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vendredi, 16 février 2007

Sarkozy les pieds dans le cliché


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Photos 1 et 2 Reuters.

Photo 3 AFP 

 

 

«Les campagnes électorales ne sont plus ce qu’elles étaient, on n’oblige plus les gens à venir» accueillir les candidats, assure Nassima Dindar, présidente UMP du conseil général de la Réunion dans une vidéo intitulée «V’la Sarko, la campagne est lancée». Pourtant, le passage de Nicolas Sarkozy dans l’île n’échappe pas aux clichés : comité d’accueil brandissant des pancartes, collier de fleurs à l’aéroport, visages peinturlurés… Une vraie spontanéité ! Sauf que ni les colliers de fleurs, ni le body painting ne font partie des traditions réunionnaises.

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J’ai testé le premier site de rencontre politique (enfin, pas encore)…

A peine débarquée à la rédaction web de 20 minutes, je reçois jeudi, un mail de mon collègue Stéphane, qui s’occupe de la rubrique sport. «Vous en rêviez, écrit-il. Voici un site de rencontre rien que pour vous» et avec, l’adresse dudit site, http://sexycentriste.com, une initiative des jeunes bayrouistes. 

Un clic plus tard, me voici sur une page web au design sommaire qui revendique le statut de «premier site de rencontre politique» et promet: «échangez, rencontrez, mesurez vos affinités politiques avec d'autres utilisateurs et même les candidats à la présidentielle». Wahou! Merci Stéphane, j’en rêvais en effet. 

Poussée par la curiosité ou plutôt - dois-je l’avouer ? - par une conscience professionnelle exacerbée par ma période d’essai contractuelle, je décide de tester la rencontre version jeune UDF. 

Pour bénéficier de ces services altruistes, il faut donc s’inscrire. Soit. Ah ben non, raté, on ne peut pas s’inscrire. Le service est saturé, «victime de son succès», nous dit-on ! 

Bon. Je réessayerai demain…

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Cliché(s)

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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11:30 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wayne, bd, blog, presidentielle, 2007

jeudi, 15 février 2007

Blanc, rouge, noir

Laurent Lécollier est un jeune sympathisant UMP. Il rejoint ce blog pour la durée de la campagne.  Voici son premier billet.

Désireuse d’incarner la nouveauté pendant les primaires au sein du Parti Socialiste et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les militants socialistes, Ségolène Royal joua sur la symbolique des couleurs, en revêtant en toutes circonstances du blanc.Le blanc est la couleur de la pureté, de la vertu (et accessoirement de la monarchie, mais quand on s’appelle Royal…), la couleur rassurante par essence, puisqu’elle est la lumière.Désireuse d’incarner le changement, la naissance, la nouveauté, force est de constater que l’usage du blanc a accompagné la stratégie de Ségolène y compris dans sa posture de victime (le blanc n’était-il pas dans l’antiquité la couleur des vestales, ces prêtresses qui étaient brûlées vives ou enterrées vivantes en guise de sacrifice).

Au travers de cela, Ségolène, signifiait aux français qu’ils pouvaient avoir confiance, que tout irait bien, qu’ils étaient sous sa maternelle protection et qu’elle faisait le don de sa personne à la France dans une attitude héroïque de sacrifice.

Malheureusement l’éblouissante clarté du blanc et ses discours sirupeux n’ont plus suffit à aveugler l’opinion. L’effritement des sondages, l’absence de propositions, les interrogations de plus en plus pressantes de la gauche quant à sa réelle capacité à porter une candidature à l’investiture suprême, l’ont obligée à changer de cap et à donner un coup de barre à bâbord.

Le coup de barre à gauche
Ségolène Royal, alors qu’elle dispose d’une permanence de campagne, Boulevard Saint Germain à Paris, a finalement décidé de faire du siège du Parti Socialiste une vitrine de sa campagne à défaut d’en être le cœur décisionnel. Ensuite, Ségolène modifia l’organigramme de son équipe de campagne en faisant une ouverture aux éléphants du parti. Enfin pour faire face à son absence d’idées originales, de programme et à ses carences coupables sur les sujets portés par un chef de l’Etat (politique internationale, défense,…), elle a repris quasiment mot pour mot la plate-forme programmatique socialiste, dont elle avait toujours dit qu’elle s’en émanciperait.

Le 11 février, à Villepinte, Ségolène Royal devait énoncer ces idées pour la France, faire la synthèse de ses forums participatifs, elle n’a fait que reprendre ce qui avait été écrit par le Parti Socialiste en l’enrobant d’un titre « 100 propositions pour la France » référence de triste mémoire aux « 110 propositions du programme commun de Mitterrand en 1981 ». A la place du blanc, omniprésent des dernières semaines, Ségolène Royal choisit cette fois le rouge, comme couleur symbolique du virage à gauche. C’est donc tout de rouge vêtu, qu’elle s’exprima devant les socialistes dimanche. Quel bel hommage à la gauche que de porter ses couleurs, celles de la rose chère au Parti Socialiste, celles du drapeau frappé de la faucille et du marteau attaché aux racines marxistes de la gauche.

Ce rouge, dont elle s’est revêtue dimanche, se voulait symbole de courage, d’assurance, de passion, de chaleur et il pourrait bien devenir la couleur de ce qu’est au fond  Ségolène, une ambitieuse, impulsive, colérique. Ce rouge qu’arborait Ségolène serait dès lors le 1er signe du danger, de l’agressivité de la candidate socialiste. Ce changement de couleur est un avertissement avant que Ségolène ne revête l’ultime couleur en fin de campagne, le noir. Le noir du dessein qui est le sien, le noir de l’horizon économique qui serait le notre.

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Duhamel, première victime des blogs

C’est l’épitaphe qu’on pourra graver sur la tombe médiatique du chroniqueur multi-cartes. Après avoir annoncé fin novembre, lors d’une rencontre avec des étudiants parisiens de Sciences Po et des jeunes UDF de Paris qu’il avait l’intention de voter François Bayrou, Alain Duhamel a donc été suspendu « jusqu'à la fin de la campagne électorale » par France Televisions aujourd’hui, alors qu’il devait ce soir même, interviewer le candidat UDF à la présidentielle dans l’émission « A vous de juger » sur France 2.

L’affaire en elle-même est aussi étonnante que la manière dont elle a explosé médiatiquement. C’est Guy Birenbaum qui en est en partie à l’origine après une note publiée sur son blog jeudi matin. « La vidéo que vous allez voir m'a été signalée hier soir, explique le journaliste-éditeur. Elle aurait été déposée il y a une semaine sur Dailymotion par les jeunes UDF de Paris. » (NDLR : elle se trouvait sur le blog des jeunes UDF depuis le 5 février). Guy Birenbaum signale qu’au moment où il publie la vidéo en question, elle n’a été vue que 265 fois sur Dailymotion alors qu'elle se trouvait. Une dizaine d’heures plus tard, elle a été regardée à plus de 11000 reprises.

Mais surtout, elle est arrivée jusqu’aux pontes de France Televisions qui ont préféré prendre des sanctions dans la journée. Du jamais vu. On attendait aussi jeudi soir des réactions du côté de RTL, où Alain Duhamel officie. Et Guy Birenbaum aussi. Ambiance.

Le célèbre chroniqueur aura à peu près tout raté dans cette campagne électorale. Après avoir sorti un livre en janvier 2006 sur les prétendants à l’Elysée dans lequel il avait oublié volontairement de citer Ségolène Royal - il l'a ajoutée dans la version poche sortie le mois dernier - le voilà éjecté de la scène médiatique pour avoir soutenu un candidat. On appelle cela l’élection de trop.

Dernière minute : RTL et Duhamel ont décidé d'un commun accord d'interrompre, pendant le temps de la campagne présidentielle, l'éditorial quotidien du journaliste.

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Voici la vidéo en question

 

 

mercredi, 14 février 2007

Défense d'Afficher

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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17:37 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd, presidentielle

Ouverture ouverture

La journée de dimanche était un peu une folle journée politique ! D'un côté Nicolas Sarkozy à la Mutualité, de l'autre Ségolène Royal à Villepinte et pour couronner le tout Jacques Chirac sur Vivement dimanche. Le contraste entre deux approches était intéressant.Le choix de Nicolas Sarkozy a été très clair : le temps des affrontements idéologiques et des vieilles luttes gauche droite est dépassé. Il faut avoir le courage de reconnaître que des bonnes idées existent des deux côtés. C'est ainsi que pendant toute la matinée sont intervenues à la Mutualité des personnalités qui venaient d'horizons différents.

Là, je vous parle des huis clos auxquels les journalistes n'avaient pas accès : des électeurs anciennement indécis, des Français qui avaient renoncé à s'engager politiquement ou des gens de gauche attirés par les propositions de Nicolas Sarkozy.

Il y eut deux témoignages émouvants. Le premier était celui d'un professeur de banlieue qui a exprimé son ras-le-bol. Déçu par le PS et leurs propositions très conservatrices, il a indiqué qu'il était intéressé par les propositions de Sarkozy notamment sur la revalorisation des salaires et le retour à un minimum de respect à l'école. Il fut très applaudi. Le second vint de Véronique Vasseur, une docteur qui avait travaillé dans les prisons et qui est une des premières à avoir tiré la sonnette d'alarme sur la situation inacceptable des prisons dans ce pays. Elle prenait le premier engagement politique de sa vie aux côtés de Nicolas Sarkozy.

De l'autre côté, le discours de la candidate socialiste au cours de la semaine passée s'est durci. J'ai été consterné notamment par son discours sur l'histoire la semaine dernière. Grosso modo, mais je caricature à peine, il y a les bons et les méchants. Les bons sont toujours à gauche, les méchants toujours à droite et dans l'histoire la gauche est toujours du bon côté et la droite toujours du mauvais. Cela sent bon son sectarisme et pour l'historien que je suis c'est encore plus grave car c'est une distorsion de l'histoire assez dramatique. Mais sur le plan politique je suis frappé de voir son évolution. Il y a un mois elle tenait un discours de respect par rapport à tout le monde. Il faut croire que la tolérance ne résiste pas aux mauvais sondages.

En tout cas pour moi, il est indispensable d'ouvrir les fenêtres et de faire rentrer un nouvel oxygène. J'ai travaillé, à la demande de Nicolas Sarkozy d'ailleurs, avec quelqu'un comme Martin Hirsch, président d'Emmaüs, qui est plutôt de sensibilité de gauche et ce fut un de mes travaux les plus intéressants des deux dernières années sur le thème de famille et pauvreté. Il faut faire rentrer de nouvelles idées, être capable de se remettre en cause. C'est le choix qui a été fait par Nicolas Sarkozy. Tant mieux.

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mardi, 13 février 2007

Comme un arrière-goût de complaisance...

Les journalistes de l’audiovisuel public se rebellent. Une quarantaine ont signé lundi un appel pour demander la tenue de « débats contradictoires » entre les différents candidats de la présidentielle. En ligne de mire : « Français, votez pour moi » sur France 3, « J’ai une question à vous poser » sur la chaîne privée TF1 mais aussi bien sûr « A vous de juger » sur France 2 qui fait la part belle aux interrogations directes de «vrais gens » distillés dans le studio. Heureusement, c’est sans compter sur la présence des journalistes qui permettent aux émissions de ne pas tomber dans la complaisance… Enfin presque.

Zoom sur le numéro de la semaine dernière dont Jean-Marie Le Pen était l’invité principal. Le candidat est invité, au début, à commenter des photos d’archives. Pour le leader de l’extrême droite, Arlette Chabot a dégainé une photo hautement compromettante de 1949 où l’on voit Le Pen mineur en Belgique. « Un petit air de Jean Gabin », attaque la directrice de l’information de France 2. En prime time, Le Pen se voit donc offrir sur un plateau un boulevard pour s’épancher sur sa vie de « petit pauvre » et nous rappeler ses premières sensations politiques : l’Indochine, la rencontre avec Poujade, son entrée comme plus jeune député à l’Assemblée nationale. Retord, Arlette Chabot lance : « 1956-2007, c’est pas mal comme carrière ! ». Le Pen la remercie.
 
Il poursuit le déroulé de sa vie en évoquant sa « maison de disque artisanal » qui ne l’a malheureusement pas rendu riche car elle n’était pas sur un « créneau très porteur ». La journaliste acquiesce. Et ne précise pas que la SERP  — c’est son petit nom – publiait des disques de chants de la Wehrmacht.

Arlette Chabot fait passer au quart de tour une photo de Le Pen à l’Assemblée mais s’attarde sur une troisième qui le montre en compagnie de ses filles. A celui qui a « une figure de grand méchant loup », elle demande : « êtes-vous un bon père ? ». Et surenchérit: « êtes-vous un bon grand-père ? ».
 
Après une quatrième photo – du 21 avril 2002 , l’émission prend un tour plus classique pendant un quart d’heure de questions-réponses sur le programme économique et  social. Arlette Chabot observe qu’elle ne voit pas en quoi le dirigeant du FN serait, comme il le proclame, « socialement de gauche ».

