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mercredi, 28 février 2007

Il ne peut en rester qu'un

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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18:37 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd

Quand Bayrou sort TF1 de la Politic’ Academy

J’ai vu un PPDA excédé par François Bayrou qui ne s’est pas plié pas aux règles fixées par la chaîne. Bayrou est face aux Français, il prend le temps qu’il faut pour écouter, aller au bout de son raisonnement quelque soit le timing qu’on veut lui imposer. S’il tient à une chose, François Bayrou c’est de profiter de la fenêtre médiatique qui s’ouvre enfin, et donner les clés de compréhension aux Français pour choisir en toute connaissance de cause. On est bien loin de la politique à emporter, vendeuse de tapis, loin des radios crochet : 2 minutes pour vendre la soupe! 

J’ai été agréablement surprise par les questions du public très tournées vers l’avenir et pas seulement autocentrées. Ca change de l’émission Chirac et les 100 jeunes lors de la campagne référendaire, ainsi que les deux premières oraux de TF1 de qui donnaient l’impression fausse d’une société nombriliste et individualiste. Un homme à la fois à l’écoute, mais pas au même niveau. Les Français attendent en même temps de la proximité, des intermédiaires en moins, mais aussi d’être portés, tirés vers le haut, vers des perspectives qui fondent notre société ou le « comment vivre ensemble ». 

J’ai retrouvé la même qualité de débat que je vois chaque jour sur Internet Une fois dépassée la campagne poubelle ou la politique paillette, enfin on parle enfin du fond, on parle de la dette, de l’importance de l’éducation, de notre politique internationale, du dépassement du clivage gauche droite, de sa concrétisation sur le terrain des législatives après la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.
 
Et pendant ce temps-là, les tontons flingueurs sont de sortie UMPS tous unis contre François Bayrou. Je sens qu’on va rire ! Mais pendant ce temps, là, François est reparti sur les routes de France, à Metz ce soir…

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Carnet de campagne (1)

Vendredi 23 février 2007, 11h, à l’heure de l’apéritif dans un bistrot du quartier de Lille Sud, la discussion tourne vite sur la Une du journal La Voix du Nord, consacré aux résultats réalisés par les différents candidats à l’élection présidentielle dans la région Nord Pas-de-Calais. Dans l’ordre : Royal, Sarko, Le Pen, Bayrou.
Lille Sud est un quartier que l’on nomme «populaire» ou «défavorisé» selon le jargon politique. L’électorat socialiste y est fortement ancré. C’est un bastion de Pierre Mauroy. Le député est Bernard Roman. Au premier tour des derniers scrutins, le FN est devenu le deuxième parti après celui des abstentionnistes.
Lors d’une discussion, un client de ce bar affiche fièrement son choix pour le candidat de l’UMP. Le patron renchérit. «Ici», dit-il, «Le Pen était le plus fort. Maintenant, c’est Sarko». Soit.


La discussion se poursuit immédiatement sur les conditions de travail, les 35 heures et le pouvoir d’achat. Tout le monde se plaint. Rien ne va. Mais le patron de l’UMP ne porte absolument pas le bilan de cette situation.
Mon voisin, partisan de Monsieur Sarkozy, pose son verre de bière et s’exclame soudain : «Hé bien moi, j’ai 59 ans, j’ai cotisé pendant 40 ans et je viens d’apprendre que je ne pourrai pas partir en retraite à 60 ans. J’ai encore deux ans à faire. Vous croyez que c’est juste ça?» me dit-il. Je lui retourne alors la question : «Pour quelles raisons, à votre avis, vous devez travailler plus longtemps pour faire valoir vos droits à la retraite ?». «Je ne sais pas» me répond-il. Je lui explique alors la réforme Fillon qui a allongé la durée des cotisations tout en réduisant le montant des pensions des retraités. «C’est vrai» me dit-il. Et nous avons ensuite échangé sur le système de retraite, la nécessité de faire cotiser tous les revenus, y compris les revenus financiers des grandes entreprises du CAC 40, le poids des exonérations de charge accordés largement à ces même groupes sans contrepartie en matière d’emploi….Bref, qu’il est possible de faire autrement avec un peu de courage politique.


Cette discussion de comptoir est révélatrice de deux choses :
Monsieur Sarkozy, numéro deux de ce gouvernement, patron de l’UMP arrive à n’être responsable en rien des réformes qui se sont traduites par une dégradation de leur niveau de vie.
Deuxièmement, en discutant, un peu, il est possible d’apporter quelques éclairages sur le bilan et le contenu du programme du candidat de l’UMP et de faire réfléchir l’électorat «populaire» sur le sens de son vote.
Ah les bistrots, c’est aussi là que l’on fait de la politique…

 

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mardi, 27 février 2007

Droit de suite patrimonial...

Mardi matin sur France inter, Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, a répondu à «Pierre, de Dordogne», qui accusait son champion de «ne pas avoir tenu la promesse de publier le détail de son patrimoine». L’ancien commissaire au Plan n’a pas éludé la question et, apparemment sincère, a déclaré ne pas «s’être intéressé de près à la question» mais «avoir le sentiment que cela avait été fait», de «façon détaillé». De mémoire il y a cinq semaines, si l’on a souvenir que Nicolas Sarkozy devait publier cette déclaration de patrimoine détaillée «dans quelques jours» (cf. , ou même en vidéo là), sa trace me semblait depuis s’être perdue dans les «trous d’air» de l’actualité. Mais peut-être me trompais-je.

Puisque Henri Guaino le sous-entendait, il suffisait de le vérifier. Auprès de la communication de l’UMP, par exemple. «Oui bien sûr, c’est sorti dans L’Express il y a un mois». Mais la déclaration détaillée, ou juste le montant de l’ISF? «Ah non, pas plus que ça, je crois… Ecoutez, appelez Frank Louvrier». Et le directeur de la communication du candidat UMP de confirmer. «Oui, ça faisait deux pages dans Le Parisien et dans L’Express. Il y a même eu une dépêche AFP». Soit.Toutefois, après lecture des archives du Parisien depuis le 18 février (date de «l’emballement médiatique autour du patrimoine des candidats»), ainsi que de L’Express et des dépêches AFP, aucune trace de ladite déclaration. Des enquêtes, notamment le 25 janvier ici ou dans Le Point, avec des estimations réalisés par des journalistes. Mais pas le détail, par exemple de cette fameuse collection de timbre héritée du grand-père.

Survenue en cours de rédaction de ce billet, l’information (démentie) du Canard enchaîné à paraître mercredi, pourrait peut-être enfin convaincre le ministre de l’Intérieur à jouer la carte de la totale transparence.

 

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«Monsieur le Maire, les femmes n’ont pas assez de «couilles» pour élire une femme»

Ce mail, il m’est arrivé tôt ce matin. Il avait un titre suffisamment accrocheur pour que je le lise en premier dans la multitude accumulée dans la nuit et même le reprenne en titre de ce premier billet. Le sujet et la tonalité que j’avais prévu pour ce retour à un blog collectif devaient être tout autre. J’étais parti sur une analyse très sérieuse du programme social et économique de Bayrou. Sérieuse nécessairement, car il faut se les coltiner les 12 pages, sans intertitre et en interlignage simple. Bref, je voulais montrer et montrerai une autre fois qu’avec ce programme, le Béarnais avait abandonné les habits du Che pour reprendre ceux de Raymond Barre . Que ces attaques contre la classe médiatico-politique faisaient écho aux critiques sur le « Microcosme » de l’homme de la Réunion. L’Ile ! Et non, pas la grande alliance politique. Mais, tout cela sera pour une autre fois. Car ce petit mail, m’a bel et bien interloqué. En effet, pourquoi dans les enquêtes d’opinion, Ségolène Royal ne fait pas le plein de voix chez les femmes ? Loin de là. Rien que du très classique, en fait dans l’histoire de la domination. Historiquement, une partie de la gauche a longtemps été réservée face aux votes des femmes par crainte qu’elles votent comme le disait le curé. Mais, quand même ! Il demeure aujourd’hui à l’égard de Ségolène Royal une suspicion très forte. Plus que je ne l’aurais cru. Et elle va se réfugier dans des recoins de notre inconscient collectif pas toujours évident à traquer.

Suspicion, sur sa compétence, bien sûr. Le lynchage du début de l’année nous a montré son intensité. J’attends de voir les réactions aux approximations d’hier de Nicolas Sarkozy sur RMC. Plantage sur les sous marins nucléaires, vision plus que floue sur Al Qaïda et pour l’instant pas grand-chose. Mais, il n’y a pas que la compétence de la candidate socialiste qui soit mise en cause. Ce débat a été en partie clos avec le discours de Villepinte. Solide, charpenté, global. L’examen de passage a été réussi pour reprendre les commentaires des habituels chroniqueurs. Il reste aujourd’hui autre chose. Et c’est bien elle même, et c’est bien l statut qu’on lui réserve du fait de son état de femme.

Et c’est là, qu’on retombe sur François Bayrou. Après avoir percé en jouant au trublion, il veut consolider ses positions en apparaissant désormais comme le seul raisonnable. C’est celui qui rassure, surtout les milieux bien pensant. Il renvoie dos-à-dos Sarkozy et Royal, sur des arguments en fait dissymétriques. C’est éclairant quand il attaque la prodigalité des deux principaux candidats, En fait, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne se comportent pas de la  même façon. Le chiffrage du projet de la candidate socialiste n’a pas connu les mêmes approximations que celui de l’UMP. Il n’y a pas eu de dérapage contrôlé sur la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, sur 5, 10 puis 20 ans. Et pourtant, le candidat de l’extrême centre peut continuer à creuser son sillon. Il joue bien sûr sur la caricature des socialistes dispendieux, même si celle ci commence à être vraiment has been. La gauche est devenue bien souvent plus exemplaire que la droite. Il suffit de comparer l’état des finances publiques en 1995 après le Gouvernement Balladur avec François Bayrou comme numéro 2 et Nicolas Sarkozy comme Secrétaire d’Etat au budget avec celui de 2002.

Mais, en fait il peut continuer d'exploiter ce créneau de l’homme rassurant car il y a bel et bien autre chose.  Ce n’est pas compliqué de vouloir rassurer quand on veut se démarquer de Nicolas Sarkozy. Ses comportements, ses interpellations inquiètent. On a tous en tête son trouble jeu de pompier pyromane comme Ministre de l’Intérieur.  On peut effectivement se demander ce qu’il ferait sans garde fou. Mais, il y  aussi la volonté de rassurer face à Ségolène Royal. Et, là on cherche les raisons. Quels sont les actes, les dérapages verbaux, les propos qui nécessitent de devoir rassurer les Français face à Ségolène Royal. Quand a-t-elle été borderline, comme ils disent ? En rien, si ce n’est qu’elle est une femme. Nicolas Sarkozy fait peur, à raison. Ségolène Royal, inquiète, sans raison, mais par abus de clichés.   Clichés sur l’incompétence des femmes, sur cette vieille et éculée étymologie du mot hystérie … C’est aussi cela qu’il va falloir surmonter chez les Français, et les Françaises.

 

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La maison Russie

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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17:52 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

Des éléphants dans un magasin de porcelaine

La politique de la terre brûlée. C’est ainsi que les journalistes des quotidiens régionaux qualifient la venue de leurs collègues parisiens qui débarquent en province, bousculent tout sur leur passage et repartent sans s’inquiéter de savoir s’ils ont cassé quelque chose. C’est encore plus vrai lors d’un déplacement de Nicolas Sarkozy.

Exemple dans le Cher lundi. Le rendez-vous est donné à Mehun-sur-Yèvre, chez Pillivuyt, une manufacture de porcelaine, en début d’après-midi. Une partie des ouvriers (qui ont la particularité d’avoir repris et fait fonctionner eux-mêmes leur entreprise après le départ de leurs patrons) attendent devant l’entrée d’un des bâtiments. Ils voient grossir les rangs des journalistes au fil des minutes. « Il y en a combien comme ça », s’inquiète une employée.

Pour le moment, ils sont confiants, ils pensent pouvoir accéder au candidat, lui parler, lui serrer la main. Et puis ils voient la voiture du candidat arriver, ils regardent une nuée de caméras et de micros se diriger vers lui, l’entourer jusqu’à former un rempart. « Quand on voit les images à la télé, on ne sait pas que ça se passe comme ça », maugrée une ouvrière en blouse blanche.

medium_sarko3.jpgLe candidat entre dans l’usine avec son flot de caméras qui poussent les radios qui poussent les photographes qui poussent les journalistes de presse écrite (l’ordre peut être différent) qui poussent les ouvriers. L’endroit est rempli d’assiettes, de soupières, de tasses et l’expression « des éléphants dans un magasin de porcelaine » a rarement été autant appropriée.Nicolas Sarkozy est entouré de nombreux policiers et collaborateurs autour de lui, certains lui ouvrant la route et permettant à quelques-uns d’accéder au candidat, d’autres assurent les arrières et font en sorte que personne ne tombe, ne soit piétiné (oui, oui, c’est à ce point là) et que rien ne soit cassé. Et dans un tel endroit, ils ont du boulot.

« Ils sont fous ». C’est l’expression qui revient le plus souvent dans la bouche des ouvriers qui voient les journalistes coller aux basques de Sarkozy. Caméras et micros enregistrent tout. Au cas où il se passe quelque chose. Ils sont là pour faire de l’image, du son. Il y a 999 chances sur 1000 qu’il ne se passe rien d’intéressant, le type qu’il filme est quand même préparé à faire face à toutes les situations, mais on ne sait jamais, il faut être là au cas où…medium_sarko1.jpg

La position des journalistes de presse écrite est un peu plus aisée. On peut prendre le temps de discuter avec l’entourage du candidat, avec les élus locaux, avec les employés, essayer de comprendre les intérêts moins évidents de ce déplacement… On essaye de se glisser dans la meute de temps en temps pour capter une conversation. Quelques ouvriers font de même, ils parviennent à serrer la main du candidat, à lui arracher un bonjour, et alors ils s’extirpent de ce magma, tout contents de leur exploit.

Alors que viennent chercher tous mes médias ? Il y a une semaine, à Perpignan, Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours bien musclé à droite. Là, cet après-midi, c’est le retour de Blum et de Jaurès auprès de la France qui se lève tôt, qui travaille dur et gagne peu. C’est en tout cas l’image qu’il vient « vendre ». Et que les médias viennent « acheter ». D’autant que Sarkozy n’est jamais avare d’une petite confrontation en tête-à-tête, mais filmée, avec quelqu’un qui n’est pas a priori de son bord politique. Comme cela se produit à Pillivuyt, il n’aime rien tant que se coltiner avec le syndicaliste local pour le mettre dans sa poche.

 

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C’est ce qui arrive également un peu plus tard en pays sancerrois, à la Maison des vins de Sancerre. Lorsque le responsable viticole local l’attaque bille en tête en lui disant en substance (ce ne sont pas ses paroles, mais la manière dont je les ai interprétées) : « Monsieur Sarkozy, vous buvez de l’eau, vous avez multiplié les contrôles d’alcoolémie, alors puisque vous n’aimez pas le vin et ceux qui le boivent, qu’est ce vous pouvez faire de plus pour tuer nos métier ? »

Juste le temps de hausser les épaules, de faire son petit rictus habituel avec la mâchoire et le candidat se livre à son exercice favori : répondre avec la même franchise que son interlocuteur, faire quelques promesses d’ordre catégoriel, asséner sa vérité et surtout finir par lui démontrer que finalement leurs positions ne sont pas si éloignées alors que ce n’était pas gagné au départ. Généralement, en face, l’autre ne sait plus quoi répondre.

Sauf que tout cela se passe dans un cadre très maîtrisé où Nicolas Sarkozy a toujours le dernier mot. A Sancerre par exemple, au milieu des milliers de gens venus l’acclamer, une quinzaine de membre du Réseau éducation sans frontières ont été rapidement évacués par les forces de l’ordre de la place où était attendu le candidat. Leur banderole a même été déchirée et les « perturbateurs » tenus à l’écart durant la visite. Finalement, la confrontation, c’est bien, mais quand l’issue est connue à l’avance, c'est encore mieux.

