Avertir le modérateur

mercredi, 14 mars 2007

La e-politique, c’est pas non plus la e-panacée

Mercredi après-midi, le Sénat a organisé deux tables rondes sur la e-campagne et les e-propositions, évoquant pour la première* les nouvelles formes de militantisme, et pour la seconde le programme des candidats en matière de nouvelles technologies. Avec des invités bien connus du web 2.0 : Quitterie Delmas pour l’UDF, Loïc le Meur et Thierry Solère pour l’UMP, Vincent Feltesse et Benoit Thieulin pour le PS…

Sur le fond, rien de vraiment nouveau sous le soleil du web, mais pas mal de réflexions intéressantes notamment de Yann Wehrling des Verts qui analyse la ruée des partis politiques sur le net avec beaucoup de recul : « Tout est parti du Traité européen de 2005, mais la différence avec aujourd’hui, c’est que ce n’était pas maîtrisé par les partis, il y avait une liberté totale, tout cela s’est organisé de manière spontanée autour des partisans du non. »

Le porte-parole des Verts touche une partie de la réalité de la e-campagne. Les candidats se sont emparés de ce nouveau média pour diffuser leurs messages, leurs propositions, pour parler à leurs sympathisants… Mais il y a une chose qui s’est passée en 2005 et qu’ils n’arrivent pas à reproduire sur leur site respectif : des débats transversaux hors clivages politiques. Pour cette campagne 2007, on a tendance à rester entre soi. Et quand débat il y a, il ne se passe pas sur les sites des partis en tout cas.

Et ce n’est pas parce que le média est neuf que les mauvaises habitudes des politiques ne vont pas vouloir l’investir. Bien au contraire. La course à l’échalotte, les petites guerres intestines et les tacles ne sont pas virtuels. Par exemple, ils sont mignons tous ces partis à se vanter d’avoir été des pionniers du web : l’UDF et le FN disent avoir été les premiers partis à avoir créé leur site sur internet en 1995, le PS a inventé les débats participatifs, Sarkozy a compris l’intérêt du net avant tous les autres… Comme si être le premier, ça voulait dire être le meilleur.

* celle-ci a été enregistrée et sera diffusée sur Public-Sénat jeudi après-midi

medium_medium_medium_carzon.4.jpg

 

mercredi, 07 mars 2007

Ça baille aux Cormeilles

Quand on se tape la sortie de Paris aux heures de pointes, la traversée de Saint-Ouen, l’A15 encombrée ras-la-gueule, l’A115 pareille et les petites routes à guetter le moindre panneau indiquant où se trouve la salle des fêtes de Cormeilles-en-Parisis, commune coincée entre Franconville et Argenteuil, quand on arrive sur place après une heure et demie de bagnole dont le chauffage est bloqué sur le chaud, on ne peut pas s’empêcher de se demander, avec un poil d’énervement, ce que Nicolas Sarkozy est venu foutre un mardi soir de Ligue des Champions dans ce bled paumé où on a plus envie de mourir que de vivre ce joli petit coin du Val d’Oise.

La réponse est au bout du couloir comme disait un grand philosophe sur TF1 le lundi soir. En l’occurrence, le bout du couloir il est à dix minutes de marche sous la pluie parce que forcément, on n’a trouvé à se garer qu’à perpet’. Enfin, la salle des fêtes se profile. Enfin plutôt, un espèce de gymnase look néo-stalinien. A l’intérieur, les panneaux de basket sont toujours accrochés et il ne manque que les buts de hand aux deux extrémités.

Les invités dont la moyenne d’âge frôle la teneur en alcool d’une vodka russe frelatée, sont installés en bas, les journalistes sont placés dans les gradins là où d’habitude le public vibre pour un derby entre l’ASCS basket Cormeilles-en-Parisis et l’Olympique Sannois-Saint-Gratien.

Et oui, vous qui pensez que les journaleux sont logés à la meilleure enseigne, qu’ils sont installés dans des fauteuils en cuir, que des nymphes à moitié nues leur servent des coupes de champagne tandis qu’un assistant stagiaire prend des notes à leur place, vous êtes loin de la réalité. Non, nous ne sommes pas à plaindre, mais franchement, se taler le cul sur un gradin en béton à écouter un discours qu’on peut prévoir à l’avance, ce n’est pas vraiment une soirée de rêve.

medium_CORMEILLE.jpg

 

La preuve en photo. Vous voyez dans les gradins en haut, c’est nous, les journalistes, en train d’écouter religieusement le best-off Sarko. Entouré de rouge, c’est ma pomme. En blanc, en revanche, ce n’est pas l’envoyé spécial du magazine interne de Monsieur de Fursac. Non, même s’il aborde la coupe de cheveux que moi, il s’agit d’un membre de la sécurité. Et il y en a comme ça quelques-uns disséminés un peu partout pour surveiller le bon déroulement des opérations et qui sont prêts à intervenir au cas où fuse dans la salle un « Sarko, on aura ta peau », comme cela a été le cas mardi soir.

Le truc marrant, c’est qu’il y avait du public assis avec nous, et notamment trois groupies qui hurlaient « Sarko président à tout bout de champ ». J’ai failli lâcher une grosse connerie à mon voisin en lui disant que ça commençait à se voir le soutien des journalistes d’ Europe 1 à Sarko. Je me suis retenu, je crois que cette vanne au 30 000ème degré aurait été mal prise.

J’en reviens à ma question de base : que venait faire le candidat de l’UMP dans ce trou cette riante bourgade qui conjugue les charmes de la province et la proximité de Paris ? Je pose la question à Alexandra, une des attachés de presse. « C’est dans le cadre normal des réunions publiques, nous faisons ce genre de meetings partout en province. Il est vrai que c’est la région d’Axel Poniatowski (député proche de Sarkozy). En tout cas, ce n’est pas LE déplacement en banlieue comme on a pu le lire. »

Il est vrai qu’Argenteuil, là où le ministre de l’Intérieur avait lâché le mot racaille en 2005, se situe juste à côté. Argenteuil où le candidat a promis de revenir mais où il se fait toujours désirer. Et là, on comprend mieux ce qu’il est venu faire. Il est venu s’adresser à la banlieue des pavillons, celle qui regarde d’un œil inquiet la banlieue des HLM, celle qui subit le plus les grèves des transports, celle qui pense payer trop d’impôts, celle qui pense que l’euro nous a fait perdre du pouvoir d’achat…

Alors Nicolas Sarkozy leur parle des « conducteurs de bus agressés », des « petits caïds impunis » dans les cités, de « service minimum dans les transports », de la « protection » des salariés et des industries, du « renforcement » et de la « responsabilisation » de la famille, des « solidarités distendues » entre proches ou voisins, de la « défense des valeurs de la France »… Un discours bien ciblé. L’audience a d’ailleurs apprécié toutes ces attentions. C’est toujours là qu’on se rend compte que ce qui prime, c’est l’importance avec laquelle on assène ses convictions et sa vérité. Peu importe les libertés qu’on peut prendre avec la réalité.

Un seul exemple ce mardi soir. Nicolas Sarkozy a remis sur le tapis la question de la responsabilité des magistrats, en en faisant une promesse de campagne. Mais qui sait dans la salle que le 1er mars, le Conseil constitutionnel a censuré quatre articles d’un projet de loi justement sur la responsabilité des magistrats, dont l'un créait une nouvelle faute disciplinaire pour les magistrats ? Selon cette haute autorité judiciaire, cette disposition était contraire à la Constitution. Mais cela n’empêche pas un candidat de la promettre quand même. Reste à savoir ce que pèse un avis du Conseil constitutionnel dans son esprit.

C’est en tout cas ce que je me demandais dans la voiture en repartant tandis que nous étions bloqués dans les embouteillages. Il y a une logique à finir la journée comme on l’a commencée. Avec l’impression de ne pas avoir beaucoup avancé. Au propre comme au figuré.

medium_medium_medium_carzon.4.jpg
(photo d'origine mais mal trafiquée par mes soins : Sébastien Ortola /20minutes)

19:49 Publié dans David Carzon | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : sarkoy, cormeilles

mardi, 27 février 2007

Des éléphants dans un magasin de porcelaine

La politique de la terre brûlée. C’est ainsi que les journalistes des quotidiens régionaux qualifient la venue de leurs collègues parisiens qui débarquent en province, bousculent tout sur leur passage et repartent sans s’inquiéter de savoir s’ils ont cassé quelque chose. C’est encore plus vrai lors d’un déplacement de Nicolas Sarkozy.

Exemple dans le Cher lundi. Le rendez-vous est donné à Mehun-sur-Yèvre, chez Pillivuyt, une manufacture de porcelaine, en début d’après-midi. Une partie des ouvriers (qui ont la particularité d’avoir repris et fait fonctionner eux-mêmes leur entreprise après le départ de leurs patrons) attendent devant l’entrée d’un des bâtiments. Ils voient grossir les rangs des journalistes au fil des minutes. « Il y en a combien comme ça », s’inquiète une employée.

Pour le moment, ils sont confiants, ils pensent pouvoir accéder au candidat, lui parler, lui serrer la main. Et puis ils voient la voiture du candidat arriver, ils regardent une nuée de caméras et de micros se diriger vers lui, l’entourer jusqu’à former un rempart. « Quand on voit les images à la télé, on ne sait pas que ça se passe comme ça », maugrée une ouvrière en blouse blanche.

medium_sarko3.jpgLe candidat entre dans l’usine avec son flot de caméras qui poussent les radios qui poussent les photographes qui poussent les journalistes de presse écrite (l’ordre peut être différent) qui poussent les ouvriers. L’endroit est rempli d’assiettes, de soupières, de tasses et l’expression « des éléphants dans un magasin de porcelaine » a rarement été autant appropriée.Nicolas Sarkozy est entouré de nombreux policiers et collaborateurs autour de lui, certains lui ouvrant la route et permettant à quelques-uns d’accéder au candidat, d’autres assurent les arrières et font en sorte que personne ne tombe, ne soit piétiné (oui, oui, c’est à ce point là) et que rien ne soit cassé. Et dans un tel endroit, ils ont du boulot.

« Ils sont fous ». C’est l’expression qui revient le plus souvent dans la bouche des ouvriers qui voient les journalistes coller aux basques de Sarkozy. Caméras et micros enregistrent tout. Au cas où il se passe quelque chose. Ils sont là pour faire de l’image, du son. Il y a 999 chances sur 1000 qu’il ne se passe rien d’intéressant, le type qu’il filme est quand même préparé à faire face à toutes les situations, mais on ne sait jamais, il faut être là au cas où…medium_sarko1.jpg

La position des journalistes de presse écrite est un peu plus aisée. On peut prendre le temps de discuter avec l’entourage du candidat, avec les élus locaux, avec les employés, essayer de comprendre les intérêts moins évidents de ce déplacement… On essaye de se glisser dans la meute de temps en temps pour capter une conversation. Quelques ouvriers font de même, ils parviennent à serrer la main du candidat, à lui arracher un bonjour, et alors ils s’extirpent de ce magma, tout contents de leur exploit.

Alors que viennent chercher tous mes médias ? Il y a une semaine, à Perpignan, Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours bien musclé à droite. Là, cet après-midi, c’est le retour de Blum et de Jaurès auprès de la France qui se lève tôt, qui travaille dur et gagne peu. C’est en tout cas l’image qu’il vient « vendre ». Et que les médias viennent « acheter ». D’autant que Sarkozy n’est jamais avare d’une petite confrontation en tête-à-tête, mais filmée, avec quelqu’un qui n’est pas a priori de son bord politique. Comme cela se produit à Pillivuyt, il n’aime rien tant que se coltiner avec le syndicaliste local pour le mettre dans sa poche.

 

medium_sarko2.jpg

 

C’est ce qui arrive également un peu plus tard en pays sancerrois, à la Maison des vins de Sancerre. Lorsque le responsable viticole local l’attaque bille en tête en lui disant en substance (ce ne sont pas ses paroles, mais la manière dont je les ai interprétées) : « Monsieur Sarkozy, vous buvez de l’eau, vous avez multiplié les contrôles d’alcoolémie, alors puisque vous n’aimez pas le vin et ceux qui le boivent, qu’est ce vous pouvez faire de plus pour tuer nos métier ? »

Juste le temps de hausser les épaules, de faire son petit rictus habituel avec la mâchoire et le candidat se livre à son exercice favori : répondre avec la même franchise que son interlocuteur, faire quelques promesses d’ordre catégoriel, asséner sa vérité et surtout finir par lui démontrer que finalement leurs positions ne sont pas si éloignées alors que ce n’était pas gagné au départ. Généralement, en face, l’autre ne sait plus quoi répondre.

Sauf que tout cela se passe dans un cadre très maîtrisé où Nicolas Sarkozy a toujours le dernier mot. A Sancerre par exemple, au milieu des milliers de gens venus l’acclamer, une quinzaine de membre du Réseau éducation sans frontières ont été rapidement évacués par les forces de l’ordre de la place où était attendu le candidat. Leur banderole a même été déchirée et les « perturbateurs » tenus à l’écart durant la visite. Finalement, la confrontation, c’est bien, mais quand l’issue est connue à l’avance, c'est encore mieux.

medium_medium_medium_carzon.4.jpg

(photos : Thomas Caplain/20minutes)

lundi, 26 février 2007

« Qu'on supprime l'élection présidentielle »

medium_aleveque.jpgC'est un fait : l'humoriste Christophe Alévêque (photo : Julien Cassagne) a le cœur à gauche. Mais que ce soit dans les émissions de Laurent Ruquier ou dans ses spectacles, il n'épargne personne de sa verve caustique. Dans son livre sorti début février Surtout, n'oubliez pas d'avoir peur (Editions du Panama), il compile pensées et petites phrases définitives sur tous les sujets de société. Avec la présidentielle en toile de fond. Pour 20 Minutes, il revient sur certaines de ces pensées et les décrypte.

« Ségolène Royal a remporté les primaires socialistes avec 61% des voix. 61% des militants socialistes ont donc voté contre le programme du Parti socialiste. Vivement la suite.»

J'ai écrit ça en décembre et on peut dire que j'ai eu le nez creux vu ce qu'il s'est passé par la suite. Ségolène Royal a été choisie sans programme, elle a été choisie sur sa personne. J'ai trouvé ça un peu léger de choisir quelqu'un parce qu'elle est en tête des sondages. En tant qu'humoriste, il y a eu une tendance à nous taxer de machiste dès qu'on attaquait Ségolène Royal. Sa vraie boulette en réalité, c'est d'avoir refusé le débat et d'avoir fait de la victimisation sur le fait que ce soit une femme. Moi, que ce soit une femme ou pas une femme, j'en ai rien à foutre. J'ai été attaqué tellement de fois sur le machisme et la misogynie, ça ne tient pas la route. Je crois que ça amuse les cons et ça sert de paravent à ceux qui n'ont pas grand-chose à dire.

