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mardi, 27 février 2007

«Monsieur le Maire, les femmes n’ont pas assez de «couilles» pour élire une femme»

Ce mail, il m’est arrivé tôt ce matin. Il avait un titre suffisamment accrocheur pour que je le lise en premier dans la multitude accumulée dans la nuit et même le reprenne en titre de ce premier billet. Le sujet et la tonalité que j’avais prévu pour ce retour à un blog collectif devaient être tout autre. J’étais parti sur une analyse très sérieuse du programme social et économique de Bayrou. Sérieuse nécessairement, car il faut se les coltiner les 12 pages, sans intertitre et en interlignage simple. Bref, je voulais montrer et montrerai une autre fois qu’avec ce programme, le Béarnais avait abandonné les habits du Che pour reprendre ceux de Raymond Barre . Que ces attaques contre la classe médiatico-politique faisaient écho aux critiques sur le « Microcosme » de l’homme de la Réunion. L’Ile ! Et non, pas la grande alliance politique. Mais, tout cela sera pour une autre fois. Car ce petit mail, m’a bel et bien interloqué. En effet, pourquoi dans les enquêtes d’opinion, Ségolène Royal ne fait pas le plein de voix chez les femmes ? Loin de là. Rien que du très classique, en fait dans l’histoire de la domination. Historiquement, une partie de la gauche a longtemps été réservée face aux votes des femmes par crainte qu’elles votent comme le disait le curé. Mais, quand même ! Il demeure aujourd’hui à l’égard de Ségolène Royal une suspicion très forte. Plus que je ne l’aurais cru. Et elle va se réfugier dans des recoins de notre inconscient collectif pas toujours évident à traquer.

Suspicion, sur sa compétence, bien sûr. Le lynchage du début de l’année nous a montré son intensité. J’attends de voir les réactions aux approximations d’hier de Nicolas Sarkozy sur RMC. Plantage sur les sous marins nucléaires, vision plus que floue sur Al Qaïda et pour l’instant pas grand-chose. Mais, il n’y a pas que la compétence de la candidate socialiste qui soit mise en cause. Ce débat a été en partie clos avec le discours de Villepinte. Solide, charpenté, global. L’examen de passage a été réussi pour reprendre les commentaires des habituels chroniqueurs. Il reste aujourd’hui autre chose. Et c’est bien elle même, et c’est bien l statut qu’on lui réserve du fait de son état de femme.

Et c’est là, qu’on retombe sur François Bayrou. Après avoir percé en jouant au trublion, il veut consolider ses positions en apparaissant désormais comme le seul raisonnable. C’est celui qui rassure, surtout les milieux bien pensant. Il renvoie dos-à-dos Sarkozy et Royal, sur des arguments en fait dissymétriques. C’est éclairant quand il attaque la prodigalité des deux principaux candidats, En fait, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne se comportent pas de la  même façon. Le chiffrage du projet de la candidate socialiste n’a pas connu les mêmes approximations que celui de l’UMP. Il n’y a pas eu de dérapage contrôlé sur la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, sur 5, 10 puis 20 ans. Et pourtant, le candidat de l’extrême centre peut continuer à creuser son sillon. Il joue bien sûr sur la caricature des socialistes dispendieux, même si celle ci commence à être vraiment has been. La gauche est devenue bien souvent plus exemplaire que la droite. Il suffit de comparer l’état des finances publiques en 1995 après le Gouvernement Balladur avec François Bayrou comme numéro 2 et Nicolas Sarkozy comme Secrétaire d’Etat au budget avec celui de 2002.

Mais, en fait il peut continuer d'exploiter ce créneau de l’homme rassurant car il y a bel et bien autre chose.  Ce n’est pas compliqué de vouloir rassurer quand on veut se démarquer de Nicolas Sarkozy. Ses comportements, ses interpellations inquiètent. On a tous en tête son trouble jeu de pompier pyromane comme Ministre de l’Intérieur.  On peut effectivement se demander ce qu’il ferait sans garde fou. Mais, il y  aussi la volonté de rassurer face à Ségolène Royal. Et, là on cherche les raisons. Quels sont les actes, les dérapages verbaux, les propos qui nécessitent de devoir rassurer les Français face à Ségolène Royal. Quand a-t-elle été borderline, comme ils disent ? En rien, si ce n’est qu’elle est une femme. Nicolas Sarkozy fait peur, à raison. Ségolène Royal, inquiète, sans raison, mais par abus de clichés.   Clichés sur l’incompétence des femmes, sur cette vieille et éculée étymologie du mot hystérie … C’est aussi cela qu’il va falloir surmonter chez les Français, et les Françaises.