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(photos : Thomas Caplain/20minutes)

lundi, 26 février 2007

Bayrou : le décollage a eu lieu

Un petit schéma vaut mieux qu'un long discours : 

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(vous voyez la montée de la courbe bleue ?) 

Ceci-dit, un petit discours s'impose, surtout en prolongation d'une note publiée il y a quelques semaines sur ce blog, où je notais un frémissement pour le moins léger en faveur de François Bayrou dans les discussion qui émaillaient les espaces sociaux en ligne, et l'absence de ralliements (certains ont eu lieu depuis). 

Ce joli graphique indique, jour après jour, le nombre de billets publiés sur des blogs incluant les termes "françois bayrou" (bleu), "ségolène royal" (orange) et "nicolas sarkozy" (vert). L'outil de mesure est blogpulse, mais on peut également se référer à d'autres outils, tels que le tendançologue, sur l'observatoire de la présidentielle. Ils indiquent une évolution proche.

Tous les outils convergent : on parle, en ligne, désormais presque autant de Bayrou que des deux autres candidats. Le rapport n'est pas encore celui d'une égalité de traitement par les internautes, mais, pour simplifier, là où 100 blogs parlent de Sarkozy ou de Ségolène, on monte, hors exceptions, à 70 pour Bayrou, contre un rapport de 100 à 15/20 il y a trois semaines.

Le décollage a donc eu lieu. Il date de début février. Auparavant, c'était le calme plat, ou presque, sur le candidat centriste (le frémissement est très léger entre le 15 et le 30 janvier, et le même mouvement est perceptible chez tous les candidats : c'est l'élection en soit qui prend de la part de bruit médiatique, Bayrou voit même sa "part de marché " baisser).

Thierry Crouzet voit dans ce décollage le symbole de la victoire du 5ème pouvoir, qui impose son candidat à la société médiatique :

"Cette idée il ne l’a pas imposée, il l’a juste semée. Le cinquième pouvoir s’en est emparé, il l’a diffusée lentement. Aujourd’hui, elle remonte par percolation comme l’eau dans une cafetière, elle finit par atteindre la surface, et les Ségo-Sarko comme les médias ne peuvent plus l’ignorer. Alors ils la répètent, la consolident. Mais elle n’est pas née grâce à eux, elle n’a pas été calculée par eux mais par le cinquième pouvoir lui-même."

Difficile de dire qui est l'oeuf et la poule, dans l'émergence de Bayrou ces trois dernières semaines, entre le supposé cinquième pouvoir que constitueraient les internautes, nouvelle force autonome, et les media et faiseurs habituels d'opinion. Thierry en fait un élément de démonstration de la révolution qu'il chronique dans son livre et qu'il promeut depuis des mois. Je reste pour ma part dubitatif.

D'une part, les internautes, selon tous les outils de mesure dont on peut disposer, parlaient nettement moins de Bayrou que ne peut le supposer son poids électoral (il était 5  à 6 fois moins présent que les deux leaders). Tout juste pouvait-on noter, qualitativement, une sensibilité croissante au candidat centriste dans quelques espaces relativement visibles, et peut-être pionniers, des discussions politiques. C'est faible. Rien ne permet de dire que les internautes onteffectivement diffusé la graine Bayrou, que la plante a germé, avant que les media ne viennent l'arroser.

Car les media ont copieusement arrosé la graine : ce sont manifestement les sondages de la fin janvier qui ont généré l'explosion. Entre le 20 et le 30 janvier, plusieurs sondages montrent une progression de François Bayrou, qui, fait nouveau, passe devant Jean-Marie Le Pen. La presse s'empare alors de son maronnier de chaque janvier de présidentielle : le troisième homme. Les couvertures s'affolent, et Bayrou fait la une des media : l'hypothèse du troisième homme devient crédible, et, peu à peu, surtout la semaine dernière, l'hypothèse d'arrivée au second tour de François Bayrou devient un sujet de conversation majeur, même chez les internautes. La plus forte progression de Bayrou dans les discussions correspond à la semaine où il est très fortement exposé médiatiquement (A vous de Juger, France Europe Express...) en télévision.

Le fameux "cinquième pouvoir" est peut-être responsable, partiellement, du gain initial de quelques points dans les sondages, du passage de 7 à 8 ou 9%, à la faveur d'un discours fortement orienté dans le sens, le thème, les valeurs de ces internautes actifs (critique des media). Rien ne le prouve, mais on pourrait l'imaginer. Reste que le décollage réel, celui qui fait de F. Bayrou aujourd'hui une alternative crédible, répond à une logique proche de celle de l'apparition de S. Royal il y a plus d'un an : par un jeu d'emballement médiatique fondé sur quelques sondages d'opinion, sur un personnage dont le discours ou le positionnement est manifestement susceptible de remporter une adhésion. 

De quoi rester encore modeste sur le poids et l'influence des blogs et des internautes dans le jeu politique... En tout cas comme initiateurs de mouvements de fond. Ils sont en revanche de fantastiques relais réactifs à l'actualité médiatique.

 

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Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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14:21 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

J’ai testé le premier site de rencontre politique (enfin, pas encore), épisode 2…

Une semaine après m’être inscrite à sexycentriste.com, le site de rencontres des jeunes UDF, je m’étonne qu’ils ne m’aient toujours pas envoyé la confirmation de mon inscription par mail. Hé, les UDF, vous ne voulez pas que je vous rencontre ou quoi?

A force de pester en attendant mes codes d’accès qui ne viennent pas, mon collègue Nicolas finit par trouver la solution au problème: le mail envoyé par sexycentriste.com est bloqué depuis huit jours dans mon dossier de «messages indésirables». Le filtre anti-spams de 20 minutes est un poil trop aiguisé.

Toutes mes excuses, les sexycentristes, je retire ce que j’ai dit: vous n’êtes pas moins réactifs que le site qui vous a inspiré - meetic.fr pour ne pas le nommer. Et maintenant que j'ai mon mot de passe, on va pouvoir passer aux choses sérieuses...

 

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« Qu'on supprime l'élection présidentielle »

medium_aleveque.jpgC'est un fait : l'humoriste Christophe Alévêque (photo : Julien Cassagne) a le cœur à gauche. Mais que ce soit dans les émissions de Laurent Ruquier ou dans ses spectacles, il n'épargne personne de sa verve caustique. Dans son livre sorti début février Surtout, n'oubliez pas d'avoir peur (Editions du Panama), il compile pensées et petites phrases définitives sur tous les sujets de société. Avec la présidentielle en toile de fond. Pour 20 Minutes, il revient sur certaines de ces pensées et les décrypte.

« Ségolène Royal a remporté les primaires socialistes avec 61% des voix. 61% des militants socialistes ont donc voté contre le programme du Parti socialiste. Vivement la suite.»

J'ai écrit ça en décembre et on peut dire que j'ai eu le nez creux vu ce qu'il s'est passé par la suite. Ségolène Royal a été choisie sans programme, elle a été choisie sur sa personne. J'ai trouvé ça un peu léger de choisir quelqu'un parce qu'elle est en tête des sondages. En tant qu'humoriste, il y a eu une tendance à nous taxer de machiste dès qu'on attaquait Ségolène Royal. Sa vraie boulette en réalité, c'est d'avoir refusé le débat et d'avoir fait de la victimisation sur le fait que ce soit une femme. Moi, que ce soit une femme ou pas une femme, j'en ai rien à foutre. J'ai été attaqué tellement de fois sur le machisme et la misogynie, ça ne tient pas la route. Je crois que ça amuse les cons et ça sert de paravent à ceux qui n'ont pas grand-chose à dire.

 

« 21 avril. Jacques Chirac en sauveur de la République, c'est comme si on disait à un malade en phase terminal : Tiens, voilà de l'aspirine. »

Son bilan est proche du rien. Le mouvement des choses a continué dans son ensemble, les pauvres ont été pauvres, le chômage a augmenté. Rien n'a changé. Par contre, c'est un vrai Républicain. Après le 21 avril, il aurait dû intégrer dans son gouvernement des gens de toutes les couleurs politiques. Ce n'est pas le président le plus dangereux qu'on ait eu. Ou qu'on va avoir. Chirac, c'est un vrai Républicain. La France peut lui dire merci de ne pas nous avoir mis dans le bourbier irakien. Rien pour ça, on peut lui dire un petit merci quand même. Quand je vois Sarkozy, Chirac me paraît quelqu'un de social, de laïc, de républicain.

 

« La seule vraie différence entre Le Pen et Sarkozy, c'est 30 cm. Et 30 cm, ça peut faire mal. »

Je fais dans la caricature, c'est mon moyen d'expression. Mais quand on voit la politique répressive de Sarkoy ou sur l'immigration… Il a même repris un slogan du Front national : « la France tu l'aimes ou tu la quittes ». Maintenant, il dit qu'il a changé, mais il n'a pas cessé de faire du pied aux électeurs du Front national. On a des instances démocratiques, il ne pourra pas faire ce qui veut. Mais je pense que ce serait un mauvais choix pour les Français. J'essaye de faire en sorte que ce que je dis soit fondé. Même si des fois, c'est dur parce qu'il me met en colère.

 

« Quand ils sont dans l'opposition les hommes politiques réfléchissent. Quand ils sont au gouvernement, ils gèrent. Je propose donc que l'opposition doit au gouvernement. »

Très souvent, l'opposition a une idée de réforme dans la poche et une fois au gouvernement, elle nous dit : « ha ben non, y'a l'Europe, les syndicats sont contre, les Français ne veulent pas de réforme ». Je pense qu'ils sont impuissants. Au moins qu'ils le disent. Ne perdons pas de vue que Sarkozy est au pouvoir depuis cinq ans, donc s'il avait gouverné autrement, on s'en serait rendu compte. Peut-être qu'il n'était pas au bon poste… Je trouve que cette campagne manque d'idéologie, nous devons choisir dans quelle société nous voulons vivre. Pour le moment, il n'y a pas eu de débat au sein de l'UMP et il y a eu un faux-débat au PS avec trois mannequins de cire du musée Grévin qui ont fait des monologues. Pour le moment, le vrai débat n'a pas eu lieu. J'espère qu'il y aura un débat aussi intéressant que celui qui a eu lieu pour la Constitution européenne. Quelle que ce soit la personne qui est élue, mais au moins, qu'on parle des vrais problèmes, des vraies réformes. Aujourd'hui, les cartes sont brouillées. De toute façon, moi je suis pour qu'on supprime l'élection présidentielle et qu'on redonne le pouvoir au Parlement qui élit un Premier ministre. On est un des derniers pays avec un président avec autant de pouvoirs. On n'est pas moderne du tout.

 

« Ne confondons pas liberté et libéralisme. Si la liberté remplit les hommes, le libéralisme les vide. »

Les gens pensent que le libéralisme et la mondialisation sont inéluctables et c'est une erreur idéologique. Les gens sont résignés alors qu'il ne faudrait pas l'être. Et je vais me référer au président de la République qui a déclaré que le libéralisme n'était pas une solution, que la société allait dans le mur. Le libéralisme, ça ne veut plus rien dire. Libéralisme, libre-échange, ce sont de beaux mots, dedans il y a liberté, échange, mais tout ça est un leurre. La vraie définition du libéralisme est dans mon bouquin : « A qui ça sert de violer les gens quand on peut les baiser ». Moi, j'ai voté non à la Constitution et je pense que si on avait voté ça, il aurait été de plus en plus difficile de faire des réformes sociales. Le libéralisme serait devenu une façon politique et sociale de diriger les pays. C'aurait été un fait acquis. Moi, je ne suis pas d'accord.

 

« Le chômage a baissé en août. Des milliers de personnes ont retrouvé un boulot. Elles espèrent maintenant avoir un salaire. »

On nous dit que le chômage baisse. Je n'y crois pas. C'est comme les chiffres de la délinquance. Regardez ce qu'il se passe en Angleterre, ils affichent un taux de chômage de 4,5%. Mais là-bas, une personne qui a travaillé une fois dans la quinzaine n'est plus considérée comme chômeur. Alors deux jours de salaire par mois, au risque de paraître gauchiste, ça me paraît peu pour vivre. Chez nous, ça commence à se voir. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a plein de tentes le long des berges. Moi, je suis un bouffon, je suis là pour titiller le pouvoir, je n'ai pas de programme, mais je vois que les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 4,75%, c'est-à-dire 73,5 milliards. C'est très bien, je suis pour que les entreprises fassent des bénéfices. Mais peut-être qu'il faudrait à un moment partager la galette.

 

« Le gouvernement a lancé un nouveau plan pour les banlieues. Pourtant, le problème n'est pas d'y aller, c'est d'en sortir. »

Je ne comprends pas que les émeutes qu'elles n'aient pas eu lieu plus tôt. Que ce soit la gauche ou la droite, tout le monde a échoué. C'est là où un mec comme Sarkozy me fait très peur, car non seulement il a échoué, mais il refuse de voir dans ces émeutes, un phénomène politique. Pour lui, c'est le fait des voyous. Il faudrait un jour prêter l'oreille aux messages qu'il y a derrière. Cela n'excuse pas tout, ce n'est pas en brûlant des bagnoles qu'on va obtenir quelque chose. Mais chez les jeunes qui ont été arrêtés, la plupart n'avaient pas de casier judiciaire.

 

« En occident, un mariage annulé c'est un homme sauvé ; dans un pays islamique, c'est une femme. »

C'est très dur de faire rire avec la religion en ce moment, c'est pour cela que je me refuse à céder le pas au communautarisme. Dans mon spectacle, j'ai un sketch sur un repas avec un juif, un catholique, un protestant et un musulman. Toutes les communautés en prennent plein la gueule. Personnellement, j'en ai marre de ce pseudo-retour à la religion qui n'est prétexte à défendre sa chapelle. Je me refuse à accepter le fait qu'il faut faire partie d'une communauté pour se moquer d'elle.

 

« Si Jésus avait été empalé, la gay pride serait une fête religieuse. »

Ce ne sont pas les communautés qui se défendent aujourd'hui becs et ongles avec l'aide d'avocats et d'associations de défense qui vont m'empêcher de dire ce que j'ai envie de dire. Bien au contraire. Concernant la communauté homosexuelle, je vais leur donner un conseil d'hétérosexuel : ne rentrez dans le moule, inventez de nouveaux modes de vie, trouvez une autre idée que cette connerie de mariage, donnez nous des idées à nous hétérosexuels perdus dans nos valeurs judéo-chrétiennes. C'est un mec qui est marié depuis 20 ans et pour qui ça se passe plutôt bien qui vous le dit. Mais pourquoi ont-ils envie de faire les mêmes conneries ? S'ils trouvent une bonne idée, je les suis.

 

« Fumeurs, quand vous fumez à côté d'un non-fumeur, il fume aussi ! C'est dégueulasse, il profite de votre tabac sans payer. Pensez à lui réclamer des sous. »

Si un conseil à donner aux jeunes, c'est : ne commencez pas. C'est une connerie. Bon c'est vrai, dans une vie, on en fait beaucoup de conneries. Mais il faut arrêter de nous mentir, la clope n'est pas que mauvaise, c'est un anti-dépresseur, c'est un calmant. Sauf qu'au lieu d'en fumer trois dans une journée, on en fume quarante. Et ça, c'est complètement con. On nous ment sur les chiffres. Je veux bien qu'on parle de ça, mais il faut en parler dans son ensemble. Il faut sortir les vrais chiffres. Il faut qu'on dise ce que ce que fait une cigarette, en bien, en mal, même si on est d'accords, elle fait beaucoup plus de mal que de bien. Et là, on peut se décider, quand on a toutes les données en mains. N'oublions pas que plus on interdit les choses, plus on a envie de les faire. Et arrêtons cette hypocrisie, si la clope est interdite, les buralistes sont des dealers, faisons leur fermer leur établissement et mettons les en prison même.