 

« 21 avril. Jacques Chirac en sauveur de la République, c'est comme si on disait à un malade en phase terminal : Tiens, voilà de l'aspirine. »

Son bilan est proche du rien. Le mouvement des choses a continué dans son ensemble, les pauvres ont été pauvres, le chômage a augmenté. Rien n'a changé. Par contre, c'est un vrai Républicain. Après le 21 avril, il aurait dû intégrer dans son gouvernement des gens de toutes les couleurs politiques. Ce n'est pas le président le plus dangereux qu'on ait eu. Ou qu'on va avoir. Chirac, c'est un vrai Républicain. La France peut lui dire merci de ne pas nous avoir mis dans le bourbier irakien. Rien pour ça, on peut lui dire un petit merci quand même. Quand je vois Sarkozy, Chirac me paraît quelqu'un de social, de laïc, de républicain.

 

« La seule vraie différence entre Le Pen et Sarkozy, c'est 30 cm. Et 30 cm, ça peut faire mal. »

Je fais dans la caricature, c'est mon moyen d'expression. Mais quand on voit la politique répressive de Sarkoy ou sur l'immigration… Il a même repris un slogan du Front national : « la France tu l'aimes ou tu la quittes ». Maintenant, il dit qu'il a changé, mais il n'a pas cessé de faire du pied aux électeurs du Front national. On a des instances démocratiques, il ne pourra pas faire ce qui veut. Mais je pense que ce serait un mauvais choix pour les Français. J'essaye de faire en sorte que ce que je dis soit fondé. Même si des fois, c'est dur parce qu'il me met en colère.

 

« Quand ils sont dans l'opposition les hommes politiques réfléchissent. Quand ils sont au gouvernement, ils gèrent. Je propose donc que l'opposition doit au gouvernement. »

Très souvent, l'opposition a une idée de réforme dans la poche et une fois au gouvernement, elle nous dit : « ha ben non, y'a l'Europe, les syndicats sont contre, les Français ne veulent pas de réforme ». Je pense qu'ils sont impuissants. Au moins qu'ils le disent. Ne perdons pas de vue que Sarkozy est au pouvoir depuis cinq ans, donc s'il avait gouverné autrement, on s'en serait rendu compte. Peut-être qu'il n'était pas au bon poste… Je trouve que cette campagne manque d'idéologie, nous devons choisir dans quelle société nous voulons vivre. Pour le moment, il n'y a pas eu de débat au sein de l'UMP et il y a eu un faux-débat au PS avec trois mannequins de cire du musée Grévin qui ont fait des monologues. Pour le moment, le vrai débat n'a pas eu lieu. J'espère qu'il y aura un débat aussi intéressant que celui qui a eu lieu pour la Constitution européenne. Quelle que ce soit la personne qui est élue, mais au moins, qu'on parle des vrais problèmes, des vraies réformes. Aujourd'hui, les cartes sont brouillées. De toute façon, moi je suis pour qu'on supprime l'élection présidentielle et qu'on redonne le pouvoir au Parlement qui élit un Premier ministre. On est un des derniers pays avec un président avec autant de pouvoirs. On n'est pas moderne du tout.

 

« Ne confondons pas liberté et libéralisme. Si la liberté remplit les hommes, le libéralisme les vide. »

Les gens pensent que le libéralisme et la mondialisation sont inéluctables et c'est une erreur idéologique. Les gens sont résignés alors qu'il ne faudrait pas l'être. Et je vais me référer au président de la République qui a déclaré que le libéralisme n'était pas une solution, que la société allait dans le mur. Le libéralisme, ça ne veut plus rien dire. Libéralisme, libre-échange, ce sont de beaux mots, dedans il y a liberté, échange, mais tout ça est un leurre. La vraie définition du libéralisme est dans mon bouquin : « A qui ça sert de violer les gens quand on peut les baiser ». Moi, j'ai voté non à la Constitution et je pense que si on avait voté ça, il aurait été de plus en plus difficile de faire des réformes sociales. Le libéralisme serait devenu une façon politique et sociale de diriger les pays. C'aurait été un fait acquis. Moi, je ne suis pas d'accord.

 

« Le chômage a baissé en août. Des milliers de personnes ont retrouvé un boulot. Elles espèrent maintenant avoir un salaire. »

On nous dit que le chômage baisse. Je n'y crois pas. C'est comme les chiffres de la délinquance. Regardez ce qu'il se passe en Angleterre, ils affichent un taux de chômage de 4,5%. Mais là-bas, une personne qui a travaillé une fois dans la quinzaine n'est plus considérée comme chômeur. Alors deux jours de salaire par mois, au risque de paraître gauchiste, ça me paraît peu pour vivre. Chez nous, ça commence à se voir. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a plein de tentes le long des berges. Moi, je suis un bouffon, je suis là pour titiller le pouvoir, je n'ai pas de programme, mais je vois que les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 4,75%, c'est-à-dire 73,5 milliards. C'est très bien, je suis pour que les entreprises fassent des bénéfices. Mais peut-être qu'il faudrait à un moment partager la galette.

 

« Le gouvernement a lancé un nouveau plan pour les banlieues. Pourtant, le problème n'est pas d'y aller, c'est d'en sortir. »

Je ne comprends pas que les émeutes qu'elles n'aient pas eu lieu plus tôt. Que ce soit la gauche ou la droite, tout le monde a échoué. C'est là où un mec comme Sarkozy me fait très peur, car non seulement il a échoué, mais il refuse de voir dans ces émeutes, un phénomène politique. Pour lui, c'est le fait des voyous. Il faudrait un jour prêter l'oreille aux messages qu'il y a derrière. Cela n'excuse pas tout, ce n'est pas en brûlant des bagnoles qu'on va obtenir quelque chose. Mais chez les jeunes qui ont été arrêtés, la plupart n'avaient pas de casier judiciaire.

 

« En occident, un mariage annulé c'est un homme sauvé ; dans un pays islamique, c'est une femme. »

C'est très dur de faire rire avec la religion en ce moment, c'est pour cela que je me refuse à céder le pas au communautarisme. Dans mon spectacle, j'ai un sketch sur un repas avec un juif, un catholique, un protestant et un musulman. Toutes les communautés en prennent plein la gueule. Personnellement, j'en ai marre de ce pseudo-retour à la religion qui n'est prétexte à défendre sa chapelle. Je me refuse à accepter le fait qu'il faut faire partie d'une communauté pour se moquer d'elle.

 

« Si Jésus avait été empalé, la gay pride serait une fête religieuse. »

Ce ne sont pas les communautés qui se défendent aujourd'hui becs et ongles avec l'aide d'avocats et d'associations de défense qui vont m'empêcher de dire ce que j'ai envie de dire. Bien au contraire. Concernant la communauté homosexuelle, je vais leur donner un conseil d'hétérosexuel : ne rentrez dans le moule, inventez de nouveaux modes de vie, trouvez une autre idée que cette connerie de mariage, donnez nous des idées à nous hétérosexuels perdus dans nos valeurs judéo-chrétiennes. C'est un mec qui est marié depuis 20 ans et pour qui ça se passe plutôt bien qui vous le dit. Mais pourquoi ont-ils envie de faire les mêmes conneries ? S'ils trouvent une bonne idée, je les suis.

 

« Fumeurs, quand vous fumez à côté d'un non-fumeur, il fume aussi ! C'est dégueulasse, il profite de votre tabac sans payer. Pensez à lui réclamer des sous. »

Si un conseil à donner aux jeunes, c'est : ne commencez pas. C'est une connerie. Bon c'est vrai, dans une vie, on en fait beaucoup de conneries. Mais il faut arrêter de nous mentir, la clope n'est pas que mauvaise, c'est un anti-dépresseur, c'est un calmant. Sauf qu'au lieu d'en fumer trois dans une journée, on en fume quarante. Et ça, c'est complètement con. On nous ment sur les chiffres. Je veux bien qu'on parle de ça, mais il faut en parler dans son ensemble. Il faut sortir les vrais chiffres. Il faut qu'on dise ce que ce que fait une cigarette, en bien, en mal, même si on est d'accords, elle fait beaucoup plus de mal que de bien. Et là, on peut se décider, quand on a toutes les données en mains. N'oublions pas que plus on interdit les choses, plus on a envie de les faire. Et arrêtons cette hypocrisie, si la clope est interdite, les buralistes sont des dealers, faisons leur fermer leur établissement et mettons les en prison même.


Propos recueillis par David Carzon

 

mardi, 20 février 2007

Il y a des bas et débats

Tout le monde s’en sort avec les honneurs. Au lendemain de l’émission J’ai une question à vous poser avec Ségolène Royal, il apparaît très clairement que les hommes (et femmes) politiques ne peuvent pas être mis en danger par ce genre d’émissions. Ils sont trop aguerris, trop entraînés pour être mis en difficulté. Les questions des Français invités font « café du commerce », chacun évoquant son cas personnel qui relève plus d’un édile local que d’un futur président de la République.


Face à ces questions, les hommes politiques n’ont pas de mal à répondre. Chacun dans son style : Sarkozy pointilleux à l’extrême (comme ça on ne voit pas quand il prend quelques libertés avec la réalité), Royal plus dans l’empathie (comme ça on ne voit pas quand elle ne répond pas précisément aux questions)… De toute façon, ils sont tranquilles, ils n’ont pas de contradicteurs et rares sont les citoyens qui peuvent, sur le fond et sur la forme, relancer les candidats.


Autre avantage pour les invités : les intervieweurs sont peu virulents, hormis un petit quart d’heure de chauffe pour le candidat de l’UMP sur les questions de l’homoparentalité et de la place des Français d’origine immigrée. Même avec Jean-Marie Le Pen, dont on aurait pu attendre quelques frictions avec le public, le ton a été étonnement calme, le panel étant même plus sévère un peu plus tard durant la même émission avec Marie-George Buffet.


Ce n’est pas que ce format soit inutile, c’est surtout qu’il est incomplet, même si, comme me le souffle mon collègue Arnaud, c’est grâce à ce genre d’émission sur le référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005 qu’on a pu voir que Chirac « ne comprenait pas » les jeunes. Un tournant dans la campagne.