 

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vendredi, 23 février 2007

Le cimetière des éléphants

Treize, ils sont treize éléphants du PS à rejoindre l’équipe de campagne de Ségolène Royal. Parmi l’équipe du « pacte présidentiel », les trois candidats recalés à l’investiture socialiste, Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius et Lionel Jospin qui fait son grand retour.

Arnaud Montebourg n’avait trouvé qu’un défaut à Ségolène, « son compagnon ». Nous nous lui trouvons deux qualités. Royal n’est ni superstitieuse, ni rancunière. Renforcer son équipe avec treize personnes, dont la plupart ont émis plus que des doutes sur sa capacité à avoir l’étoffe d’un chef d’Etat.

Quoiqu’il en soit, la liste des éléphants qui la rejoignent vaut le détour. Pour les plus jeunes d’entre nous, adressez-vous à vos parents et grands parents pour savoir de qui il s’agit.  Mis à part les trois recalés, on retrouve Martine Aubry, Pierre Mauroy, Bertrand Delanoë, Yvette Roudy, Bernard Kouchner, Henri Emmanuelli et François Hollande, Gérard Collomb, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Bel. La dernière fois que tous furent réunis au sein d’une équipe de campagne présidentielle, se fut en 2002 autour de Lionel Jospin.

Le documentaire de Serge Moati sur cette campagne devrait être rediffusé tant il montrait l’ego démesuré de chacun des éléphants, plus préoccupé de tirer la couverture à soi que de contribuer à la victoire du candidat Jospin. Enfin, une question se pose, qui sera parmi ces treize nouveaux arrivants, le Judas de la bande ?

Ségolène Royal déclarait, à l’occasion de son grand oral sur TF1, « dans une équipe où il y a une vingtaine de personnes, il devrait y avoir une à deux personnes handicapés,…sinon c’est de la discrimination », se faisant ainsi la championne de la mixité sociale, du changement de regard de la société sur le handicap. Dommage que Marie-Ségolène ne tienne pas compte de ces propres engagements car dans son équipe de campagne pas, l’ombre d’une personne handicapée et pourtant ils sont trente six.

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mardi, 20 février 2007

Le panel contre le débat

Etonnant. Même si Ségolène Royal ne semble pas particulièrement à l'aise dans l'exercice elle parvient toutefois à présenter ses propositions. Le problème majeur de l'émission est qu'une nouvelle fois, les problèmes personnels des panélistes sont valorisés par rapport aux problèmes généraux de fond. Les questions tournent principalement autour des thèmes chers à la gauche et c'est dommage car cela ne fait pas forcément avancer le débat.

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lundi, 12 février 2007

Une nouvelle campagne commence

On attendait Ségolène Royal au tournant ces jours derniers, la disant « affaiblie », « éprouvée » par la multiplication des attaques personnelles. On misait tout sur la date du dimanche 11 février en se disant que cela constituerait un véritable coup d’accélérateur de la campagne présidentielle. Et, même si Nicolas Sarkozy s’est bien chargé de réunir ses comités de soutien dans la salle de la Mutualité, autrement connue pour accueillir les réunions socialistes, cette opération a tourné au flop et les projecteurs sont restés braqués sur le grand événement du jour : la déclinaison du pacte présidentiel socialiste.

En effet, le discours de Ségolène Royal devant près de 10.000 militants et de nombreuses personnalités réunis à Villepinte a résonné comme un souffle nouveau, une impulsion nécessaire, maîtrisée et réussie. Un ton juste, des formules claires, des propositions précises, la candidate m’a paru incarner la « force tranquille » mitterrandienne, portant un formidable espoir lucide et pragmatique.

Parlant tour à tour de la question de la dette de l’Etat, d’environnement, de la famille, de l’éducation, elle a fait sienne la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » alors que, deux heures plus tôt, son adversaire fustigeait l’égalité comme aliénation de l’homme. C’est à cet instant précis que le discours de la candidate s’est profondément inscrit à gauche et que j’ai ressenti une immense fierté de militer pour les mêmes causes humanistes et solidaires.

Déclinant son programme en matière d’environnement, de famille, d’éducation, du système des retraites, de la sécurité sociale professionnelle, elle est apparue aussi bien convaincue que convaincante. Amenée également par la force des choses à préciser ses positions sur les questions internationales, elle n’a pas manqué de rappeler son attachement au continent africain et à la défense des droits de l’homme.

