4 points, réduire la dette et promet pour 50Mds€ de nouvelles mesures, on est en droit de lui mettre cette contradiction sous le nez, pour lui demander comment il compte faire.

C'est à mon avis uniquement à ça que ça peut servir. Car les chiffres sont assez peu parlants, en fait, pour les français : je suis sur que si on demande la réaction des français au fait que les programmes des deux candidats couteront 50mds€ de plus, ils ne s'offusqueront pas plus que ça. En revanche, ils sont sensibilisés à la dette...

Écrit par : versac | mardi, 13 février 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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