Le problème, c’est que nous, pauvres petits électeurs, nous n’avons guère que ça à nous mettre sous la dent pour le moment. Il nous manque un vrai débat entre les candidats, et pas un affrontement entre leurs lieutenants comme c’est le cas actuellement. Moi, je rêve de vrais face-à-face avant le premier tour pour confronter les idées et les hommes (et femmes). Malheureusement, je pense que ce souhait ne sera pas exaucé, les deux principaux candidats, Royal et Sarkozy estimant avoir trop à perdre dans ce genre d’affrontements. Ils attendent le second tour pour se confronter ainsi. Une attitude qui a déjà joué des tours à certains

medium_medium_medium_carzon.4.jpg

jeudi, 15 février 2007

Duhamel, première victime des blogs

C’est l’épitaphe qu’on pourra graver sur la tombe médiatique du chroniqueur multi-cartes. Après avoir annoncé fin novembre, lors d’une rencontre avec des étudiants parisiens de Sciences Po et des jeunes UDF de Paris qu’il avait l’intention de voter François Bayrou, Alain Duhamel a donc été suspendu « jusqu'à la fin de la campagne électorale » par France Televisions aujourd’hui, alors qu’il devait ce soir même, interviewer le candidat UDF à la présidentielle dans l’émission « A vous de juger » sur France 2.

L’affaire en elle-même est aussi étonnante que la manière dont elle a explosé médiatiquement. C’est Guy Birenbaum qui en est en partie à l’origine après une note publiée sur son blog jeudi matin. « La vidéo que vous allez voir m'a été signalée hier soir, explique le journaliste-éditeur. Elle aurait été déposée il y a une semaine sur Dailymotion par les jeunes UDF de Paris. » (NDLR : elle se trouvait sur le blog des jeunes UDF depuis le 5 février). Guy Birenbaum signale qu’au moment où il publie la vidéo en question, elle n’a été vue que 265 fois sur Dailymotion alors qu'elle se trouvait. Une dizaine d’heures plus tard, elle a été regardée à plus de 11000 reprises.

Mais surtout, elle est arrivée jusqu’aux pontes de France Televisions qui ont préféré prendre des sanctions dans la journée. Du jamais vu. On attendait aussi jeudi soir des réactions du côté de RTL, où Alain Duhamel officie. Et Guy Birenbaum aussi. Ambiance.

Le célèbre chroniqueur aura à peu près tout raté dans cette campagne électorale. Après avoir sorti un livre en janvier 2006 sur les prétendants à l’Elysée dans lequel il avait oublié volontairement de citer Ségolène Royal - il l'a ajoutée dans la version poche sortie le mois dernier - le voilà éjecté de la scène médiatique pour avoir soutenu un candidat. On appelle cela l’élection de trop.

Dernière minute : RTL et Duhamel ont décidé d'un commun accord d'interrompre, pendant le temps de la campagne présidentielle, l'éditorial quotidien du journaliste.

medium_medium_carzon.4.jpg

Voici la vidéo en question

 

 

dimanche, 11 février 2007

Santini pense comme Bayrou, mais veut agir avec Sarkozy

Le meilleur ennemi de Bayrou, c’est André Santini. Guest-star du meeting des comités de soutien à Nicolas Sarkozy dimanche à la Mutualité, le député-maire UDF d’Issy-les-Moulineaux est venu sur scène pour exposer son ralliement au candidat de l’UMP. Et pour expliquer pourquoi la candidature de François  Bayrou est vouée à l’échec. André Santini est même allé jusqu’à annoncer le ralliement obligé de Bayrou. Même si les mots étaient choisis, la charge a été violente. Jugez plutôt.


« Nous sommes quelques-uns à nous interroger sur l’avenir d’un Centre qui double la gauche par la gauche (…) Il y a bien sûr quelque chose de sympathique dans cette démarche [celle de Bayrou, ndlr] ; il y a un courage évident à vouloir bouleverser les lignes (…) C’est un dessein éminemment respectable de vouloir renverse la table, comme on dit. Et nous aurions tort de railler cette démarche, d’insulter les hommes qui la portent et qui demain nous rejoindront. Simplement, elle me paraît vouée à l’échec parce qu’il n’y a pas assurément une majorité de Français pour la soutenir et qu’il n’y a pas une majorité de responsables politiques qui y soient sensibles (…) Imaginons un seul instant qu’une telle démarche soit plébiscitée par les Français. Comment, concrètement, la mettre en œuvre au gouvernement ? Avec qui ? Avec quelle majorité à l’Assemblée ? Cette démarche est intellectuellement satisfaisante. Elle est pratiquement inefficace. » L’intéressé appréciera la démonstration.


On nous avait annoncé nombre de ralliements d’ouverture à Sarkozy ce dimanche et certains noms de gauche comme Jean-Marie Bockel, avaient même circulé. Finalement, l’ouverture à gauche n’est pas allée plus loin que le centre droit avec Santini et Christian Blanc. Si cela n’est pas une révolution dans la campagne de Sarkozy, ce peut être un coup dur dans celle de Bayrou.


medium_medium_carzon.4.2.jpg

Villepin se rassemble tout seul

Où était Villepin alors que toute la droite se réunissait à la salle de la Mutualité dimanche ? Personne ne s’est posé la question, et surtout tout le monde s’en foutait un peu. Le pire, c’est qu’une grande partie du gouvernement actuel était présent dans la salle, qu’ils soient anciens ou récents soutiens : Dominique Bussereau, Jean-François Copé, Renaud Donnedieu de Vabres, Dominique Perben, Michèle Alliot-Marie… Mais point de Dominique de Villepin. La volonté de rassemblement prônée par Nicolas Sarkozy s’arrête aux portes de Matignon.