Propos recueillis par David Carzon

 

vendredi, 23 février 2007

Le programme FN 2007, ruptures républicaines et continuité frontiste

C’est dimanche que Jean-Marie Le Pen se rend à Lille pour y présenter son programme électoral. Mais celui-ci est d’ores et déjà accessible sur le site internet de son parti. Petite fiche de lecture :

A première vue, ce document de 79 pages est tout ce qu’il y a de plus sérieux et «classique». Elaboré par vingt Commissions d’action présidentielle (CAP) thématiques, il décline pour chaque thème un grand A «constat» et un grand B «Mesures». Clair et efficace. Le ton est posé, les propositions sont exposées sans passion, presque de façon technocratique. Le document est rythmé par des «capsules» qui indiquent le gain estimé pour chaque mesure. A l’évidence, le Front national tente de concrétiser, à travers son programme, la respectabilité et la crédibilité qu’il recherche depuis plusieurs mois. Certains chapitres anodins, comme celui sur les transports, pourraient être dans les projets de l’UDF, du PS ou de l’UMP. Ainsi n’avait-on pas entendu souvent Jean-Marie Le Pen s’enflammer – c’est le cas de le dire – pour la «desserte de l’ensemble du territoire par la généralisation du couplage SNCF-autocars», la «limitation des élevages en batterie» (la patte – à nouveau le cas de le dire - de BB ?) ou «les procédures d’approche et d’attente des avions» dans les aéroports. Le Pen va même jusqu’à promettre des actions de prévention contre le Sida «en direction des communautés à risque». On est loin des déclarations de 1987 sur le «sidaïque» caricaturé en «espèce de lépreux». Après la vierge Jeanne d’Arc et l’orphelin, Le Le Pen 2007 serait-il devenu le défenseur de la prostituée africaine et de l’homo?

Mais regardons le programme dans le bleu-blanc-rouge des yeux. Le principal engagement de Le Pen reste «l’arrêt de l’immigration» déclinée dans chaque page du programme. Un leitmotiv noyé au milieu d’autres mesures. Ainsi entend-il plus que jamais mettre en œuvre la préférence nationale et l’inscrire dans le marbre de la Constitution. Les étrangers n’auraient plus le droit à aucune aide sociale ou allocation familiale. Quant au droit du sol, il serait remplacé par le droit du sang. Sous le verni du Le Pen light pointent donc de nombreuses propositions traditionnelles de l’extrême droite nationaliste et patriarcale. Entre autres mesures : -la sortie de la France de l’espace Schengen -le rétablissement de la peine de mort -la construction de 75.000 places de prison supplémentaires -la création d’une «présomption de légitime défense» pour les forces de l’ordre -la relance de la natalité française par la création d’un revenu parental qui permet à la femme au foyer de toucher le SMIC pendant trois ans pour le premier enfant (et renouveler la mise en développant la portée de têtes bien blondes) -le rétablissement de la liberté d’opinion et d’expression dans les universités (ben, à quoi peut-il bien penser ?)
-une «législation pour lutter contre les attaques médiatiques dont est victime l’Armée française.

Converti au républicanisme depuis son discours de Valmy en septembre, Le Pen prend bien soin de refuser «le communautarisme» et de réaffirmer le «principe de laïcité». Mais rassure aussitôt son électorat intégriste en s’affichant contre l’interdiction du clonage thérapeutique et en réaffirmant «le droit de la personne à être protégé par la loi de sa conception à sa mort naturelle».

Quant aux finances du pays, Le Pen est plus que jamais de «droite économiquement», comme il le répète à l’envie : baisse des impôts sur les particuliers, retraite à 65 ans, «desserrement de l’étau fiscal» sur les entreprises, suppression des 35 heures. Seul le patriotisme économique éloigne le Front national du libéralisme. Contre la BCE, les institutions internationales, l’Europe et «le capitalisme spéculatif et financier», l’économie frontiste redevient étatiste. A l’image de sa diplomatie farouchement anti-américaine qui préconise un retrait de la France de l’OTAN, «la dénonciation des nouveaux impérialismes» et la solidarité avec les patriotes africains ou sud-américains. Dans ce domaine, seule la volonté de renforcer les liens diplomatiques avec la Russie – «conformément à nos traditions» - rappelle qu’il ne s’agit pas d’un manifeste altermondialiste.

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La galère des petits candidats

Si Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font la course en tête pendant que François Bayrou et Jean-Marie Le Pen se disputent la troisième place, derrière, ça rame. Sous-exposition médiatique ou effet "vote utile", toujours est-il qu'aucun des autres candidats testés depuis octobre 2006 par les six principaux instituts de sondages n'a jamais dépassé la barre des 5%.

Selon la dernière mesure réalisée par BVA les 19 et 20 février, Marie-Georges Buffet mène le gruppetto à 4% d'intentions de vote, juste devant Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et Philippe de Villiers à 3% ; José Bové est à 2%, Dominique Voynet à 1%, et Corine Lepage est crédité d'un astérisque, renvoyant vers un diplomatique "résultat non significatif"...

Au-delà de la variation des scores d'un institut à l'autre, consécutifs à une offre électorale plus ou moins large (Ipsos propose l'offre la plus complète en testant également Nicolas Dupont-Aignan, Frédéric Nihous et Gérard Schivardi), le fait est qu'aucun des petits candidats n'arrive à percer. Ce n'était pas le cas en 2002, le rapport de force était beaucoup plus serré.

La Sofres avait mesuré dans ses intentions de vote de février Arlette Laguiller à 7,5% (le 23), Robert Hue à 6,5% (le 2), Noël Mamère à 7% (le 15), alors que Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Chevènement oscillaient autour des 10%. Ipsos obtenait des résultats comparables. A cette époque, derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin, cinq candidats pouvaient prétendre au podium.

Les petits candidats sont-ils aujourd'hui condamnés à rester en fond de cale ? Le sujet fait débat. Avec Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui captent toujours à eux deux environ 60% des intentions de vote, contre moins de 50% pour le total Chirac+Jospin en 2002, la marge de manœuvre est plus étroite.

D'autant plus que derrière, le candidat "ni gauche ni droite" de 2007 est plus haut que celui de 2002 (de 15 à 17% selon les instituts pour F. Bayrou, contre à peu près 10% pour J.P. Chevènement en février 2002), et que Jean-Marie Le Pen est lui aussi en avance sur ses temps de passage (+ 3 points en moyenne). C'est peut-être une conséquence du 21 avril, les candidats des grands partis mobilisent beaucoup mieux leur camp cette année. Plus de 80% de l'électorat UMP choisit Nicolas Sarkozy dès le premier tour (on était autour des 60% pour Jacques Chirac en 2002), les deux-tiers des sympathisants socialistes choisissent Ségolène Royal (moins de 60% en moyenne pour Lionel Jospin, et à peine un peu plus de 50% à l'approche du scrutin), François Bayrou est aujourd'hui soutenu par 60% des proches de l'UDF (40% en 2002) ; Le Pen reste à 80% de soutien dans son camp.

Avec un électorat moins dispersé, on se rapproche des "parts de marché" des différents partis, si l'on se réfère aux niveaux des proximités partisanes relevés par les sondeurs dans leurs échantillons. Pour autant, tout n'est pas joué. Les municipales 2008 en point de mire, les maires hésitent à parrainer qui que ce soit. Le couperet des 500 signatures devrait alors clarifier l'offre électorale et aider les candidats qui auraient gagné leur ticket d'entrée. Surtout, la campagne officielle n'a pas encore commencée. L'égalisation des temps de parole profite aux moins connus, et bouleverse parfois l'ordre établit.

En avril 2002, les Français découvraient Olivier Besancenot, qui gagnait alors soudainement 4 points d'intentions de vote, pour se retrouver tout près du seuil des 5%, qui fait passer le remboursement des frais de campagne de 5 à 50% des dépenses (plafonné selon le cas à  800 000 ou 8 millions d'euros). Ils étaient 7 à en bénéficier en 2002 (Chirac, Le Pen, Jospin, Bayrou, Laguiller, Mamère et Chevènement), pas sûr qu'en 2007 ils soient aussi nombreux.

•• Notre prévision : tous fauchés ! ••

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Le cimetière des éléphants

Treize, ils sont treize éléphants du PS à rejoindre l’équipe de campagne de Ségolène Royal. Parmi l’équipe du « pacte présidentiel », les trois candidats recalés à l’investiture socialiste, Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius et Lionel Jospin qui fait son grand retour.

Arnaud Montebourg n’avait trouvé qu’un défaut à Ségolène, « son compagnon ». Nous nous lui trouvons deux qualités. Royal n’est ni superstitieuse, ni rancunière. Renforcer son équipe avec treize personnes, dont la plupart ont émis plus que des doutes sur sa capacité à avoir l’étoffe d’un chef d’Etat.

Quoiqu’il en soit, la liste des éléphants qui la rejoignent vaut le détour. Pour les plus jeunes d’entre nous, adressez-vous à vos parents et grands parents pour savoir de qui il s’agit.  Mis à part les trois recalés, on retrouve Martine Aubry, Pierre Mauroy, Bertrand Delanoë, Yvette Roudy, Bernard Kouchner, Henri Emmanuelli et François Hollande, Gérard Collomb, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Bel. La dernière fois que tous furent réunis au sein d’une équipe de campagne présidentielle, se fut en 2002 autour de Lionel Jospin.

Le documentaire de Serge Moati sur cette campagne devrait être rediffusé tant il montrait l’ego démesuré de chacun des éléphants, plus préoccupé de tirer la couverture à soi que de contribuer à la victoire du candidat Jospin. Enfin, une question se pose, qui sera parmi ces treize nouveaux arrivants, le Judas de la bande ?

Ségolène Royal déclarait, à l’occasion de son grand oral sur TF1, « dans une équipe où il y a une vingtaine de personnes, il devrait y avoir une à deux personnes handicapés,…sinon c’est de la discrimination », se faisant ainsi la championne de la mixité sociale, du changement de regard de la société sur le handicap. Dommage que Marie-Ségolène ne tienne pas compte de ces propres engagements car dans son équipe de campagne pas, l’ombre d’une personne handicapée et pourtant ils sont trente six.

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jeudi, 22 février 2007

Anarchie in the Yucca

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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10:03 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bd, presidentielle

mercredi, 21 février 2007

En pleine campagne présidentielle, des textes pourraient mettre en danger notre espace de liberté qu’est Internet

En pleine campagne présidentielle, des textes pourraient mettre en danger notre espace de liberté qu’est Internet.

Vous aviez l’impression de vous réapproprier le débat public ? Dépêchez-vous d’en profiter... À moins que nous les fassions reculer.

En tant que citoyenne, mais aussi en tant qu’acteur politique, je m’inquiète des conclusions du rapport Tessier, proposant, entre autre, la mise en place d’un label décerné par un organe public. Quelles règles du jeu seront fixées, par qui, dans quelles conditions sera-t-il attribué, dans quelles conditions sera-t-il retiré ? Quand on voit les conditions d’attribution des numéros de commissions paritaires, on peut craindre des effets pervers.
C’était tellement prévisible. Trop de dégâts collatéraux. Trop incontrôlable. Trop de transparence. Trop de danger.

Certains pontes des grands médias, certains politiques s’inquiètent. Ils ne sont pas nés avec. Ils en ont donc peur. Cette réaction les ringardise d’ailleurs.

Et pourtant, ils ne devraient pas craindre cette évolution-révolution de la diffusion de l’information et de son pluralisme. Si les journalistes sont talentueux, un grand nombre le sont vraiment, le public sera au rendez-vous. Certaines rédactions ont bien saisi l’enjeu ;-).

A eux de faire les efforts financiers en investissement pour donner un écho à leurs journalistes sur la Toile.

De quoi ont-ils peur ? Du journalisme citoyen? Et si cet espace était une fenêtre pour découvrir de nouveaux talents, de nouvelles plumes, du travail coopératif ? Et si ça marche sans gros moyens ? Et si la vérité sortait en partie des sites, forums, blogs ? Et si c’était à nous de décoder entre mille témoignages sur un événement ? Voici un texte d’Agoravox que j’ai écris suite au Web 3 et qui parle d’ un exemple très concret de verrous qui sautent grâce à la Toile.

Un autre texte relatif à la prévention de la délinquance veut condamner les auteurs ou les diffuseurs des «Happy slapping». Si, bien évidemment, je condamne tout acte de violence, filmé ou non, en quoi la bêtise des délinquants qui les réalisent est pire que la bêtise des guerres que nous voyons tous les jours sur nos petits écrans ?

Toute chose égale par ailleurs, les premiers devraient être condamnés pour leurs actes d’atteinte à la personne, coups et blessures par la justice française, les seconds par les tribunaux internationaux.

Certains politiques ont tort de vouloir verrouiller l’Internet. Non seulement parce que c’est un espace de liberté mondial. Les pauvres petites règles du jeu imposées par le haut ne s’appliqueraient qu’en France ? Sont-ils au courant qu’il n’y a plus de frontières avec Internet ? Que les tentatives de verrouillage sont dignes des pays les plus totalitaires ?

Sauvegardons cet espace de la liberté d’expression. Aux dangers de ce qui circule sur le net, je préfère notre éducation à tous âges, à la sensibilisation. Enfin, si des chartes éthiques doivent apparaître, je souhaite qu’elles soient le fruit de travaux citoyens.

Qu’en pensez-vous ?

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mardi, 20 février 2007

Le deuxième effet Birenbaum

Suite à «l’affaire Duhamel», il n’était pas inintéressant de se promener sur le blog de l’autre victime expiatoire de cet invraisemblable emballement blogo-médiatique, Guy Birenbaum. Devenu celui qui a fait «tomber» l’emblème de l’éditorialiste politique des 40 dernières années, l’éditeur NRV poursuit involontairement sa démarche iconoclaste (dans le sens «briseuse d’icônes»). Ainsi, parmi les 400 commentaires ayant succédé à son post «Leurre de vérité» de vendredi dernier, le lendemain de la suspension de Duhamel, se trouve ce lien, posté par "Jeff Tweedyson" à 10h45: http://www.acrimed.org/IMG/mp3/Bianco_Elkabbach_280107.mp3.
Cela se passe le dimanche 28 janvier sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach reçoit Jean-Louis Bianco, lors de l’émission «Le grand rendez-vous».  Ce n’est pas par sympathie ou allégeance particulière à Acrimed que je transmets ce lien, mais parce qu’il isole le passage troublant de l’émission. Dans la blogosphère (par exemple ici), il s’est répandu que l’interview avait été retirée du site de la station. Si plusieurs pages de www.europe1.fr sont souvent «temporairement indisponibles», l’émission est bel est bien consultable. Mais en grande partie inaudible pour cause de coupures multiples. On en retrouve un script intégral sur le site de Jean-Louis Bianco.

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Il y a des bas et débats

Tout le monde s’en sort avec les honneurs. Au lendemain de l’émission J’ai une question à vous poser avec Ségolène Royal, il apparaît très clairement que les hommes (et femmes) politiques ne peuvent pas être mis en danger par ce genre d’émissions. Ils sont trop aguerris, trop entraînés pour être mis en difficulté. Les questions des Français invités font « café du commerce », chacun évoquant son cas personnel qui relève plus d’un édile local que d’un futur président de la République.


Face à ces questions, les hommes politiques n’ont pas de mal à répondre. Chacun dans son style : Sarkozy pointilleux à l’extrême (comme ça on ne voit pas quand il prend quelques libertés avec la réalité), Royal plus dans l’empathie (comme ça on ne voit pas quand elle ne répond pas précisément aux questions)… De toute façon, ils sont tranquilles, ils n’ont pas de contradicteurs et rares sont les citoyens qui peuvent, sur le fond et sur la forme, relancer les candidats.


Autre avantage pour les invités : les intervieweurs sont peu virulents, hormis un petit quart d’heure de chauffe pour le candidat de l’UMP sur les questions de l’homoparentalité et de la place des Français d’origine immigrée. Même avec Jean-Marie Le Pen, dont on aurait pu attendre quelques frictions avec le public, le ton a été étonnement calme, le panel étant même plus sévère un peu plus tard durant la même émission avec Marie-George Buffet.