Et comme une ultime défiance au candidat Sarkozy, la présidente de la région Poitou-Charentes a proposé une réforme institutionnelle de grande envergure : la suppression de l’article 49-3 de la Constitution qui permet au gouvernement d’outrepasser les débats parlementaires mais surtout la nomination systématique d’un député de l’opposition à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée Nationale. Que ceux qui taxent Ségolène Royal de démagogie retiennent que son discours de Villepinte fut celui de l’ouverture, de la présentation d’un « pacte présidentiel » fort pour une France juste. En attendant ses futures propositions sur la justice, la fiscalité et la lutte contre les discriminations, ce premier volet est particulièrement enthousiasmant et le discours apparaît réussi.

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vendredi, 09 février 2007

Quand la campagne déblogue à pleins tubes

A voir fonctionner ce blog, il y a quelque chose qui me chiffonne : l’inexistence de débats transversaux et la quasi-absence de la gauche, hormis un jeune militant PS appliqué. Ce blog a été pensé et voulu comme une plateforme « multi-voies » « multi-voix » pour que chacun puisse confronter ses points de vue, ses idées, ses doutes, ses déceptions... Il s’agit pas de convaincre des convertis mais d’éclairer des indécis et de nourrir une soif de débats que nous pouvons ressentir au quotidien jusque dans les colonnes de notre journal.

Je peux comprendre que sur des blogs de militants purs et durs de tous poils, on veuille rester entre soi et qu’on se supporte pas la présence d‚ennemis dont la seule intention est de polluer l’endroit. De la même manière, les supporters de l’OM n’ont pas envie de voir débarquer dans leur café habituel leurs homologues du PSG, venus, non pas pour discuter, mais pour casser des verres. [Attention, amis supporters du PSG ou de l’OM, il s’agit d’une image, il ne faut pas prendre cela au pied de la lettre, j’aurais pu inverser les rôles ou choisir d’autres clubs.]

Ce qui est plus difficile à saisir, c’est cette volonté, presque assumée, de refuser le débat. Sur ce blog présidentielle de 20 Minutes, nous avons fait appel à des politiques pour alimenter les échanges, deux à droite, deux à gauche pour respecter une forme d’équité. Le problème, c’est que, si les deux contributeurs de droite, Quitterie Delmas (UDF) et Laurent Wauquiez (UMP) jouent le jeu, ce n’est pas le cas de l’autre côté. David Assouline (PS) et Stéphane Pocrain (Indépendant) n’ont toujours pas envoyé leur première note. Manque de temps ou d’intérêt?

Autre exemple, lorsque nous avons demandé à Malek Boutih (PS) de reprendre le flambeau, il nous a répondu en substance qu’une présidentielle c’était un « corps à corps ». Résultat, ce blog n’a été alimenté que par des voix de droite, ce qui nous pose des problèmes d’équilibre. [Nous sommes à la recherche de nouveaux contributeurs de gauche en ce moment même].

Ce n’est pas tout. Dans un précédent post, Johan Hufnagel, rédacteur en chef du Web de 20 Minutes, demandait aux militants de gauche de nous « troller », en référence à une consigne interne au PS sur une néthique à respecter durant la campagne. C’était une manière ironique de faire un appel du pied pour que les internautes s’investissent dans le débat de manière un peu plus franche. Sauf que nous avons reçu une réponse très sérieuse de la part d’une socialiste : « Il est hors de question pour nous de donner la réplique à la horde de décérébrés sarkozystes qui pourrissent les forums et les blogs de France depuis plusieurs semaines à coup d'invectives, de copiés-collés et de minables tentatives d'intox. » Moi, ça me laisse sur le cul. Encore une fois, nous ne sommes pas dans un espace militant, mais sur un blog qui se veut ouvert, indépendant. Un endroit où devraient s’échanger des idées entre ceux qui ont des convictions et ceux qui se posent des questions. Comment gagner une campagne électorale quand on n’accepte de parler qu’à ceux qui pensent déjà comme vous ?


Ce malaise n’est pas seulement le fait du blog présidentielle de 20 Minutes. On peut le percevoir plus globalement dans la manière dont les candidats, élus, militants, sympathisants, se sont emparés de cet outil. Pour schématiser, à droite, vous avez l’UMP qui s’en sert pour diffuser sa bonne parole, et à gauche, on l’utilise pour faire remonter les idées. Point commun, il s’agit dans les deux cas d’une utilisation verticale de l’Internet.