On ne sait pas ce que qu’il a fait durant la réunion publique mais à l’heure où tout le monde quittait la salle de la Mutualité, le Premier ministre et son fils se rendaient au cinéma La Pagode, situé non loin de Matignon. Pour aller voir « La vie des autres ». Ça ne s’invente pas.

David Carzon (avec l’aimable collaboration de 20 Minutes Lille)

vendredi, 09 février 2007

Quand la campagne déblogue à pleins tubes

A voir fonctionner ce blog, il y a quelque chose qui me chiffonne : l’inexistence de débats transversaux et la quasi-absence de la gauche, hormis un jeune militant PS appliqué. Ce blog a été pensé et voulu comme une plateforme « multi-voies » « multi-voix » pour que chacun puisse confronter ses points de vue, ses idées, ses doutes, ses déceptions... Il s’agit pas de convaincre des convertis mais d’éclairer des indécis et de nourrir une soif de débats que nous pouvons ressentir au quotidien jusque dans les colonnes de notre journal.

Je peux comprendre que sur des blogs de militants purs et durs de tous poils, on veuille rester entre soi et qu’on se supporte pas la présence d‚ennemis dont la seule intention est de polluer l’endroit. De la même manière, les supporters de l’OM n’ont pas envie de voir débarquer dans leur café habituel leurs homologues du PSG, venus, non pas pour discuter, mais pour casser des verres. [Attention, amis supporters du PSG ou de l’OM, il s’agit d’une image, il ne faut pas prendre cela au pied de la lettre, j’aurais pu inverser les rôles ou choisir d’autres clubs.]

Ce qui est plus difficile à saisir, c’est cette volonté, presque assumée, de refuser le débat. Sur ce blog présidentielle de 20 Minutes, nous avons fait appel à des politiques pour alimenter les échanges, deux à droite, deux à gauche pour respecter une forme d’équité. Le problème, c’est que, si les deux contributeurs de droite, Quitterie Delmas (UDF) et Laurent Wauquiez (UMP) jouent le jeu, ce n’est pas le cas de l’autre côté. David Assouline (PS) et Stéphane Pocrain (Indépendant) n’ont toujours pas envoyé leur première note. Manque de temps ou d’intérêt?

Autre exemple, lorsque nous avons demandé à Malek Boutih (PS) de reprendre le flambeau, il nous a répondu en substance qu’une présidentielle c’était un « corps à corps ». Résultat, ce blog n’a été alimenté que par des voix de droite, ce qui nous pose des problèmes d’équilibre. [Nous sommes à la recherche de nouveaux contributeurs de gauche en ce moment même].

Ce n’est pas tout. Dans un précédent post, Johan Hufnagel, rédacteur en chef du Web de 20 Minutes, demandait aux militants de gauche de nous « troller », en référence à une consigne interne au PS sur une néthique à respecter durant la campagne. C’était une manière ironique de faire un appel du pied pour que les internautes s’investissent dans le débat de manière un peu plus franche. Sauf que nous avons reçu une réponse très sérieuse de la part d’une socialiste : « Il est hors de question pour nous de donner la réplique à la horde de décérébrés sarkozystes qui pourrissent les forums et les blogs de France depuis plusieurs semaines à coup d'invectives, de copiés-collés et de minables tentatives d'intox. » Moi, ça me laisse sur le cul. Encore une fois, nous ne sommes pas dans un espace militant, mais sur un blog qui se veut ouvert, indépendant. Un endroit où devraient s’échanger des idées entre ceux qui ont des convictions et ceux qui se posent des questions. Comment gagner une campagne électorale quand on n’accepte de parler qu’à ceux qui pensent déjà comme vous ?


Ce malaise n’est pas seulement le fait du blog présidentielle de 20 Minutes. On peut le percevoir plus globalement dans la manière dont les candidats, élus, militants, sympathisants, se sont emparés de cet outil. Pour schématiser, à droite, vous avez l’UMP qui s’en sert pour diffuser sa bonne parole, et à gauche, on l’utilise pour faire remonter les idées. Point commun, il s’agit dans les deux cas d’une utilisation verticale de l’Internet.

Le problème est là : pour la première fois, les politiques et les citoyens ont à leur disposition, un outil transversal qui permet d’interagir, et on ne l’utilise la plupart du temps que dans un seul sens. Cela n’avait pas été le cas en 2005 pour le référendum sur le Traité constitutionnel européen. D’une part parce que les clivages politiques étaient transcendés. D’autre part, car les citoyens étaient à la recherche d’une information qu’ils ne pouvaient pas avoir ailleurs. Le cadre d’une élection présidentielle est forcément différent, mais le besoin d’informations et d’échanges n’en est pas moins important. Tout le monde s’imagine que les moindres idées ou réflexions qui circulent sont par essence partisanes, même sur les blogs collectifs ou sur les wiki qui tentent de donner des clés concrètes aux électeurs. Même si c’était vrai, l’important — contrairement aux blogs personnels — ce ne sont pas ceux qui écrivent, ce sont ceux qui lisent.

medium_carzon.4.jpg

 

jeudi, 08 février 2007

Nicolas Sarkozy sait à qui il s’adresse mais nous, on ne sait plus qui parle

Quand Nicolas Sarkozy va au marché de Rungis ou dans une usine Alstom en Bourgogne, il parle à la France qui se lève tôt, à la France des ouvriers, la France qui travaille, la France qui en bave des ronds de chapeaux pour des clopinettes.