Ce n’est pas que ce format soit inutile, c’est surtout qu’il est incomplet, même si, comme me le souffle mon collègue Arnaud, c’est grâce à ce genre d’émission sur le référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005 qu’on a pu voir que Chirac « ne comprenait pas » les jeunes. Un tournant dans la campagne.


Le problème, c’est que nous, pauvres petits électeurs, nous n’avons guère que ça à nous mettre sous la dent pour le moment. Il nous manque un vrai débat entre les candidats, et pas un affrontement entre leurs lieutenants comme c’est le cas actuellement. Moi, je rêve de vrais face-à-face avant le premier tour pour confronter les idées et les hommes (et femmes). Malheureusement, je pense que ce souhait ne sera pas exaucé, les deux principaux candidats, Royal et Sarkozy estimant avoir trop à perdre dans ce genre d’affrontements. Ils attendent le second tour pour se confronter ainsi. Une attitude qui a déjà joué des tours à certains

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Tout ou rien

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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12:28 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd, presidentielle

Le panel contre le débat

Etonnant. Même si Ségolène Royal ne semble pas particulièrement à l'aise dans l'exercice elle parvient toutefois à présenter ses propositions. Le problème majeur de l'émission est qu'une nouvelle fois, les problèmes personnels des panélistes sont valorisés par rapport aux problèmes généraux de fond. Les questions tournent principalement autour des thèmes chers à la gauche et c'est dommage car cela ne fait pas forcément avancer le débat.

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lundi, 19 février 2007

Live blogueurs chez 20minutes

La rédaction de 20minutes s’enrichit, lundi soir pour quelques heures, de quelques blogueurs reconnus. Ils suivront depuis nos locaux «J’ai une question à vous poser» avec Ségolène Royal.

Pour discuter de la prestation de la candidate socialiste, rendez-vous avec koztoujours, Jules, de Diner's Room, Maitre Eolas, Frednetick et Versac, un habitué de nos colonnes.


Aux alentours de 21 heures, Ségolène s’avance vers l’handicapé atteint de sclérose en plaque et lui donne l’accolade. Premier tournant l’émission de la dernière chance. la salle applaudi, les bloggeurs dans les murs de 20 minutes un peu moins. "C'est la nouvelle Bernadette Soubiroux", s'exclame Denis Castel. Après la scérose en plaque, les retraites, les malades en fin de vie, les sujets ne sont pas réjouissant. on est loin des désirs d'avenir. C'est docteur Ségo, s'enflamme Versac.

Heureusement que PPDA met un terme met un terme aux questions de santé et lance le débat économique sur le smic. Qui a dit que les journalistes ne servaient plus à rien, même lors des débats participatifs?

Versac compte le nombre de "pacte présidentiel" prononcé par Ségolène Royal et se fait reprendre par texto par le responsable internet de Ségolène. La vigilance ne faiblit pas.

Sur l’économie les bloggeurs sont ravis. Pas forcément par les propositions de Ségolène. « Je rêve où elle a doit qu’il ne fallait pas remplacer les hommes par des machines. »
30 milliards d’euros de déficit c’est un million d’emploi », assure la candidate. Les bloggeurs sont pour le moins dubitatifs.  

Pour répondre à Arnaud, non, tous les bloggeurs ne sont pas habillés en VRP, mais oui, ils sortent manifestement du boulot. Mais ils ne sont pas tous VRP. 

21h50, une heure d’émission, C’est le concept d’ « A vous de juger » qui écope, plus que Ségolène.  « La surprise, c’est qu’elle ne brille pas avec un format d’émission pareil», constate Jules.

Qui est ségoliste ? Les bloggeurs ne sont pas convaincus. «C’est dur d’être le seul ségoliste de l’assemblée», lance Versac à Frednetick.  Dénégation forcénée. Ce qui est énervant, c'est que là elle gagne des points", poursuit Versac. "Pourquoi énervant?" répond Frednetick.  

22h03, entre deux morceaux de fromage, les bloggeurs  s’amusent à imiter Ségolène. «Que répondre à votre question ?» On ne s’improvise pas candidat à l’élection présidentielle.
Ségolène déroule son cv. Pour résumer, ENA, ministères, débat participatifs. Le raccourci surprend les bloggeurs.

Question de Yannick Couppe sur les quartiers en difficulté. « On arrive enfin à une question de présidentielle, avant, on n’a eu que des questions de Premier ministre », critique Versac, décidément très acerbe. 

22h13 Pub. On cherche la bouteille de blanc. "C'est un truc de droite de boire des vins de Loire.» Koz a descendu une bouteille. La pub est courte, les bloggeurs étaient habitués à d’autres formats sur TF1. Question sur François Hollande. Ségolène Royal répond à côté. PPDA relance sur le sujet. «C’est à ça que ça sert, un journaliste», remarque Jules, repris par Versac sur son blog.

L’immigration. On parle de Sarkozy. Sécurité, Justice, Maître Eolas tend l’oreille, puis il va manger un morceau. «je règlerai cette question». «j’ai l’impression de voir Pascal Bourdon dans le sketch des Inconnus, Jesus 2, le retour». Denis Castel a des références.

22h29. Versac peste contre sa femme qui vote Ségolène. «C’est off, vous allez me faire passer pour un odieux machiste.» il arrange le coup par sms.  

Discussion sur le logement. La petite pique sur les logements sociaux construits par Sarkozy à Neuilly passe facilement. Le service public de la caution beaucoup moins. Les bloggeurs fatiguent. Jules a l’impression de ne plus commenter. «Je ne fais que noter ce qu’elle dit.» Question d’un alcoolique abstinent. Maitre Eolas lève son verre. Koz remarque que « c’est un panel qui lui permet briller, de faire maman.»


Ségolène parle des prisons. Elle évoque la régionalisation. Versac tique. «Je ne vois pas comment régionaliser cela, c’est une fonction régalienne.» «Va dire ça aux Corses», rétorque Jules.
 

Versac annonce que l’ambiance est excellente au QG de Ségolène Royal. Jules demande si c’est malgré la performance de la candidate. «Ils ne sont pas fans du format de l’émission.»

«Ils sont tous en train de parler de pinard sur mon blog, et plus du tout de Ségolène!» Koz a du mal à recentrer le débat, il préfère blogger sur Ségolène que sur le chinon. 

«Elle a bien dit que les maires devaient surveiller les plantations d’OGM?» Denis Castel a du mal à saisir toutes les subtilités de Ségolène Royal sur les OGM. Il est peut-être perturbé par sa regrettable erreur sur les Inconnus.

La performance de PPDA est aussi scrutée : «Sur mademoiselle, il était beaucoup moins langoureux que d’habitude», remarque Jules.

22h53 Question sur l’école. Koz se souvient d’avoir participer à un débat avec Ségolène et de lui avoir proposer de redessiner la carte scolaire en forme de camembert «comme le proposait Martin Hirsch dans son livre. Elle ne l’a pas retenu.»  

Les questions se bousculent. «Un peu d’ordre juste dans ce débat», parodie Koz. «On décroche tous», constate Versac. Sur l'ordinateur de Jules, Les bloggeurs regardent les photos de Maryline, bloggeuse UMP qui leur laisse des commentaires. 

Question sur la délinquance. «C’est une  bonne question, vous avez raison» répond Ségolène. C’est cela que tu aurais dû compter, au lieu de pacte présidentiel, lance Denis à Versac.

«Un euro dépensé est un euro… utile.» Frednetick finit la phrase de Ségolène. «Ce n’est pas d’elle, c’est de DSK.»

Les bloggeurs comparent leurs commentaires et envisagent de continuer le live blogging sur confessions intimes.

La présidentielle sur Second Life : a-t-on atteint le fond ?

Second Life (pour ceux qui l’ignoreraient encore, un jeu de « réalité virtuelle », comme l’indique son nom) est le nouveau phénomène médiatique du moment. Depuis que Ségolène Royal y a ouvert un « comité virtuel », peu de temps après le Front National, la communauté française s’est élargie jusqu’à devenir la seconde de ce monde virtuel.Depuis quelques semaines, je me balade donc, au gré de mon temps libre, dans les espaces de Second Life . J’y ai goûté les joies de la politique en 3D sous avatar, avec l’objectif de tenter de comprendre si ce nouvel espace d’échange apporte quelque chose à la campagne d’autre qu’un gadget étonnant.Pour qui est un vieil habitué des échanges numériques, Second Life fait un peu penser aux premiers newsgroups des années 90 : tout le monde passe par là, peut venir ajouter son grain de sel, troller, pourrir le moindre échange qui commence à se structurer, et il y a presque une prime aux terroristes et manipulateurs.


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Le siège du FN a ainsi été l’objet de manifestations très violentes à la mi janvier. Des anti fascistes ont bravé toutes les règles habituelles d’antiviolence de cette simulation de réalité pour tenter de décourager le parti de Jean-Marie Le Pen d’y rester. Achat de tous les terrais adjacents, pollution par l’envoi de « ballons » volant pour occuper l’espace de la permanence : le genre de choses que l’on peut faire dans cet univers virtuel, pas dans la vie réelle. Le FN est parti, puis revenu. L’oppression a recommencé. Les choses semblent s’être stabilisées : on ne peut plus accéder à la permanence qu’en s’y téléportant, mais les pollutions de militants anti-FN semblent être plus réduites depuis quelques jours. 

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Il faut dire que les comportements violents ne sont pas l’apanage des anti-FN. Un jeune sympathique militant du FN pollue le siège de son propre parti avec des affiches volantes pour un candidat du … FN ! J’ai récemment croisé un jeune militant, portant message de soutien à Nicolas Sarkozy sur son T-shirt, qui envoyait des « ballons » représentant Ségolène dans une boite de vache qui rit en direction de la permanence virtuelle de Ségolène Royal. Il venait, m’a-t-il expliqué, de se faire exclure de la permanence pour comportement irrespectueux et m’a avoué envoyer ainsi des « ballons » depuis plusieurs dizaines de minutes.
Pas un instant ces militants ne se comporteraient ainsi dans la vraie vie (et on ne les y autoriserait pas : imaginez entrer dans le QG de Nicolas Sarkozy avec un drapeau socialiste à la main). L’anonymat, la facilité, l’automatisation ouvrent aux excès et parfois à la bêtise. Second Life manque de règles, de polices, et son équilibre repose sur un consentement mutuel des participants.

Depuis quelques jours, le calme revient. L’irruption de la politique française sur Seond Life a fait du bruit, plutôt en négatif. Espérons que les deux prochains mois de campagne montreront au contraire des pratiques innovantes et un peu plus responsables.

J’y reviens dans un prochain billet.

 

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vendredi, 16 février 2007

Les trois défis de Ségolène Royal

Dans son fameux article « l’opinion publique n’existe pas », Pierre Bourdieu, outre un questionnement critique sur l’outil des sondages, dénonçait les « coups de forme et de force » auxquels leur exploitation médiatique pouvait donner lieu. L’actualité récente nous fournit deux belles illustrations de ces « coups », c’est-à-dire d’utilisation partiale des enquêtes d’opinion. Ainsi du sondage de l’Ifop pour Paris-Match.

Réalisé le lundi, lendemain du discours de Ségolène Royal à Villepinte, publié dès le lundi après-midi, il n’avait pour finalité que de démontrer, ainsi que l’a écrit l’institut et que l’ont commenté nombre d’agences et de médias « l’absence d’effet Villepinte ». Comme si cet effet aurait forcément dû être immédiat et se mesurer entre le dimanche soir et le lundi matin, comme si l’on présupposait au fond que tous les Français étaient au meeting ou rivés devant LCI ou BFM TV… Le bon sens, comme la rigueur, commande toujours de laisser le temps à une réaction de se produire avant d’en mesurer les effets. L’oubli du temps, voilà bien le coup de forme de l’Ifop.

Ou encore du sondage réalisé par BVA pour Orange et commenté ainsi par l’AFP « Ségolène Royal progresse au premier tour mais régresse au second ». La régression supposée, à 47% au second tour, s’appuye dans cette enquête sur une comparaison avec une autre enquête BVA du 7 février donnant alors 48% à la candidate socialiste. Le problème est qu’à cette date, BVA est le seul institut à mesurer Ségolène Royal à 48% quand tous les autres la mesurent à 47% ou 46% …

Du coup, ce qui aurait été stabilité et progrès chez n’importe quel autre institut devient recul chez BVA. On aurait aimé là encore que ce sondage soit traité avec plus de justesse et de discernement. Car finalement, au-delà de ces instrumentalisations, que mesure t-on depuis Villepinte ? On observe d’abord une légère remontée de Ségolène Royal (mesurée par BVA et Ipsos), liée à une meilleure mobilisation des sympathisants de gauche sur son nom. Ce n’est pas massif mais le mouvement de démobilisation du mois de janvier est clairement enrayé. Cette remobilisation relative ne suffit pour autant, et pour l’instant, à enclencher une véritable dynamique. Pour espérer changer de braquet, Ségolène Royal doit relever à notre sens relever trois défis :

 

  1. Accroître la mobilisation de l’électorat PS sur son nom. 66% des sympathisants socialistes expriment aujourd’hui une intention de vote en sa faveur au premier tour. C’est mieux que ce que recueillait Lionel Jospin à une époque similaire en 2002 mais cela reste encore loin de l’excellente assiste de Nicolas Sarkozy sur l’électorat UMP (85%). Là est probablement la marge la plus facile à conquérir pour la présidente du Poitou.

  2. Creuser l’écart chez les jeunes. Traditionnellement, on le sait, l’électorat âgé – qui pèse d’ailleurs de plus en plus au sein de l’électorat français, est majoritairement acquis à la droite. Ségolène Royal doit donc compenser par une mobilisation sans faille de la jeunesse en sa faveur. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, puisque elle ne devance que d’assez peu Nicolas Sarkozy sur ce segment.

  3. Reconquérir les classes populaires. On se trouve là désormais face au défi classique du PS à chaque élection depuis une dizaine d’années, accru par le fait que Nicolas Sarkozy y tient des positions inhabituelles pour un leader de droite. Aujourd’hui, il réalise au sein de ces couches sociales de meilleurs scores que Ségolène Royal, et Jean-Marie Le Pen (40% par exemple chez les titulaires d’un CAP-BEP contre 19% pour Ségolène Royal et 17% à Le Pen). Seule une inversion forte de tendance au sein  de cet électorat pourrait encore modifier un rapport de force aujourd’hui clairement favorable au candidat de l’UMP.

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17:59 Publié dans Le Fil | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : royal, sondages

Sarkozy les pieds dans le cliché


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Photos 1 et 2 Reuters.

Photo 3 AFP 

 

 

«Les campagnes électorales ne sont plus ce qu’elles étaient, on n’oblige plus les gens à venir» accueillir les candidats, assure Nassima Dindar, présidente UMP du conseil général de la Réunion dans une vidéo intitulée «V’la Sarko, la campagne est lancée». Pourtant, le passage de Nicolas Sarkozy dans l’île n’échappe pas aux clichés : comité d’accueil brandissant des pancartes, collier de fleurs à l’aéroport, visages peinturlurés… Une vraie spontanéité ! Sauf que ni les colliers de fleurs, ni le body painting ne font partie des traditions réunionnaises.

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J’ai testé le premier site de rencontre politique (enfin, pas encore)…

A peine débarquée à la rédaction web de 20 minutes, je reçois jeudi, un mail de mon collègue Stéphane, qui s’occupe de la rubrique sport. «Vous en rêviez, écrit-il. Voici un site de rencontre rien que pour vous» et avec, l’adresse dudit site, http://sexycentriste.com, une initiative des jeunes bayrouistes. 

Un clic plus tard, me voici sur une page web au design sommaire qui revendique le statut de «premier site de rencontre politique» et promet: «échangez, rencontrez, mesurez vos affinités politiques avec d'autres utilisateurs et même les candidats à la présidentielle». Wahou! Merci Stéphane, j’en rêvais en effet. 

Poussée par la curiosité ou plutôt - dois-je l’avouer ? - par une conscience professionnelle exacerbée par ma période d’essai contractuelle, je décide de tester la rencontre version jeune UDF. 