Viennent ensuite les questions des « vrais Français » dans le studio ou par webcams interposés. Les interrogations, quoique légitimes, laissent la voie libre au clientélisme populiste. Bien sûr, France 2 a prévu la parade en demandant au très médiatique Hamid Senni, auteur de « De la cité à la City », d’intervenir. Très vite, Le Pen l’interrompt pour lui demander s’il est Français ou étranger. « Français », répond-il. Etranger, rectifie le président du Front national lorsqu’il apprend qu’Hamid a la double nationalité franco-marocaine. Celui-ci bredouille, arguant qu’il n’a pas choisi, qu’on le lui a imposé. Mais Le Pen a le mot de la fin : « Que chacun se sente responsable dans le statut qui est  le sien ! ».

C’est ainsi que d’un plateau de télévision à l’autre, Jean-Marie Le Pen sème ses rengaines avec de moins en moins de contradicteurs à affronter. Et de parler désormais systématiquement, dans ses envolées xénophobo-lyriques, de Monsieur Bitru, nouvelle figure du Français moyen qui se voit doubler par des hordes d’étrangers pour l’acquisition d’un logement.

On l’aura compris, après des années infructueuses de mise à l’index qu’il a su retourner à son avantage, le Front national se voit « normalisé » voire humanisé dans les médias. Pas sûr que la banalisation d’un parti pas comme les autres dans le spectre républicain soit un meilleur rempart que la diabolisation…

 

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Une volonté d'imposer le bipartisme jusque dans les pages locales

Le vrai intérêt de la campagne : sortir des QG et des Etats majors ; le terrain, les marchés où les passants sont étonnamment accueillants ; dépassées les petites phrases habituelles « on ne vous voit que pendant les élections ». Ils sont demandeurs d’informations de fond, de programme, et évidemment d'écoute. 

Suite à deux opérations sur Paris samedi, l'une à Beaubourg, l'autre devant le Conseil d'Etat pour la reconnaissance du vote blanc, j'ai terminé ma journée de terrain par une visite au ministère de la Crise du Logement samedi. Pour assister à une table ronde de l’Autre Campagne. Coller des étiquettes eut été trop facile : des « alters », non des citoyens, en majorité trentenaires qui travaillent, qui parlent du fond, cherchent des pistes et des solutions.Il était assez unique d’entendre parler de François Bayrou à l’ occasion de la table ronde sur les médias animée par un jeune homme d’Acrimed. Signe que le combat porté aujourd’hui par François Bayrou transperce les frontières culturelles. Le point de vue et les propositions de François Bayrou sur les médias.

A ce sujet, à mon niveau de jeune femme engagée, j’ai deux petites expériences qui illustrent bien ce fait. Les médias, consciemment oui consciemment, jouent le jeu du bipartisme.On pourrait croire que le JDD pages IDF, et le Nouvel Obs pages Paris, m’ont fait une fleur en me citant dans des articles concernant la 10ème circonscription. Évidemment, je préfère y être que de ne pas y figurer ! Le titre de l’article du JDD par exemple : « Duel entre médecins ». Voilà à quoi ressemble la politique à Paris : des duels. Dans ces 2 articles, deux de mes compétiteurs bénéficient d’une photo chacun, d’une bio et de grandes colonnes sur leur campagne respectives. Les candidats ne partiront donc pas avec les mêmes armes.
 
Et alors ? Rien de tout cela n’entamera ma volonté de porter les couleurs du Parti Libre auprès de tous mes concitoyens. Et rien de tout cela n’empêchera tous les candidats des petites formations de faire campagne, je pense à Cap21, aux Verts, à Alternative Libérale, aux soutiens de José Bové, au Parti Blanc, et tous les autres…Encore une fois, le miracle d’internet via les blogs nous offre pour la première fois une occasion de rouvrir un espace. Grâce au mien, j’existe par moi-même, pour mes idées, loin des querelles partisanes. Alors, oui, l’espoir est de mise. L’espoir du renouveau des visages, mais aussi des pratiques médiatiques et politiques  !

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Les limites du chiffrage

Ce matin Libération, Le Parisien et France-Soir consacrent leur unes aux coûts des programmes de Royal et Sarkozy. La veille, 20 Minutes avait fourni un chiffrage du programme de Royal (merci à www.debat2007.fr et à sa cellule de chiffrage).

Mesurer le coût des promesses me semble évidemment pertinent, ne serait-ce que pour s’assurer que les mesures préconisées par les candidats ne sont pas fantaisistes et irréalisables.Ce qui est moins pertinent, en revanche, c’est la dérive qui consiste à faire de ces chiffrages des programmes le seul outil capable de départager objectivement les candidats.

Deux raison à cela.

La première, c’est que l’exercice est périlleux. On peut mesurer les coûts d’une réforme, pas toujours ses bénéfices. Des classes de 15 élèves ou des établissements tous dotés d’infirmières, on sait combien ça coûte. Mais ça rapporte combien s’il se révèle qu’au bout du compte une classe d’âge est mieux formée et mieux insérée ? Idem pour l’investissement dans la recherche. Ça coûte ou ça rapporte, d’investir dans la recherche?  Et la prison ? Comment mesurer le bénéfice à venir de mesures permettant à des détenus de se réinsérer?

La difficulté de chiffrer s’exerce aussi d’autres façons. Par exemple, comment anticiper le coût d’une mesure prenant effet dans plusieurs années ? On sait ce que vaut un euro aujourd’hui, mais un euro de 2012 ?

Enfin, beaucoup de mesures mériteraient d’être précisées pour connaître les coûts ou les recettes  qu’elles pourraient entraîner. Exemples: Quand Ségolène Royal préconise davantage d’adultes par classe, entend-elle créer des postes de fonctionnaires ou faire appel aux étudiants bénéficiaires d’allocations autonomie ou d’emploi-parents ? A plusieurs égards Nicolas Sarkozy n’est pas plus précis, par exemple sur ses mesures d’économies qui accompagneraient les baisses d’impôt.

Le second point qui me gêne dans la mise en avant systématique des chiffrages, c’est qu’il occulte tous les autres angles de vue. On ne se demande plus si une mesure est juste ou porteuse de vraies transformations, on se demande combien elle coûte. On ne se demande plus si un projet a une cohérence d’ensemble, on veut savoir s’il a prévu les recettes pour financer ses coûts.

Nécessaire, mais pas suffisant le chiffrage.


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lundi, 12 février 2007

Télé Royalité

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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18:16 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bd, presidentielle

Une nouvelle campagne commence

On attendait Ségolène Royal au tournant ces jours derniers, la disant « affaiblie », « éprouvée » par la multiplication des attaques personnelles. On misait tout sur la date du dimanche 11 février en se disant que cela constituerait un véritable coup d’accélérateur de la campagne présidentielle. Et, même si Nicolas Sarkozy s’est bien chargé de réunir ses comités de soutien dans la salle de la Mutualité, autrement connue pour accueillir les réunions socialistes, cette opération a tourné au flop et les projecteurs sont restés braqués sur le grand événement du jour : la déclinaison du pacte présidentiel socialiste.

En effet, le discours de Ségolène Royal devant près de 10.000 militants et de nombreuses personnalités réunis à Villepinte a résonné comme un souffle nouveau, une impulsion nécessaire, maîtrisée et réussie. Un ton juste, des formules claires, des propositions précises, la candidate m’a paru incarner la « force tranquille » mitterrandienne, portant un formidable espoir lucide et pragmatique.

Parlant tour à tour de la question de la dette de l’Etat, d’environnement, de la famille, de l’éducation, elle a fait sienne la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » alors que, deux heures plus tôt, son adversaire fustigeait l’égalité comme aliénation de l’homme. C’est à cet instant précis que le discours de la candidate s’est profondément inscrit à gauche et que j’ai ressenti une immense fierté de militer pour les mêmes causes humanistes et solidaires.

Déclinant son programme en matière d’environnement, de famille, d’éducation, du système des retraites, de la sécurité sociale professionnelle, elle est apparue aussi bien convaincue que convaincante. Amenée également par la force des choses à préciser ses positions sur les questions internationales, elle n’a pas manqué de rappeler son attachement au continent africain et à la défense des droits de l’homme.

Et comme une ultime défiance au candidat Sarkozy, la présidente de la région Poitou-Charentes a proposé une réforme institutionnelle de grande envergure : la suppression de l’article 49-3 de la Constitution qui permet au gouvernement d’outrepasser les débats parlementaires mais surtout la nomination systématique d’un député de l’opposition à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée Nationale. Que ceux qui taxent Ségolène Royal de démagogie retiennent que son discours de Villepinte fut celui de l’ouverture, de la présentation d’un « pacte présidentiel » fort pour une France juste. En attendant ses futures propositions sur la justice, la fiscalité et la lutte contre les discriminations, ce premier volet est particulièrement enthousiasmant et le discours apparaît réussi.

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dimanche, 11 février 2007

Santini pense comme Bayrou, mais veut agir avec Sarkozy

Le meilleur ennemi de Bayrou, c’est André Santini. Guest-star du meeting des comités de soutien à Nicolas Sarkozy dimanche à la Mutualité, le député-maire UDF d’Issy-les-Moulineaux est venu sur scène pour exposer son ralliement au candidat de l’UMP. Et pour expliquer pourquoi la candidature de François  Bayrou est vouée à l’échec. André Santini est même allé jusqu’à annoncer le ralliement obligé de Bayrou. Même si les mots étaient choisis, la charge a été violente. Jugez plutôt.


« Nous sommes quelques-uns à nous interroger sur l’avenir d’un Centre qui double la gauche par la gauche (…) Il y a bien sûr quelque chose de sympathique dans cette démarche [celle de Bayrou, ndlr] ; il y a un courage évident à vouloir bouleverser les lignes (…) C’est un dessein éminemment respectable de vouloir renverse la table, comme on dit. Et nous aurions tort de railler cette démarche, d’insulter les hommes qui la portent et qui demain nous rejoindront. Simplement, elle me paraît vouée à l’échec parce qu’il n’y a pas assurément une majorité de Français pour la soutenir et qu’il n’y a pas une majorité de responsables politiques qui y soient sensibles (…) Imaginons un seul instant qu’une telle démarche soit plébiscitée par les Français. Comment, concrètement, la mettre en œuvre au gouvernement ? Avec qui ? Avec quelle majorité à l’Assemblée ? Cette démarche est intellectuellement satisfaisante. Elle est pratiquement inefficace. » L’intéressé appréciera la démonstration.


On nous avait annoncé nombre de ralliements d’ouverture à Sarkozy ce dimanche et certains noms de gauche comme Jean-Marie Bockel, avaient même circulé. Finalement, l’ouverture à gauche n’est pas allée plus loin que le centre droit avec Santini et Christian Blanc. Si cela n’est pas une révolution dans la campagne de Sarkozy, ce peut être un coup dur dans celle de Bayrou.


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Villepin se rassemble tout seul

Où était Villepin alors que toute la droite se réunissait à la salle de la Mutualité dimanche ? Personne ne s’est posé la question, et surtout tout le monde s’en foutait un peu. Le pire, c’est qu’une grande partie du gouvernement actuel était présent dans la salle, qu’ils soient anciens ou récents soutiens : Dominique Bussereau, Jean-François Copé, Renaud Donnedieu de Vabres, Dominique Perben, Michèle Alliot-Marie… Mais point de Dominique de Villepin. La volonté de rassemblement prônée par Nicolas Sarkozy s’arrête aux portes de Matignon.

On ne sait pas ce que qu’il a fait durant la réunion publique mais à l’heure où tout le monde quittait la salle de la Mutualité, le Premier ministre et son fils se rendaient au cinéma La Pagode, situé non loin de Matignon. Pour aller voir « La vie des autres ». Ça ne s’invente pas.

David Carzon (avec l’aimable collaboration de 20 Minutes Lille)

vendredi, 09 février 2007

François Bayrou, tout reste à faire

"François Bayrou jusqu'où ?" se demande «L'Express» de cette semaine, accréditant la thèse de l'ascension sans limite du président de l'UDF. L'histoire électorale et l'analyse des sondages nous semblent pourtant appeler des jugements plus nuancés.Il ne s'agit pas de nier une progression régulière et indiscutable : de 8-9% à la fin de l'année dernière, l'élu béarnais est monté à 13-14% aujourd'hui.

Mais de rappeler que ce niveau n'a rien d'exceptionnel pour une candidature de centre droit, que l'on se réfère aux scrutins les plus récents (12% pour l'UDF aux dernières européennes) ou plus anciens (près de 16% pour Raymond Barre à l'élection présidentielle de 1988).

A ce stade, François Bayrou réussit donc bien le rassemblement de la sensibilité démocrate-chrétienne, sans aller au-delà. C'est grâce à la mobilisation de son camp (70% d'intentions de vote des sympathisant UDF dans la dernière enquête Ipsos) qu'il obtient aujourd'hui des scores bien meilleurs qu'en 2002 (entre 4 et 6% à la même époque, avec le soutien de seulement 20% de l'électorat UDF).

En revanche, l'attraction de sa candidature sur l'électorat socialiste reste contenue. En moyenne, un sympathisant PS sur dix dans les enquêtes d'opinion exprime aujourd'hui une tentation Bayrou.

Pour François Bayrou finalement, tout commence maintenant. Soit il parvient vraiment à transcender le clivage gauche-droite pour espérer porter le centre à des niveaux électoraux inégalés, soit il est "victime" des logiques de politisation et de mobilisation de chaque camp, au fil de la radicalisation probable de la campagne ; il devra alors se contenter de se situer au mieux au plafond traditionnel de l'UDF.

•• Au regard des logiques électorales qui ont prévalu par le passé, c'est vers cette dernière hypothèse, celle d’un plafonnement, que nous penchons ••

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17:00 Publié dans Le Fil | Lien permanent | Commentaires (7)

Happy Hour

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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Quand la campagne déblogue à pleins tubes

A voir fonctionner ce blog, il y a quelque chose qui me chiffonne : l’inexistence de débats transversaux et la quasi-absence de la gauche, hormis un jeune militant PS appliqué. Ce blog a été pensé et voulu comme une plateforme « multi-voies » « multi-voix » pour que chacun puisse confronter ses points de vue, ses idées, ses doutes, ses déceptions... Il s’agit pas de convaincre des convertis mais d’éclairer des indécis et de nourrir une soif de débats que nous pouvons ressentir au quotidien jusque dans les colonnes de notre journal.

Je peux comprendre que sur des blogs de militants purs et durs de tous poils, on veuille rester entre soi et qu’on se supporte pas la présence d‚ennemis dont la seule intention est de polluer l’endroit. De la même manière, les supporters de l’OM n’ont pas envie de voir débarquer dans leur café habituel leurs homologues du PSG, venus, non pas pour discuter, mais pour casser des verres. [Attention, amis supporters du PSG ou de l’OM, il s’agit d’une image, il ne faut pas prendre cela au pied de la lettre, j’aurais pu inverser les rôles ou choisir d’autres clubs.]

Ce qui est plus difficile à saisir, c’est cette volonté, presque assumée, de refuser le débat. Sur ce blog présidentielle de 20 Minutes, nous avons fait appel à des politiques pour alimenter les échanges, deux à droite, deux à gauche pour respecter une forme d’équité. Le problème, c’est que, si les deux contributeurs de droite, Quitterie Delmas (UDF) et Laurent Wauquiez (UMP) jouent le jeu, ce n’est pas le cas de l’autre côté. David Assouline (PS) et Stéphane Pocrain (Indépendant) n’ont toujours pas envoyé leur première note. Manque de temps ou d’intérêt?

Autre exemple, lorsque nous avons demandé à Malek Boutih (PS) de reprendre le flambeau, il nous a répondu en substance qu’une présidentielle c’était un « corps à corps ». Résultat, ce blog n’a été alimenté que par des voix de droite, ce qui nous pose des problèmes d’équilibre. [Nous sommes à la recherche de nouveaux contributeurs de gauche en ce moment même].

Ce n’est pas tout. Dans un précédent post, Johan Hufnagel, rédacteur en chef du Web de 20 Minutes, demandait aux militants de gauche de nous « troller », en référence à une consigne interne au PS sur une néthique à respecter durant la campagne. C’était une manière ironique de faire un appel du pied pour que les internautes s’investissent dans le débat de manière un peu plus franche. Sauf que nous avons reçu une réponse très sérieuse de la part d’une socialiste : « Il est hors de question pour nous de donner la réplique à la horde de décérébrés sarkozystes qui pourrissent les forums et les blogs de France depuis plusieurs semaines à coup d'invectives, de copiés-collés et de minables tentatives d'intox. » Moi, ça me laisse sur le cul. Encore une fois, nous ne sommes pas dans un espace militant, mais sur un blog qui se veut ouvert, indépendant. Un endroit où devraient s’échanger des idées entre ceux qui ont des convictions et ceux qui se posent des questions. Comment gagner une campagne électorale quand on n’accepte de parler qu’à ceux qui pensent déjà comme vous ?


Ce malaise n’est pas seulement le fait du blog présidentielle de 20 Minutes. On peut le percevoir plus globalement dans la manière dont les candidats, élus, militants, sympathisants, se sont emparés de cet outil. Pour schématiser, à droite, vous avez l’UMP qui s’en sert pour diffuser sa bonne parole, et à gauche, on l’utilise pour faire remonter les idées. Point commun, il s’agit dans les deux cas d’une utilisation verticale de l’Internet.

Le problème est là : pour la première fois, les politiques et les citoyens ont à leur disposition, un outil transversal qui permet d’interagir, et on ne l’utilise la plupart du temps que dans un seul sens. Cela n’avait pas été le cas en 2005 pour le référendum sur le Traité constitutionnel européen. D’une part parce que les clivages politiques étaient transcendés. D’autre part, car les citoyens étaient à la recherche d’une information qu’ils ne pouvaient pas avoir ailleurs. Le cadre d’une élection présidentielle est forcément différent, mais le besoin d’informations et d’échanges n’en est pas moins important. Tout le monde s’imagine que les moindres idées ou réflexions qui circulent sont par essence partisanes, même sur les blogs collectifs ou sur les wiki qui tentent de donner des clés concrètes aux électeurs. Même si c’était vrai, l’important — contrairement aux blogs personnels — ce ne sont pas ceux qui écrivent, ce sont ceux qui lisent.

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jeudi, 08 février 2007

Les intentions ne sont pas des votes :

Comme d’habitude les sondages sont sur la sellette; comme d’habitude ils sont au banc des accusés avec un nouveau prévenu, les médias, accusés de bipolariser la vie politique française; et pourtant plus qu’à leur habitude, ils scandent les hauts et les bas de la campagne présidentielle. Le débat public est devenu cette course de chevaux avec pronostics, handicaps et écuries présidentielles, que dénoncent les politologues américains.

Un candidat grimpe d’un point et ça y est : sa campagne prend, une candidate perd trois points et elle patine, voire décroche. Et si d’aventure les scores du 22 avril diffèrent des intentions du 21, les sondeurs se seront encore plantés. Petits rappels des raisons pour lesquels les sondages ne peuvent donner le « vrai résultat ».

D’ordinaire, le petit théâtre politico-médiatique ne se joue que devant une salle à moitié vide. L’opinion a d’autres choses à penser que suivre les rebondissements, les dialogues et les intrigues de la scène électoral : près d’un Français sur deux ne s’intéressent pas à la politique. Par conséquent, les intentions de vote jusqu’à six mois d’une présidentielle ne veulent rien dire : la majorité des citoyens ne savent ni qu’il y a une élection et qui sont les candidats.

Par conséquent la campagne électorale est, avant même d’être un moyen de choisir entre les candidats, une séance de bachottage pour les électeurs distraits. Et quand on révise, on change d’avis. Aujourd’hui, les intentions de vote paraissent figer, avec Royal et Sarkozy loin devant, Bayrou et Le Pen qui se dispute la médaille de bronze et une flopée de candidats qui lutte pour atteindre les 5%. Si variation il y a elles sont somme toute limitées. De même 49% des électeurs sondés par CSA se disent « certains de leur choix », ils sont même 61% pour Jean-Marie Le Pen. Dès lors on parle déjà de tiercé gagnant, on parle de cristallisation du choix, c’est imprudent.


Parce que dans la troisième vague du BPF mené par le CEVIPOF, on constate par exemple que près d’un électeur Royal ou Sarkozy sur deux pourrait «probablement voter» pour un autre candidat, et cette proportion s’élève à deux sur trois dans l’électorat de Le Pen, pourtant le plus sûr de son choix… Il faut tenir de plus en plus compte des indécis, de ces électeurs en session de rattrapage qui finalement ne savent encore ni s’ils vont voter, ni pour qui.

Leur proportion a augmenté régulièrement dans les dernières décennies: en 1988, 8,5% des personnes interrogées déclaraient avoir choisi le candidat pour qui ils allaient voter pendant la campagne et 11% au « dernier moment », en 1995 elles étaient respectivement 22,5% et 21,5%, en 2002, 21% et 21%. Et ça, les sondages le mesurent finalement très mal tout simplement parce qu’il est des comportements qu’on a du mal à admettre face à un intervieweur : difficile de dire qu’on ne veut pas remplir son devoir civique, difficile de paraître encore hésitant, difficile de dire « Jean-Marie Le Pen ».

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Nicolas Sarkozy sait à qui il s’adresse mais nous, on ne sait plus qui parle

Quand Nicolas Sarkozy va au marché de Rungis ou dans une usine Alstom en Bourgogne, il parle à la France qui se lève tôt, à la France des ouvriers, la France qui travaille, la France qui en bave des ronds de chapeaux pour des clopinettes.


Alors quand Nicolas Sarkozy va à Toulon, ce n’est plus tout à fait la même chose, il doit parler aux militaires, aux anciens des colonies, aux harkis, aux rapatriés, aux électeurs qui avaient jadis porté à l’hôtel de ville un maire Front national. Mais troquer le bleu de travail contre la tunique bleu-blanc-rouge, tout comme jongler entre les casquettes de candidat et de ministre, ça ne le dérange pas vraiment. C’est vrai quoi, si on veut être le président de tous les Français, ou au moins être élu par une majorité d’entre eux, il ne faut pas être à ça près et être capable de se changer plus vite qu’un mannequin Dior lors d’un défilé haute couture.


Prenez sa visite à Toulon mercredi. Le candidat arrive en voiture à l’Arsenal. Une minute plus tard, son statut de candidat disparaît lorsqu’il se présente au pied de la passerelle de la frégate La Fayette, un bâtiment de la Marine française.

 

medium_toulon1.jpgLorsqu’il monte à bord, c’est en effet, le ministre de l’Intérieur qui prend le relais. Pour l’occasion, il est accompagné de Michèle Alliot-Marie, qui porte elle l’uniforme de ministre de la Défense. « La Frégate effectue des missions qui concerne ces deux ministères », nous explique-t-on sur place pour justifier cette visite de l’équipage qui chasse notamment le trafic de stupéfiants dans l’Océan Indien.


La visite commence par une tournée d’inspection des troupes. Serait-ce l’effet du roulis ou justement d’un problème d’ajustement de la casquette, mais tout n’est pas très au « carré » comme on dit chez les militaires. Michèle Alliot-Marie commence à partir sur sa gauche quand elle devrait passer en revue les troupes qui se trouvent à sa droite. Un officier la prend par le bras et la ramène dans le droit chemin. Sarkozy se retrouve derrière tout le monde au moment où les honneurs sont rendus. Un autre officier intervient aussitôt et mine de rien, lui fait de la place rapidement à côté de la ministre de la Défense.


medium_toulon4.2.jpgSur la passerelle de la frégate, ça se complique quand les journalistes sont autorisés à poser des questions. La journaliste de BFMTV demande à s’adresser au ministre des Cultes qui sommeille en Nicolas Sarkozy (oui, le candidat-ministre de l’Intérieur est aussi ministre des Cultes pour compliquer la chose) pour avoir son avis sur la menace de démission du Conseil français du culte musulman suite à la lettre de soutien du candidat Sarkozy (oui je sais c’est compliqué) à Charlie-Hebdo dans le procès des caricatures. Nicolas Sarkozy accepte de répondre, non sans avoir fait remarquer que ce sont les journalistes qui l’ont forcé à changer de casquette. Sauf que dans sa réponse, on ne sait pas vraiment qui s’exprime du candidat ou du ministre.


Fin de la visite sur la frégate. Nicolas Sarkozy se rend sur le porte-avions Le Charles-de-Gaulle, également basé à l’Arsenal de Toulon durant les douze mois par an d'entretien dont le bâtiment fait l’objet, c’est dire si les autres nations peuvent craindre l'intervention de ce fleuron de notre Marine natinale.


Cette fois, il n’y aura pas de caméras, pas de petites phrases, pas de journalistes. C’est le candidat cette fois qui fait cette visite, avec la ministre de la Défense. Serait-ce du favoritisme ? « Non, pas du tout, répond-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Tous les candidats peuvent, s’ils le souhaitent, visiter le Charles-de-Gaulle, pour avoir des informations concrètes sur notre Défense. Mais comme pour Nicolas Sarkozy, ce se fera sans caméras. Cela pourrait être utile à certains pour, par exemple, connaître le nombre de sous-marins nucléaires français en exercice. »


Un peu plus tard, lors de la réunion publique qui a lieu au Zénith, c’est bien le candidat qui est réclamé sur la scène par Michèle Alliot-Marie (pas la ministre de la Défense, mais la militante qui avait failli se présenter à l’investiture UMP pour la présidentielle, elle aussi devant jongler avec les titres sous peine de remontrances élyséennes). Le candidat Sarkozy déboule sous un tonnerre d’applaudissements pour une heure d’un show « spéciale dédicace » à l’électoral local.


Dans une semaine, le ministre de l’Intérieur doit se rendre à la Réunion pour une visite de deux jours. Là encore, il sera difficile de distinguer sa véritable casquette. En tout cas, il y a une chose qui ne change pas : que ce soit le ministre ou le candidat, ce sont les mêmes journalistes qui le suivent.

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mercredi, 07 février 2007

Prologue

 
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16:45 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : presidentielle, bd, blog

Bayrou : le troisième homme introuvable (en ligne)

Il y a une dizaine de jours, il était impossible de passer à coté de François Bayrou. Un moment habituel de la campagne : un des deux candidats de premier rang connaît une période de creux, quelques mois avant l’élection, c’est donc le moment de se poser la question du fameux troisième homme. Nous avons donc eu droit à des couvertures et des articles de presse qui mélangeaient allègrement quelques verbatims à du doigt mouillé pour nous expliquer que, peut-être, François Bayrou pourrait créer la surprise. Bien sûr, il y a les sondages : Ségolène perd quelques points, François en gagne quelques uns. Mais à quelle réalité profonde correspond ce mouvement ? Nul  ne le sait.