Alors quand Nicolas Sarkozy va à Toulon, ce n’est plus tout à fait la même chose, il doit parler aux militaires, aux anciens des colonies, aux harkis, aux rapatriés, aux électeurs qui avaient jadis porté à l’hôtel de ville un maire Front national. Mais troquer le bleu de travail contre la tunique bleu-blanc-rouge, tout comme jongler entre les casquettes de candidat et de ministre, ça ne le dérange pas vraiment. C’est vrai quoi, si on veut être le président de tous les Français, ou au moins être élu par une majorité d’entre eux, il ne faut pas être à ça près et être capable de se changer plus vite qu’un mannequin Dior lors d’un défilé haute couture.


Prenez sa visite à Toulon mercredi. Le candidat arrive en voiture à l’Arsenal. Une minute plus tard, son statut de candidat disparaît lorsqu’il se présente au pied de la passerelle de la frégate La Fayette, un bâtiment de la Marine française.

 

medium_toulon1.jpgLorsqu’il monte à bord, c’est en effet, le ministre de l’Intérieur qui prend le relais. Pour l’occasion, il est accompagné de Michèle Alliot-Marie, qui porte elle l’uniforme de ministre de la Défense. « La Frégate effectue des missions qui concerne ces deux ministères », nous explique-t-on sur place pour justifier cette visite de l’équipage qui chasse notamment le trafic de stupéfiants dans l’Océan Indien.


La visite commence par une tournée d’inspection des troupes. Serait-ce l’effet du roulis ou justement d’un problème d’ajustement de la casquette, mais tout n’est pas très au « carré » comme on dit chez les militaires. Michèle Alliot-Marie commence à partir sur sa gauche quand elle devrait passer en revue les troupes qui se trouvent à sa droite. Un officier la prend par le bras et la ramène dans le droit chemin. Sarkozy se retrouve derrière tout le monde au moment où les honneurs sont rendus. Un autre officier intervient aussitôt et mine de rien, lui fait de la place rapidement à côté de la ministre de la Défense.


medium_toulon4.2.jpgSur la passerelle de la frégate, ça se complique quand les journalistes sont autorisés à poser des questions. La journaliste de BFMTV demande à s’adresser au ministre des Cultes qui sommeille en Nicolas Sarkozy (oui, le candidat-ministre de l’Intérieur est aussi ministre des Cultes pour compliquer la chose) pour avoir son avis sur la menace de démission du Conseil français du culte musulman suite à la lettre de soutien du candidat Sarkozy (oui je sais c’est compliqué) à Charlie-Hebdo dans le procès des caricatures. Nicolas Sarkozy accepte de répondre, non sans avoir fait remarquer que ce sont les journalistes qui l’ont forcé à changer de casquette. Sauf que dans sa réponse, on ne sait pas vraiment qui s’exprime du candidat ou du ministre.


Fin de la visite sur la frégate. Nicolas Sarkozy se rend sur le porte-avions Le Charles-de-Gaulle, également basé à l’Arsenal de Toulon durant les douze mois par an d'entretien dont le bâtiment fait l’objet, c’est dire si les autres nations peuvent craindre l'intervention de ce fleuron de notre Marine natinale.


Cette fois, il n’y aura pas de caméras, pas de petites phrases, pas de journalistes. C’est le candidat cette fois qui fait cette visite, avec la ministre de la Défense. Serait-ce du favoritisme ? « Non, pas du tout, répond-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Tous les candidats peuvent, s’ils le souhaitent, visiter le Charles-de-Gaulle, pour avoir des informations concrètes sur notre Défense. Mais comme pour Nicolas Sarkozy, ce se fera sans caméras. Cela pourrait être utile à certains pour, par exemple, connaître le nombre de sous-marins nucléaires français en exercice. »


Un peu plus tard, lors de la réunion publique qui a lieu au Zénith, c’est bien le candidat qui est réclamé sur la scène par Michèle Alliot-Marie (pas la ministre de la Défense, mais la militante qui avait failli se présenter à l’investiture UMP pour la présidentielle, elle aussi devant jongler avec les titres sous peine de remontrances élyséennes). Le candidat Sarkozy déboule sous un tonnerre d’applaudissements pour une heure d’un show « spéciale dédicace » à l’électoral local.


Dans une semaine, le ministre de l’Intérieur doit se rendre à la Réunion pour une visite de deux jours. Là encore, il sera difficile de distinguer sa véritable casquette. En tout cas, il y a une chose qui ne change pas : que ce soit le ministre ou le candidat, ce sont les mêmes journalistes qui le suivent.

medium_carzon.4.jpg
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu