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vendredi, 27 avril 2007

Certains ont-ils intérêt à transformer cette campagne en vaudeville ?

Je suis halluciné par le jeu auquel se livrent certains. Nous avons eu dimanche une belle étape pour la démocratie : forte participation, beau score de premier tour et net recul d FN. Tout pour faire pendant 15 jours un beau débat entre deux projets.

Et depuis que se passe t il ? Une pièce de tartuffe ! Il y a 10 jours Ségolène Royal critiquait avec violence Francois Bayrou ; aujourd'hui elle soutient qu ils ont des convergences. On nous prend pour des ânes. Segolene royal tombe dans le jeu des combinaisons politiciennes ! Elle déjeune en ville avec DSK pour la jouer "aimons nous folle vie". Pendant ce temps Nicolas Sarkozy est en visite dans un chantier du bâtiment ... No comment !

Le plus scandaleux, ce sont les accusations de pression sur la PQR ou Canal plus. En résumé, ils jettent en l'air des rumeurs pour faire croire que Nicolas Sarkozy a exercé des pressions sans avancer la moindre preuve. C'est juste digne des procès de Moscou. On lance une rumeur et on vous dit "prouvez votre innocence" ! C'est parfaitement honteux !

Ségolène royal a par exemple dit que le patron du syndicat de la PQR avait ete convoqué par Nicolas Sarkozy ... Sauf que comme il l'a lui même indiqué dans une dépêche AFP, le dit-patron était à un meeting devant 500 personnes. Je suis surtout énervé parce que je ne voudrais pas que l'on nous fausse ce débat de 2ème tour qui doit être un débat sur le fond entre deux projets et pas un vaudeville.

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vendredi, 20 avril 2007

Petit dîner entre amis

François Bayrou et Michel Rocard ont dîné ensemble...

Décidément

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dimanche, 25 mars 2007

Vote utile… identitaire ou stratégique ?

Le vote utile sera un des déterminants des comportements électoraux de l’électorat de gauche le 22 avril. Dans ce domaine, deux logiques s’affrontent : celle du vote utile « identitaire » et celle du vote utile « stratégique ». La clé du premier tour tient de cet arbitrage. Le vote utile « identitaire » doit s’entendre comme le réflexe de l’électorat de gauche d’éviter un nouveau 21 avril, et l'absence de la gauche au second tour. Ce comportement réduit l’espace politique de la gauche de la gauche (7% aujourd’hui pour 10,4% le 21 avril 2002 selon le dernier sondage Ipsos) et profite à la candidate socialiste. Il constitue sans doute un argument majeur de vote en faveur de Ségolène Royal, qui lui permet d’afficher aujourd’hui un taux de mobilisation des sympathisants PS (70%) meilleur que celui recueilli par Lionel Jospin le 21 avril 2002 (47%).

Le vote utile « stratégique » peut se définir quant à lui comme le vote privilégiant la meilleure solution pour battre Nicolas Sarkozy. Il profiterait à François Bayrou, mieux placé dans les enquêtes d’intentions de vote second tour et expliquerait le ralliement d’une partie des sympathisants socialistes à l’élu béarnais. Que de tels électeurs stratèges existent ne fait pas de doute. Pour autant, ce vote utile stratégique nous semble moins important que le vote identitaire, et en perte de vitesse. En effet, la publication régulière depuis janvier d'enquêtes de second tour donnant Ségolène Royal battue face à Nicolas Sarkozy, et qui dans le même temps mesurent François Bayrou en tête, devrait alimenter le siphonage de l'électorat de gauche vers le leader centriste. Or, si au plus fort de sa percée François Bayrou captait le soutien de 25% des proches du PS, ce taux est aujourd'hui retombé à 15%. Après une progression de 10 points en un mois et demi sur l'ensemble de l'échantillon Ipsos (jusqu'à 24%), il en a perdu 5 cette semaine (19% au dernier pointage).

L'explication de ce reflux se trouve peut-être dans les pronostics de victoire. Malgré les enquêtes favorables, la conviction que François Bayrou pouvait gagner ne s’est pas imposée dans l’opinion, y compris au sein de son électorat : le 16 mars, seuls 22% des personnes déclarant une intention de vote pour lui au premier tour pensaient qu’il serait élu le 6 mai (Ipsos). Au final, la résistance actuelle de Ségolène Royal dans les enquêtes, alors même qu’elle s'est trouvée un temps à égalité avec Bayrou, et la dynamique défavorable cette semaine du candidat de l’UDF dessinent assez nettement à un mois du premier tour la prévalence d’un vote identitaire politique sur un vote stratégique transgressant les appartenances.

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lundi, 19 mars 2007

Bayrou, président suisse

À gauche comme à droite, il est un argument anti-Bayrou qui semble imparable (en tout cas pour ceux qui l’utilisent comme un miraculeux passe partout rhétorique):  on ne peut pas gouverner au centre. À l’UMP comme au PS, on est d’accord (pour une fois) : il ne sera pas question de collaborer avec le candidat UDF s’il est élu. Le gouvernement d’union nationale ne sera pas.

Pour le petit Suisse que je suis, ce discours a quelque chose d’incongru. Car, depuis 50 ans, le gouvernement helvétique est justement composé de sept ministres dont l’appartenance dépend des forces en présence au Parlement. Aujourd’hui, deux socialistes, un centriste, deux radicaux (droite libérale) et deux UDC (droite nationaliste). Bref, pratiquement tout le spectre des tendances politiques essayant de travailler ensemble pour, au bout du compte, gouverner de manière consensuelle, au centre. On appelle ça « la formule magique ».

La culture politique est différente en France, me direz-vous. Ok. La polarité inhérente au système et aux caractères rend, aujourd’hui, tout consensus impensable de ce côté-ci du Jura. Peut-être. Mais il faut admettre que si la formule est pratiquée à quelque kilomètre de chez vous, elle est envisageable ici, au prix d’un effort et d’une volonté de changement. De rupture comme ils disent.

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Sarkozy, Royal, Bayrou : tiercé dans l'ordre ou dans le désordre ?

En 1995, le tournant a eu lieu fin février quand Jacques Chirac rattrapait puis dépassait Edouard Balladur dans les intentions de vote. En 2002, ce furent les trois dernières semaines de campagne qui furent décisives avec l'ascension de Jean-Marie Le Pen et l’effondrement de Lionel Jospin. En ce qui concerne 2007, rien n’est figé et tous les scénarios restent possibles : on croit connaître le tiercé, mais en aucun cas l’ordre. Après une longue phase de précampagne où Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy semblaient hors de portée de leurs poursuivants, le «trou d'air» de la candidate socialiste, puis la poussée spectaculaire de François Bayrou, et plus récemment la baisse de Sarkozy ont remis les compteurs à zéro. Le point sur la semaine écoulée.