 Il paraît que c’est sur internet que François Bayrou a les moyens de faire son beurre. Peut-on glaner, dans les blogs, quelques indices d’un tel mouvement, quelques signes de ralliement ? Je suis parti à la recherche des dissidents, de ceux qui frémissent, qui hésitent à pencher pour le centriste, ou de ceux qui refusent au contraire de se laisser emporter par « la tentation Bayrou ». Et je n’ai pas été déçu.

Le constat, tout d’abord, est assez simple : je n’ai pas trouvé un seul blogueur « de droite » qui se pose la question du vote pour le béarnais. S’il existe une forte blogosphère de droite qui reste critique à l’égard de Sarkozy, elle est essentiellement constituée de chiraquiens patentés, de gaullistes irréductibles ou de villepinistes, qui semblent encore espérer la candidature de l’actuel président (ou de son premier ministre ?). L’alternative au vote Sarkozy semble plutôt être le suicide politique que le ralliement à Bayrou.

Il faut donc chercher à gauche. 

Les regards se tournent naturellement vers les soutiens de DSK. Il se murmure que ce sont de ces supporters de Strauss-Kahn qui ont lancé une pétition de soutien à Bayrou (signée les socialistes anonymes, quel courage !), sans que l’on ne puisse confirmer quoi que ce soit. L’impact aura donc été assez réduit par l’anonymat des émetteurs. Les blogueurs strauss-kahniens les plus connus, comme Christophe Grébert de monputeaux ou Guillermo de Radical Chic, font toujours dans le soutien ferme à Ségolène. L’un dans un registre militant classique, l’autre par une explication froide et sans enthousiasme excessif  : « de mon côté, on m'a tellement fait le coup du frémissement, alimenté d'anecdotes super représentatives ("J'ai toujours voté à gauche. Cette fois, je vote pour vous. Bonsoir") que je m'étonne que d'autres puissent quand même s'embarquer la dedans. ». Même Fraise des bois, qui chronique son expérience des débats participatifs avec beaucoup de recul critique par rapport à la « littérature officielle du parti », ne passe pas la ligne jaune de la dissidence.

Alors, hormis quelques anonymes, tout le monde au garde à vous derrière Ségolène dans le camp socialiste ? Pas de dissidence, de prise de recul ? Certes non. Mais il faut chercher loin, en profondeur, pour trouver du socialiste dissident, de l’ex-électeur de Jospin qui avoue sa préférence pour Bayrou. Des figures de la blogosphère sont sur le point de céder. Laurent Gloaguen, qui se dit de gauche, résiste encore : il n’est pas séduit par le candidat. XIII, en revanche, relève avec un certain enthousiasme les sondages qui scandent la montée du béarnais. Des frémissements, des choix ni blancs ni noirs : serait-ce qu’on ne soutient pas un centriste avec la même ferveur qu’un autre ancré dans un camp ?

 

Et puis il y a l’énigme : les ralliements de Fabiusiens, que l’on rapporte ici ou là. Oh, pas des ralliements façon allégeance. Pas des ralliements de soutien, pour faire campagne, mais des analyses froides de Fabiusiens qui avoueraint leur préférence pour Bayrou plutôt que pour la poitevine. On s’interroge. Machisme ? Folie ? Calcul machiavélique ? Non, c’est finalement plus simple, et c’est Edgar qui s’explique :

 
Mettons que j'aie envie de voter utile. Il y a quatre candidats qui peuvent passer : Sarko, Ségo, Bayrou et Le Pen. Le Pen jamais, Sarko, seulement s'il est en face de Le Pen ; restent deux candidats : Ségo et Bayrou. Les deux ont voté oui à ma connaissance, et celui qui a eu les termes les plus respectueux et intelligents sur le non ce n'est pas Ségo c'est Bayrou.

 

On se prend à espérer avoir enfin trouvé le socialiste dissident. Las. Malgré cette brillante démonstration, Edgar avoue : « disons qu'entre deux candidats sérieux pour le deuxième tour je choisis le plus à gauche.».

 
Chou blanc donc. Je n’ai donc pas trouvé un seul traître, tourneur de veste ou converti heureux qui s’assume. Le néo-bayrouiste de gauche se fait tellement discret qu’on ne le trouve point.

 
En guise de thermomètre, on imagine que les équipes de l’UDF préfèreront les sondages. 

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De l’électeur pris en compassion…

Le premier a en user fut Nicolas Sarkozy, dans «A vous de juger» «J'ai une question à vous poser» lundi soir sur TF1. Vers 22h30, un jeune Français d’origine maghrébine et visiblement pas anti-Sarko interroge le ministre candidat sur les comportements policiers à l’encontre de types comme lui, décrivant ce jour où il fut victime d’insultes. Réponse du ministre de l’Intérieur :   

-    «Vous savez ce qu’on va faire, au pot après l’émission, vous me donnerez tous les détails sur votre interpellation, et si cela s’avère vrai, on va le régler votre problème».

Pour être tout à fait honnête, le ministre-candidat avait déclaré que «pas un abus de police n’avait pas été sanctionné» et qu’il avait «même interdit le tutoiement» durant sa présence place Beauvau. 

Environ dix heures plus tard, vers 9h45, ce fut au tour de Dominique Bussereau de recycler la méthode. Lors de l’émission «Interactif», une auditrice de France Inter alerte le ministre de l’Agriculture sur l’impunité d’un de ses voisins éleveur porcin, dont le caractère extensif de l’entreprise mettait en danger l’écosystème du site. Bis repetita, pour le ministre, qui évacuait la question d’un :   

  - «hors-antenne, vous me donnerez les coordonnées précises de cette entreprise et nous règlerons l’affaire», avant d’ajouter tout de même un «même si je n’encourage pas la délation»…

   
Alors, extension du domaine de la compassion en politique, ou clientélisme à la sauce médiatique?

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Musiques maestro!

La présidentielle en France, c’est un peu comme l’Eurovision. Quand on est candidat, il faut accepter de se plier à la tradition de l’hymne kitsch. Outre-Rhin, les militants de la CDU communiaient avec Angela Merkel sur  «Angie», des Rolling Stones. En France, ceux de l’UMP pourront vibrer sur «Allez Sarko ohoho !», écrite et composée par Nicolas Luciani. Un hymne aux paroles puissantes et percutantes: «Sarko ohoh! Sarko à l'Elysée oh! Sarko ohoh! Go! Go! Ségo K.O.!! Sarko ohoh! Des lendemains toujours plus beaux…»«Et Chirac maintenant» de 1981, ou le «Strauss-Kahn y va gagner» de la dernière primaire socialiste. Pas forcément pire que le

Au PS justement, comme pour son programme, Ségolène attend (peut-être consulte-t-elle Cali?). Mais les jeunes militants ont déjà pensé à leur candidate et lui ont écrit «Une rose, un projet, une femme», sur l’air de la chanson d’Ilona –mais si, celle qui fait «un oiseau, un enfant, une chèvre…».

L’année dernière, Nicolas Sarkozy avait, lui,  eu droit à son rap semi-officiel avec «Mon pays France», qui avait inondé de nombreuses boîtes mails avant d’être hébergé sur le site de l’UMP. Le parti poursuit d’ailleurs son opération séduction de la jeunesse. Le site DiscoSarko.com – qui permet de faire danser le ministre de l’Intérieur sur Stayin’ Alive ou Chaud Cacao, mais aussi de recevoir une newsletter envoyée par un groupe de soutien à Nicolas Sarkozy – a reçu la bénédiction de l’intéressé himself. Selon le Guardian, il aurait quand même demandé son avis à Cécilia. Au cas où.


Mais au-delà de toutes ces opérations flirtant de près ou de loin avec la com’, on trouve une mine d’artistes inspirés par la campagne. Des artistes comme… les Musclés. Oui, oui, Bernard Minet, Framboisier et les autres de la glorieuse époque du Club Dorothée, qui avaient connu les sommets avec «La merguez party». Et bien, ils reviennent avec «Nicolas et Ségolène». Le titre fait un carton sur Dailymotion et un single est même disponible. Les Ignobles du Bordelais ont eux choisi un autre couple, «Nicolas et Cécilia», réunis dans un clip réalisé avec des oursons gélifiés. Il y a aussi William Berg, «raide dingue» de Ségolène ou le reggae de Khalifa, qui s’en prend aussi bien au «beau tailleur» de l’une qu’aux «jets de haine de l’autre».


Autre artiste engagé, Bernie Bonvoisin. Le chanteur culte de Trust – qui a fait son retour en 2006, notamment avec le titre Sarkoland – a choisi de soutenir un autre rebelle: François Bayrou. Malheureusement, pas de chanson de Trust en cours de composition pour l’UDF. Ça aurait eu de la gueule, non? A la place, François Bayrou a le droit à un détournement d'une chanson de K-maro.

Allez une dernière fois, pour la route «Sarko ohoh! Sarko à l'Elysée oh! Sarko ohoh!».

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mardi, 06 février 2007

François Bayrou ou le Tour de France tranquille

L’anti-people, l’anti-paillette, l’homme qui ne se rend jamais aux avant-premières, qui n’est jamais dans les feuilles de choux des célébrités, c’est bien lui.Pendant que certains font tourner à plein régime la campagne poubelle, lui continue depuis septembre dernier, dans le plus grand silence, son tour de France. Deux déplacements par semaine. Dans chaque ville, dans chaque village, des visites d’entreprises, des réunions publiques, des rencontres avec des étudiants, des chercheurs, des mamans… Pas de grands médias nationaux qui le suivent, un déjeuner presse avec les quotidiens locaux, régionaux. Il s’imprègne de la vie des gens, il répond, il est accessible. Loin de Paris, de son cabinet, de son agenda, toutes ces petites choses qui vous étouffent un personnage. Il a trouvé le rythme, l’équilibre.
Il est serein.

Bon du coup, je le vois plus. Mais pas question de quitter Paris et le QG.

Et puis moi contrairement à lui je suis parisienne, et j’aime cette ville.

Et moi, son cheminement je le vois de Paris. Je le vis à Paris.
Mi blogosphère-mi marchés.

Mes « nouveaux » amis de la blogosphère parient tous sur un Bayrou au 2e tour, je reçois des mails encourageants de connaissances de l’UMP et du PS, et sur les marchés, les passants nous demandent le tract « François Bayrou ».

Alors il est clair qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus profond que les sondages qui sont pourtant unanimes sur l’ascension de François Bayrou. J’attends avec impatience la sortie des projets portés par les candidats et non par les partis. C’est à ce moment-là que les vrais choix se feront. Et que c’est sur le fond que nous serons amenés à nous prononcer.

A 29 ans, je n’ai jamais connu de programme électoral depuis que je suis née. Le dernier réel programme a été porté par François Mitterrand en 1981 avec ses 110 propositions. Depuis rien, que de la com’, que des promesses, que des constats (« la fracture sociale » de Chirac). Jamais de propositions, jamais d’engagements.

Mon choix de l’indépendance, de la séparation des pouvoirs, de la 6e République est déjà fait. J’attends de voir les budgets chiffrés des uns et des autres pour avoir un avis objectif sur le fond. J’attends de voir qui chargera encore un peu plus notre barque sur la dette publique. Ça, ce sera pour moi impardonnable.

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lundi, 05 février 2007

Ombres et lumières

Je vais être clair. Apparemment, je suis comme 70% des Français, ce début de campagne ne me satisfait pas. Trop d'attaques personnelles, trop de coups en dessous de la ceinture, pas assez de débats sur le fond. Soyons honnêtes : il y a des francs tireurs dans les deux camps et j'ai bien en tête quelques noms dans notre famille politique qui préfèrent tirer sur les autres plutôt que de faire des propositions. Mais je suis mal à l'aise actuellement avec la stratégie du PS. Que se passe-t-il ? Ils nous disent qu'ils attendent les résultats de leurs débats participatifs et que donc ils ne peuvent rien dire sur le fond — je ferai prochainement un point là-dessus. A moins de trois mois du premier tour, c'est un peu prendre les gens pour des cons. On commence à écouter les électeurs juste avant les élections et, alors qu'ils ont eu cinq ans pour présenter leur programme, ils ne sont pas fichus de dire où ils en sont. Trop facile. Mais surtout cela fait qu'il est impossible pour l'instant d'avoir un débat.

Un exemple. Jeudi, j'ai fait un débat sur France Inter contre Jack Lang. Cela m'a beaucoup fait rire, c'était ma marionnette préférée au Bébette show ! Mais pour le reste, je suis reparti très déçu. Grosso modo à chaque fois qu'il y avait une question de fond, j'expliquais nos propositions (refonte de la carte scolaire, vrais moyens au niveau des ZEP, refonte des bourses pour mieux répondre aux classes moyennes, dynamisation de nos campus universitaires etc). Et lui répondait : «on attend les résultats de notre débat participatif». Du coup, pour meubler le temps, il flinguait le bilan des cinq années passées sur le thème «nous étions parfaits, vous avez tout cassé». C'est un peu simpliste !

