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mercredi, 28 février 2007

Carnet de campagne (1)

Vendredi 23 février 2007, 11h, à l’heure de l’apéritif dans un bistrot du quartier de Lille Sud, la discussion tourne vite sur la Une du journal La Voix du Nord, consacré aux résultats réalisés par les différents candidats à l’élection présidentielle dans la région Nord Pas-de-Calais. Dans l’ordre : Royal, Sarko, Le Pen, Bayrou.
Lille Sud est un quartier que l’on nomme «populaire» ou «défavorisé» selon le jargon politique. L’électorat socialiste y est fortement ancré. C’est un bastion de Pierre Mauroy. Le député est Bernard Roman. Au premier tour des derniers scrutins, le FN est devenu le deuxième parti après celui des abstentionnistes.
Lors d’une discussion, un client de ce bar affiche fièrement son choix pour le candidat de l’UMP. Le patron renchérit. «Ici», dit-il, «Le Pen était le plus fort. Maintenant, c’est Sarko». Soit.


La discussion se poursuit immédiatement sur les conditions de travail, les 35 heures et le pouvoir d’achat. Tout le monde se plaint. Rien ne va. Mais le patron de l’UMP ne porte absolument pas le bilan de cette situation.
Mon voisin, partisan de Monsieur Sarkozy, pose son verre de bière et s’exclame soudain : «Hé bien moi, j’ai 59 ans, j’ai cotisé pendant 40 ans et je viens d’apprendre que je ne pourrai pas partir en retraite à 60 ans. J’ai encore deux ans à faire. Vous croyez que c’est juste ça?» me dit-il. Je lui retourne alors la question : «Pour quelles raisons, à votre avis, vous devez travailler plus longtemps pour faire valoir vos droits à la retraite ?». «Je ne sais pas» me répond-il. Je lui explique alors la réforme Fillon qui a allongé la durée des cotisations tout en réduisant le montant des pensions des retraités. «C’est vrai» me dit-il. Et nous avons ensuite échangé sur le système de retraite, la nécessité de faire cotiser tous les revenus, y compris les revenus financiers des grandes entreprises du CAC 40, le poids des exonérations de charge accordés largement à ces même groupes sans contrepartie en matière d’emploi….Bref, qu’il est possible de faire autrement avec un peu de courage politique.


Cette discussion de comptoir est révélatrice de deux choses :
Monsieur Sarkozy, numéro deux de ce gouvernement, patron de l’UMP arrive à n’être responsable en rien des réformes qui se sont traduites par une dégradation de leur niveau de vie.
Deuxièmement, en discutant, un peu, il est possible d’apporter quelques éclairages sur le bilan et le contenu du programme du candidat de l’UMP et de faire réfléchir l’électorat «populaire» sur le sens de son vote.
Ah les bistrots, c’est aussi là que l’on fait de la politique…

 

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