 

1.  Baisse des intentions de vote vers Nicolas Sarkozy. Après ses déclarations sur le Ministère de l'immigration et de l’identité nationale, il a perdu 5 points en 5 jours selon Ipsos, 6 points pour la Sofres. Aujourd'hui, plus aucun institut ne le mesure au-dessus des 30%. S'il conserve partout la première place, l'écart avec ses poursuivants s'est réduit.

2.  Mobilisant de mieux en mieux l'électorat UDF qui a petit à petit déserté Sarkozy, bénéficiant aussi d'un soutien du quart des sympathisants socialistes, et d'environ 10% des proches de l'UMP, François Bayrou continue de progresser. Chez Ipsos, il a encore gagné 4 points entre le 9 et le 16 mars. Le reflux annoncé par une enquête CSA n’est pas encore confirmé ailleurs. Avec la publication de sondages de second tour le donnant en tête face à Nicolas Sarkozy (55%/45% chez BVA), la dynamique favorable au candidat centriste pourrait bien se poursuivre, grâce au "vote utile stratégique" des électeurs allergiques à Sarkozy.

3.  Après une période de stabilité au-dessus des 25%; les soutiens de Ségolène Royal semble à nouveau s’éroder. Les dernières enquêtes Ifop et Ipsos la donnent à égalité avec François Bayrou, à 23%. Elle pourrait profiter de son exposition télévisuelle sur France 2 ce jeudi pour regagner quelques points, comme après toutes ses grandes sorties médiatiques (Villepinte, émission de TF1..). Surtout, une progression de Jean-Marie Le Pen en fin de campagne comme en 2002 pourrait remobiliser son camp en favorisant pour elle un "vote utile identitaire", pour éviter un nouveau 21 avril, sans gauche au second tour.

4.  Reste Le Pen, en embuscade. Gros outsider, les instituts ne le voient pas pour le moment à l'arrivée. Pointé entre 12 et 14%, il se situe toujours à des niveaux plus élevés que ceux mesurés en 2002 à la même époque (10%). Une progression en fin de campagne n'est évidemment pas à exclure. Pour autant, nous pensons toujours que 20% constitue un plafond pour sa candidature, eu égard son score du second tour en 2002 (18%). Vu les performances de ses trois adversaires, il semble aujourd'hui peu probable que la qualification pour le second tour se joue sous ce seuil.

 

En tenant compte en plus des marges d'erreurs de l'outil sondage, de plus ou moins trois-quatre points, la course est très ouverte. Aujourd'hui, le turfiste averti jouerait plutôt le trio que le tiercé. Pour l’opinion, l’élection de 2007 est encore loin d’être jouée.

 

 

 

7-8 mars

Sofres

8-9 mars

Ifop

9-10 mars

LH2

12-13 mars

BVA

14 mars

CSA

13-15 mars

Ipsos

Sarkozy

27

28

28

29

27

29

Royal

25,5

23

26

23

26

23

Bayrou

23

23

22

21

21

23

Le Pen

12

13

13,5

13

14

13

 

 

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13:10 Publié dans Le Fil | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sondage, sarkozy, royl, bayrou, le pen

mercredi, 07 mars 2007

Webtélés des candidats : trois approches symptomatiques

Pendant qu'en France, on parle de l'élection dailymotion, les Etats-Unis sont en train de préparer, pour l'année prochaine, l'élection youtube. Jeff jarvis a décidé de suivre cet aspect de l'élection de près à travers un blog dédié, prezvid.  Il y suit l'actualité de l'usage de la vidéo en campagne, et la met en perspective d'usage, dans un espace de veille passionnant.

Pendant ce temps, en France, on voit plusieurs stratégies à l'oeuvre dans la campagne française :

Une volonté de contrôle total de l'agenda et du ton par Nicolas Sarkozy, avec sa NSTV qui fleure bon les années 80, une sorte d'ORTF du web. Volonté de contrôle d'une "vraie chaine de télé", qui est tempérée par la créativité et la volonté de jouer au journaliste fait parfois débarquer des petits couacs dans une machine de communication ultra huilée (pourquoi montrer ainsi l'équipe de jeunes loups de l'entourage de Sarkozy ? Pourquoi cette chaîne libre cours dont certaines vidéos font penser à des canulars ? Pourquoi créer ce drôle de truc, le jour jeune ?), Le format est celui de l'embedded, des coulisses, dans le souci de créer une sorte de connivence avec le spectateur. Spectateur seulement : le candidat ne parle pas directement sur NSTV, il est suivi par des journalistes, intermédié, observé, raconté par des tiers. On montre son équipe, ses locaux, ses déplacements. Il est étonnamment absent de NSTV, désincarné, le spectateur n'y a pas non plus beaucoup de place, de pouvoir. Aspect intéressant, à suivre, les décryptages et la chaîne sur la recherche, contenus rébarbatifs sur la forme, mais qui apportent du débat, du fond dans une chaîne très "publi reportage". Bref, un OWTNI (objet web télévisuel non identifié).

Coté Ségolène Royal, ce sont aujourd'hui surtout les images officielles qui circulent (plus que les vidéos de Nicolas Sarkozy, semble-t-il). On retrouve, géré par des militants, le site segolene-video, qui reprend tous les passages media de la candidate et les grands discours (il en existe de multiples clones, qui créent un effet d'écho sur le web). Assez peu de reportages en propre, à part ceux, au style étonnant, de FatCat Films, caméra épaule et premiers plans flous, comme pour les fameux voeux web de la socialiste (ça parait déjà si loin !). On attend, il parait, une grande série de petites vidéos qui mettrait en scène les cent propositions. On attend, on attend. Cent vidéos, en six semaines ? La vidéo chez Ségolène Royal, c'est l'inverse de NSTV : peu de contenus propres, pas d'hébergement centralisé. J'émets peu, je limite les contenus à mes discours, et je vous laisse diffuser de proche en proche. Cohérent avec le positionnement "miroir des désirs" et "autonomiste" de la candidate.

Chez Bayrou, sans grand étonnement, on est dans l'entre deux, dans une troisième voie. Le candidat a sa web télé, mais c'est une télé où il privilégie la parole directe, sans interlocuteur. Reportages de campagne non majoritaires, pas de "coulisses", mais plus d'évocations directes de sa personne et de ses propositions, par lui-même. Il tente donc d'abolir les frontières et de parler directement, ce que Ségolène Royal n'a fait que lors de ses voeux, et que Nicolas Sarkozy ne fait pas, s'adressant toujours à travers l'intermédiaire d'un Frèches ou d'un La Brosse. Il est, de ce point de vue, dans un registre plus proche de la web télé de David Cameron, dans une continuité certaine, également, de son positionnement d'homme sans intermédiaires. Notons que François Bayrou est pour l'instant le seul à tenir des tribunes, derrière son bureau, pour expliquer ce que sont les éléments de son projet aux internautes, "en exclusivité".

Je passe sur la télé de Jean-Marie Le Pen, qui fleure bon les années 60 (tout est fait en studio) ou le traitement intégral des meetings par les verts (qui ont diffusé un clip de campagne que je trouve raté). 