Le résultat, c'est que pour meubler le temps en attendant le soit-disant grand soir du 11 février, je trouve qu'ils font les poubelles pour éviter d'avoir à parler de leurs propositions. Dernier exemple en date, la soit-disante fiche RG sur le type de Greenpeace. Je ne me souviens même plus de son nom. La fiche a été commandée en 1997 par Jospin, il n'y a rien dedans et en plus, malgré toute l'estime, que j'ai pour cette organisation, il faut quand même reconnaître que ce n'est pas un perdreau de l'année et qu'ils ont organisé plusieurs manifestations ultraviolentes.

En tout cas, vivement que la candidate socialiste mette enfin des propositions sur la table pour que le débat puisse avoir lieu des deux côtés.

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Trollez-nous !

Lu via Ecrans.fr, ce rappel à l’ordre du PS sur une campagne pleine de «Nethique pour les “colleurs d’affiches” du PS et Désirs d’avenir». Il s’agit, lit-on, de «suivre un certain nombre de règles de bonne conduite qui, dans le jargon du net, peuvent se résumer à la formule “ne vous comportez pas comme un ‘troll‘.

Je me suis récemment demandé pourquoi les e-militants socialistes, et de gauche plus généralement, n’étaient pas visibles dans les commentaires sur ce blog et le site de 20minutes. Peut-être que cette note en est l’explication.

Alors que ceux proches de l’UMP ou de l’UDF font bien sentir leur présence. Un ancien militant du parti de Sarkozy me racontait même que dans sa section, il y avait toujours un ou deux militants chargé d’aller prêcher la bonne parole sur les forums. Les militants du PS ont-ils suivi les conseils de trop près ? Préfèrent-ils rester entre eux ou bien mener une campagne de corps à corps et ne répondre aux attaques que par des «ripostes en ligne face à des campagnes organisées de calomnie ou de diffamation, pour rétablir les faits. »

Et s’il y avait un juste milieu entre l'absence et la risposte?

 

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Douste-Blazy défend Sarkozy

 Surtout, ne demandez pas à Philippe Douste-Blazy si son livre «Des affaires pas si étrangères» est son testament au Quai d’Orsay, la question, même prononcée avec un sourire, ne le fait pas rire. Car, visiblement, il a pris goût à la diplomatie et compte bien, si son poulain l’emporte, demeurer ministre des Affaires étrangères.

Ne lui demandez pas non plus si ses débuts difficiles au Quai d’Orsay le porte à l’indulgence sur les bourdes de Ségolène Royal, il fait semblant de ne pas comprendre la question…

Si, en revanche vous lui demandez de commenter la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, il le fait avec plaisir. Reçu à déjeuner, lundi, par l’association de la presse diplomatique française à l’occasion de la sortie de son livre, le ministre a défendu corps et âmes le candidat de l’UMP à la présidentielle: «on dit que Nicolas Sarkozy est atlantiste et pro-israélien. C’est une caricature. Sur la politique intérieure aussi on l’avait caricaturé en ultra-libéral. Aujourd’hui c’est lui qui s’adresse le plus aux pauvres. Sur la politique étrangère, vous allez voir, il va évoluer…». Après avoir évoqué – invoquer Jaurès, Nicolas Sarkozy revendiquera-t-il bientôt la filiation Villepin ?
 

 

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vendredi, 02 février 2007

Le paradoxe Le Pen

Tous les indicateurs montrent que Jean-Marie Le Pen reste sur une dynamique politique favorable. Plus d'un Français sur quatre se dit «d'accord avec ses idées». Mesuré aujourd’hui entre 11% et 14% dans les intentions de vote, il atteint des niveaux supérieurs à ceux enregistrés en janvier 2002 (entre 8 et 11%). Dans la lignée des élections de 1988 (14,4%), 1995 (15%) et 2002 (16,9%), il devrait une nouvelle fois faire un bon score, entre 15 et 20%. Ce dernier chiffre constitue toutefois un plafond difficilement dépassable, comme en témoigne le second tour de 2002 (17,8%).

Or ni Ségolène Royal ni Nicolas Sarkozy ne semblent courir le risque de tomber sous ce seuil de 20%. Chacun dispose en effet au sein de son camp de soutiens beaucoup plus fermes et élevés que ceux dont disposaient Lionel Jospin et Jacques Chirac à l'époque. Avec des intentions de vote entre 32% et 35%, soit quasiment le total des voix Balladur et Chirac de 1995, Nicolas Sarkozy bénéficie d’une mobilisation de et d’un niveau d’adhésion sans comparaison à ceux de 2002. Le candidat UMP capte en outre aujourd’hui plus de 20% des électeurs lepénistes dès le premier tour, amputant le leader frontiste d’une partie de ses ressources.

Malgré le "trou d’air", Ségolène Royal reste à des niveaux jamais atteints par Lionel Jospin (de 26 à 29% contre 22-24%). Même avec la candidature de Bové, les désistements de Taubira et Chevènement limitent la dispersion. En outre, la mémoire du 21 avril et «l’effet remords» qui en découle, devraient jouer en faveur d’un vote utile dès le premier tour.

En somme, et à deux mois et demi du scrutin, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal captent à eux deux plus de 60% des intentions de vote (Jacques Chirac et Lionel Jospin n'en recueillaient que 48% en janvier 2002, et 36,7% le jour du scrutin). A moins d'un événement de campagne imprévisible et destructeur pour l'un des deux principaux candidats, anticiper la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour peut être un argument politique de mobilisation, mais en aucun cas résulter de la lecture des sondages pré-éléctoraux.

•• Notre prévision : Jean-Marie Le Pen ne sera pas au second tour de la présidentielle ••

 

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jeudi, 01 février 2007

Jack Lang (de bois)

Pas facile d’être le porte-parole d’une campagne qui patine. Le PS a inauguré ce jeudi matin sa nouvelle formule d’une conférence de presse quotidienne au siège du parti, rue de Solférino, QG officiel de la campagne de Ségolène Royal, avec Jack Lang en hôte de service.

Vers 11h00, une vingtaine de journalistes, tous médias confondus, se pressaient sous le chapiteau installé dans la cour du PS. Fauteuils plastique mais design, siglés Starck, le slogan « le progrès pour tous, le respect pour chacun » sur fond bleu, une toute petite rose au poing socialiste sous le micro, et Jack Lang au pupitre.Pour être franc, on n’était pas venu spécialement pour l’ancien ministre de la Culture. On avait plutôt été attiré par un mail du service de presse du PS, reçu mercredi soir, et indiquant qu’à l’occasion de ce point-presse, « Patrick Menucci annoncera le programme des principaux meetings et manifestations de la candidate». 

Menucci, c’est « monsieur Organisation » chez Ségolène Royal, et cette liste de déplacements de la candidate, on l’attendait depuis des lustres, Royal, comme Sarkozy d’ailleurs, ayant tendance à annoncer ses voyages à l’étranger ou meetings en province quelques jours seulement avant la date. Pas toujours facile alors pour nous, les médias, de s’organiser. Jack Lang commence son discours. Un petit coup de griffe à Sarkozy qui « met l’Etat sous la coupe de son clan » (rapport aux récentes affaires des RG), une moue méprisante pour José Bové qualifié de « candidature de plus », et la brosse à reluire pour Ségolène. « Le moral de la candidate est excellent… elle a une pêche d’enfer… ».

Bref, de la bonne grosse langue de bois, mais avec les réels talents oratoires de Jack Lang. Pour faire bonne figure, il annonce également que « des responsables du parti » viendront fréquemment à ce point-presse, « représenter la candidate ». Au menu de la semaine prochaine : Jean-Pierre Chevènement et Claude Bartolone. On se demandait comment Royal allait associer à sa campagne des éléphants au rancart pour l’instant. On a désormais la réponse.Les journalistes griffonnent vaguement sur leurs calepins, attendant surtout Menucci et sa liste. Or, de Menucci, point dans la salle. Fatalement, la question est posée à Jack Lang par une journaliste : 

-    «Qu’en est-il du programme de déplacements de la candidate ? ».

-    « Il n’est pas encore finalisé. Patrick Menucci devait vous le présenter aujourd’hui, il le fera en réalité demain », répond Lang.  

Petit énervement des journalistes, qui ont la vague impression de s’être déplacés pour pas grand chose.

-    « Mais pouvez-vous au moins nous dire ce que va faire Ségolène Royal samedi ? », relance un journaliste.

Samedi 3 février doit normalement lancer le processus de synthèse des centaines de débats participatifs qui ont eu lieu depuis décembre. En revanche, quid du déroulement de la journée. Embarras visible de Jack Lang :

-    « Je ne vais pas inventer ce que je ne sais pas… Pour samedi, il est prévu que Ségolène fasse un déplacement en province … ou bien reste à Paris ».  


Cette fois, c’est sûr, on est vraiment venu pour rien.

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Quand Sarkozy fait son marché

Il est 5 h 15 à Rungis, jeudi. Nicolas Sarkozy arrive tandis qu’une quarantaine de journalistes télé, radio et presse écrite –moi y compris - l’attendent de pieds fermes (et gelés). Le candidat semble un peu tendu en sortant de sa voiture. Pourtant, il a un avantage sur nous : il porte un beau blouson ciré tout blanc, tout neuf, alors que nous avons dû revêtir des blouses blanches en papier, question d’hygiène. Bref, lui peut se la péter quand nous avons l’air de chirurgiens slovakistanais.

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C’est toujours impressionnant de voir l’appétence des caméras et des micros pour Nicolas Sarkozy. A peine est-il arrivé que tous se ruent sur lui le questionnant sur l’affaire des RG, sur son adversaire socialiste. Les caméras forment un tel rempart qu’il est quasiment impossible d’entendre ce qu’il se dit. Le candidat se prête au jeu, mais pas trop longtemps. Il n’est pas venu pour ça. Il s’engage dans le hall Poissons, toujours suivi par une nuée de journalistes qui ne le lâcheront pas.

Ce genre de déplacement est aussi l’occasion de choper quelques conversations entre journalistes. Exemple :

 

« Putain, t’étais pas à Beaubourg avec Chirac hier. C’était drôle. Quand il est sorti, il a voulu prendre un bain de foule, il a serré deux-trois mains et on a commencé à entendre quelqu’un crier “Chez le juge”, mais comme il est sourd, il entend rien alors ce sont ses conseillers qui l’ont ramené vers la voiture pour repartir. »


Ce jeudi matin à Rungis, Nicolas Sarkozy est venu tâter du « vrai gens », et il va le faire durant plus de deux heures. En effet, ils sont peu nombreux à l’envoyer sur les roses. Au contraire, beaucoup veulent le saluer, l’encourager, se faire prendre en photo avec lui. Le candidat serre des mains, tape sur des épaules (à défaut de tâter le cul des vaches), donne des petits coups de poing dans la poitrine de ses interlocuteurs.


Le conflit, il l’évite, sachant pertinemment que les caméras n’attendent que ça. Il va serrer la main d’une caissière derrière une porte vitrée. Elle lui parle, il n’entend pas, se penche vers l’hygiaphone. « Qui c’est qui les paye les milliards de cette campagne », lui hurle-t-elle. Les caméras sont loin, le candidat hoche la tête et recule sans dire un mot.

La visite continue à travers les poulpes et autres noix de Saint-Jacques avant les volailles, les abats… Ça discute pénibilité, travail de nuit, promesses électorales etc. Les vendeurs, sans vraiment le vouloir, lui servent l’occasion de se mettre en valeur

 

« - Ça marche les affaires ? demande Nicolas Sarkozy à un tripier, tandis les caméras filment au milieu des pieds de cochons, des foies sanguinolents, et autres cervelles.`
-    Vous savez, on ne fait plus de bonnes marchandises aujourd’hui.
-    Pourquoi ?
-    Ben, faut remettre les gens au travail
-    Ça tombe bien, c’est mon programme »


Parfois, les discussions sont plus dangereuses pour le candidat, comme celle avec cet employé français d’origine maghrébine.

 

-    « Vous savez monsieur Sarkozy, je suis pas une racaille, je me lève tous les jours à trois heures du matin pour 1280 euros net. Et je ne peux même pas me loger.

-    Moi, je veux que tout le monde devienne propriétaire.
-    Ce n’est pas le problème, on me demande 800 euros pour louer un taudis, c’est les trois quart de ma paye.
-    Ce n’est pas normal, on n’empêche les gens de travailler », conclue le candidat UMP pour ramener le débat sur un terrain plus favorable, véritable thème de ce déplacement matinal.


Au et à mesure, Nicolas Sarkozy, se sentant en terrain conquis, se détend complètement, plaisante avec les marchants, glisse une vanne dans l’oreille de ses journalistes habitués à le suivre, prend tellement de temps que la visite s’éternise. Mais l’homme politique n’oublie pas un instant qu’il est venu là pour parler de « la France qui se lève tôt » et qui « veut travailler plus ». N’hésitant pas non plus à dire, alors qu’il est cerné par une forêt de caméras qu’il « veut rester accessible pour les Français ». Il leur faudra quand même franchir certains barrages.