Pour bénéficier de ces services altruistes, il faut donc s’inscrire. Soit. Ah ben non, raté, on ne peut pas s’inscrire. Le service est saturé, «victime de son succès», nous dit-on ! 

Bon. Je réessayerai demain…

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Cliché(s)

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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11:30 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wayne, bd, blog, presidentielle, 2007

jeudi, 15 février 2007

Blanc, rouge, noir

Laurent Lécollier est un jeune sympathisant UMP. Il rejoint ce blog pour la durée de la campagne.  Voici son premier billet.

Désireuse d’incarner la nouveauté pendant les primaires au sein du Parti Socialiste et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les militants socialistes, Ségolène Royal joua sur la symbolique des couleurs, en revêtant en toutes circonstances du blanc.Le blanc est la couleur de la pureté, de la vertu (et accessoirement de la monarchie, mais quand on s’appelle Royal…), la couleur rassurante par essence, puisqu’elle est la lumière.Désireuse d’incarner le changement, la naissance, la nouveauté, force est de constater que l’usage du blanc a accompagné la stratégie de Ségolène y compris dans sa posture de victime (le blanc n’était-il pas dans l’antiquité la couleur des vestales, ces prêtresses qui étaient brûlées vives ou enterrées vivantes en guise de sacrifice).

Au travers de cela, Ségolène, signifiait aux français qu’ils pouvaient avoir confiance, que tout irait bien, qu’ils étaient sous sa maternelle protection et qu’elle faisait le don de sa personne à la France dans une attitude héroïque de sacrifice.

Malheureusement l’éblouissante clarté du blanc et ses discours sirupeux n’ont plus suffit à aveugler l’opinion. L’effritement des sondages, l’absence de propositions, les interrogations de plus en plus pressantes de la gauche quant à sa réelle capacité à porter une candidature à l’investiture suprême, l’ont obligée à changer de cap et à donner un coup de barre à bâbord.

Le coup de barre à gauche
Ségolène Royal, alors qu’elle dispose d’une permanence de campagne, Boulevard Saint Germain à Paris, a finalement décidé de faire du siège du Parti Socialiste une vitrine de sa campagne à défaut d’en être le cœur décisionnel. Ensuite, Ségolène modifia l’organigramme de son équipe de campagne en faisant une ouverture aux éléphants du parti. Enfin pour faire face à son absence d’idées originales, de programme et à ses carences coupables sur les sujets portés par un chef de l’Etat (politique internationale, défense,…), elle a repris quasiment mot pour mot la plate-forme programmatique socialiste, dont elle avait toujours dit qu’elle s’en émanciperait.

Le 11 février, à Villepinte, Ségolène Royal devait énoncer ces idées pour la France, faire la synthèse de ses forums participatifs, elle n’a fait que reprendre ce qui avait été écrit par le Parti Socialiste en l’enrobant d’un titre « 100 propositions pour la France » référence de triste mémoire aux « 110 propositions du programme commun de Mitterrand en 1981 ». A la place du blanc, omniprésent des dernières semaines, Ségolène Royal choisit cette fois le rouge, comme couleur symbolique du virage à gauche. C’est donc tout de rouge vêtu, qu’elle s’exprima devant les socialistes dimanche. Quel bel hommage à la gauche que de porter ses couleurs, celles de la rose chère au Parti Socialiste, celles du drapeau frappé de la faucille et du marteau attaché aux racines marxistes de la gauche.

Ce rouge, dont elle s’est revêtue dimanche, se voulait symbole de courage, d’assurance, de passion, de chaleur et il pourrait bien devenir la couleur de ce qu’est au fond  Ségolène, une ambitieuse, impulsive, colérique. Ce rouge qu’arborait Ségolène serait dès lors le 1er signe du danger, de l’agressivité de la candidate socialiste. Ce changement de couleur est un avertissement avant que Ségolène ne revête l’ultime couleur en fin de campagne, le noir. Le noir du dessein qui est le sien, le noir de l’horizon économique qui serait le notre.

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Duhamel, première victime des blogs

C’est l’épitaphe qu’on pourra graver sur la tombe médiatique du chroniqueur multi-cartes. Après avoir annoncé fin novembre, lors d’une rencontre avec des étudiants parisiens de Sciences Po et des jeunes UDF de Paris qu’il avait l’intention de voter François Bayrou, Alain Duhamel a donc été suspendu « jusqu'à la fin de la campagne électorale » par France Televisions aujourd’hui, alors qu’il devait ce soir même, interviewer le candidat UDF à la présidentielle dans l’émission « A vous de juger » sur France 2.

L’affaire en elle-même est aussi étonnante que la manière dont elle a explosé médiatiquement. C’est Guy Birenbaum qui en est en partie à l’origine après une note publiée sur son blog jeudi matin. « La vidéo que vous allez voir m'a été signalée hier soir, explique le journaliste-éditeur. Elle aurait été déposée il y a une semaine sur Dailymotion par les jeunes UDF de Paris. » (NDLR : elle se trouvait sur le blog des jeunes UDF depuis le 5 février). Guy Birenbaum signale qu’au moment où il publie la vidéo en question, elle n’a été vue que 265 fois sur Dailymotion alors qu'elle se trouvait. Une dizaine d’heures plus tard, elle a été regardée à plus de 11000 reprises.

Mais surtout, elle est arrivée jusqu’aux pontes de France Televisions qui ont préféré prendre des sanctions dans la journée. Du jamais vu. On attendait aussi jeudi soir des réactions du côté de RTL, où Alain Duhamel officie. Et Guy Birenbaum aussi. Ambiance.

Le célèbre chroniqueur aura à peu près tout raté dans cette campagne électorale. Après avoir sorti un livre en janvier 2006 sur les prétendants à l’Elysée dans lequel il avait oublié volontairement de citer Ségolène Royal - il l'a ajoutée dans la version poche sortie le mois dernier - le voilà éjecté de la scène médiatique pour avoir soutenu un candidat. On appelle cela l’élection de trop.

Dernière minute : RTL et Duhamel ont décidé d'un commun accord d'interrompre, pendant le temps de la campagne présidentielle, l'éditorial quotidien du journaliste.

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Voici la vidéo en question

 

 

mercredi, 14 février 2007

Défense d'Afficher

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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17:37 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd, presidentielle

Ouverture ouverture

La journée de dimanche était un peu une folle journée politique ! D'un côté Nicolas Sarkozy à la Mutualité, de l'autre Ségolène Royal à Villepinte et pour couronner le tout Jacques Chirac sur Vivement dimanche. Le contraste entre deux approches était intéressant.Le choix de Nicolas Sarkozy a été très clair : le temps des affrontements idéologiques et des vieilles luttes gauche droite est dépassé. Il faut avoir le courage de reconnaître que des bonnes idées existent des deux côtés. C'est ainsi que pendant toute la matinée sont intervenues à la Mutualité des personnalités qui venaient d'horizons différents.

Là, je vous parle des huis clos auxquels les journalistes n'avaient pas accès : des électeurs anciennement indécis, des Français qui avaient renoncé à s'engager politiquement ou des gens de gauche attirés par les propositions de Nicolas Sarkozy.

Il y eut deux témoignages émouvants. Le premier était celui d'un professeur de banlieue qui a exprimé son ras-le-bol. Déçu par le PS et leurs propositions très conservatrices, il a indiqué qu'il était intéressé par les propositions de Sarkozy notamment sur la revalorisation des salaires et le retour à un minimum de respect à l'école. Il fut très applaudi. Le second vint de Véronique Vasseur, une docteur qui avait travaillé dans les prisons et qui est une des premières à avoir tiré la sonnette d'alarme sur la situation inacceptable des prisons dans ce pays. Elle prenait le premier engagement politique de sa vie aux côtés de Nicolas Sarkozy.

De l'autre côté, le discours de la candidate socialiste au cours de la semaine passée s'est durci. J'ai été consterné notamment par son discours sur l'histoire la semaine dernière. Grosso modo, mais je caricature à peine, il y a les bons et les méchants. Les bons sont toujours à gauche, les méchants toujours à droite et dans l'histoire la gauche est toujours du bon côté et la droite toujours du mauvais. Cela sent bon son sectarisme et pour l'historien que je suis c'est encore plus grave car c'est une distorsion de l'histoire assez dramatique. Mais sur le plan politique je suis frappé de voir son évolution. Il y a un mois elle tenait un discours de respect par rapport à tout le monde. Il faut croire que la tolérance ne résiste pas aux mauvais sondages.

En tout cas pour moi, il est indispensable d'ouvrir les fenêtres et de faire rentrer un nouvel oxygène. J'ai travaillé, à la demande de Nicolas Sarkozy d'ailleurs, avec quelqu'un comme Martin Hirsch, président d'Emmaüs, qui est plutôt de sensibilité de gauche et ce fut un de mes travaux les plus intéressants des deux dernières années sur le thème de famille et pauvreté. Il faut faire rentrer de nouvelles idées, être capable de se remettre en cause. C'est le choix qui a été fait par Nicolas Sarkozy. Tant mieux.

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mardi, 13 février 2007

Comme un arrière-goût de complaisance...

Les journalistes de l’audiovisuel public se rebellent. Une quarantaine ont signé lundi un appel pour demander la tenue de « débats contradictoires » entre les différents candidats de la présidentielle. En ligne de mire : « Français, votez pour moi » sur France 3, « J’ai une question à vous poser » sur la chaîne privée TF1 mais aussi bien sûr « A vous de juger » sur France 2 qui fait la part belle aux interrogations directes de «vrais gens » distillés dans le studio. Heureusement, c’est sans compter sur la présence des journalistes qui permettent aux émissions de ne pas tomber dans la complaisance… Enfin presque.

Zoom sur le numéro de la semaine dernière dont Jean-Marie Le Pen était l’invité principal. Le candidat est invité, au début, à commenter des photos d’archives. Pour le leader de l’extrême droite, Arlette Chabot a dégainé une photo hautement compromettante de 1949 où l’on voit Le Pen mineur en Belgique. « Un petit air de Jean Gabin », attaque la directrice de l’information de France 2. En prime time, Le Pen se voit donc offrir sur un plateau un boulevard pour s’épancher sur sa vie de « petit pauvre » et nous rappeler ses premières sensations politiques : l’Indochine, la rencontre avec Poujade, son entrée comme plus jeune député à l’Assemblée nationale. Retord, Arlette Chabot lance : « 1956-2007, c’est pas mal comme carrière ! ». Le Pen la remercie.
 
Il poursuit le déroulé de sa vie en évoquant sa « maison de disque artisanal » qui ne l’a malheureusement pas rendu riche car elle n’était pas sur un « créneau très porteur ». La journaliste acquiesce. Et ne précise pas que la SERP  — c’est son petit nom – publiait des disques de chants de la Wehrmacht.

Arlette Chabot fait passer au quart de tour une photo de Le Pen à l’Assemblée mais s’attarde sur une troisième qui le montre en compagnie de ses filles. A celui qui a « une figure de grand méchant loup », elle demande : « êtes-vous un bon père ? ». Et surenchérit: « êtes-vous un bon grand-père ? ».
 
Après une quatrième photo – du 21 avril 2002 , l’émission prend un tour plus classique pendant un quart d’heure de questions-réponses sur le programme économique et  social. Arlette Chabot observe qu’elle ne voit pas en quoi le dirigeant du FN serait, comme il le proclame, « socialement de gauche ».

Viennent ensuite les questions des « vrais Français » dans le studio ou par webcams interposés. Les interrogations, quoique légitimes, laissent la voie libre au clientélisme populiste. Bien sûr, France 2 a prévu la parade en demandant au très médiatique Hamid Senni, auteur de « De la cité à la City », d’intervenir. Très vite, Le Pen l’interrompt pour lui demander s’il est Français ou étranger. « Français », répond-il. Etranger, rectifie le président du Front national lorsqu’il apprend qu’Hamid a la double nationalité franco-marocaine. Celui-ci bredouille, arguant qu’il n’a pas choisi, qu’on le lui a imposé. Mais Le Pen a le mot de la fin : « Que chacun se sente responsable dans le statut qui est  le sien ! ».

C’est ainsi que d’un plateau de télévision à l’autre, Jean-Marie Le Pen sème ses rengaines avec de moins en moins de contradicteurs à affronter. Et de parler désormais systématiquement, dans ses envolées xénophobo-lyriques, de Monsieur Bitru, nouvelle figure du Français moyen qui se voit doubler par des hordes d’étrangers pour l’acquisition d’un logement.

On l’aura compris, après des années infructueuses de mise à l’index qu’il a su retourner à son avantage, le Front national se voit « normalisé » voire humanisé dans les médias. Pas sûr que la banalisation d’un parti pas comme les autres dans le spectre républicain soit un meilleur rempart que la diabolisation…

 

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Une volonté d'imposer le bipartisme jusque dans les pages locales

Le vrai intérêt de la campagne : sortir des QG et des Etats majors ; le terrain, les marchés où les passants sont étonnamment accueillants ; dépassées les petites phrases habituelles « on ne vous voit que pendant les élections ». Ils sont demandeurs d’informations de fond, de programme, et évidemment d'écoute. 

Suite à deux opérations sur Paris samedi, l'une à Beaubourg, l'autre devant le Conseil d'Etat pour la reconnaissance du vote blanc, j'ai terminé ma journée de terrain par une visite au ministère de la Crise du Logement samedi. Pour assister à une table ronde de l’Autre Campagne. Coller des étiquettes eut été trop facile : des « alters », non des citoyens, en majorité trentenaires qui travaillent, qui parlent du fond, cherchent des pistes et des solutions.Il était assez unique d’entendre parler de François Bayrou à l’ occasion de la table ronde sur les médias animée par un jeune homme d’Acrimed. Signe que le combat porté aujourd’hui par François Bayrou transperce les frontières culturelles. Le point de vue et les propositions de François Bayrou sur les médias.

A ce sujet, à mon niveau de jeune femme engagée, j’ai deux petites expériences qui illustrent bien ce fait. Les médias, consciemment oui consciemment, jouent le jeu du bipartisme.On pourrait croire que le JDD pages IDF, et le Nouvel Obs pages Paris, m’ont fait une fleur en me citant dans des articles concernant la 10ème circonscription. Évidemment, je préfère y être que de ne pas y figurer ! Le titre de l’article du JDD par exemple : « Duel entre médecins ». Voilà à quoi ressemble la politique à Paris : des duels. Dans ces 2 articles, deux de mes compétiteurs bénéficient d’une photo chacun, d’une bio et de grandes colonnes sur leur campagne respectives. Les candidats ne partiront donc pas avec les mêmes armes.
 
Et alors ? Rien de tout cela n’entamera ma volonté de porter les couleurs du Parti Libre auprès de tous mes concitoyens. Et rien de tout cela n’empêchera tous les candidats des petites formations de faire campagne, je pense à Cap21, aux Verts, à Alternative Libérale, aux soutiens de José Bové, au Parti Blanc, et tous les autres…Encore une fois, le miracle d’internet via les blogs nous offre pour la première fois une occasion de rouvrir un espace. Grâce au mien, j’existe par moi-même, pour mes idées, loin des querelles partisanes. Alors, oui, l’espoir est de mise. L’espoir du renouveau des visages, mais aussi des pratiques médiatiques et politiques  !

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Les limites du chiffrage

Ce matin Libération, Le Parisien et France-Soir consacrent leur unes aux coûts des programmes de Royal et Sarkozy. La veille, 20 Minutes avait fourni un chiffrage du programme de Royal (merci à www.debat2007.fr et à sa cellule de chiffrage).

Mesurer le coût des promesses me semble évidemment pertinent, ne serait-ce que pour s’assurer que les mesures préconisées par les candidats ne sont pas fantaisistes et irréalisables.Ce qui est moins pertinent, en revanche, c’est la dérive qui consiste à faire de ces chiffrages des programmes le seul outil capable de départager objectivement les candidats.

Deux raison à cela.

