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mardi, 03 avril 2007

Stop EPR, ou le non au nucléaire (2/2)

Dédicace aux activistes de Greenpeace qui ont montré la grande sécurité de nos centrales nucléaires! Je finissais mon dernier billet sur le chiffre énorme de 80 % d'électricité française d'originenucléaire et l'importance de ce mode de production d'énergie pour la lutte contre le réchauffement climatique. C'est parti pour une battue en brêche de ces arguments... plutôt fallacieux.

En effet, en France, 80 % de l'électricité produite est d'origine nucléaire. C'est un fait que personne ne conteste, même si on peut vouloir changer la donne. Seulement, l'électricité n'est pas la seule source d'énergie consommée. En tout et pour tout, le nucléaire ne représente en France que 18 % de l'énergie totale consommée. Le chauffage et le transport, pour prendre deux activités très énergivores, consomment surtout du pétrole (fioul ou essence/diesel). Ramenée à l'échelle de la planète, l'énergie nucléaire représentemoins de 5 % de la consommation d'énergie mondiale. Même avec les futures centrales chinoises, on ne monte pas bien haut.

Vous en conviendrez aisément, les deux éléments que je viens de citer, le chauffage et les transports, sont non seulement de gros consommateurs de pétrole, mais également de gros pollueurs en raison de leurs émanations de CO2.Rien que les transports représentent plus d'un quart des émissions degaz à effet de serre. Où serait l'apport du nucléaire là dedans ? Les transports électriques ? Si l'on voulait remplacer tous nos moteurs à explosion par des moteurs électriques, il faudrait construire unecentrale par département. Qui souhaite 90 centrales nucléaires sur le territoire français? Imaginez alors pour la Chine et l'Inde avec lescentaines de millions de véhicules...On le voit, pour faire face à la fin du pétrole et au réchauffement climatique, le nucléaire n'est pas la bonne solution. Un commentaire sous mon précédent billet le remarquait fort justement: la meilleure énergie est celle qu'on ne consomme pas.

Voyons d'abord ce qui est inutile, où peuvent se faire les économies. Dans la domaine du logement, ces gisements d'économies sont légions : ampoules,appareils électriques en veille, chauffage. Avec ce dernier élément par exemple, on peut décider de mieux isoler les logements neufs et defaire isoler les logements anciens. Que d'économies d'énergie ! Que d'argent en plus pour la vie !
Pourquoi produire plus d'énergie, polluer pour des milliers d'années les sols et  pourir l'existence de nos descendants alors qu'il suffitd'économiser, de rester sobre dans notre consommation ?

Pour sortir du nucléaire, en plus des économies d'énergie, il existe une multitude de solutions. Il ne s'agit pas de couvrir la Franced'éoliennes ou de panneaux solaires, mais de bâtir des habitations etdes bureaux, des usines, non seulement peu gourmands en énergie mais surtout producteurs d'énergies !La clef se trouve dans la diversification énergétique : solaire,éolien, géothermie, mini hydraulique, force des marées, force du flux et du reflux, chauffe-eau solaire... Autant de techniques à l'essai ou éprouvées, qui n'attendent qu'un coup de pouce pour se développer et être utilisées au mieux.

Les commentaires du billet précédent me reprochaient de ne pas proposer de solutions, j'espère avoir donné là des bribes de début de possibilité. Continuer dans le nucléaire, c'est subir une bureaucratie lourde, centralisée, une culture du secret et du mensonge. Sortir du nucléaire, c'est permettre une production locale de l'énergie, avecles emplois qui vont avec.

La prochaine fois, je parlerai des biocarburants.

 

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mardi, 27 mars 2007

Stop EPR, ou le non au nucléaire (1/2)

Il y a dix jours, on a compté 60.000 personnes dans les rues de Rennes, Toulouse, Lille, Lyon et Strasbourg. 60.000 personnes pour manifestercontre la construction du réacteur nucléaire de soi-disant nouvellegénération, l'EPR (pour «réacteur pressurisé européen»), à Flamanville dans la Manche. Le milieu écolo n'avait pas vu une telle mobilisation depuis la findes années 70 et la lutte contre la centrale de Plogoff. C'est une excellente nouvelle, surtout quand on sait que les cortèges étaient largement teintés de vert en plus du jaune, couleur du réseau Sortir du nucléaire et du collectif Stop EPR.

Mais pourquoi être contre l'EPR et plus généralement contre le nucléaire? Alors qu'aujourd'hui on sait que le pétrole s'épuise et que les émissions de CO2 sont responsables du réchauffement climatique, le nucléaire semble la solution pour une énergie illimitée, peu chère et qui assure l'indépendance énergétique de la France. Tout ça se discute... L'EPR est un projet à 3,3 milliards d'euros, pour produire de l'énergie de manière centralisée, énergie transportée grâce à de jolis pylones haute tension (vous préférez 200 pylones ou quelques éoliennes?). L'argent de l'EPR pourrait servir à développer les énergies renouvelables et créer des emplois sur tout le territoire, pas seulement à Flamanville. Beaucoup d'emplois ? Juste 15 fois plus comme le démontre une étude récente.

Pour revenir au nucléaire d'une manière plus générale, parlons d'abord de l'indépendance. L'uranium nécessaire pour alimenter les centrales ne poussent pas dansles forêts françaises. Il vient d'Afrique (Niger) ou d'Australie. On pourrait évoquer à loisir les Nigérians voisins de la mine, qui se ramassent la poussière radioactive, mangent radioactif, boivent radioactif, respirent radioactif... Qui a dit «énergie propre»? Où est l'indépendance s'il faut aller chercher l'uranium à l'autre bout de la planète? Quant au caractère illimité de l'énergie nucléaire, il tient carrément du fantasme. Je viens de dire que l'uranium était extrait de mines, parfois à ciel ouvert. Hé bien, ces filons ne sont pas inépuisables. On estime tout simplement la durée des réserves mondiales à 50 ou 80 ans. Quoi qu'il en soit, on est loin du miracle de science-fiction, sans compter les centrales supplémentaires que Chinois et Indiens veulent construire.

Je connais le débat par coeur, on va me rétorquer que le nucléaire représente 80 % de la production française d'électricité et qu'on ne peut donc s'en passer, qu'il permet de plus à la France de tenir ses engagements en matière d'émission de gaz à effet de serre... Tous ces arguments dûment estampillés EDF et Areva à grands coups de double page dans les magazines ou de spots gentillets avant le 20 heures. Je parlerai de cet aspect des choses dans un prochain billet. Pour vous faire patienter, cette petite vidéo réalisée par Greenpeace
France sur l'EPR.


 

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