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Photo Reuters 

 

mercredi, 31 janvier 2007

« La seule animation, c’est la pizza »

Tous les mardis, Loïc Le Meur, qui donne un coup de main pour la campagne Internet de Nicolas Sarkozy (il ne veut pas qu’on dise qu’il est le monsieur Internet de Sarko), convie des blogueurs au siège de campagne du candidat de l’UMP. Il y a quinze jours, seuls les militants avaient été invités à rencontrer Nicolas Sarkozy. Mardi soir, la réunion était ouverte à tous les blogueurs. Et François Fillon était là pour répondre à leurs questions. Récit d’une soirée qui a vraiment démarré au moment où elle se terminait.

medium_BLOG01.3.jpgUn peu près 20h, une quarantaine de personnes prennent place dans la salle, assises en demi-cercle face à François Fillon, Loïc Le Meur, et Yves Jégo, arrivé un peu en retard. Le premier lance le débat en évoquant justement la note qu’il était en train d’écrire pour son blog. « Est-ce que Nicolas Sarkozy doit rester au Ministère de l’Intérieur ? » s’interroge tout haut le conseiller politique du candidat. Et de répondre seul à la question, déroulant les arguments habituels.La salle est sage, des mains se lèvent pour poser les premières questions, tel ce chroniqueur de Benito Report, ou Bertrand qui se demande combien « on va manger avant de réagir ? ».

 

Fillon est en terrain connu, et la réunion tourne à la rencontre politique classique. On parle Europe, cumul des mandats, Royal, autonomie des universités... Le discours est bien rôdé : « On a besoin d’un président qui gouverne sans se cacher derrière le Premier ministre ; la question de la démission de Ségolène Royal ne se pose pas ; il faut libérer le travail, l’accroissement de la richesse nationale passe par l’accroissement des heures travaillées. »

 

Rien de nouveau sous le soleil, ni sur le fond, ni dans la forme. Il faut dire que l’assistance n’est pas spécialement vindicative. Bien au contraire, malgré la présence du militant socialiste Christophe Grébert qui est venu au titre de journaliste pour le blog Génération 2007. Loïc Le Meur demande combien il y a de militants dans l’assistance. Une quinzaine de mains se lèvent. Mais s’il avait demandé combien il y a de sympathisants, les mains auraient été plus nombreuses.

 

medium_BLOG03.jpgVolontairement ou involontairement, François Fillon manque de peu l’incident diplomatique en expliquant qu’en France les personnes qui sont aux plus hautes fonctions « sont issues des urnes ». Oubliant, ou non, que le Premier ministre n’a jamais affronté les électeurs. Personne ne relève, le remarque glisse sur l’assistance. La soirée ronronne un peu, il ne manque plus qu’un feu dans la cheminée et de la Suze pour tout le monde «La seule animation, c’est la pizza », lâche MRY, blogueur émérite qui s’intéresse de près aussi à Nicolas Sarkozy. «La dernière fois, c’était plus vivant». Même Loïc Le Meur finit par demander à l’assistance comme rendre ce débat « moins chiant ». «Il faudrait se mettre debout, pour une ambiance plus “café”», assure MRY.

 

Et c’est lorsque l’on débat sur la manière dont on doit débattre que tout s’anime. «Vous êtes libres, c’est vous qui posez la question, c’est vous qui choisissez les sujets», ironise Loïc Le Meur. François Fillon est parti. Tout le monde se lève, on met les manteaux, les groupes se forment, on se « podcast » ou se « vidéocast ». C’est maintenant que les vraies discussions commencent.  « La règle ici, c’est la liberté », rappelle Yves Jégo. « Les blogueurs peuvent être durs quand ils sont derrière leur écran, mais en face ils ne disent plus rien. C’est dommage.»

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Photos Sébastien Ortola

Petits conseils au candidat Bové

Le quasi candidat Bové a, comme la plupart des partants, réussi sa «précampagne», passant ainsi avec succès les commandements 1 et 2 du parfait postulant.

1. La petite phrase de début de campagne tu trouveras. C’est fait. Le «picotement dans le ventre», vaut bien le sarkozien «J’y pense et pas seulement le matin en me rasant». 

2. La campagne interne tu réussiras. Après t’être porté candidat à l'investiture des antilibéraux, puis t’être retiré devant les divisions, tu as annoncé ton retour, porté par les signatures de 30.000 pétitionnaires. 

Restent maintenant les commandements 3 et suivants :
 
3. Pour la France, tu te sacrifieras. Avant tout, en annonçant ta candidature, prends soin de préciser que tu as entendu l’appel des Français et que ce n’est pas par ambition personnelle que tu y vas.

4. L’Internet, tu utiliseras. Le fax à l’afp désormais c’est ringard, alors pour déclarer ta flamme à la patrie, utilise plutôt un blog, ou un site internet. Mercredi soir, la République des blogs se réunit à Paris, d’autres y ont déjà fait un saut, mais pour toi c’est peut-être trop tôt.
 
5. L’écologie, tu n’oublieras pas. Un commandement facile à tenir pour toi. Cela dit, ton refus de signer le pacte écologique de Nicolas Hulot pourrait te coûter des voix…

6. Ingrid Betancourt non plus, tu n’oublieras pas. Le manifeste pour sa libération tu signeras. Pour le moment personne ne l’a fait, tu pourrais faire un bon coup médiatique.

7. Devant le cercueil de l’abbé Pierre, tu te recueilleras. C’est un peu tard pour te prévenir, mais tu peux toujours faire un saut à Esteville, en Seine Maritime, là où il est inhumé. 

8.  Au Proche-Orient, tu iras. Déplacement officiel à Beyrouth, Jérusalem et Gaza tu feras. José, sur ce dossier très sensible, tu le sais, il faut faire attention à ce que l’on dit.  

9. Les 500 signatures, tu obtiendras. Il faut se dépêcher, il ne reste qu’un mois et demi.

10. Le dernier commandement, les internautes te donneront.

 

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mardi, 30 janvier 2007

Ce que les internautes préfèrent

Ce que les internautes préfèrent ? la vie privée de Ségolène plus que son programme. La candidate PS remporte un sondage à double tranchant. Xiti Monitor (1), institut d’études et de mesures d’audiences web, a mené début janvier une enquête sur les recherches des internautes concernant les deux favoris actuels (des médias surtout) de la présidentielle, à savoir Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Durant la période observée, la première a plus attiré la curiosité que le second. Sur 100 visites, 63 ont concerné la candidate socialiste. Un résultat qui reflète principalement une plus grande apparition médiatique de Ségolène Royal. En revanche, les requêtes analysées montrent que sa vie privée et certains de ses propos intéressent plus les internautes que son programme.

  1. La première des recherches concerne son nom à 53%.
  2. Viennent ensuite sa vie privée (9,4%),
  3. ses maladresses médiatiques (6,0%),
  4. sa campagne et son programme (5,7%),
  5. François Hollande (1,3%)…

Concernant Nicolas Sarkozy,

  1. 43,8% des requêtes se font sur son nom.
  2. Le deuxième centre d’intérêt est sa femme, Cécilia Sarkozy (4,5% des recherches, à comparer au score de François Hollande)
  3. Le programme (3,7%).
A noter que cette enquête a été réalisée avant l’affaire des RG, avant la suspension d’Arnaud Montebourg, et aussi avant certaines déclarations concernant la Corse.

(1) Etude menée sur un périmètre de 67 sites web d’actualité et média généralistes entre le 1er et le 15 janvier.

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Orages

Pathétique. Si on ne pouvait faire mystère des coups bas qui allaient se donner, 2007 sera bien l’année des « boules puantes ». Cette semaine, nouveaux rebondissements. Gérald Dahan, à la merci de l’UMP, piège une Ségolène Royal particulièrement « légère » sur les questions territoriales – sur le statut de la Corse qui, comme chacun sait, est un enjeu fondamental. Je trouve particulièrement inadmissible ce genre de canular qui tente de déstabiliser la candidate socialiste. Le procédé est malhonnête et ce n’est pas en se comportant comme un trublion de la sorte que Dahan va élever le débat, bien au contraire.

Ce que j’attends et ce que nous attendons tous, ce sont des définitions d’axes politiques et pas des tentatives d’intimidation tout à fait indignes et qui musèlent complètement le débat. Au lieu d’entendre et d’évaluer des choses intéressantes ou plus critiquables, il faut anticiper la dernière invention de tel ou tel camp. 

En clair, dans l’état actuel des choses, je comprends la remontée spectaculaire de François Bayrou dont je salue par ailleurs le positionnement ferme à l’encontre de l’UMP. Je regrette davantage la percée silencieuse du vote pour l’extrême droite qui m’apparaît plus comme un vote contestataire que comme un suffrage pour les thèses nationalistes.

Et pendant ce temps-là, José Bové qui croit bon, au nom d’un « état de nécessité » (prétend-il) d’arracher des champs de maïs transgénique ou de faire régner la zizanie, annonce qu’il rendra publique sa candidature le 1er février. Je ne m’inquiète pas particulièrement d’une telle annonce et doute que celui-ci réunira les 500 parrainages d’élus d’au-moins 30 départements. Et, dans l’hypothèse où celui-ci les obtiendrait, l’un des enjeux majeurs d’une élection reposant essentiellement sur les questions politiques, économiques et sociales, Bové ne pourra pas faire mystère de son ingérence.

Jamais une campagne n’aura débuté aussi tôt. Mais moins de trois mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, les cartes sont jetées et chaque petite phrase va compter, être décortiquée par l’adversaire et critiquée. Et ça, qu’on se le dise, l’UMP s’en est fait une spécialité puisqu’une commission a été chargée de reprendre tous les propos de Ségolène Royal pour démonter chacune de ses interventions. J’attends donc la présentation du programme de la candidate socialiste le 11 février pour étudier chaque proposition, sachant pertinemment que je ne dégagerai pas un enthousiasme démesuré. Mais que le parti du ministre-candidat Sarkozy cesse un peu d’user de procédés détestables et laisse un peu entrevoir ses idées. L’attaque est souvent contre-productive et il existe une tendance à se prendre de sympathie pour celui qui supporte les mauvaises critiques. Que la droite poursuive sur sa lancée, il pourrait y avoir de nouvelles surprises les 22 avril et 6 mai.

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Glucksmann, le (boat) people qui rame pour Sarkozy

Bien sûr, le ralliement d'André Glucksmann peut surprendre quand on se souvient que l'ancien camarade de Sartre et Foucault a été maoïste. Mais si l'on a suivi un temps soit peu son parcours depuis quelques années, cela n'a rien de surprenant. Le texte que l'intellectuel a publié hier dans "Le Monde" et dans lequel le ministre de l'Intérieur se voit incarner la « France du cœur » est bien fastidieux et long. Impossible de croire Glucksmann lorsqu'il feint de penser sur quatre colonnes que Sarkozy se réclame sincèrement de Camus et de Jaurès.

 

Ce qui raccroche Glucksmann à Sarkozy, c’est leur atlantisme. Et c’est tout. Sarkozy n’a jamais lancé d’attaques en règle contre Poutine, bête noire de Glucksmann. Tout juste Sarkozy s’était-il pris la peine de faire remarquer que ceux qui l’accusaient récemment de zèle pro-américain étaient les mêmes qui ceux qui serraient la « pogne de Poutine ». Ses critiques sur la Tchétchénie, citées dans la tribune du « Monde », n’ont rien de plus hardies que celles des autres hommes politiques français.

 

Quant à l’autre grand combat de Glucksmann pour le Rwanda et la mémoire tutsie (et notamment, la reconnaissance de la responsabilité française dans les massacres), rappelons qu’Edouard Balladur, proche de Nicolas Sarkozy, a été auditionné en 1998 par la mission parlementaire sur le génocide rwandais. Le rôle ambivalent en 1994 de la France, alors gouvernée par le mentor politique de Nicolas Sarkozy, ne devrait pas jouer a priori dans le sens d’une amitié Glucksmann-Sarko…

 

Donc, l’atlantisme lie les deux hommes. Ce n’est pas un hasard si André Glucksmann avait récemment interviewé avec Pascal Bruckner, Michael Prazan et Yasmina Reza le ministre de l’Intérieur dans « Le meilleur des mondes », la revue éditée par le cercle de l’Oratoire, émanation en France la plus proche du néo-conservatisme américain. Dans ce long entretien, Nicolas Sarkozy détaille ce qui peut être considéré comme sa plate-forme en politique étrangère.

S’il rappelle qu’il était opposé à la guerre en Irak (contrairement à Glucksmann), Nicolas Sarkozy partage une vision atlantiste très proche de celle de ses interlocuteurs.

 

Rien de mal à ça d’ailleurs. Reste surprenant que Glucksmann, qui persiste à penser que l’intervention en Irak était bonne, ne prononce pas une seule fois dans son coming out pro-Sarko le mot « Etats-Unis ». En filigrane, quand il parle de la France qui doit « s’ouvrir fraternellement au monde » et renoncer à la Realpolitik chiraquienne, se devine l’ombre du droit d’ingérence avancé pour justifier la guerre contre le régime de Saddam Hussein. Mais jamais il ne parle des Etats-Unis en tant que tel. Il donne ainsi l’impression de ne pas assumer. Ou plutôt de ne pas vouloir donner le bâton pour se faire battre. Car Glucksmann sait sans doute qu’avoir une position plus ou moins pro-américaine comme seul dénominateur commun avec Sarkozy n’est pas suffisant pour justifier un ralliement. 

 

Il y a fort à parier malgré cela que Pascal Bruckner, parmi d’autres, choisisse à son tour Nicolas Sarkozy. Peut-être le justifiera-t-il avec moins de circonvolutions.