La première, c’est que l’exercice est périlleux. On peut mesurer les coûts d’une réforme, pas toujours ses bénéfices. Des classes de 15 élèves ou des établissements tous dotés d’infirmières, on sait combien ça coûte. Mais ça rapporte combien s’il se révèle qu’au bout du compte une classe d’âge est mieux formée et mieux insérée ? Idem pour l’investissement dans la recherche. Ça coûte ou ça rapporte, d’investir dans la recherche?  Et la prison ? Comment mesurer le bénéfice à venir de mesures permettant à des détenus de se réinsérer?

La difficulté de chiffrer s’exerce aussi d’autres façons. Par exemple, comment anticiper le coût d’une mesure prenant effet dans plusieurs années ? On sait ce que vaut un euro aujourd’hui, mais un euro de 2012 ?

Enfin, beaucoup de mesures mériteraient d’être précisées pour connaître les coûts ou les recettes  qu’elles pourraient entraîner. Exemples: Quand Ségolène Royal préconise davantage d’adultes par classe, entend-elle créer des postes de fonctionnaires ou faire appel aux étudiants bénéficiaires d’allocations autonomie ou d’emploi-parents ? A plusieurs égards Nicolas Sarkozy n’est pas plus précis, par exemple sur ses mesures d’économies qui accompagneraient les baisses d’impôt.

Le second point qui me gêne dans la mise en avant systématique des chiffrages, c’est qu’il occulte tous les autres angles de vue. On ne se demande plus si une mesure est juste ou porteuse de vraies transformations, on se demande combien elle coûte. On ne se demande plus si un projet a une cohérence d’ensemble, on veut savoir s’il a prévu les recettes pour financer ses coûts.

Nécessaire, mais pas suffisant le chiffrage.


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lundi, 12 février 2007

Télé Royalité

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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18:16 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bd, presidentielle

Une nouvelle campagne commence

On attendait Ségolène Royal au tournant ces jours derniers, la disant « affaiblie », « éprouvée » par la multiplication des attaques personnelles. On misait tout sur la date du dimanche 11 février en se disant que cela constituerait un véritable coup d’accélérateur de la campagne présidentielle. Et, même si Nicolas Sarkozy s’est bien chargé de réunir ses comités de soutien dans la salle de la Mutualité, autrement connue pour accueillir les réunions socialistes, cette opération a tourné au flop et les projecteurs sont restés braqués sur le grand événement du jour : la déclinaison du pacte présidentiel socialiste.

En effet, le discours de Ségolène Royal devant près de 10.000 militants et de nombreuses personnalités réunis à Villepinte a résonné comme un souffle nouveau, une impulsion nécessaire, maîtrisée et réussie. Un ton juste, des formules claires, des propositions précises, la candidate m’a paru incarner la « force tranquille » mitterrandienne, portant un formidable espoir lucide et pragmatique.

Parlant tour à tour de la question de la dette de l’Etat, d’environnement, de la famille, de l’éducation, elle a fait sienne la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » alors que, deux heures plus tôt, son adversaire fustigeait l’égalité comme aliénation de l’homme. C’est à cet instant précis que le discours de la candidate s’est profondément inscrit à gauche et que j’ai ressenti une immense fierté de militer pour les mêmes causes humanistes et solidaires.

Déclinant son programme en matière d’environnement, de famille, d’éducation, du système des retraites, de la sécurité sociale professionnelle, elle est apparue aussi bien convaincue que convaincante. Amenée également par la force des choses à préciser ses positions sur les questions internationales, elle n’a pas manqué de rappeler son attachement au continent africain et à la défense des droits de l’homme.

Et comme une ultime défiance au candidat Sarkozy, la présidente de la région Poitou-Charentes a proposé une réforme institutionnelle de grande envergure : la suppression de l’article 49-3 de la Constitution qui permet au gouvernement d’outrepasser les débats parlementaires mais surtout la nomination systématique d’un député de l’opposition à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée Nationale. Que ceux qui taxent Ségolène Royal de démagogie retiennent que son discours de Villepinte fut celui de l’ouverture, de la présentation d’un « pacte présidentiel » fort pour une France juste. En attendant ses futures propositions sur la justice, la fiscalité et la lutte contre les discriminations, ce premier volet est particulièrement enthousiasmant et le discours apparaît réussi.

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dimanche, 11 février 2007

Santini pense comme Bayrou, mais veut agir avec Sarkozy

Le meilleur ennemi de Bayrou, c’est André Santini. Guest-star du meeting des comités de soutien à Nicolas Sarkozy dimanche à la Mutualité, le député-maire UDF d’Issy-les-Moulineaux est venu sur scène pour exposer son ralliement au candidat de l’UMP. Et pour expliquer pourquoi la candidature de François  Bayrou est vouée à l’échec. André Santini est même allé jusqu’à annoncer le ralliement obligé de Bayrou. Même si les mots étaient choisis, la charge a été violente. Jugez plutôt.


« Nous sommes quelques-uns à nous interroger sur l’avenir d’un Centre qui double la gauche par la gauche (…) Il y a bien sûr quelque chose de sympathique dans cette démarche [celle de Bayrou, ndlr] ; il y a un courage évident à vouloir bouleverser les lignes (…) C’est un dessein éminemment respectable de vouloir renverse la table, comme on dit. Et nous aurions tort de railler cette démarche, d’insulter les hommes qui la portent et qui demain nous rejoindront. Simplement, elle me paraît vouée à l’échec parce qu’il n’y a pas assurément une majorité de Français pour la soutenir et qu’il n’y a pas une majorité de responsables politiques qui y soient sensibles (…) Imaginons un seul instant qu’une telle démarche soit plébiscitée par les Français. Comment, concrètement, la mettre en œuvre au gouvernement ? Avec qui ? Avec quelle majorité à l’Assemblée ? Cette démarche est intellectuellement satisfaisante. Elle est pratiquement inefficace. » L’intéressé appréciera la démonstration.


On nous avait annoncé nombre de ralliements d’ouverture à Sarkozy ce dimanche et certains noms de gauche comme Jean-Marie Bockel, avaient même circulé. Finalement, l’ouverture à gauche n’est pas allée plus loin que le centre droit avec Santini et Christian Blanc. Si cela n’est pas une révolution dans la campagne de Sarkozy, ce peut être un coup dur dans celle de Bayrou.


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Villepin se rassemble tout seul

Où était Villepin alors que toute la droite se réunissait à la salle de la Mutualité dimanche ? Personne ne s’est posé la question, et surtout tout le monde s’en foutait un peu. Le pire, c’est qu’une grande partie du gouvernement actuel était présent dans la salle, qu’ils soient anciens ou récents soutiens : Dominique Bussereau, Jean-François Copé, Renaud Donnedieu de Vabres, Dominique Perben, Michèle Alliot-Marie… Mais point de Dominique de Villepin. La volonté de rassemblement prônée par Nicolas Sarkozy s’arrête aux portes de Matignon.

On ne sait pas ce que qu’il a fait durant la réunion publique mais à l’heure où tout le monde quittait la salle de la Mutualité, le Premier ministre et son fils se rendaient au cinéma La Pagode, situé non loin de Matignon. Pour aller voir « La vie des autres ». Ça ne s’invente pas.

David Carzon (avec l’aimable collaboration de 20 Minutes Lille)

vendredi, 09 février 2007

François Bayrou, tout reste à faire

"François Bayrou jusqu'où ?" se demande «L'Express» de cette semaine, accréditant la thèse de l'ascension sans limite du président de l'UDF. L'histoire électorale et l'analyse des sondages nous semblent pourtant appeler des jugements plus nuancés.Il ne s'agit pas de nier une progression régulière et indiscutable : de 8-9% à la fin de l'année dernière, l'élu béarnais est monté à 13-14% aujourd'hui.

Mais de rappeler que ce niveau n'a rien d'exceptionnel pour une candidature de centre droit, que l'on se réfère aux scrutins les plus récents (12% pour l'UDF aux dernières européennes) ou plus anciens (près de 16% pour Raymond Barre à l'élection présidentielle de 1988).

A ce stade, François Bayrou réussit donc bien le rassemblement de la sensibilité démocrate-chrétienne, sans aller au-delà. C'est grâce à la mobilisation de son camp (70% d'intentions de vote des sympathisant UDF dans la dernière enquête Ipsos) qu'il obtient aujourd'hui des scores bien meilleurs qu'en 2002 (entre 4 et 6% à la même époque, avec le soutien de seulement 20% de l'électorat UDF).

En revanche, l'attraction de sa candidature sur l'électorat socialiste reste contenue. En moyenne, un sympathisant PS sur dix dans les enquêtes d'opinion exprime aujourd'hui une tentation Bayrou.

Pour François Bayrou finalement, tout commence maintenant. Soit il parvient vraiment à transcender le clivage gauche-droite pour espérer porter le centre à des niveaux électoraux inégalés, soit il est "victime" des logiques de politisation et de mobilisation de chaque camp, au fil de la radicalisation probable de la campagne ; il devra alors se contenter de se situer au mieux au plafond traditionnel de l'UDF.

•• Au regard des logiques électorales qui ont prévalu par le passé, c'est vers cette dernière hypothèse, celle d’un plafonnement, que nous penchons ••

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Happy Hour

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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Quand la campagne déblogue à pleins tubes

A voir fonctionner ce blog, il y a quelque chose qui me chiffonne : l’inexistence de débats transversaux et la quasi-absence de la gauche, hormis un jeune militant PS appliqué. Ce blog a été pensé et voulu comme une plateforme « multi-voies » « multi-voix » pour que chacun puisse confronter ses points de vue, ses idées, ses doutes, ses déceptions... Il s’agit pas de convaincre des convertis mais d’éclairer des indécis et de nourrir une soif de débats que nous pouvons ressentir au quotidien jusque dans les colonnes de notre journal.

Je peux comprendre que sur des blogs de militants purs et durs de tous poils, on veuille rester entre soi et qu’on se supporte pas la présence d‚ennemis dont la seule intention est de polluer l’endroit. De la même manière, les supporters de l’OM n’ont pas envie de voir débarquer dans leur café habituel leurs homologues du PSG, venus, non pas pour discuter, mais pour casser des verres. [Attention, amis supporters du PSG ou de l’OM, il s’agit d’une image, il ne faut pas prendre cela au pied de la lettre, j’aurais pu inverser les rôles ou choisir d’autres clubs.]

Ce qui est plus difficile à saisir, c’est cette volonté, presque assumée, de refuser le débat. Sur ce blog présidentielle de 20 Minutes, nous avons fait appel à des politiques pour alimenter les échanges, deux à droite, deux à gauche pour respecter une forme d’équité. Le problème, c’est que, si les deux contributeurs de droite, Quitterie Delmas (UDF) et Laurent Wauquiez (UMP) jouent le jeu, ce n’est pas le cas de l’autre côté. David Assouline (PS) et Stéphane Pocrain (Indépendant) n’ont toujours pas envoyé leur première note. Manque de temps ou d’intérêt?

Autre exemple, lorsque nous avons demandé à Malek Boutih (PS) de reprendre le flambeau, il nous a répondu en substance qu’une présidentielle c’était un « corps à corps ». Résultat, ce blog n’a été alimenté que par des voix de droite, ce qui nous pose des problèmes d’équilibre. [Nous sommes à la recherche de nouveaux contributeurs de gauche en ce moment même].

Ce n’est pas tout. Dans un précédent post, Johan Hufnagel, rédacteur en chef du Web de 20 Minutes, demandait aux militants de gauche de nous « troller », en référence à une consigne interne au PS sur une néthique à respecter durant la campagne. C’était une manière ironique de faire un appel du pied pour que les internautes s’investissent dans le débat de manière un peu plus franche. Sauf que nous avons reçu une réponse très sérieuse de la part d’une socialiste : « Il est hors de question pour nous de donner la réplique à la horde de décérébrés sarkozystes qui pourrissent les forums et les blogs de France depuis plusieurs semaines à coup d'invectives, de copiés-collés et de minables tentatives d'intox. » Moi, ça me laisse sur le cul. Encore une fois, nous ne sommes pas dans un espace militant, mais sur un blog qui se veut ouvert, indépendant. Un endroit où devraient s’échanger des idées entre ceux qui ont des convictions et ceux qui se posent des questions. Comment gagner une campagne électorale quand on n’accepte de parler qu’à ceux qui pensent déjà comme vous ?


Ce malaise n’est pas seulement le fait du blog présidentielle de 20 Minutes. On peut le percevoir plus globalement dans la manière dont les candidats, élus, militants, sympathisants, se sont emparés de cet outil. Pour schématiser, à droite, vous avez l’UMP qui s’en sert pour diffuser sa bonne parole, et à gauche, on l’utilise pour faire remonter les idées. Point commun, il s’agit dans les deux cas d’une utilisation verticale de l’Internet.

Le problème est là : pour la première fois, les politiques et les citoyens ont à leur disposition, un outil transversal qui permet d’interagir, et on ne l’utilise la plupart du temps que dans un seul sens. Cela n’avait pas été le cas en 2005 pour le référendum sur le Traité constitutionnel européen. D’une part parce que les clivages politiques étaient transcendés. D’autre part, car les citoyens étaient à la recherche d’une information qu’ils ne pouvaient pas avoir ailleurs. Le cadre d’une élection présidentielle est forcément différent, mais le besoin d’informations et d’échanges n’en est pas moins important. Tout le monde s’imagine que les moindres idées ou réflexions qui circulent sont par essence partisanes, même sur les blogs collectifs ou sur les wiki qui tentent de donner des clés concrètes aux électeurs. Même si c’était vrai, l’important — contrairement aux blogs personnels — ce ne sont pas ceux qui écrivent, ce sont ceux qui lisent.

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jeudi, 08 février 2007

Les intentions ne sont pas des votes :

Comme d’habitude les sondages sont sur la sellette; comme d’habitude ils sont au banc des accusés avec un nouveau prévenu, les médias, accusés de bipolariser la vie politique française; et pourtant plus qu’à leur habitude, ils scandent les hauts et les bas de la campagne présidentielle. Le débat public est devenu cette course de chevaux avec pronostics, handicaps et écuries présidentielles, que dénoncent les politologues américains.

Un candidat grimpe d’un point et ça y est : sa campagne prend, une candidate perd trois points et elle patine, voire décroche. Et si d’aventure les scores du 22 avril diffèrent des intentions du 21, les sondeurs se seront encore plantés. Petits rappels des raisons pour lesquels les sondages ne peuvent donner le « vrai résultat ».

D’ordinaire, le petit théâtre politico-médiatique ne se joue que devant une salle à moitié vide. L’opinion a d’autres choses à penser que suivre les rebondissements, les dialogues et les intrigues de la scène électoral : près d’un Français sur deux ne s’intéressent pas à la politique. Par conséquent, les intentions de vote jusqu’à six mois d’une présidentielle ne veulent rien dire : la majorité des citoyens ne savent ni qu’il y a une élection et qui sont les candidats.

Par conséquent la campagne électorale est, avant même d’être un moyen de choisir entre les candidats, une séance de bachottage pour les électeurs distraits. Et quand on révise, on change d’avis. Aujourd’hui, les intentions de vote paraissent figer, avec Royal et Sarkozy loin devant, Bayrou et Le Pen qui se dispute la médaille de bronze et une flopée de candidats qui lutte pour atteindre les 5%. Si variation il y a elles sont somme toute limitées. De même 49% des électeurs sondés par CSA se disent « certains de leur choix », ils sont même 61% pour Jean-Marie Le Pen. Dès lors on parle déjà de tiercé gagnant, on parle de cristallisation du choix, c’est imprudent.


Parce que dans la troisième vague du BPF mené par le CEVIPOF, on constate par exemple que près d’un électeur Royal ou Sarkozy sur deux pourrait «probablement voter» pour un autre candidat, et cette proportion s’élève à deux sur trois dans l’électorat de Le Pen, pourtant le plus sûr de son choix… Il faut tenir de plus en plus compte des indécis, de ces électeurs en session de rattrapage qui finalement ne savent encore ni s’ils vont voter, ni pour qui.