Les télés des candidats en disent beaucoup sur leur approche, leur positionnement. Un patron à l'agenda suractif, une candidate qui se retranche derrière la mobilisation de ses supporters, un homme qui se place directement face au peuple.

Reste à savoir ce que veulent les Français, ou, à tout le moins, les internautes.

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mardi, 06 mars 2007

Si Bayrou est élu président, que se passera-t-il pour les législatives?

 François Bayrou élu président de la République, il appellera chacune et chacun à prendre ses responsabilités et à s’engager selon un programme de réformes à mener. Femmes et hommes de différentes sensibilités pourront ainsi le rejoindre. La sélection ne se fera donc pas sur les étiquettes politiques mais en fonction les compétences. C’est cela un gouvernement d’union nationale, ce que souhaite 68 % des Français.  Ce n’est évidemment pas une cohabitation — comme le disent ses détracteurs qui en ont d’ailleurs été les acteurs par le passé — qui a démontré la preuve de son échec. C’est l’union des forces, pendant un temps donné, sous l’autorité d’un Président de la République s’engageant lui-même pour conduire le pays, sans se cacher derrière un Premier ministre, avec un «gouvernement de rassemblement».
 
En ce qui concerne les législatives, rien de plus simple et de plus pragmatique ! Le nouveau gouvernement soutiendra les députés s’engageant à soutenir ce programme de réformes dont la France a cruellement besoin. Le gouvernement accordera un label dans chaque circonscription aux candidats qui le soutiennent. Ces démocrates de gauche, du centre comme de droite, formeront ainsi la majorité présidentielle. Et afin de mettre fin à la crise politique que nous traversons, notamment par la crise de confiance entre les Français et leurs élus, les règles du jeu vont devoir changer et se moderniser.

Pour combattre la crise de représentativité, François Bayrou introduira la proportionnelle avec 50 % des sièges au scrutin majoritaire de circonscription et 50 % à la proportionnelle, avec une barre à 5%. Ainsi toutes les sensibilités ayant reçu la confiance des Français seront représentées. Ce qui semble la base pour refonder notre démocratie et mener un débat parlementaire digne de ce nom.
 
Cette nouvelle majorité parlementaire sera composée des réformateurs de toutes tendances. Ceux qui veulent s’attaquer aux problèmes de fond. C’est une occasion inespérée pour renouveler nos élus, pour rééquilibrer la moyenne d’âge de nos parlementaires, de leur culture et de leurs origines sociales ou professionnelles.

Avec un président de la République quinqua, la France doit se doter d’une Assemblée nationale à l’image de ses forces vives dont elle pourra être fière, par-delà ses frontières.
 
En accordant un soutien à François Bayrou, les Français de plus en plus nombreux signifient aux appareils politiques qu’ils doivent se remettre en question. Ils ont envoyé beaucoup de signes dont ils n’ont pas tenu compte : 21 avril, 29 mai, crise du CPE.

Cette élection présidentielle représente pour moi une chance unique pour redonner du sens à notre engagement politique, reconstruire nos mouvements et nos pratiques.

Nous vivons un instant fondateur.

Et ça fait du bien !

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mercredi, 28 février 2007

Quand Bayrou sort TF1 de la Politic’ Academy

J’ai vu un PPDA excédé par François Bayrou qui ne s’est pas plié pas aux règles fixées par la chaîne. Bayrou est face aux Français, il prend le temps qu’il faut pour écouter, aller au bout de son raisonnement quelque soit le timing qu’on veut lui imposer. S’il tient à une chose, François Bayrou c’est de profiter de la fenêtre médiatique qui s’ouvre enfin, et donner les clés de compréhension aux Français pour choisir en toute connaissance de cause. On est bien loin de la politique à emporter, vendeuse de tapis, loin des radios crochet : 2 minutes pour vendre la soupe! 

J’ai été agréablement surprise par les questions du public très tournées vers l’avenir et pas seulement autocentrées. Ca change de l’émission Chirac et les 100 jeunes lors de la campagne référendaire, ainsi que les deux premières oraux de TF1 de qui donnaient l’impression fausse d’une société nombriliste et individualiste. Un homme à la fois à l’écoute, mais pas au même niveau. Les Français attendent en même temps de la proximité, des intermédiaires en moins, mais aussi d’être portés, tirés vers le haut, vers des perspectives qui fondent notre société ou le « comment vivre ensemble ». 

J’ai retrouvé la même qualité de débat que je vois chaque jour sur Internet Une fois dépassée la campagne poubelle ou la politique paillette, enfin on parle enfin du fond, on parle de la dette, de l’importance de l’éducation, de notre politique internationale, du dépassement du clivage gauche droite, de sa concrétisation sur le terrain des législatives après la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.
 
Et pendant ce temps-là, les tontons flingueurs sont de sortie UMPS tous unis contre François Bayrou. Je sens qu’on va rire ! Mais pendant ce temps, là, François est reparti sur les routes de France, à Metz ce soir…

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mardi, 27 février 2007

«Monsieur le Maire, les femmes n’ont pas assez de «couilles» pour élire une femme»

Ce mail, il m’est arrivé tôt ce matin. Il avait un titre suffisamment accrocheur pour que je le lise en premier dans la multitude accumulée dans la nuit et même le reprenne en titre de ce premier billet. Le sujet et la tonalité que j’avais prévu pour ce retour à un blog collectif devaient être tout autre. J’étais parti sur une analyse très sérieuse du programme social et économique de Bayrou. Sérieuse nécessairement, car il faut se les coltiner les 12 pages, sans intertitre et en interlignage simple. Bref, je voulais montrer et montrerai une autre fois qu’avec ce programme, le Béarnais avait abandonné les habits du Che pour reprendre ceux de Raymond Barre . Que ces attaques contre la classe médiatico-politique faisaient écho aux critiques sur le « Microcosme » de l’homme de la Réunion. L’Ile ! Et non, pas la grande alliance politique. Mais, tout cela sera pour une autre fois. Car ce petit mail, m’a bel et bien interloqué. En effet, pourquoi dans les enquêtes d’opinion, Ségolène Royal ne fait pas le plein de voix chez les femmes ? Loin de là. Rien que du très classique, en fait dans l’histoire de la domination. Historiquement, une partie de la gauche a longtemps été réservée face aux votes des femmes par crainte qu’elles votent comme le disait le curé. Mais, quand même ! Il demeure aujourd’hui à l’égard de Ségolène Royal une suspicion très forte. Plus que je ne l’aurais cru. Et elle va se réfugier dans des recoins de notre inconscient collectif pas toujours évident à traquer.

Suspicion, sur sa compétence, bien sûr. Le lynchage du début de l’année nous a montré son intensité. J’attends de voir les réactions aux approximations d’hier de Nicolas Sarkozy sur RMC. Plantage sur les sous marins nucléaires, vision plus que floue sur Al Qaïda et pour l’instant pas grand-chose. Mais, il n’y a pas que la compétence de la candidate socialiste qui soit mise en cause. Ce débat a été en partie clos avec le discours de Villepinte. Solide, charpenté, global. L’examen de passage a été réussi pour reprendre les commentaires des habituels chroniqueurs. Il reste aujourd’hui autre chose. Et c’est bien elle même, et c’est bien l statut qu’on lui réserve du fait de son état de femme.

Et c’est là, qu’on retombe sur François Bayrou. Après avoir percé en jouant au trublion, il veut consolider ses positions en apparaissant désormais comme le seul raisonnable. C’est celui qui rassure, surtout les milieux bien pensant. Il renvoie dos-à-dos Sarkozy et Royal, sur des arguments en fait dissymétriques. C’est éclairant quand il attaque la prodigalité des deux principaux candidats, En fait, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne se comportent pas de la  même façon. Le chiffrage du projet de la candidate socialiste n’a pas connu les mêmes approximations que celui de l’UMP. Il n’y a pas eu de dérapage contrôlé sur la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, sur 5, 10 puis 20 ans. Et pourtant, le candidat de l’extrême centre peut continuer à creuser son sillon. Il joue bien sûr sur la caricature des socialistes dispendieux, même si celle ci commence à être vraiment has been. La gauche est devenue bien souvent plus exemplaire que la droite. Il suffit de comparer l’état des finances publiques en 1995 après le Gouvernement Balladur avec François Bayrou comme numéro 2 et Nicolas Sarkozy comme Secrétaire d’Etat au budget avec celui de 2002.

Mais, en fait il peut continuer d'exploiter ce créneau de l’homme rassurant car il y a bel et bien autre chose.  Ce n’est pas compliqué de vouloir rassurer quand on veut se démarquer de Nicolas Sarkozy. Ses comportements, ses interpellations inquiètent. On a tous en tête son trouble jeu de pompier pyromane comme Ministre de l’Intérieur.  On peut effectivement se demander ce qu’il ferait sans garde fou. Mais, il y  aussi la volonté de rassurer face à Ségolène Royal. Et, là on cherche les raisons. Quels sont les actes, les dérapages verbaux, les propos qui nécessitent de devoir rassurer les Français face à Ségolène Royal. Quand a-t-elle été borderline, comme ils disent ? En rien, si ce n’est qu’elle est une femme. Nicolas Sarkozy fait peur, à raison. Ségolène Royal, inquiète, sans raison, mais par abus de clichés.   Clichés sur l’incompétence des femmes, sur cette vieille et éculée étymologie du mot hystérie … C’est aussi cela qu’il va falloir surmonter chez les Français, et les Françaises.

 

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lundi, 26 février 2007

Bayrou : le décollage a eu lieu

Un petit schéma vaut mieux qu'un long discours : 

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(vous voyez la montée de la courbe bleue ?) 

Ceci-dit, un petit discours s'impose, surtout en prolongation d'une note publiée il y a quelques semaines sur ce blog, où je notais un frémissement pour le moins léger en faveur de François Bayrou dans les discussion qui émaillaient les espaces sociaux en ligne, et l'absence de ralliements (certains ont eu lieu depuis). 

Ce joli graphique indique, jour après jour, le nombre de billets publiés sur des blogs incluant les termes "françois bayrou" (bleu), "ségolène royal" (orange) et "nicolas sarkozy" (vert). L'outil de mesure est blogpulse, mais on peut également se référer à d'autres outils, tels que le tendançologue, sur l'observatoire de la présidentielle. Ils indiquent une évolution proche.

Tous les outils convergent : on parle, en ligne, désormais presque autant de Bayrou que des deux autres candidats. Le rapport n'est pas encore celui d'une égalité de traitement par les internautes, mais, pour simplifier, là où 100 blogs parlent de Sarkozy ou de Ségolène, on monte, hors exceptions, à 70 pour Bayrou, contre un rapport de 100 à 15/20 il y a trois semaines.

Le décollage a donc eu lieu. Il date de début février. Auparavant, c'était le calme plat, ou presque, sur le candidat centriste (le frémissement est très léger entre le 15 et le 30 janvier, et le même mouvement est perceptible chez tous les candidats : c'est l'élection en soit qui prend de la part de bruit médiatique, Bayrou voit même sa "part de marché " baisser).

Thierry Crouzet voit dans ce décollage le symbole de la victoire du 5ème pouvoir, qui impose son candidat à la société médiatique :

"Cette idée il ne l’a pas imposée, il l’a juste semée. Le cinquième pouvoir s’en est emparé, il l’a diffusée lentement. Aujourd’hui, elle remonte par percolation comme l’eau dans une cafetière, elle finit par atteindre la surface, et les Ségo-Sarko comme les médias ne peuvent plus l’ignorer. Alors ils la répètent, la consolident. Mais elle n’est pas née grâce à eux, elle n’a pas été calculée par eux mais par le cinquième pouvoir lui-même."

Difficile de dire qui est l'oeuf et la poule, dans l'émergence de Bayrou ces trois dernières semaines, entre le supposé cinquième pouvoir que constitueraient les internautes, nouvelle force autonome, et les media et faiseurs habituels d'opinion. Thierry en fait un élément de démonstration de la révolution qu'il chronique dans son livre et qu'il promeut depuis des mois. Je reste pour ma part dubitatif.

D'une part, les internautes, selon tous les outils de mesure dont on peut disposer, parlaient nettement moins de Bayrou que ne peut le supposer son poids électoral (il était 5  à 6 fois moins présent que les deux leaders). Tout juste pouvait-on noter, qualitativement, une sensibilité croissante au candidat centriste dans quelques espaces relativement visibles, et peut-être pionniers, des discussions politiques. C'est faible. Rien ne permet de dire que les internautes onteffectivement diffusé la graine Bayrou, que la plante a germé, avant que les media ne viennent l'arroser.

Car les media ont copieusement arrosé la graine : ce sont manifestement les sondages de la fin janvier qui ont généré l'explosion. Entre le 20 et le 30 janvier, plusieurs sondages montrent une progression de François Bayrou, qui, fait nouveau, passe devant Jean-Marie Le Pen. La presse s'empare alors de son maronnier de chaque janvier de présidentielle : le troisième homme. Les couvertures s'affolent, et Bayrou fait la une des media : l'hypothèse du troisième homme devient crédible, et, peu à peu, surtout la semaine dernière, l'hypothèse d'arrivée au second tour de François Bayrou devient un sujet de conversation majeur, même chez les internautes. La plus forte progression de Bayrou dans les discussions correspond à la semaine où il est très fortement exposé médiatiquement (A vous de Juger, France Europe Express...) en télévision.

Le fameux "cinquième pouvoir" est peut-être responsable, partiellement, du gain initial de quelques points dans les sondages, du passage de 7 à 8 ou 9%, à la faveur d'un discours fortement orienté dans le sens, le thème, les valeurs de ces internautes actifs (critique des media). Rien ne le prouve, mais on pourrait l'imaginer. Reste que le décollage réel, celui qui fait de F. Bayrou aujourd'hui une alternative crédible, répond à une logique proche de celle de l'apparition de S. Royal il y a plus d'un an : par un jeu d'emballement médiatique fondé sur quelques sondages d'opinion, sur un personnage dont le discours ou le positionnement est manifestement susceptible de remporter une adhésion. 

De quoi rester encore modeste sur le poids et l'influence des blogs et des internautes dans le jeu politique... En tout cas comme initiateurs de mouvements de fond. Ils sont en revanche de fantastiques relais réactifs à l'actualité médiatique.

 

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J’ai testé le premier site de rencontre politique (enfin, pas encore), épisode 2…

Une semaine après m’être inscrite à sexycentriste.com, le site de rencontres des jeunes UDF, je m’étonne qu’ils ne m’aient toujours pas envoyé la confirmation de mon inscription par mail. Hé, les UDF, vous ne voulez pas que je vous rencontre ou quoi?

A force de pester en attendant mes codes d’accès qui ne viennent pas, mon collègue Nicolas finit par trouver la solution au problème: le mail envoyé par sexycentriste.com est bloqué depuis huit jours dans mon dossier de «messages indésirables». Le filtre anti-spams de 20 minutes est un poil trop aiguisé.

Toutes mes excuses, les sexycentristes, je retire ce que j’ai dit: vous n’êtes pas moins réactifs que le site qui vous a inspiré - meetic.fr pour ne pas le nommer. Et maintenant que j'ai mon mot de passe, on va pouvoir passer aux choses sérieuses...

 

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vendredi, 23 février 2007

La galère des petits candidats

Si Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font la course en tête pendant que François Bayrou et Jean-Marie Le Pen se disputent la troisième place, derrière, ça rame. Sous-exposition médiatique ou effet "vote utile", toujours est-il qu'aucun des autres candidats testés depuis octobre 2006 par les six principaux instituts de sondages n'a jamais dépassé la barre des 5%.

Selon la dernière mesure réalisée par BVA les 19 et 20 février, Marie-Georges Buffet mène le gruppetto à 4% d'intentions de vote, juste devant Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et Philippe de Villiers à 3% ; José Bové est à 2%, Dominique Voynet à 1%, et Corine Lepage est crédité d'un astérisque, renvoyant vers un diplomatique "résultat non significatif"...

Au-delà de la variation des scores d'un institut à l'autre, consécutifs à une offre électorale plus ou moins large (Ipsos propose l'offre la plus complète en testant également Nicolas Dupont-Aignan, Frédéric Nihous et Gérard Schivardi), le fait est qu'aucun des petits candidats n'arrive à percer. Ce n'était pas le cas en 2002, le rapport de force était beaucoup plus serré.

La Sofres avait mesuré dans ses intentions de vote de février Arlette Laguiller à 7,5% (le 23), Robert Hue à 6,5% (le 2), Noël Mamère à 7% (le 15), alors que Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Chevènement oscillaient autour des 10%. Ipsos obtenait des résultats comparables. A cette époque, derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin, cinq candidats pouvaient prétendre au podium.

Les petits candidats sont-ils aujourd'hui condamnés à rester en fond de cale ? Le sujet fait débat. Avec Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui captent toujours à eux deux environ 60% des intentions de vote, contre moins de 50% pour le total Chirac+Jospin en 2002, la marge de manœuvre est plus étroite.

D'autant plus que derrière, le candidat "ni gauche ni droite" de 2007 est plus haut que celui de 2002 (de 15 à 17% selon les instituts pour F. Bayrou, contre à peu près 10% pour J.P. Chevènement en février 2002), et que Jean-Marie Le Pen est lui aussi en avance sur ses temps de passage (+ 3 points en moyenne). C'est peut-être une conséquence du 21 avril, les candidats des grands partis mobilisent beaucoup mieux leur camp cette année. Plus de 80% de l'électorat UMP choisit Nicolas Sarkozy dès le premier tour (on était autour des 60% pour Jacques Chirac en 2002), les deux-tiers des sympathisants socialistes choisissent Ségolène Royal (moins de 60% en moyenne pour Lionel Jospin, et à peine un peu plus de 50% à l'approche du scrutin), François Bayrou est aujourd'hui soutenu par 60% des proches de l'UDF (40% en 2002) ; Le Pen reste à 80% de soutien dans son camp.

Avec un électorat moins dispersé, on se rapproche des "parts de marché" des différents partis, si l'on se réfère aux niveaux des proximités partisanes relevés par les sondeurs dans leurs échantillons. Pour autant, tout n'est pas joué. Les municipales 2008 en point de mire, les maires hésitent à parrainer qui que ce soit. Le couperet des 500 signatures devrait alors clarifier l'offre électorale et aider les candidats qui auraient gagné leur ticket d'entrée. Surtout, la campagne officielle n'a pas encore commencée. L'égalisation des temps de parole profite aux moins connus, et bouleverse parfois l'ordre établit.

En avril 2002, les Français découvraient Olivier Besancenot, qui gagnait alors soudainement 4 points d'intentions de vote, pour se retrouver tout près du seuil des 5%, qui fait passer le remboursement des frais de campagne de 5 à 50% des dépenses (plafonné selon le cas à  800 000 ou 8 millions d'euros). Ils étaient 7 à en bénéficier en 2002 (Chirac, Le Pen, Jospin, Bayrou, Laguiller, Mamère et Chevènement), pas sûr qu'en 2007 ils soient aussi nombreux.

•• Notre prévision : tous fauchés ! ••

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vendredi, 16 février 2007

J’ai testé le premier site de rencontre politique (enfin, pas encore)…

A peine débarquée à la rédaction web de 20 minutes, je reçois jeudi, un mail de mon collègue Stéphane, qui s’occupe de la rubrique sport. «Vous en rêviez, écrit-il. Voici un site de rencontre rien que pour vous» et avec, l’adresse dudit site, http://sexycentriste.com, une initiative des jeunes bayrouistes. 

Un clic plus tard, me voici sur une page web au design sommaire qui revendique le statut de «premier site de rencontre politique» et promet: «échangez, rencontrez, mesurez vos affinités politiques avec d'autres utilisateurs et même les candidats à la présidentielle». Wahou! Merci Stéphane, j’en rêvais en effet. 

Poussée par la curiosité ou plutôt - dois-je l’avouer ? - par une conscience professionnelle exacerbée par ma période d’essai contractuelle, je décide de tester la rencontre version jeune UDF. 

Pour bénéficier de ces services altruistes, il faut donc s’inscrire. Soit. Ah ben non, raté, on ne peut pas s’inscrire. Le service est saturé, «victime de son succès», nous dit-on ! 

Bon. Je réessayerai demain…

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jeudi, 15 février 2007

Duhamel, première victime des blogs

C’est l’épitaphe qu’on pourra graver sur la tombe médiatique du chroniqueur multi-cartes. Après avoir annoncé fin novembre, lors d’une rencontre avec des étudiants parisiens de Sciences Po et des jeunes UDF de Paris qu’il avait l’intention de voter François Bayrou, Alain Duhamel a donc été suspendu « jusqu'à la fin de la campagne électorale » par France Televisions aujourd’hui, alors qu’il devait ce soir même, interviewer le candidat UDF à la présidentielle dans l’émission « A vous de juger » sur France 2.

L’affaire en elle-même est aussi étonnante que la manière dont elle a explosé médiatiquement. C’est Guy Birenbaum qui en est en partie à l’origine après une note publiée sur son blog jeudi matin. « La vidéo que vous allez voir m'a été signalée hier soir, explique le journaliste-éditeur. Elle aurait été déposée il y a une semaine sur Dailymotion par les jeunes UDF de Paris. » (NDLR : elle se trouvait sur le blog des jeunes UDF depuis le 5 février). Guy Birenbaum signale qu’au moment où il publie la vidéo en question, elle n’a été vue que 265 fois sur Dailymotion alors qu'elle se trouvait. Une dizaine d’heures plus tard, elle a été regardée à plus de 11000 reprises.

Mais surtout, elle est arrivée jusqu’aux pontes de France Televisions qui ont préféré prendre des sanctions dans la journée. Du jamais vu. On attendait aussi jeudi soir des réactions du côté de RTL, où Alain Duhamel officie. Et Guy Birenbaum aussi. Ambiance.

Le célèbre chroniqueur aura à peu près tout raté dans cette campagne électorale. Après avoir sorti un livre en janvier 2006 sur les prétendants à l’Elysée dans lequel il avait oublié volontairement de citer Ségolène Royal - il l'a ajoutée dans la version poche sortie le mois dernier - le voilà éjecté de la scène médiatique pour avoir soutenu un candidat. On appelle cela l’élection de trop.

Dernière minute : RTL et Duhamel ont décidé d'un commun accord d'interrompre, pendant le temps de la campagne présidentielle, l'éditorial quotidien du journaliste.

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Voici la vidéo en question

 

 

dimanche, 11 février 2007

Santini pense comme Bayrou, mais veut agir avec Sarkozy

Le meilleur ennemi de Bayrou, c’est André Santini. Guest-star du meeting des comités de soutien à Nicolas Sarkozy dimanche à la Mutualité, le député-maire UDF d’Issy-les-Moulineaux est venu sur scène pour exposer son ralliement au candidat de l’UMP. Et pour expliquer pourquoi la candidature de François  Bayrou est vouée à l’échec. André Santini est même allé jusqu’à annoncer le ralliement obligé de Bayrou. Même si les mots étaient choisis, la charge a été violente. Jugez plutôt.


« Nous sommes quelques-uns à nous interroger sur l’avenir d’un Centre qui double la gauche par la gauche (…) Il y a bien sûr quelque chose de sympathique dans cette démarche [celle de Bayrou, ndlr] ; il y a un courage évident à vouloir bouleverser les lignes (…) C’est un dessein éminemment respectable de vouloir renverse la table, comme on dit. Et nous aurions tort de railler cette démarche, d’insulter les hommes qui la portent et qui demain nous rejoindront. Simplement, elle me paraît vouée à l’échec parce qu’il n’y a pas assurément une majorité de Français pour la soutenir et qu’il n’y a pas une majorité de responsables politiques qui y soient sensibles (…) Imaginons un seul instant qu’une telle démarche soit plébiscitée par les Français. Comment, concrètement, la mettre en œuvre au gouvernement ? Avec qui ? Avec quelle majorité à l’Assemblée ? Cette démarche est intellectuellement satisfaisante. Elle est pratiquement inefficace. » L’intéressé appréciera la démonstration.


On nous avait annoncé nombre de ralliements d’ouverture à Sarkozy ce dimanche et certains noms de gauche comme Jean-Marie Bockel, avaient même circulé. Finalement, l’ouverture à gauche n’est pas allée plus loin que le centre droit avec Santini et Christian Blanc. Si cela n’est pas une révolution dans la campagne de Sarkozy, ce peut être un coup dur dans celle de Bayrou.


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mercredi, 07 février 2007

Bayrou : le troisième homme introuvable (en ligne)

Il y a une dizaine de jours, il était impossible de passer à coté de François Bayrou. Un moment habituel de la campagne : un des deux candidats de premier rang connaît une période de creux, quelques mois avant l’élection, c’est donc le moment de se poser la question du fameux troisième homme. Nous avons donc eu droit à des couvertures et des articles de presse qui mélangeaient allègrement quelques verbatims à du doigt mouillé pour nous expliquer que, peut-être, François Bayrou pourrait créer la surprise. Bien sûr, il y a les sondages : Ségolène perd quelques points, François en gagne quelques uns. Mais à quelle réalité profonde correspond ce mouvement ? Nul  ne le sait.

 Il paraît que c’est sur internet que François Bayrou a les moyens de faire son beurre. Peut-on glaner, dans les blogs, quelques indices d’un tel mouvement, quelques signes de ralliement ? Je suis parti à la recherche des dissidents, de ceux qui frémissent, qui hésitent à pencher pour le centriste, ou de ceux qui refusent au contraire de se laisser emporter par « la tentation Bayrou ». Et je n’ai pas été déçu.

Le constat, tout d’abord, est assez simple : je n’ai pas trouvé un seul blogueur « de droite » qui se pose la question du vote pour le béarnais. S’il existe une forte blogosphère de droite qui reste critique à l’égard de Sarkozy, elle est essentiellement constituée de chiraquiens patentés, de gaullistes irréductibles ou de villepinistes, qui semblent encore espérer la candidature de l’actuel président (ou de son premier ministre ?). L’alternative au vote Sarkozy semble plutôt être le suicide politique que le ralliement à Bayrou.

Il faut donc chercher à gauche. 

Les regards se tournent naturellement vers les soutiens de DSK. Il se murmure que ce sont de ces supporters de Strauss-Kahn qui ont lancé une pétition de soutien à Bayrou (signée les socialistes anonymes, quel courage !), sans que l’on ne puisse confirmer quoi que ce soit. L’impact aura donc été assez réduit par l’anonymat des émetteurs. Les blogueurs strauss-kahniens les plus connus, comme Christophe Grébert de monputeaux ou Guillermo de Radical Chic, font toujours dans le soutien ferme à Ségolène. L’un dans un registre militant classique, l’autre par une explication froide et sans enthousiasme excessif  : « de mon côté, on m'a tellement fait le coup du frémissement, alimenté d'anecdotes super représentatives ("J'ai toujours voté à gauche. Cette fois, je vote pour vous. Bonsoir") que je m'étonne que d'autres puissent quand même s'embarquer la dedans. ». Même Fraise des bois, qui chronique son expérience des débats participatifs avec beaucoup de recul critique par rapport à la « littérature officielle du parti », ne passe pas la ligne jaune de la dissidence.

Alors, hormis quelques anonymes, tout le monde au garde à vous derrière Ségolène dans le camp socialiste ? Pas de dissidence, de prise de recul ? Certes non. Mais il faut chercher loin, en profondeur, pour trouver du socialiste dissident, de l’ex-électeur de Jospin qui avoue sa préférence pour Bayrou. Des figures de la blogosphère sont sur le point de céder. Laurent Gloaguen, qui se dit de gauche, résiste encore : il n’est pas séduit par le candidat. XIII, en revanche, relève avec un certain enthousiasme les sondages qui scandent la montée du béarnais. Des frémissements, des choix ni blancs ni noirs : serait-ce qu’on ne soutient pas un centriste avec la même ferveur qu’un autre ancré dans un camp ?

 

Et puis il y a l’énigme : les ralliements de Fabiusiens, que l’on rapporte ici ou là. Oh, pas des ralliements façon allégeance. Pas des ralliements de soutien, pour faire campagne, mais des analyses froides de Fabiusiens qui avoueraint leur préférence pour Bayrou plutôt que pour la poitevine. On s’interroge. Machisme ? Folie ? Calcul machiavélique ? Non, c’est finalement plus simple, et c’est Edgar qui s’explique :

 
Mettons que j'aie envie de voter utile. Il y a quatre candidats qui peuvent passer : Sarko, Ségo, Bayrou et Le Pen. Le Pen jamais, Sarko, seulement s'il est en face de Le Pen ; restent deux candidats : Ségo et Bayrou. Les deux ont voté oui à ma connaissance, et celui qui a eu les termes les plus respectueux et intelligents sur le non ce n'est pas Ségo c'est Bayrou.

 

On se prend à espérer avoir enfin trouvé le socialiste dissident. Las. Malgré cette brillante démonstration, Edgar avoue : « disons qu'entre deux candidats sérieux pour le deuxième tour je choisis le plus à gauche.».

 
Chou blanc donc. Je n’ai donc pas trouvé un seul traître, tourneur de veste ou converti heureux qui s’assume. Le néo-bayrouiste de gauche se fait tellement discret qu’on ne le trouve point.

 
En guise de thermomètre, on imagine que les équipes de l’UDF préfèreront les sondages. 

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mardi, 06 février 2007

François Bayrou ou le Tour de France tranquille

L’anti-people, l’anti-paillette, l’homme qui ne se rend jamais aux avant-premières, qui n’est jamais dans les feuilles de choux des célébrités, c’est bien lui.Pendant que certains font tourner à plein régime la campagne poubelle, lui continue depuis septembre dernier, dans le plus grand silence, son tour de France. Deux déplacements par semaine. Dans chaque ville, dans chaque village, des visites d’entreprises, des réunions publiques, des rencontres avec des étudiants, des chercheurs, des mamans… Pas de grands médias nationaux qui le suivent, un déjeuner presse avec les quotidiens locaux, régionaux. Il s’imprègne de la vie des gens, il répond, il est accessible. Loin de Paris, de son cabinet, de son agenda, toutes ces petites choses qui vous étouffent un personnage. Il a trouvé le rythme, l’équilibre.
Il est serein.

Bon du coup, je le vois plus. Mais pas question de quitter Paris et le QG.

Et puis moi contrairement à lui je suis parisienne, et j’aime cette ville.

Et moi, son cheminement je le vois de Paris. Je le vis à Paris.
Mi blogosphère-mi marchés.

Mes « nouveaux » amis de la blogosphère parient tous sur un Bayrou au 2e tour, je reçois des mails encourageants de connaissances de l’UMP et du PS, et sur les marchés, les passants nous demandent le tract « François Bayrou ».

Alors il est clair qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus profond que les sondages qui sont pourtant unanimes sur l’ascension de François Bayrou. J’attends avec impatience la sortie des projets portés par les candidats et non par les partis. C’est à ce moment-là que les vrais choix se feront. Et que c’est sur le fond que nous serons amenés à nous prononcer.

A 29 ans, je n’ai jamais connu de programme électoral depuis que je suis née. Le dernier réel programme a été porté par François Mitterrand en 1981 avec ses 110 propositions. Depuis rien, que de la com’, que des promesses, que des constats (« la fracture sociale » de Chirac). Jamais de propositions, jamais d’engagements.

Mon choix de l’indépendance, de la séparation des pouvoirs, de la 6e République est déjà fait. J’attends de voir les budgets chiffrés des uns et des autres pour avoir un avis objectif sur le fond. J’attends de voir qui chargera encore un peu plus notre barque sur la dette publique. Ça, ce sera pour moi impardonnable.

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mardi, 30 janvier 2007

Orages

Pathétique. Si on ne pouvait faire mystère des coups bas qui allaient se donner, 2007 sera bien l’année des « boules puantes ». Cette semaine, nouveaux rebondissements. Gérald Dahan, à la merci de l’UMP, piège une Ségolène Royal particulièrement « légère » sur les questions territoriales – sur le statut de la Corse qui, comme chacun sait, est un enjeu fondamental. Je trouve particulièrement inadmissible ce genre de canular qui tente de déstabiliser la candidate socialiste. Le procédé est malhonnête et ce n’est pas en se comportant comme un trublion de la sorte que Dahan va élever le débat, bien au contraire.

Ce que j’attends et ce que nous attendons tous, ce sont des définitions d’axes politiques et pas des tentatives d’intimidation tout à fait indignes et qui musèlent complètement le débat. Au lieu d’entendre et d’évaluer des choses intéressantes ou plus critiquables, il faut anticiper la dernière invention de tel ou tel camp. 

En clair, dans l’état actuel des choses, je comprends la remontée spectaculaire de François Bayrou dont je salue par ailleurs le positionnement ferme à l’encontre de l’UMP. Je regrette davantage la percée silencieuse du vote pour l’extrême droite qui m’apparaît plus comme un vote contestataire que comme un suffrage pour les thèses nationalistes.

Et pendant ce temps-là, José Bové qui croit bon, au nom d’un « état de nécessité » (prétend-il) d’arracher des champs de maïs transgénique ou de faire régner la zizanie, annonce qu’il rendra publique sa candidature le 1er février. Je ne m’inquiète pas particulièrement d’une telle annonce et doute que celui-ci réunira les 500 parrainages d’élus d’au-moins 30 départements. Et, dans l’hypothèse où celui-ci les obtiendrait, l’un des enjeux majeurs d’une élection reposant essentiellement sur les questions politiques, économiques et sociales, Bové ne pourra pas faire mystère de son ingérence.

Jamais une campagne n’aura débuté aussi tôt. Mais moins de trois mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, les cartes sont jetées et chaque petite phrase va compter, être décortiquée par l’adversaire et critiquée. Et ça, qu’on se le dise, l’UMP s’en est fait une spécialité puisqu’une commission a été chargée de reprendre tous les propos de Ségolène Royal pour démonter chacune de ses interventions. J’attends donc la présentation du programme de la candidate socialiste le 11 février pour étudier chaque proposition, sachant pertinemment que je ne dégagerai pas un enthousiasme démesuré. Mais que le parti du ministre-candidat Sarkozy cesse un peu d’user de procédés détestables et laisse un peu entrevoir ses idées. L’attaque est souvent contre-productive et il existe une tendance à se prendre de sympathie pour celui qui supporte les mauvaises critiques. Que la droite poursuive sur sa lancée, il pourrait y avoir de nouvelles surprises les 22 avril et 6 mai.

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Lettre ouverte aux élus UDF

Chers amis, Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous remercier d’exister. Tout simplement. Mais avec beaucoup d’émotion. François Bayrou vous a proposé de l’accompagner dans une aventure, vous l’avez choisi. Avec lui, vous avez résisté. Résisté au rouleau compresseur, résisté à la pensée unique, résisté aux pressions incessantes depuis 2002. Ces pressions en fait n’ont jamais cessé. On ne le dit pas assez. A chaque remaniement ministériel, vos téléphones ont sonné. En local, les menaces sont aujourd’hui explicites.

Si vous n’aviez pas été là, je ne me serai peut-être jamais engagée. A l’heure de prendre ma carte, j’ai refusé de me couper de la moitié de mes proches, des mes collègues, de mes réseaux, des énergies avec lesquelles je voulais construire le monde de demain. Et vous étiez là. Cet espace qui ne ressemblait à rien de connu existait, enfin.

C’est parce que vous avez sauvegardé cet espace de liberté que cette aventure est possible. Oui vous avez fait des sacrifices de vie personnelle, oui vous avez subi des pressions, oui, vous avez fait un long cheminement, et parfois vécu des traversées du désert. Votre avenir personnel, mon avenir personnel ne comptent pas dans cette aventure. Parce qu’elle ne nous appartient pas. Elle appartient aux Français qui, chaque jour un peu plus nombreux, placent un espoir réel dans la démarche proposée par François Bayrou.

Cet espoir est incarné par des multiples visages, élus, acteurs de la société civile, citoyens. Parce que les Français n’en peuvent plus d’être les otages d’une guerre incessante clan contre clan qui ne leur bénéficie jamais. Parce qu’ils saluent le courage de François Bayrou, son intégrité et qu’ils lui trouvent l’honnêteté de dire qu’il ne gouvernera pas seul. Pas qu’avec les siens. Qu’il y a urgence, urgence nationale. Parce qu’avant la sortie de son projet en février, ils entendent déjà les grandes lignes de son projet.

Si ses prises de positions sur les médias, sur notre démocratie malade sont violentes mais justes, il est rassurant, par la cohérence de sa vision politique. Parce quand la vérité fait mal, il la dit. Le malaise que nous ressentons tous est enfin exprimé. C’est le point de départ d’une construction, d’une re-construction.

Si le début de cette histoire s’est écrit grâce à vous, elle va continuer avec ou sans chacun d’entre nous. C’est notre choix et notre liberté de conscience. Ne regardez pas les cartographies électorales, vos chances ou non d’être réélu. La clé c’est les Présidentielles. Elle seule permettra de rebattre les cartes, de redessiner nos institutions, de proposer aux citoyens de nouveaux espaces de décision, une nouvelle feuille de route,un programme de réformes à mener, contre vents et marées avec un gouvernement et un Parlement qui représentent vraiment les Français. Si votre résistance a permis cela, vous aurez écrit une page de l’Histoire.   Nous sommes là. Avec vous. Si vous portez cette vision malgré les embûches, si vous souhaitez, comme nous, changer les pratiques politiques, nous vous aiderons.

Moi, aujourd’hui, je n’ai pas peur. Parce que ma plus grande peur c’est que rien ne change. Mon plus grand espoir : que le paysage politique soit renouvelé, que les règles du jeu changent, que nous redevenions le pays des Lumières.   Alors aujourd’hui, du fond du cœur, merci.

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vendredi, 26 janvier 2007

Combats ou coups bas?

On nous avait promis un débat d’idées, une campagne projet contre projet… Sauf que depuis que la campagne pour la présidentielle a vraiment commencé (c’est-à-dire depuis la désignation de Nicolas Sarkozy comme le candidat de l’UMP), on attend encore. Et les récentes affaires de ces derniers jours ne laissent augurer rien de bon.

Listons les ensemble :

  1. Ségolène Royal obligée de dévoiler son patrimoine après une campagne sur internet et des mails qui sont venus on ne sait d’où ; rumeurs sur la fragilité, voire l’inexistence, du couple Royal-Hollande ;
  2. Nicolas Sarkozy soupçonné d’utiliser les RG pour enquêter sur l’entourage de Royal ;
  3. livre noir du PS sur le bilan du ministre de l’Intérieur,
  4. création d’une cellule pour relever les bourdes de la candidate socialiste parce que dixit un membre du staff  de  Sarko « on veut trouver des angles d’attaque et pas répéter les erreurs de Fabius et Strauss-Kahn qui l’ont attaqué sur un plan personnel.»… Une cellule efficace puisque dans les rédactions, il ne passe pas une journée sans que l’on reçoive des mails argumentés sur telles ou telles déclarations de Ségolène Royal.


Ne soyons pas angéliques, on le sait, une campagne électorale, c’est quelque chose de violent, c’est un affrontement idéologique majeur dans le temps politique. Ceci étant dit, les Français n’oublieront pas qu’on a leur a promis une campagne différente basée sur les idées. Or regardons un peu ce qu’il se passe : Nicolas Sarkozy a déjà avancé une bonne partie de son programme (des proches assurent toutefois qu’il a en réserve de « nouvelles propositions majeures »), et Ségolène Royal n’a pas terminé son débat participatif. C’est comme si Michael Schumacher avait terminé ses tours de chauffe alors que Fernando Alonso en était toujours à régler le moteur de sa Formule 1. Il est difficile de savoir qui a la meilleure voiture.

Quant aux autres, on ne les entend pas non plus sur leur programme pour le moment : François Bayrou insiste dans sa posture « Moi, François, seul contre les médias » puisque ça fonctionne, Marie-George Buffet doit assumer le rôle de celle qui a tué la candidature unique antilibérale, Dominique Voynet n’incarne toujours pas l’écologie au-delà des seuls Verts, et les Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et consorts se battent pour exister.

Rarement une campagne n’a commencé de manière aussi virulente. Quelle tournure prendra-t-elle ? Difficile de se faire une idée tant que tous les programmes ne sont pas finalisés. On se souvient qu’en 2002, c’est la fin de campagne qui avait été vampirisée par les questions de sécurité. En tout cas, Quitterie Delmas (UDF) qui officie aussi sur ce blog, s’est déjà posée la bonne question en se demandant si le programme de la droite n’était pas juste de battre la gauche, et inversement.

N’oublions pas non plus qu’il y en a un qui continue de mener campagne à son rythme, surfant toujours sur les déçus de la politique, et en se disant que si la campagne continue comme ça, c’est tout bénéfice pour lui.

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