 

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Lettre ouverte aux élus UDF

Chers amis, Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous remercier d’exister. Tout simplement. Mais avec beaucoup d’émotion. François Bayrou vous a proposé de l’accompagner dans une aventure, vous l’avez choisi. Avec lui, vous avez résisté. Résisté au rouleau compresseur, résisté à la pensée unique, résisté aux pressions incessantes depuis 2002. Ces pressions en fait n’ont jamais cessé. On ne le dit pas assez. A chaque remaniement ministériel, vos téléphones ont sonné. En local, les menaces sont aujourd’hui explicites.

Si vous n’aviez pas été là, je ne me serai peut-être jamais engagée. A l’heure de prendre ma carte, j’ai refusé de me couper de la moitié de mes proches, des mes collègues, de mes réseaux, des énergies avec lesquelles je voulais construire le monde de demain. Et vous étiez là. Cet espace qui ne ressemblait à rien de connu existait, enfin.

C’est parce que vous avez sauvegardé cet espace de liberté que cette aventure est possible. Oui vous avez fait des sacrifices de vie personnelle, oui vous avez subi des pressions, oui, vous avez fait un long cheminement, et parfois vécu des traversées du désert. Votre avenir personnel, mon avenir personnel ne comptent pas dans cette aventure. Parce qu’elle ne nous appartient pas. Elle appartient aux Français qui, chaque jour un peu plus nombreux, placent un espoir réel dans la démarche proposée par François Bayrou.

Cet espoir est incarné par des multiples visages, élus, acteurs de la société civile, citoyens. Parce que les Français n’en peuvent plus d’être les otages d’une guerre incessante clan contre clan qui ne leur bénéficie jamais. Parce qu’ils saluent le courage de François Bayrou, son intégrité et qu’ils lui trouvent l’honnêteté de dire qu’il ne gouvernera pas seul. Pas qu’avec les siens. Qu’il y a urgence, urgence nationale. Parce qu’avant la sortie de son projet en février, ils entendent déjà les grandes lignes de son projet.

Si ses prises de positions sur les médias, sur notre démocratie malade sont violentes mais justes, il est rassurant, par la cohérence de sa vision politique. Parce quand la vérité fait mal, il la dit. Le malaise que nous ressentons tous est enfin exprimé. C’est le point de départ d’une construction, d’une re-construction.

Si le début de cette histoire s’est écrit grâce à vous, elle va continuer avec ou sans chacun d’entre nous. C’est notre choix et notre liberté de conscience. Ne regardez pas les cartographies électorales, vos chances ou non d’être réélu. La clé c’est les Présidentielles. Elle seule permettra de rebattre les cartes, de redessiner nos institutions, de proposer aux citoyens de nouveaux espaces de décision, une nouvelle feuille de route,un programme de réformes à mener, contre vents et marées avec un gouvernement et un Parlement qui représentent vraiment les Français. Si votre résistance a permis cela, vous aurez écrit une page de l’Histoire.   Nous sommes là. Avec vous. Si vous portez cette vision malgré les embûches, si vous souhaitez, comme nous, changer les pratiques politiques, nous vous aiderons.

Moi, aujourd’hui, je n’ai pas peur. Parce que ma plus grande peur c’est que rien ne change. Mon plus grand espoir : que le paysage politique soit renouvelé, que les règles du jeu changent, que nous redevenions le pays des Lumières.   Alors aujourd’hui, du fond du cœur, merci.

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lundi, 29 janvier 2007

Y a t-il une taupe dans la rédaction?

Les journalistes politiques doivent-ils se retrancher dans le secret de leur trois-pièces pour gratter copie sur Sarkozy ?  A lire le journal suisse Le Matin, édition du 27.01.07, on est en droit de se poser la question : Le Figaro, Le Parisien et d’autres deviendraient des Pravda du XXIe siècle.

 

« Sarkozy s’est constitué une cour de sans-grade qui espionnent pour lui à l’intérieur des rédactions, recevant en compensation des informations exclusives ou des promesses de promotion », assène Ian Hamel dans cet article intitulé « Mainmise sur la presse tricolore ».

 

Le Matin est ce tabloïd suisse qui se repaît du moindre déboire sarkoïde. En mai 2005, il avait drainé une foule d’intenautes français sur son site en racontant par le menu l’escapade de Cécilia Sarkozy avec le publicitaire Richard Attias. « si Johnny achète une montre suisse demain, ils en feront la Une après-demain » plaisante un confrère de l’Hebdo de Lausanne qui parle de « méthodes limites ». Autre précision à apporter pour planter le décor : le sulfureux journaliste auteur de l’article Ian Hamel a écrit un livre, « La vérité sur Tariq Ramadan » qui dément les liens entre l’universitaire et l’islamisme radical.

Ceci précisé, rien ne permet de dire que certaines infos de Ian Hamel ne sont pas le reflet d’une certaine vérité. L’intéressé veut convaincre du sérieux de son article :

 

« J’ai appelé les rédactions. Au Figaro, un journaliste m’a dit qu’il était obligé de se planquer pour enquêter sur le ministre, parce qu’il savait que ses faits et gestes seraient répétés par d’autres de la rédac’. Au Parisien, un autre m’a certifié qu’il avait reçu un coup de fil désagréable d’un proche de Sarko, qui savait déjà que le rédacteur préparait un papier peu laudatif. ».

 

Hamel ne veut préciser ni le nom de ces journalistes terrorisés, ni celui de leurs confrères prompts à passer des coups de fil place Beauvau. « Loi du off », assure t-il.

Tout aussi pointilleux sur le off, un nom de la presse l'assure:

 
« les murs des rédactions ont de plus en plus d’oreilles à l’approche de l’élection présidentielle. Certains journalistes essaient de se placer en vue d’une victoire de tel ou tel. Par exemple, il n’est pas rare que le staff de Nicolas Sarkozy sache, avant même publication du moindre communiqué de presse, le déroulement de telle ou telle émission. Par quel mystère, si ce n’est grâce à des informateurs situés à l’intérieur même des rédactions ? »


Peut-être suffit-il de lire la prose de Sarkozy lui-même pour se rendre compte de l’ampleur des dégâts. Comme le rappellent Véronique Groussard et Claude Soula dans le Nouvel Obs, le champion de l’UMP a déjà théorisé sa stratégie de pieuvre journalistique. Sous pseudo, il écrivait dans un feuilleton estival de 1995 des Echos :

 
« Privilégiez [les journalistes] les plus jeunes et les moins titrés […], vous les formerez à votre main et vous bénéficierez d’un réseau qui vous sera acquis ».
 
 
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Feux et contre-feux

« Non, mais vous n’avez pas compris ce qu’il voulait dire, ses propos ont été déformés par ses adversaires. » C’est l’exercice continuel auquel doivent se prêter les porte-parole des candidats à la présidentielle durant la campagne. Et ils ont du travail en ce moment.Deux exemples rien que pour ce week-end.

Invité d’Europe 1 dimanche soir, Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de Ségolène Royal, a eu du pain sur la planche avec les « bourdes » de sa patronne que ce soit sur le Québec, sur la Corse, sur les sous-marins nucléaires, ou sur les positions prises énoncées durant sa tournée aux Antilles.L’exercice a parfois ses limites quand Jean-Louis Bianco revient sur l’épisode du Québec, [Ségolène Royal avait exprimé « sa sympathie pour la souveraineté de la province canadienne »]. « Souveraineté et sécession, les mots ont un sens en Français, souveraineté ne veut pas dire indépendance », explique l’ancien secrétaire général de l’Elysée. Les mots ont un sens aussi au Québec, surtout quand on parle de souveraineté et d’indépendance, sujet dont les Français ne mesurent pas l’importance, les enjeux et les passions qu’il suscite.


En face, le porte-parole du candidat de l’UMP a dû se livrer au même genre d’exercice périlleux. La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait affirmé que le Contrat nouvelle embauche (CNE) était «un progrès» et souhaité « la mise en place d’un contrat unique inspiré du CNE ». Des déclarations qui ont fait monter au créneau ses adversaires de gauche, mais aussi les organisations lycéennes qui y ont vu un retour en force du CPE. Une bombe à retardement donc qu’il fallait désamorcer au plus vite. Dans une interview publiée dans La Tribune ce lundi, Xavier Bertrand a nuancé le propos : « l'intention n'est pas de le généraliser », a-t-il expliqué, restant toutefois vague sur les contours du « contrat unique » de travail.

Quant à savoir ce que les électeurs retiennent de ces pas de deux…

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2007=2002+5 ?

Y aura-t-il un 21 avril caché en avril 2007 ? Ce soir de tonnerre-là, les électeurs ont adressé trois messages aux responsables politiques. D’abord, ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir fait voté. Rien n’est joué en avance, surtout quand 14% des électeurs font un «vote d’isoloir», marquant leur hésitation jusqu’au moment de glisser leur bulletin. Ensuite, ils ont sanctionné l’ensemble des partis de pouvoir, et non pas seulement le futur résident permanent de l’île de Ré, Lionel Jospin. Le cocktail de 2002, c’était un tiers d’abstentions, un petit tiers de votes aux extrêmes et un gros tiers de votes pour le quintette des partis de gouvernement (PCF, verts, PS, UDF, UMP). Enfin, l’esprit de mai a eu beau marqué son rejet de Jean-Marie Le Pen, l’extrême droite était et reste une force sur laquelle il faut compter.

Aujourd’hui, le spectre d’avril hante toujours les débats et les stratégies de campagne. Nicolas Sarkozy veut aller chercher un à un les électeurs Le Pen. Ségolène Royal veut rompre avec l’autisme de Lionel Jospin en écoutant d’abord le peuple de gauche avant de proposer. Cela semble leur profiter puisqu’ils cumulent 66% des intentions de vote au 1er tour en janvier. On pourrait même parler d’un retour de désir pour la politique puisqu’en janvier  74% des sondés se disent intéressés par la campagne contre 67% en avril 2002. L’extrême gauche est cantonnée à son carré de fidèles et à son poids désormais assez stable de 5%. Difficile de la voir s’ériger en deuxième gauche, capable de renverser la reine Royal. Mais doit-on vraiment prendre ces sondages au pied du chiffre ?

Premièrement, l’électorat a bien envie de politique mais pas tant que ça de sa classe politique. Elle continue à être décriée : 60% la considèrent plutôt corrompue et plus de 80% des Français pensent qu’elle ne s’occupe pas des problèmes qui les concernent. 65% des électeurs sondés dans le BPF n’ont confiance ni en la gauche, ni en la droite pour gouverner le pays. Ce n’est pas pour rien qu’ils veulent la voir changer avec plus de femmes, plus de jeunes, ou de personnes issues de l’immigration. L’énarchie ne fait plus recette. 

Deuxièmement, même si la gauche se rassemble derrière la candidate socialiste, est-ce parce qu’elle convainc ou bien parce que le 21 avril incite au vote utile ? Le « camp des travailleurs » s’est-il vraiment réconcilié avec les socialistes ?

Troisièmement, Le Pen n’a pas disparu derrière les politiques de sécurité de Nicolas Sarkozy, bien au contraire. Les intentions de vote sont plutôt défavorables au leader du FN (quoique, avec 13% des votes possibles en janvier 2007, il est en avance de 4 points par rapport à janvier 2002). Mais il  se banalise, notamment avec la persistance chez certains électeurs de l’effet crise des banlieues. Il n’a plus a tordre les faits pour qu’ils lui conviennent, d’autres s’en sont chargés pour lui.

Conséquence, sa marge de progression est grande puisque deux fois plus d’électeurs se disent d’accord avec ces idées qu’ils ne disent voter pour lui. Décidément ce spectre d’avril est bien difficile à exorciser…

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vendredi, 26 janvier 2007

Combats ou coups bas?

On nous avait promis un débat d’idées, une campagne projet contre projet… Sauf que depuis que la campagne pour la présidentielle a vraiment commencé (c’est-à-dire depuis la désignation de Nicolas Sarkozy comme le candidat de l’UMP), on attend encore. Et les récentes affaires de ces derniers jours ne laissent augurer rien de bon.

Listons les ensemble :

  1. Ségolène Royal obligée de dévoiler son patrimoine après une campagne sur internet et des mails qui sont venus on ne sait d’où ; rumeurs sur la fragilité, voire l’inexistence, du couple Royal-Hollande ;
  2. Nicolas Sarkozy soupçonné d’utiliser les RG pour enquêter sur l’entourage de Royal ;
  3. livre noir du PS sur le bilan du ministre de l’Intérieur,
  4. création d’une cellule pour relever les bourdes de la candidate socialiste parce que dixit un membre du staff  de  Sarko « on veut trouver des angles d’attaque et pas répéter les erreurs de Fabius et Strauss-Kahn qui l’ont attaqué sur un plan personnel.»… Une cellule efficace puisque dans les rédactions, il ne passe pas une journée sans que l’on reçoive des mails argumentés sur telles ou telles déclarations de Ségolène Royal.


Ne soyons pas angéliques, on le sait, une campagne électorale, c’est quelque chose de violent, c’est un affrontement idéologique majeur dans le temps politique. Ceci étant dit, les Français n’oublieront pas qu’on a leur a promis une campagne différente basée sur les idées. Or regardons un peu ce qu’il se passe : Nicolas Sarkozy a déjà avancé une bonne partie de son programme (des proches assurent toutefois qu’il a en réserve de « nouvelles propositions majeures »), et Ségolène Royal n’a pas terminé son débat participatif. C’est comme si Michael Schumacher avait terminé ses tours de chauffe alors que Fernando Alonso en était toujours à régler le moteur de sa Formule 1. Il est difficile de savoir qui a la meilleure voiture.

Quant aux autres, on ne les entend pas non plus sur leur programme pour le moment : François Bayrou insiste dans sa posture « Moi, François, seul contre les médias » puisque ça fonctionne, Marie-George Buffet doit assumer le rôle de celle qui a tué la candidature unique antilibérale, Dominique Voynet n’incarne toujours pas l’écologie au-delà des seuls Verts, et les Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et consorts se battent pour exister.

Rarement une campagne n’a commencé de manière aussi virulente. Quelle tournure prendra-t-elle ? Difficile de se faire une idée tant que tous les programmes ne sont pas finalisés. On se souvient qu’en 2002, c’est la fin de campagne qui avait été vampirisée par les questions de sécurité. En tout cas, Quitterie Delmas (UDF) qui officie aussi sur ce blog, s’est déjà posée la bonne question en se demandant si le programme de la droite n’était pas juste de battre la gauche, et inversement.

N’oublions pas non plus qu’il y en a un qui continue de mener campagne à son rythme, surfant toujours sur les déçus de la politique, et en se disant que si la campagne continue comme ça, c’est tout bénéfice pour lui.

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mardi, 23 janvier 2007

Lutte des clans moyenâgeuse

Et si les citoyens s’invitaient dans cette campagne ?

Pour se remettre en cause, que leur faudra-t-il de plus qu’un 21 avril, un 29 mai, une crise des banlieues, une crise de CPE ? Les deux gros partis mammouths s’entêtent et emploient les mêmes recettes qu’auparavant. Sourds aux avertissements de notre peuple. L’impression de revenir au Moyen Age, ou dans une guerre. Porte de Versailles, c’était l’état de Siège. Des cars de CRS, des cars de militants, les drapeaux, comme les blasons d’antan.
 
Chacun aligne ses troupes. L’heure des ralliements a sonné. S’égrainent les communiqués de presse annonçant ces bonnes nouvelles qui ne concernent que la vie interne des partis. Derrière le rideau, les tractations de l’ombre. Des postes sont promis, des circonscriptions sont réservées, échangées. Les dossards des investis aux législatives changent au gré des deals et des parachutages.
 
Ah ! les équipes des Etats majors sont belles ! Ces alliances sont fondées, non sur une vision de la France, mais sur des rapports de force interne. Ces alliés de la dernière heure tous au premier rang, tous soumis le temps d’un meeting devant leurs leaders consacrés, couronnés. Ces ennemis si critiques hier tous ralliés. Et les médias qui marchent encore ! Personne n’y croit, ni les acteurs, ni même les médias, mais tout le monde joue le jeu. Nos deux têtes couronnées paraissaient si isolées dans cette mise en scène du pouvoir qu’ils ont tant souhaité, tant rêvé.
 
Le projet politique de ces ceux leaders : vaincre la droite, vaincre la gauche. Ne croient-ils pas que les Français sont lassés par leur guerre partisane qui se résume à faire campagne un clan contre l’autre ?
 
On aurait pu croire qu’ils auraient appris l’humilité, la sincérité et l’exemplarité.


L’humilité de dire qu’ils n’ont pas à eux seuls la solution. (Cela ferait belle lurette qu’ils auraient mis en place les politiques adéquates s’ils l’avaient, n’est-ce pas monsieur le ministre d’Etat, numéro 2 du gouvernement).
 
La vérité. Reconnaître leurs erreurs du passé et la situation dans laquelle nous sommes : la dette publique, les retraites, la détérioration de l’environnement autant de fardeaux sur les épaules de la jeunesse d’aujourd’hui et des générations futures. Contrairement à ce qu’ils pensent notre peuple est mature et prêt à entendre la vérité. Ce sont les mensonges proférés, les belles promesses jamais tenues qui créent un climat de peur et d’insécurité.
 
L’exemplarité. A l’heure de dire aux Français que la situation est grave, et qu’il va falloir se serrer la ceinture, les millions engloutis dans les campagnes présidentielles laissent un goût amer.
 
Deux bonnes nouvelles montrent pourtant que tout est possible cette année : les inscriptions massives sur les listes électorale et l’apparition des nouveaux médias.

Une fois encore, l’espoir est de mise chez les Français, ils sont des centaines de milliers à s’être inscrits sur les listes, 192 000 à Paris. Ils veulent y croire. Ils sont 6 sur dix à se déclarer intéressés par cette campagne. Ils étaient 38% à la même époque en 2002. Voilà l’espoir de cette campagne. Et en voilà l’enjeu. Les politiques seront-ils à la hauteur ?
 
Pour accompagner cette démarche citoyenne, l’entrée en scène des nouveaux médias est providentielle ! Le bipartisme a du souci à se faire. Les modes de pensées uniques aussi. Les outils collaboratifs sont nés, les moyens d’expression plus équitables.
 
Les électeurs sont les décideurs. Ils ont la main. Leur vote personnel aura des conséquences sur notre destin collectif.
 
Cette campagne promet des surprises, de belles surprises, nous avons rendez-vous avec l’Histoire.
Cette Histoire, c’est notre histoire. D’où que nous venions.

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Lundi, à la rédac’...

Lundi, à la rédac’, on a reçu un mail d’un certain Francis Meynier.
D’abord on a cru qu’il postulait pour intégrer le quotidien. Francis Meynier, ça ne me disait rien. Vous non plus, ça ne vous dit dit sans doute rien — à moins de faire partie des 131 personnes qui ont voté pour lui en lors d’une élection partielle en 1998  — mais Francis Meynier est candidat à l’élection présidentielle.

Ni plus ni moins que l’un des quarante et quelques candidats déjà plus ou moins déclarés.
Dans son mail, le citoyen Meynier nous informe de son programme grâce un fichier joint au format rtf :«la reconnaissance du vote blanc, la stricte limitation de tous les mandats politiques (hormis ceux des communes de moins de 10 000 habitants), condition nécessaire pour obtenir auprès des maires des petites communes les 500 parrainages requis». Il avait déjà posté à l’identique sur certains blogs.

Mais peu importe la profession de foi, ce n’est pas ce débat qui m’intéresse. Mais plutôt ce qui fait qu’un Francis Meynier se lance dans une telle «aventure» ? Qu’est-ce qui fait qu’on qu’on peut penser pouvoir incarner un combat politique ou qu’on a un destin national? Qu’est ce qui fait qu’on peut oser se lancer, qu’on s’appelle Francis, Nicolas, François, Arlette, Ségolène, Stéphane, José, Marie-George, etc… Un soupçon d’inconscience ? Un poil d’ego surdimensionné ?


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lundi, 22 janvier 2007

Et c’est parti ...

Ouf ! Honnêtement, je suis content qu’on sorte enfin de cette période d’étripage dans notre camp. Je n’en pouvais plus de ce jeu de petites phrases entre tous les ego surdimensionnés de la politique.
Le congrès pour Nicolas Sarkozy était incroyable ! Je me suis levé à 4 heures du matin et on est parti avec près de 300 personnes pourêtre vers 10 h 00 au meeting. L'impression était incroyable avec près de100.000 personnes — allez disons 70.000 personnes —  qui étaient venues departout. C’est une des choses que j aime dans l’engagement politique : des gens venus de partout en France des jeunes, des aînés, des cadres, desclasses moyennes, des retraités ... Un peu de tout. J’avoue que j’ai eu quelques moments de vraie émotion. C’est tout bête mais en regardant défiler un petit film où on voyait s’exprimer des Français de tous les métiers et de toutes les régions, je me suis juste dit que ce pays décidemment avait quelque chose de magique. Visiblement, Sarkozy était ému. On ne pouvait pas le voir à l’écran mais il a monté les marches avec une certaine lenteur comme conscient qu’une nouvelle page s’ouvrait.

Et maintenant. Maintenant, je voudrais juste que cette campagne ne soit pas un jeu de massacre consistant à démolir ceux d’en face. Si seulement on pouvait se contenter de mettre nos propositions sur la table ce ne serait pas si mal ! J’ai été choque par un brûlot contre Sarkozy qui était à la limite du dénigrement personnel. En tout cas je pense que dans ma génération, on en a ras le bol de ce genre de dénigrement. A suivre ...

Prochain épisode, je vous raconterai la mise en place de l’équipe de campagne.

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Les candidats, le stress et l’Internet

Plus que 89 jours.

L’investiture de Nicolas Sarkozy, le 14 janvier, a marqué la fin d’une période, celle de la pré campagne, celle où les candidats s’offrent encore l’illusion que leurs éventuelles erreurs pourraient ne pas avoir trop de conséquences. Depuis une bonne semaine, nous sommes en campagne : tout le monde est là (même Nicolas Hulot se sent obligé de clarifier sa position) ou presque, et nous sommes entrés dans un combat à durée déterminée. Quand il reste moins de cent jours, on n’économise plus ses forces, on se jette dans la bataille.Et ces cent jours commencent par des bévues du coté gauche. Renvoi d’Arnaud Royal, hésitations et complexes fiscaux, prestation plus que moyenne sur TF1 de la candidate : la tension est palpable. Ségolène Royal a trouvé un coupable à la tension : le début de campagne de « racaille », se posant en victime de rumeurs, alors qu’elle chercherait à élever le débat. Le stress s’explique simplement, en fait : nous sommes dans la première élection où Internet peut venir bouleverser les choses en permanence. Les internautes sont, dans le programme des cent jours à venir, un fantastique moteur d’incertitude. Ils sont déjà à l’origine de deux emmerdements de taille pour la candidate, qu’elle a réussi jusqu’ici à reprendre, mais qui ont fortement modifié son agenda politico médiatique : la vidéo sur les 35h des professeurs, et la rumeur sur la SCI qu’elle avait constituée avec son compagnon.

Pourquoi ce niveau de stress ? Parce que chaque équipe de campagne se demande ce qui va sortir, encore, des échanges des internautes. Elles tentent soit de le prévenir (bon courage), soit de le modérer, soit, parfois, mais sans jamais l’avouer, de susciter les bruits qui pourront embarrasser l’autre camp. Les media, qui ont flairé le filon, surveillent en permanence ce petit monde des internautes, transformant volontiers la moindre vidéo postée en un phénomène de société. Les blogueurs et internautes, eux, continuent bon an mal an leurs échanges d’un air à moitié amusé, à moitié nerveux : ils n’ont jamais demandé ce statut de trublions du jeu politique, et sentent bien toutes les tentatives de manipulation ou d’instrumentalisation dont ils sont l’objet.

Dans ce jeu, c’est finalement surtout aux intermédiaires classiques du débat qu’il faut faire appel : sachez vous modérer, ne pas légitimer ce qui n’est que de la rumeur en la brandissant à la une, ne pas en rajouter sur la moindre calomnie qui circule en ligne. Les internautes savent bien, eux, que l’essentiel de leurs échanges n’est pas fait de ça.

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PS : merci à 20minutes.fr de m’accueillir dans ce blog, où je tenterai de suivre avec vous cette passionnante campagne en ligne.

je suis sympathisant de gauche...

Etudiant en droit de 21 ans, je suis sympathisant de gauche depuis presque dix ans. C’est la cohabitation de 1997 entre Jacques Chirac et Lionel Jospin qui commence à forger mes convictions politiques tant la période 1997-2002 permet la mise en place de réformes nécessaires (abaissement de la TVA à 19,6%, adoption du pacte civil de solidarité). Je me définis comme social-libéral, proche des conceptions de Dominique Strauss-Kahn sur la « social-démocratie » tout en m’intéressant aux idées du député-maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel. Je suis ainsi plutôt contre les 35 heures car j’estime que celui qui veut travailler davantage doit pouvoir gagner davantage.
 
N’ayant pas l’âge de voter en 2002 et attristé du résultat du 1er tour de l’élection présidentielle, j’ai attendu quelques années pour m’encarter dans un parti politique. Ce n’est que depuis mars 2006 que je suis militant au Parti socialiste, depuis le jour du lancement de la grande campagne d’adhésion initiée par François Hollande et Jack Lang. Ce fut une opportunité de comprendre le fonctionnement interne d’une formation politique tout en conjuguant mon intérêt pour les débats sur les questions locales et nationales. Ce fut également la concrétisation d’un engagement personnel de longue date, la volonté de participer aux débats sur le projet socialiste et à la désignation d’un candidat.
 
Originaire de Fontainebleau, j’ai toujours vécu en Seine-et-Marne et j’attends de cette campagne qu’elle sache porter l’intérêt général et non les intérêts particuliers, que la «démocratie participative», l’ «ordre juste» et la « sécurité durable » ne soient pas que de simples formules et prennent vie pour la XIIIème législature. Attachant une attention particulière aux réformes de nos voisins européens, notamment celles du président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, j’ai ardemment défendu le traité établissant une Constitution pour l’Europe et espère un consensus sur le volet institutionnel avant tout débat de fond sur les politiques de l’Union. J’attends désormais que l’élection ne se fasse pas sur un débat contextuel mais sur une vraie perspective d’avenir.

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