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jeudi, 08 mars 2007

Royal, Guignol, Gnafron et Joe Dalton

C’est désormais une habitude des meetings de Ségolène Royal, depuis son raout de Villepinte le 11 février : la séquence «Guignol-Gnafron». Mercredi soir, à Dijon, la candidate socialiste a récidivé. En fin de discours, elle s’est adressé à la salle par un subtil jeu de questions-réponses digne des spectacles pour enfants. Reprenant les grands termes de son slogan, elle a lancé un «La voulez-vous cette France plus juste ?», suivi d’un autre «La voulez-vous cette France plus forte ?». Réponse méga sonore : un «Ouiiiiiiiii» bissé majoritairement par le Mouvement des Jeunes Socialistes et la Ségosphère. Une pratique qui peut sembler infantilisante à l’égard des militants PS. Personnellement, je m’attends à chaque fois à voir débouler sur la scène, derrière la candidate, la marionnette de Nicolas Sarkozy grimé en Gnafron, et le public de reprendre comme un seul homme : «Attention Ségolène, derrière toi, derrière toiiiiii !!!!!!». Patience.

Mardi soir, être journaliste n’était pas la meilleure carte de visite au Zénith de Dijon. La salle de concert, qui a accueilli par le passé Pascal Obispo, Johnny ou la Star Academy 6, était pleine comme un œuf. Au point qu’une partie du public devait rester debout dans la fosse, par manque de places assises pour tout le monde. Problème, le meeting ayant lieu à partir de 17h30, la majorité des venus étaient des retraités, un public qui pour le coup, n’aime pas beaucoup la station verticale pendant plus de deux heures. Or, dans un coin de la salle, un grand carré de sièges rouges avait été réservé pour la presse.

Plusieurs places étant inoccupées une longue partie du meeting, les journalistes préférant se déplacer dans les travées ou se rendre en salle de presse à l’écart. Résultat, très vite, les chères places furent prises d’assaut par les cheveux blancs. Au point de provoquer quelques frictions avec les services de presse et d’ordre du PS. «Y’a pas de raison que les médias s’assoient et pas nous, nous on a notre carte du parti, on est prioritaire», a lancé une vieille dame.

Il y a une semaine, lors du déplacement de Ségolène Royal en banlieue parisienne, à Clichy-sous-Bois, la presse aussi avait été prise à partie par certains habitants, rapidement excédés de voir la «meute» de photographes, cameramen et rédacteurs tout bousculer sur son passage pour suivre la candidate. «Vous dites, dans vos journaux, qu’en banlieue, y’a que des sauvages, mais vous donnez pas l’exemple», avait raillé, à raison, une mère de famille.

Mais journaliste, ça a aussi ses bons côtés. Mardi soir, après le meeting, on a été quelques uns à être conviés dans la loge de Ségolène Royal pour une conversation à bâtons rompus sur la campagne. Le genre de rendez-vous «off» que nous, journalistes, on adore, et ils nous permettent le cas échéant de récolter quelques infos intéressantes ou de préciser certains points confus. Fauteuils en cuir noir et moquette rouge, la candidate a discuté avec nous pendant près d’une demi-heure. Faut savoir quelque chose avec Ségolène Royal, c’est qu’elle est très forte pour donner l’impression de faire du «off» sans en faire. Bayrou qui n’est que «l’illusion du changement», Le Pen qui serait «très sous-évalué» dans les sondages, une petite phrase sur Airbus, une autre sur la «longue campagne», et hop, fermez le ban.

Rien de vraiment révolutionnaire, vous en conviendrez. Sauf une tirade plutôt inattendue, tant sur la forme que sur le fond. Interrogée à deux reprises sur la montée dans les sondages de François Bayrou, Ségolène Royal finit par se crisper sur la notion de «changement». A la troisième question, elle part dans une réponse scandée, très directe : «Mon pacte présidentiel entraîne les réformes les plus radicales ! J’apporterai la preuve obstinée, permanente, acharnée, que j’incarne le seul changement, et qu’en plus, moi je le réaliserai ! Avec moi, les questions des banlieues seront réglées, avec moi les questions d’éducation seront réglées, avec moi, l’économie repartira, parce que je le veux vraiment!». Quinze secondes de volontarisme politique pur et dur, qui laisse néanmoins une drôle d’impression, entre méthode Coué et colère toute rouge de Joe Dalton. Bastien Bonnefous

Commentaires

Il faut que tu arrêtes de prendre les militants pour des cons!

