Avertir le modérateur

mardi, 30 janvier 2007

Lettre ouverte aux élus UDF

Chers amis, Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous remercier d’exister. Tout simplement. Mais avec beaucoup d’émotion. François Bayrou vous a proposé de l’accompagner dans une aventure, vous l’avez choisi. Avec lui, vous avez résisté. Résisté au rouleau compresseur, résisté à la pensée unique, résisté aux pressions incessantes depuis 2002. Ces pressions en fait n’ont jamais cessé. On ne le dit pas assez. A chaque remaniement ministériel, vos téléphones ont sonné. En local, les menaces sont aujourd’hui explicites.

Si vous n’aviez pas été là, je ne me serai peut-être jamais engagée. A l’heure de prendre ma carte, j’ai refusé de me couper de la moitié de mes proches, des mes collègues, de mes réseaux, des énergies avec lesquelles je voulais construire le monde de demain. Et vous étiez là. Cet espace qui ne ressemblait à rien de connu existait, enfin.

C’est parce que vous avez sauvegardé cet espace de liberté que cette aventure est possible. Oui vous avez fait des sacrifices de vie personnelle, oui vous avez subi des pressions, oui, vous avez fait un long cheminement, et parfois vécu des traversées du désert. Votre avenir personnel, mon avenir personnel ne comptent pas dans cette aventure. Parce qu’elle ne nous appartient pas. Elle appartient aux Français qui, chaque jour un peu plus nombreux, placent un espoir réel dans la démarche proposée par François Bayrou.

Cet espoir est incarné par des multiples visages, élus, acteurs de la société civile, citoyens. Parce que les Français n’en peuvent plus d’être les otages d’une guerre incessante clan contre clan qui ne leur bénéficie jamais. Parce qu’ils saluent le courage de François Bayrou, son intégrité et qu’ils lui trouvent l’honnêteté de dire qu’il ne gouvernera pas seul. Pas qu’avec les siens. Qu’il y a urgence, urgence nationale. Parce qu’avant la sortie de son projet en février, ils entendent déjà les grandes lignes de son projet.

Si ses prises de positions sur les médias, sur notre démocratie malade sont violentes mais justes, il est rassurant, par la cohérence de sa vision politique. Parce quand la vérité fait mal, il la dit. Le malaise que nous ressentons tous est enfin exprimé. C’est le point de départ d’une construction, d’une re-construction.

Si le début de cette histoire s’est écrit grâce à vous, elle va continuer avec ou sans chacun d’entre nous. C’est notre choix et notre liberté de conscience. Ne regardez pas les cartographies électorales, vos chances ou non d’être réélu. La clé c’est les Présidentielles. Elle seule permettra de rebattre les cartes, de redessiner nos institutions, de proposer aux citoyens de nouveaux espaces de décision, une nouvelle feuille de route,un programme de réformes à mener, contre vents et marées avec un gouvernement et un Parlement qui représentent vraiment les Français. Si votre résistance a permis cela, vous aurez écrit une page de l’Histoire.   Nous sommes là. Avec vous. Si vous portez cette vision malgré les embûches, si vous souhaitez, comme nous, changer les pratiques politiques, nous vous aiderons.

Moi, aujourd’hui, je n’ai pas peur. Parce que ma plus grande peur c’est que rien ne change. Mon plus grand espoir : que le paysage politique soit renouvelé, que les règles du jeu changent, que nous redevenions le pays des Lumières.   Alors aujourd’hui, du fond du cœur, merci.

medium_quitt.jpg

lundi, 29 janvier 2007

2007=2002+5 ?

Y aura-t-il un 21 avril caché en avril 2007 ? Ce soir de tonnerre-là, les électeurs ont adressé trois messages aux responsables politiques. D’abord, ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir fait voté. Rien n’est joué en avance, surtout quand 14% des électeurs font un «vote d’isoloir», marquant leur hésitation jusqu’au moment de glisser leur bulletin. Ensuite, ils ont sanctionné l’ensemble des partis de pouvoir, et non pas seulement le futur résident permanent de l’île de Ré, Lionel Jospin. Le cocktail de 2002, c’était un tiers d’abstentions, un petit tiers de votes aux extrêmes et un gros tiers de votes pour le quintette des partis de gouvernement (PCF, verts, PS, UDF, UMP). Enfin, l’esprit de mai a eu beau marqué son rejet de Jean-Marie Le Pen, l’extrême droite était et reste une force sur laquelle il faut compter.

Aujourd’hui, le spectre d’avril hante toujours les débats et les stratégies de campagne. Nicolas Sarkozy veut aller chercher un à un les électeurs Le Pen. Ségolène Royal veut rompre avec l’autisme de Lionel Jospin en écoutant d’abord le peuple de gauche avant de proposer. Cela semble leur profiter puisqu’ils cumulent 66% des intentions de vote au 1er tour en janvier. On pourrait même parler d’un retour de désir pour la politique puisqu’en janvier  74% des sondés se disent intéressés par la campagne contre 67% en avril 2002. L’extrême gauche est cantonnée à son carré de fidèles et à son poids désormais assez stable de 5%. Difficile de la voir s’ériger en deuxième gauche, capable de renverser la reine Royal. Mais doit-on vraiment prendre ces sondages au pied du chiffre ?

Premièrement, l’électorat a bien envie de politique mais pas tant que ça de sa classe politique. Elle continue à être décriée : 60% la considèrent plutôt corrompue et plus de 80% des Français pensent qu’elle ne s’occupe pas des problèmes qui les concernent. 65% des électeurs sondés dans le BPF n’ont confiance ni en la gauche, ni en la droite pour gouverner le pays. Ce n’est pas pour rien qu’ils veulent la voir changer avec plus de femmes, plus de jeunes, ou de personnes issues de l’immigration. L’énarchie ne fait plus recette. 

Deuxièmement, même si la gauche se rassemble derrière la candidate socialiste, est-ce parce qu’elle convainc ou bien parce que le 21 avril incite au vote utile ? Le « camp des travailleurs » s’est-il vraiment réconcilié avec les socialistes ?

Troisièmement, Le Pen n’a pas disparu derrière les politiques de sécurité de Nicolas Sarkozy, bien au contraire. Les intentions de vote sont plutôt défavorables au leader du FN (quoique, avec 13% des votes possibles en janvier 2007, il est en avance de 4 points par rapport à janvier 2002). Mais il  se banalise, notamment avec la persistance chez certains électeurs de l’effet crise des banlieues. Il n’a plus a tordre les faits pour qu’ils lui conviennent, d’autres s’en sont chargés pour lui.

Conséquence, sa marge de progression est grande puisque deux fois plus d’électeurs se disent d’accord avec ces idées qu’ils ne disent voter pour lui. Décidément ce spectre d’avril est bien difficile à exorciser…

medium_vincent.jpg
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu