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vendredi, 02 février 2007

Le paradoxe Le Pen

Tous les indicateurs montrent que Jean-Marie Le Pen reste sur une dynamique politique favorable. Plus d'un Français sur quatre se dit «d'accord avec ses idées». Mesuré aujourd’hui entre 11% et 14% dans les intentions de vote, il atteint des niveaux supérieurs à ceux enregistrés en janvier 2002 (entre 8 et 11%). Dans la lignée des élections de 1988 (14,4%), 1995 (15%) et 2002 (16,9%), il devrait une nouvelle fois faire un bon score, entre 15 et 20%. Ce dernier chiffre constitue toutefois un plafond difficilement dépassable, comme en témoigne le second tour de 2002 (17,8%).

Or ni Ségolène Royal ni Nicolas Sarkozy ne semblent courir le risque de tomber sous ce seuil de 20%. Chacun dispose en effet au sein de son camp de soutiens beaucoup plus fermes et élevés que ceux dont disposaient Lionel Jospin et Jacques Chirac à l'époque. Avec des intentions de vote entre 32% et 35%, soit quasiment le total des voix Balladur et Chirac de 1995, Nicolas Sarkozy bénéficie d’une mobilisation de et d’un niveau d’adhésion sans comparaison à ceux de 2002. Le candidat UMP capte en outre aujourd’hui plus de 20% des électeurs lepénistes dès le premier tour, amputant le leader frontiste d’une partie de ses ressources.

Malgré le "trou d’air", Ségolène Royal reste à des niveaux jamais atteints par Lionel Jospin (de 26 à 29% contre 22-24%). Même avec la candidature de Bové, les désistements de Taubira et Chevènement limitent la dispersion. En outre, la mémoire du 21 avril et «l’effet remords» qui en découle, devraient jouer en faveur d’un vote utile dès le premier tour.

En somme, et à deux mois et demi du scrutin, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal captent à eux deux plus de 60% des intentions de vote (Jacques Chirac et Lionel Jospin n'en recueillaient que 48% en janvier 2002, et 36,7% le jour du scrutin). A moins d'un événement de campagne imprévisible et destructeur pour l'un des deux principaux candidats, anticiper la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour peut être un argument politique de mobilisation, mais en aucun cas résulter de la lecture des sondages pré-éléctoraux.

•• Notre prévision : Jean-Marie Le Pen ne sera pas au second tour de la présidentielle ••

 

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