Si on est infantilisé, on n' irait pas à ses meetings!

Par contre aller dans sa loge, ça tu aimes... Va au bout de tes idées et n' y va plus

Angie

Écrit par : Angie | jeudi, 08 mars 2007

Je n'en connais qu'un seul de Joe Dalton.
Tes remarques sexistes je ne suis pas certain qu'elles atteignent le but voulu.

Écrit par : escrimeurdesmots | jeudi, 08 mars 2007

@ Angie et escrimeurdesmots

Quelques remarques :

1- On se connaît? Je me pose la question , vu que vous me tutoyez. Pour ma part, je ne vous connais pas, vous me permettrez donc de vous vouvouyer.

2- Vous me parlez, pour l'une, de "mes idées", pour l'autre, de "but voulu". Soyez plus précis. Je vous rassure, il n'y a derrière mon papier aucun complot anti Ségolène Royal, et pro-Sarkozy ou autre. Lisez d'ailleurs sur ce blog les articles de mon confrère David Carzon qui suit Nicolas Sarkozy, et vous serez fixé sur ce point. Il est temps que beaucoup comprennent que la plupart des journalistes ne sont ni des militants, ni des adversaires, mais simplement des observateurs qui décrivent ce qui est clairement affiché et ce qui est plus finement suggéré.

3- Angie, concernant l'infantilisation, c'est un sentiment que je donne, inspiré par la présence dans les meetings de Ségolène Royal, comme dans ceux de n'importe quel leader politique, de véritables "groupies", qui ne sont, la plupart du temps, qu'une minorité, mais une minorité indéniable, vous en conviendrez vous-même j'imagine.

4- escrimeursdesmots, où lisez-vous dans mes propos des "remarques sexistes"? Si vous me répondez, merci d'être très précis sur ce point. J'estime pour ma part, que le même article aurait pu être écrit, mot pour mot, concernant un homme, et auriez-vous alors parlé de sexisme?

5- Angie, concernant ma présence au meeting ou dans la loge de SR, il s'agit dans les deux cas de faire mon travail. J'y vais parce que c'est mon boulot, pas par plaisir ou idéologie politique comme j'imagine la plupart des militants présents lors d'une réunion publique.
Bien à vous

Écrit par : Bastien Bonnefous | jeudi, 08 mars 2007

@ B. Bonnefous :

Puisque le ton donné par les deux premiers posts est, disons, radical et peu tempéré, je vais y aller de ma plainte. J'espère pour vous, Mr Bonnefous, que vous êtes lyonnais ! Il est des références qu'il faut manipuler avec beaucoup de doigté, et les amis de Mourguet y veilleront ! (humour, si besoin est de le préciser ...)

Plus sérieusement, il est déléectable de vous voir mettre en scène Guignol, et notamment la vision infantile qu'en donne aujourd'hui les spectacles pour enfants, alors qu'à l'origine ce spectacle se voulait une critique sociale et politique radicale. D'ailleurs le phénomène ne se limitait pas à Guignol, je pense bien sûr à la Mère Cotivet. Mais trêve de lyonnaiserie.

Écrit par : NonsJoke | jeudi, 08 mars 2007

M. Bonnefous,

J'aimerais vous poser, à vous qui suivez Mme ROYAL, une petite question concernant ses meetings : Comment sont reçus ses discours par les militants, sympathisants ou simples curieux ?

Personnellement, il y a encore quelques mois, ma préférence se tournait vers elle. Marre de voir la droite nous prendre pour des c... et nous sortir des énormités à coup de 49-3 et puis, il faut le reconnaitre, j'avais envie, après des siècles de prédominance masculine, de donner sa chance à une femme : je sais, c'est con comme raisonnement mais bon...