Leur proportion a augmenté régulièrement dans les dernières décennies: en 1988, 8,5% des personnes interrogées déclaraient avoir choisi le candidat pour qui ils allaient voter pendant la campagne et 11% au « dernier moment », en 1995 elles étaient respectivement 22,5% et 21,5%, en 2002, 21% et 21%. Et ça, les sondages le mesurent finalement très mal tout simplement parce qu’il est des comportements qu’on a du mal à admettre face à un intervieweur : difficile de dire qu’on ne veut pas remplir son devoir civique, difficile de paraître encore hésitant, difficile de dire « Jean-Marie Le Pen ».

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Nicolas Sarkozy sait à qui il s’adresse mais nous, on ne sait plus qui parle

Quand Nicolas Sarkozy va au marché de Rungis ou dans une usine Alstom en Bourgogne, il parle à la France qui se lève tôt, à la France des ouvriers, la France qui travaille, la France qui en bave des ronds de chapeaux pour des clopinettes.


Alors quand Nicolas Sarkozy va à Toulon, ce n’est plus tout à fait la même chose, il doit parler aux militaires, aux anciens des colonies, aux harkis, aux rapatriés, aux électeurs qui avaient jadis porté à l’hôtel de ville un maire Front national. Mais troquer le bleu de travail contre la tunique bleu-blanc-rouge, tout comme jongler entre les casquettes de candidat et de ministre, ça ne le dérange pas vraiment. C’est vrai quoi, si on veut être le président de tous les Français, ou au moins être élu par une majorité d’entre eux, il ne faut pas être à ça près et être capable de se changer plus vite qu’un mannequin Dior lors d’un défilé haute couture.


Prenez sa visite à Toulon mercredi. Le candidat arrive en voiture à l’Arsenal. Une minute plus tard, son statut de candidat disparaît lorsqu’il se présente au pied de la passerelle de la frégate La Fayette, un bâtiment de la Marine française.

 

medium_toulon1.jpgLorsqu’il monte à bord, c’est en effet, le ministre de l’Intérieur qui prend le relais. Pour l’occasion, il est accompagné de Michèle Alliot-Marie, qui porte elle l’uniforme de ministre de la Défense. « La Frégate effectue des missions qui concerne ces deux ministères », nous explique-t-on sur place pour justifier cette visite de l’équipage qui chasse notamment le trafic de stupéfiants dans l’Océan Indien.


La visite commence par une tournée d’inspection des troupes. Serait-ce l’effet du roulis ou justement d’un problème d’ajustement de la casquette, mais tout n’est pas très au « carré » comme on dit chez les militaires. Michèle Alliot-Marie commence à partir sur sa gauche quand elle devrait passer en revue les troupes qui se trouvent à sa droite. Un officier la prend par le bras et la ramène dans le droit chemin. Sarkozy se retrouve derrière tout le monde au moment où les honneurs sont rendus. Un autre officier intervient aussitôt et mine de rien, lui fait de la place rapidement à côté de la ministre de la Défense.


medium_toulon4.2.jpgSur la passerelle de la frégate, ça se complique quand les journalistes sont autorisés à poser des questions. La journaliste de BFMTV demande à s’adresser au ministre des Cultes qui sommeille en Nicolas Sarkozy (oui, le candidat-ministre de l’Intérieur est aussi ministre des Cultes pour compliquer la chose) pour avoir son avis sur la menace de démission du Conseil français du culte musulman suite à la lettre de soutien du candidat Sarkozy (oui je sais c’est compliqué) à Charlie-Hebdo dans le procès des caricatures. Nicolas Sarkozy accepte de répondre, non sans avoir fait remarquer que ce sont les journalistes qui l’ont forcé à changer de casquette. Sauf que dans sa réponse, on ne sait pas vraiment qui s’exprime du candidat ou du ministre.


Fin de la visite sur la frégate. Nicolas Sarkozy se rend sur le porte-avions Le Charles-de-Gaulle, également basé à l’Arsenal de Toulon durant les douze mois par an d'entretien dont le bâtiment fait l’objet, c’est dire si les autres nations peuvent craindre l'intervention de ce fleuron de notre Marine natinale.


Cette fois, il n’y aura pas de caméras, pas de petites phrases, pas de journalistes. C’est le candidat cette fois qui fait cette visite, avec la ministre de la Défense. Serait-ce du favoritisme ? « Non, pas du tout, répond-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Tous les candidats peuvent, s’ils le souhaitent, visiter le Charles-de-Gaulle, pour avoir des informations concrètes sur notre Défense. Mais comme pour Nicolas Sarkozy, ce se fera sans caméras. Cela pourrait être utile à certains pour, par exemple, connaître le nombre de sous-marins nucléaires français en exercice. »


Un peu plus tard, lors de la réunion publique qui a lieu au Zénith, c’est bien le candidat qui est réclamé sur la scène par Michèle Alliot-Marie (pas la ministre de la Défense, mais la militante qui avait failli se présenter à l’investiture UMP pour la présidentielle, elle aussi devant jongler avec les titres sous peine de remontrances élyséennes). Le candidat Sarkozy déboule sous un tonnerre d’applaudissements pour une heure d’un show « spéciale dédicace » à l’électoral local.


Dans une semaine, le ministre de l’Intérieur doit se rendre à la Réunion pour une visite de deux jours. Là encore, il sera difficile de distinguer sa véritable casquette. En tout cas, il y a une chose qui ne change pas : que ce soit le ministre ou le candidat, ce sont les mêmes journalistes qui le suivent.

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mercredi, 07 février 2007

Prologue

 
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16:45 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : presidentielle, bd, blog

Bayrou : le troisième homme introuvable (en ligne)

Il y a une dizaine de jours, il était impossible de passer à coté de François Bayrou. Un moment habituel de la campagne : un des deux candidats de premier rang connaît une période de creux, quelques mois avant l’élection, c’est donc le moment de se poser la question du fameux troisième homme. Nous avons donc eu droit à des couvertures et des articles de presse qui mélangeaient allègrement quelques verbatims à du doigt mouillé pour nous expliquer que, peut-être, François Bayrou pourrait créer la surprise. Bien sûr, il y a les sondages : Ségolène perd quelques points, François en gagne quelques uns. Mais à quelle réalité profonde correspond ce mouvement ? Nul  ne le sait.

 Il paraît que c’est sur internet que François Bayrou a les moyens de faire son beurre. Peut-on glaner, dans les blogs, quelques indices d’un tel mouvement, quelques signes de ralliement ? Je suis parti à la recherche des dissidents, de ceux qui frémissent, qui hésitent à pencher pour le centriste, ou de ceux qui refusent au contraire de se laisser emporter par « la tentation Bayrou ». Et je n’ai pas été déçu.

Le constat, tout d’abord, est assez simple : je n’ai pas trouvé un seul blogueur « de droite » qui se pose la question du vote pour le béarnais. S’il existe une forte blogosphère de droite qui reste critique à l’égard de Sarkozy, elle est essentiellement constituée de chiraquiens patentés, de gaullistes irréductibles ou de villepinistes, qui semblent encore espérer la candidature de l’actuel président (ou de son premier ministre ?). L’alternative au vote Sarkozy semble plutôt être le suicide politique que le ralliement à Bayrou.

Il faut donc chercher à gauche. 

Les regards se tournent naturellement vers les soutiens de DSK. Il se murmure que ce sont de ces supporters de Strauss-Kahn qui ont lancé une pétition de soutien à Bayrou (signée les socialistes anonymes, quel courage !), sans que l’on ne puisse confirmer quoi que ce soit. L’impact aura donc été assez réduit par l’anonymat des émetteurs. Les blogueurs strauss-kahniens les plus connus, comme Christophe Grébert de monputeaux ou Guillermo de Radical Chic, font toujours dans le soutien ferme à Ségolène. L’un dans un registre militant classique, l’autre par une explication froide et sans enthousiasme excessif  : « de mon côté, on m'a tellement fait le coup du frémissement, alimenté d'anecdotes super représentatives ("J'ai toujours voté à gauche. Cette fois, je vote pour vous. Bonsoir") que je m'étonne que d'autres puissent quand même s'embarquer la dedans. ». Même Fraise des bois, qui chronique son expérience des débats participatifs avec beaucoup de recul critique par rapport à la « littérature officielle du parti », ne passe pas la ligne jaune de la dissidence.

Alors, hormis quelques anonymes, tout le monde au garde à vous derrière Ségolène dans le camp socialiste ? Pas de dissidence, de prise de recul ? Certes non. Mais il faut chercher loin, en profondeur, pour trouver du socialiste dissident, de l’ex-électeur de Jospin qui avoue sa préférence pour Bayrou. Des figures de la blogosphère sont sur le point de céder. Laurent Gloaguen, qui se dit de gauche, résiste encore : il n’est pas séduit par le candidat. XIII, en revanche, relève avec un certain enthousiasme les sondages qui scandent la montée du béarnais. Des frémissements, des choix ni blancs ni noirs : serait-ce qu’on ne soutient pas un centriste avec la même ferveur qu’un autre ancré dans un camp ?

 

Et puis il y a l’énigme : les ralliements de Fabiusiens, que l’on rapporte ici ou là. Oh, pas des ralliements façon allégeance. Pas des ralliements de soutien, pour faire campagne, mais des analyses froides de Fabiusiens qui avoueraint leur préférence pour Bayrou plutôt que pour la poitevine. On s’interroge. Machisme ? Folie ? Calcul machiavélique ? Non, c’est finalement plus simple, et c’est Edgar qui s’explique :

 
Mettons que j'aie envie de voter utile. Il y a quatre candidats qui peuvent passer : Sarko, Ségo, Bayrou et Le Pen. Le Pen jamais, Sarko, seulement s'il est en face de Le Pen ; restent deux candidats : Ségo et Bayrou. Les deux ont voté oui à ma connaissance, et celui qui a eu les termes les plus respectueux et intelligents sur le non ce n'est pas Ségo c'est Bayrou.

 

On se prend à espérer avoir enfin trouvé le socialiste dissident. Las. Malgré cette brillante démonstration, Edgar avoue : « disons qu'entre deux candidats sérieux pour le deuxième tour je choisis le plus à gauche.».

 
Chou blanc donc. Je n’ai donc pas trouvé un seul traître, tourneur de veste ou converti heureux qui s’assume. Le néo-bayrouiste de gauche se fait tellement discret qu’on ne le trouve point.

 
En guise de thermomètre, on imagine que les équipes de l’UDF préfèreront les sondages. 

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De l’électeur pris en compassion…

Le premier a en user fut Nicolas Sarkozy, dans «A vous de juger» «J'ai une question à vous poser» lundi soir sur TF1. Vers 22h30, un jeune Français d’origine maghrébine et visiblement pas anti-Sarko interroge le ministre candidat sur les comportements policiers à l’encontre de types comme lui, décrivant ce jour où il fut victime d’insultes. Réponse du ministre de l’Intérieur :   

-    «Vous savez ce qu’on va faire, au pot après l’émission, vous me donnerez tous les détails sur votre interpellation, et si cela s’avère vrai, on va le régler votre problème».

Pour être tout à fait honnête, le ministre-candidat avait déclaré que «pas un abus de police n’avait pas été sanctionné» et qu’il avait «même interdit le tutoiement» durant sa présence place Beauvau. 

Environ dix heures plus tard, vers 9h45, ce fut au tour de Dominique Bussereau de recycler la méthode. Lors de l’émission «Interactif», une auditrice de France Inter alerte le ministre de l’Agriculture sur l’impunité d’un de ses voisins éleveur porcin, dont le caractère extensif de l’entreprise mettait en danger l’écosystème du site. Bis repetita, pour le ministre, qui évacuait la question d’un :   

  - «hors-antenne, vous me donnerez les coordonnées précises de cette entreprise et nous règlerons l’affaire», avant d’ajouter tout de même un «même si je n’encourage pas la délation»…

   
Alors, extension du domaine de la compassion en politique, ou clientélisme à la sauce médiatique?

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Musiques maestro!

La présidentielle en France, c’est un peu comme l’Eurovision. Quand on est candidat, il faut accepter de se plier à la tradition de l’hymne kitsch. Outre-Rhin, les militants de la CDU communiaient avec Angela Merkel sur  «Angie», des Rolling Stones. En France, ceux de l’UMP pourront vibrer sur «Allez Sarko ohoho !», écrite et composée par Nicolas Luciani. Un hymne aux paroles puissantes et percutantes: «Sarko ohoh! Sarko à l'Elysée oh! Sarko ohoh! Go! Go! Ségo K.O.!! Sarko ohoh! Des lendemains toujours plus beaux…»«Et Chirac maintenant» de 1981, ou le «Strauss-Kahn y va gagner» de la dernière primaire socialiste. Pas forcément pire que le

Au PS justement, comme pour son programme, Ségolène attend (peut-être consulte-t-elle Cali?). Mais les jeunes militants ont déjà pensé à leur candidate et lui ont écrit «Une rose, un projet, une femme», sur l’air de la chanson d’Ilona –mais si, celle qui fait «un oiseau, un enfant, une chèvre…».

L’année dernière, Nicolas Sarkozy avait, lui,  eu droit à son rap semi-officiel avec «Mon pays France», qui avait inondé de nombreuses boîtes mails avant d’être hébergé sur le site de l’UMP. Le parti poursuit d’ailleurs son opération séduction de la jeunesse. Le site DiscoSarko.com – qui permet de faire danser le ministre de l’Intérieur sur Stayin’ Alive ou Chaud Cacao, mais aussi de recevoir une newsletter envoyée par un groupe de soutien à Nicolas Sarkozy – a reçu la bénédiction de l’intéressé himself. Selon le Guardian, il aurait quand même demandé son avis à Cécilia. Au cas où.


Mais au-delà de toutes ces opérations flirtant de près ou de loin avec la com’, on trouve une mine d’artistes inspirés par la campagne. Des artistes comme… les Musclés. Oui, oui, Bernard Minet, Framboisier et les autres de la glorieuse époque du Club Dorothée, qui avaient connu les sommets avec «La merguez party». Et bien, ils reviennent avec «Nicolas et Ségolène». Le titre fait un carton sur Dailymotion et un single est même disponible. Les Ignobles du Bordelais ont eux choisi un autre couple, «Nicolas et Cécilia», réunis dans un clip réalisé avec des oursons gélifiés. Il y a aussi William Berg, «raide dingue» de Ségolène ou le reggae de Khalifa, qui s’en prend aussi bien au «beau tailleur» de l’une qu’aux «jets de haine de l’autre».


Autre artiste engagé, Bernie Bonvoisin. Le chanteur culte de Trust – qui a fait son retour en 2006, notamment avec le titre Sarkoland – a choisi de soutenir un autre rebelle: François Bayrou. Malheureusement, pas de chanson de Trust en cours de composition pour l’UDF. Ça aurait eu de la gueule, non? A la place, François Bayrou a le droit à un détournement d'une chanson de K-maro.

Allez une dernière fois, pour la route «Sarko ohoh! Sarko à l'Elysée oh! Sarko ohoh!».

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mardi, 06 février 2007

François Bayrou ou le Tour de France tranquille

L’anti-people, l’anti-paillette, l’homme qui ne se rend jamais aux avant-premières, qui n’est jamais dans les feuilles de choux des célébrités, c’est bien lui.Pendant que certains font tourner à plein régime la campagne poubelle, lui continue depuis septembre dernier, dans le plus grand silence, son tour de France. Deux déplacements par semaine. Dans chaque ville, dans chaque village, des visites d’entreprises, des réunions publiques, des rencontres avec des étudiants, des chercheurs, des mamans… Pas de grands médias nationaux qui le suivent, un déjeuner presse avec les quotidiens locaux, régionaux. Il s’imprègne de la vie des gens, il répond, il est accessible. Loin de Paris, de son cabinet, de son agenda, toutes ces petites choses qui vous étouffent un personnage. Il a trouvé le rythme, l’équilibre.
Il est serein.

Bon du coup, je le vois plus. Mais pas question de quitter Paris et le QG.

Et puis moi contrairement à lui je suis parisienne, et j’aime cette ville.

Et moi, son cheminement je le vois de Paris. Je le vis à Paris.
Mi blogosphère-mi marchés.

Mes « nouveaux » amis de la blogosphère parient tous sur un Bayrou au 2e tour, je reçois des mails encourageants de connaissances de l’UMP et du PS, et sur les marchés, les passants nous demandent le tract « François Bayrou ».

Alors il est clair qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus profond que les sondages qui sont pourtant unanimes sur l’ascension de François Bayrou. J’attends avec impatience la sortie des projets portés par les candidats et non par les partis. C’est à ce moment-là que les vrais choix se feront. Et que c’est sur le fond que nous serons amenés à nous prononcer.

A 29 ans, je n’ai jamais connu de programme électoral depuis que je suis née. Le dernier réel programme a été porté par François Mitterrand en 1981 avec ses 110 propositions. Depuis rien, que de la com’, que des promesses, que des constats (« la fracture sociale » de Chirac). Jamais de propositions, jamais d’engagements.

Mon choix de l’indépendance, de la séparation des pouvoirs, de la 6e République est déjà fait. J’attends de voir les budgets chiffrés des uns et des autres pour avoir un avis objectif sur le fond. J’attends de voir qui chargera encore un peu plus notre barque sur la dette publique. Ça, ce sera pour moi impardonnable.

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lundi, 05 février 2007

Ombres et lumières

Je vais être clair. Apparemment, je suis comme 70% des Français, ce début de campagne ne me satisfait pas. Trop d'attaques personnelles, trop de coups en dessous de la ceinture, pas assez de débats sur le fond. Soyons honnêtes : il y a des francs tireurs dans les deux camps et j'ai bien en tête quelques noms dans notre famille politique qui préfèrent tirer sur les autres plutôt que de faire des propositions. Mais je suis mal à l'aise actuellement avec la stratégie du PS. Que se passe-t-il ? Ils nous disent qu'ils attendent les résultats de leurs débats participatifs et que donc ils ne peuvent rien dire sur le fond — je ferai prochainement un point là-dessus. A moins de trois mois du premier tour, c'est un peu prendre les gens pour des cons. On commence à écouter les électeurs juste avant les élections et, alors qu'ils ont eu cinq ans pour présenter leur programme, ils ne sont pas fichus de dire où ils en sont. Trop facile. Mais surtout cela fait qu'il est impossible pour l'instant d'avoir un débat.

Un exemple. Jeudi, j'ai fait un débat sur France Inter contre Jack Lang. Cela m'a beaucoup fait rire, c'était ma marionnette préférée au Bébette show ! Mais pour le reste, je suis reparti très déçu. Grosso modo à chaque fois qu'il y avait une question de fond, j'expliquais nos propositions (refonte de la carte scolaire, vrais moyens au niveau des ZEP, refonte des bourses pour mieux répondre aux classes moyennes, dynamisation de nos campus universitaires etc). Et lui répondait : «on attend les résultats de notre débat participatif». Du coup, pour meubler le temps, il flinguait le bilan des cinq années passées sur le thème «nous étions parfaits, vous avez tout cassé». C'est un peu simpliste !

Le résultat, c'est que pour meubler le temps en attendant le soit-disant grand soir du 11 février, je trouve qu'ils font les poubelles pour éviter d'avoir à parler de leurs propositions. Dernier exemple en date, la soit-disante fiche RG sur le type de Greenpeace. Je ne me souviens même plus de son nom. La fiche a été commandée en 1997 par Jospin, il n'y a rien dedans et en plus, malgré toute l'estime, que j'ai pour cette organisation, il faut quand même reconnaître que ce n'est pas un perdreau de l'année et qu'ils ont organisé plusieurs manifestations ultraviolentes.

En tout cas, vivement que la candidate socialiste mette enfin des propositions sur la table pour que le débat puisse avoir lieu des deux côtés.

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Trollez-nous !

Lu via Ecrans.fr, ce rappel à l’ordre du PS sur une campagne pleine de «Nethique pour les “colleurs d’affiches” du PS et Désirs d’avenir». Il s’agit, lit-on, de «suivre un certain nombre de règles de bonne conduite qui, dans le jargon du net, peuvent se résumer à la formule “ne vous comportez pas comme un ‘troll‘.

Je me suis récemment demandé pourquoi les e-militants socialistes, et de gauche plus généralement, n’étaient pas visibles dans les commentaires sur ce blog et le site de 20minutes. Peut-être que cette note en est l’explication.

Alors que ceux proches de l’UMP ou de l’UDF font bien sentir leur présence. Un ancien militant du parti de Sarkozy me racontait même que dans sa section, il y avait toujours un ou deux militants chargé d’aller prêcher la bonne parole sur les forums. Les militants du PS ont-ils suivi les conseils de trop près ? Préfèrent-ils rester entre eux ou bien mener une campagne de corps à corps et ne répondre aux attaques que par des «ripostes en ligne face à des campagnes organisées de calomnie ou de diffamation, pour rétablir les faits. »

Et s’il y avait un juste milieu entre l'absence et la risposte?

 

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Douste-Blazy défend Sarkozy

 Surtout, ne demandez pas à Philippe Douste-Blazy si son livre «Des affaires pas si étrangères» est son testament au Quai d’Orsay, la question, même prononcée avec un sourire, ne le fait pas rire. Car, visiblement, il a pris goût à la diplomatie et compte bien, si son poulain l’emporte, demeurer ministre des Affaires étrangères.

Ne lui demandez pas non plus si ses débuts difficiles au Quai d’Orsay le porte à l’indulgence sur les bourdes de Ségolène Royal, il fait semblant de ne pas comprendre la question…

Si, en revanche vous lui demandez de commenter la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, il le fait avec plaisir. Reçu à déjeuner, lundi, par l’association de la presse diplomatique française à l’occasion de la sortie de son livre, le ministre a défendu corps et âmes le candidat de l’UMP à la présidentielle: «on dit que Nicolas Sarkozy est atlantiste et pro-israélien. C’est une caricature. Sur la politique intérieure aussi on l’avait caricaturé en ultra-libéral. Aujourd’hui c’est lui qui s’adresse le plus aux pauvres. Sur la politique étrangère, vous allez voir, il va évoluer…». Après avoir évoqué – invoquer Jaurès, Nicolas Sarkozy revendiquera-t-il bientôt la filiation Villepin ?
 

 

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vendredi, 02 février 2007

Le paradoxe Le Pen

Tous les indicateurs montrent que Jean-Marie Le Pen reste sur une dynamique politique favorable. Plus d'un Français sur quatre se dit «d'accord avec ses idées». Mesuré aujourd’hui entre 11% et 14% dans les intentions de vote, il atteint des niveaux supérieurs à ceux enregistrés en janvier 2002 (entre 8 et 11%). Dans la lignée des élections de 1988 (14,4%), 1995 (15%) et 2002 (16,9%), il devrait une nouvelle fois faire un bon score, entre 15 et 20%. Ce dernier chiffre constitue toutefois un plafond difficilement dépassable, comme en témoigne le second tour de 2002 (17,8%).

Or ni Ségolène Royal ni Nicolas Sarkozy ne semblent courir le risque de tomber sous ce seuil de 20%. Chacun dispose en effet au sein de son camp de soutiens beaucoup plus fermes et élevés que ceux dont disposaient Lionel Jospin et Jacques Chirac à l'époque. Avec des intentions de vote entre 32% et 35%, soit quasiment le total des voix Balladur et Chirac de 1995, Nicolas Sarkozy bénéficie d’une mobilisation de et d’un niveau d’adhésion sans comparaison à ceux de 2002. Le candidat UMP capte en outre aujourd’hui plus de 20% des électeurs lepénistes dès le premier tour, amputant le leader frontiste d’une partie de ses ressources.

Malgré le "trou d’air", Ségolène Royal reste à des niveaux jamais atteints par Lionel Jospin (de 26 à 29% contre 22-24%). Même avec la candidature de Bové, les désistements de Taubira et Chevènement limitent la dispersion. En outre, la mémoire du 21 avril et «l’effet remords» qui en découle, devraient jouer en faveur d’un vote utile dès le premier tour.

En somme, et à deux mois et demi du scrutin, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal captent à eux deux plus de 60% des intentions de vote (Jacques Chirac et Lionel Jospin n'en recueillaient que 48% en janvier 2002, et 36,7% le jour du scrutin). A moins d'un événement de campagne imprévisible et destructeur pour l'un des deux principaux candidats, anticiper la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour peut être un argument politique de mobilisation, mais en aucun cas résulter de la lecture des sondages pré-éléctoraux.

•• Notre prévision : Jean-Marie Le Pen ne sera pas au second tour de la présidentielle ••

 

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jeudi, 01 février 2007

Jack Lang (de bois)

Pas facile d’être le porte-parole d’une campagne qui patine. Le PS a inauguré ce jeudi matin sa nouvelle formule d’une conférence de presse quotidienne au siège du parti, rue de Solférino, QG officiel de la campagne de Ségolène Royal, avec Jack Lang en hôte de service.

Vers 11h00, une vingtaine de journalistes, tous médias confondus, se pressaient sous le chapiteau installé dans la cour du PS. Fauteuils plastique mais design, siglés Starck, le slogan « le progrès pour tous, le respect pour chacun » sur fond bleu, une toute petite rose au poing socialiste sous le micro, et Jack Lang au pupitre.Pour être franc, on n’était pas venu spécialement pour l’ancien ministre de la Culture. On avait plutôt été attiré par un mail du service de presse du PS, reçu mercredi soir, et indiquant qu’à l’occasion de ce point-presse, « Patrick Menucci annoncera le programme des principaux meetings et manifestations de la candidate». 

Menucci, c’est « monsieur Organisation » chez Ségolène Royal, et cette liste de déplacements de la candidate, on l’attendait depuis des lustres, Royal, comme Sarkozy d’ailleurs, ayant tendance à annoncer ses voyages à l’étranger ou meetings en province quelques jours seulement avant la date. Pas toujours facile alors pour nous, les médias, de s’organiser. Jack Lang commence son discours. Un petit coup de griffe à Sarkozy qui « met l’Etat sous la coupe de son clan » (rapport aux récentes affaires des RG), une moue méprisante pour José Bové qualifié de « candidature de plus », et la brosse à reluire pour Ségolène. « Le moral de la candidate est excellent… elle a une pêche d’enfer… ».

Bref, de la bonne grosse langue de bois, mais avec les réels talents oratoires de Jack Lang. Pour faire bonne figure, il annonce également que « des responsables du parti » viendront fréquemment à ce point-presse, « représenter la candidate ». Au menu de la semaine prochaine : Jean-Pierre Chevènement et Claude Bartolone. On se demandait comment Royal allait associer à sa campagne des éléphants au rancart pour l’instant. On a désormais la réponse.Les journalistes griffonnent vaguement sur leurs calepins, attendant surtout Menucci et sa liste. Or, de Menucci, point dans la salle. Fatalement, la question est posée à Jack Lang par une journaliste : 

-    «Qu’en est-il du programme de déplacements de la candidate ? ».

-    « Il n’est pas encore finalisé. Patrick Menucci devait vous le présenter aujourd’hui, il le fera en réalité demain », répond Lang.  

Petit énervement des journalistes, qui ont la vague impression de s’être déplacés pour pas grand chose.

-    « Mais pouvez-vous au moins nous dire ce que va faire Ségolène Royal samedi ? », relance un journaliste.

Samedi 3 février doit normalement lancer le processus de synthèse des centaines de débats participatifs qui ont eu lieu depuis décembre. En revanche, quid du déroulement de la journée. Embarras visible de Jack Lang :

-    « Je ne vais pas inventer ce que je ne sais pas… Pour samedi, il est prévu que Ségolène fasse un déplacement en province … ou bien reste à Paris ».  


Cette fois, c’est sûr, on est vraiment venu pour rien.

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Quand Sarkozy fait son marché

Il est 5 h 15 à Rungis, jeudi. Nicolas Sarkozy arrive tandis qu’une quarantaine de journalistes télé, radio et presse écrite –moi y compris - l’attendent de pieds fermes (et gelés). Le candidat semble un peu tendu en sortant de sa voiture. Pourtant, il a un avantage sur nous : il porte un beau blouson ciré tout blanc, tout neuf, alors que nous avons dû revêtir des blouses blanches en papier, question d’hygiène. Bref, lui peut se la péter quand nous avons l’air de chirurgiens slovakistanais.

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C’est toujours impressionnant de voir l’appétence des caméras et des micros pour Nicolas Sarkozy. A peine est-il arrivé que tous se ruent sur lui le questionnant sur l’affaire des RG, sur son adversaire socialiste. Les caméras forment un tel rempart qu’il est quasiment impossible d’entendre ce qu’il se dit. Le candidat se prête au jeu, mais pas trop longtemps. Il n’est pas venu pour ça. Il s’engage dans le hall Poissons, toujours suivi par une nuée de journalistes qui ne le lâcheront pas.

Ce genre de déplacement est aussi l’occasion de choper quelques conversations entre journalistes. Exemple :

 

« Putain, t’étais pas à Beaubourg avec Chirac hier. C’était drôle. Quand il est sorti, il a voulu prendre un bain de foule, il a serré deux-trois mains et on a commencé à entendre quelqu’un crier “Chez le juge”, mais comme il est sourd, il entend rien alors ce sont ses conseillers qui l’ont ramené vers la voiture pour repartir. »


Ce jeudi matin à Rungis, Nicolas Sarkozy est venu tâter du « vrai gens », et il va le faire durant plus de deux heures. En effet, ils sont peu nombreux à l’envoyer sur les roses. Au contraire, beaucoup veulent le saluer, l’encourager, se faire prendre en photo avec lui. Le candidat serre des mains, tape sur des épaules (à défaut de tâter le cul des vaches), donne des petits coups de poing dans la poitrine de ses interlocuteurs.


Le conflit, il l’évite, sachant pertinemment que les caméras n’attendent que ça. Il va serrer la main d’une caissière derrière une porte vitrée. Elle lui parle, il n’entend pas, se penche vers l’hygiaphone. « Qui c’est qui les paye les milliards de cette campagne », lui hurle-t-elle. Les caméras sont loin, le candidat hoche la tête et recule sans dire un mot.

La visite continue à travers les poulpes et autres noix de Saint-Jacques avant les volailles, les abats… Ça discute pénibilité, travail de nuit, promesses électorales etc. Les vendeurs, sans vraiment le vouloir, lui servent l’occasion de se mettre en valeur

 

« - Ça marche les affaires ? demande Nicolas Sarkozy à un tripier, tandis les caméras filment au milieu des pieds de cochons, des foies sanguinolents, et autres cervelles.`
-    Vous savez, on ne fait plus de bonnes marchandises aujourd’hui.
-    Pourquoi ?
-    Ben, faut remettre les gens au travail
-    Ça tombe bien, c’est mon programme »


Parfois, les discussions sont plus dangereuses pour le candidat, comme celle avec cet employé français d’origine maghrébine.

 

-    « Vous savez monsieur Sarkozy, je suis pas une racaille, je me lève tous les jours à trois heures du matin pour 1280 euros net. Et je ne peux même pas me loger.

-    Moi, je veux que tout le monde devienne propriétaire.
-    Ce n’est pas le problème, on me demande 800 euros pour louer un taudis, c’est les trois quart de ma paye.
-    Ce n’est pas normal, on n’empêche les gens de travailler », conclue le candidat UMP pour ramener le débat sur un terrain plus favorable, véritable thème de ce déplacement matinal.


Au et à mesure, Nicolas Sarkozy, se sentant en terrain conquis, se détend complètement, plaisante avec les marchants, glisse une vanne dans l’oreille de ses journalistes habitués à le suivre, prend tellement de temps que la visite s’éternise. Mais l’homme politique n’oublie pas un instant qu’il est venu là pour parler de « la France qui se lève tôt » et qui « veut travailler plus ». N’hésitant pas non plus à dire, alors qu’il est cerné par une forêt de caméras qu’il « veut rester accessible pour les Français ». Il leur faudra quand même franchir certains barrages.

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Photo Reuters 

 

 
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