Et puis, j'ai eu l'impression que son investiture avait sonné comme le couronnement de sa carrière ; comme si battre Fabius et Strauss-Kahn suffisait à son bonheur.
Car j'ai l'impression, et c'est là le but de ma question, que depuis Mme ROYAL n'est plus que l'ombre d'elle-même.
J'ai entendu un extrait de discours au JR avant hier et c'est... lent... monotone... j'ai l'impression qu'elle découvre son discours en le lisant. Il y a un manque de... tout... j'ai l'impression qu'elle n'y croit plus ou qu'au contraire elle s'y voit déjà !!

Et donc, je crois moi, de moins en moins, à ses promesses de changements, à ses qualités pour diriger notre pays.

Je voudrais donc savoir si mes impressions sont partagées ou si je vois tout de travers.

Merci d'avance
Amicalement
Chris56

Écrit par : Chris56 | vendredi, 09 mars 2007

Je crois que vous avez mis le doigt sur le problème de Mme Royal. Comme pour de nombreux sportif de l'héxagone, devenir le champion de France marque le sommet de leur ambition et de leur carrière, avoir triomphé aux primaires du PS a marqué le pic de son aptitude politique.

Mais affronter des rivaux, rompus aux joutes électorales, c'est une autre paire de manches, ils y faut une sacrée connaissance des dossiers et des arguments adverses, un sens de l'analyse très aiguisé pour tout de suite déceler la faille, choses que Mme Royal ne possède absolument pas, c'est aujourd'hui évident. Quant à ses talents oratoires, je n'ose en parler.

Écrit par : zenon | vendredi, 09 mars 2007

votre reportage est le reflet que peu a peu, le vrai visage et son ambition personnelle depasse ses convictions politiques ,seul les militants PS se raccrochent a une hypothétique victoire au second tour.
l'utilisation du moi je employai a tour de bras ,demontre une fois de plus quelle n ' est pas a sa place.

Écrit par : verdurmen | dimanche, 18 mars 2007

Je déplore que vous ne traitiez que la forme et non le font du sujet. Voulez-vous un acteur à la tête du pays pour 5 ans, voir plus ou un réel et sérieux projet de société pour notre avenir? Ce qui me plait chez S.ROYAL, ce n'est pas son débit de parole, la couleur de son tailleur mais bel et bien SON PACTE PRESIDENTIELLE. Vous mettez en doute les compétences d'une femme qui est élu au suffrage universelle direct depuis des années (député, conseillère générale, présidente de région) sans parler de ses fonctions dans le cabinet de F.MITTERAND et dans son rôle de ministre. Vous feriez plus confiance au futur ex.ministre de l'intérieur SARKOZY qui est au gouvernement depuis 5ans (avec un épisode aux finances) et le bilan que l'on connait tous mais qui pronne toujours un changement comme s'il sortait de la cuisse de jupiter? Vous feriez plus confiance en un BAYROU qui, en tant que ministre de l'éducation nationale, à commencer par mettre les enseignants dans la rue en 93 et qui n'a rien fait suite cette calamiteuse bavure? Vous feriez plus confiance toujours en ce même BAYROU qui balance la où les électeurs le portent (A gauche, puis à Droite, puis à Gauche,etc...), qui ne propose absolument rien qui tienne la route et qui n'a fait que faire fuir son entourage de poids (SANTINI, DE ROBIEN, BORLO, VEIL, DOUSTE BLAZY,etc....). Vous feriez plus confiance en des BESANCENOT, BUFFET, LAGUILLER qui sont incapables d'une candidature unique après la mascarades sur la constitution européenne? Vous feriez plus confiance dans un DE VILLIERS et un LE PEN qui sont le symbole d'une régression de la société? Et je ne parle pas de VOYNET et LES VERTS qui s'enterre dans le rôle du départment écologie du PS? Allons, soyez honnête avec vous même et ne sombrer pas dans la gratuité de tels propos. Pauvre France....

Écrit par : Jérôme BARBIER | jeudi, 22 mars 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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