Le problème est là : pour la première fois, les politiques et les citoyens ont à leur disposition, un outil transversal qui permet d’interagir, et on ne l’utilise la plupart du temps que dans un seul sens. Cela n’avait pas été le cas en 2005 pour le référendum sur le Traité constitutionnel européen. D’une part parce que les clivages politiques étaient transcendés. D’autre part, car les citoyens étaient à la recherche d’une information qu’ils ne pouvaient pas avoir ailleurs. Le cadre d’une élection présidentielle est forcément différent, mais le besoin d’informations et d’échanges n’en est pas moins important. Tout le monde s’imagine que les moindres idées ou réflexions qui circulent sont par essence partisanes, même sur les blogs collectifs ou sur les wiki qui tentent de donner des clés concrètes aux électeurs. Même si c’était vrai, l’important — contrairement aux blogs personnels — ce ne sont pas ceux qui écrivent, ce sont ceux qui lisent.

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lundi, 05 février 2007

Trollez-nous !

Lu via Ecrans.fr, ce rappel à l’ordre du PS sur une campagne pleine de «Nethique pour les “colleurs d’affiches” du PS et Désirs d’avenir». Il s’agit, lit-on, de «suivre un certain nombre de règles de bonne conduite qui, dans le jargon du net, peuvent se résumer à la formule “ne vous comportez pas comme un ‘troll‘.

Je me suis récemment demandé pourquoi les e-militants socialistes, et de gauche plus généralement, n’étaient pas visibles dans les commentaires sur ce blog et le site de 20minutes. Peut-être que cette note en est l’explication.

Alors que ceux proches de l’UMP ou de l’UDF font bien sentir leur présence. Un ancien militant du parti de Sarkozy me racontait même que dans sa section, il y avait toujours un ou deux militants chargé d’aller prêcher la bonne parole sur les forums. Les militants du PS ont-ils suivi les conseils de trop près ? Préfèrent-ils rester entre eux ou bien mener une campagne de corps à corps et ne répondre aux attaques que par des «ripostes en ligne face à des campagnes organisées de calomnie ou de diffamation, pour rétablir les faits. »

Et s’il y avait un juste milieu entre l'absence et la risposte?

 

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jeudi, 01 février 2007

Jack Lang (de bois)

Pas facile d’être le porte-parole d’une campagne qui patine. Le PS a inauguré ce jeudi matin sa nouvelle formule d’une conférence de presse quotidienne au siège du parti, rue de Solférino, QG officiel de la campagne de Ségolène Royal, avec Jack Lang en hôte de service.

Vers 11h00, une vingtaine de journalistes, tous médias confondus, se pressaient sous le chapiteau installé dans la cour du PS. Fauteuils plastique mais design, siglés Starck, le slogan « le progrès pour tous, le respect pour chacun » sur fond bleu, une toute petite rose au poing socialiste sous le micro, et Jack Lang au pupitre.Pour être franc, on n’était pas venu spécialement pour l’ancien ministre de la Culture. On avait plutôt été attiré par un mail du service de presse du PS, reçu mercredi soir, et indiquant qu’à l’occasion de ce point-presse, « Patrick Menucci annoncera le programme des principaux meetings et manifestations de la candidate». 

Menucci, c’est « monsieur Organisation » chez Ségolène Royal, et cette liste de déplacements de la candidate, on l’attendait depuis des lustres, Royal, comme Sarkozy d’ailleurs, ayant tendance à annoncer ses voyages à l’étranger ou meetings en province quelques jours seulement avant la date. Pas toujours facile alors pour nous, les médias, de s’organiser. Jack Lang commence son discours. Un petit coup de griffe à Sarkozy qui « met l’Etat sous la coupe de son clan » (rapport aux récentes affaires des RG), une moue méprisante pour José Bové qualifié de « candidature de plus », et la brosse à reluire pour Ségolène. « Le moral de la candidate est excellent… elle a une pêche d’enfer… ».

Bref, de la bonne grosse langue de bois, mais avec les réels talents oratoires de Jack Lang. Pour faire bonne figure, il annonce également que « des responsables du parti » viendront fréquemment à ce point-presse, « représenter la candidate ». Au menu de la semaine prochaine : Jean-Pierre Chevènement et Claude Bartolone. On se demandait comment Royal allait associer à sa campagne des éléphants au rancart pour l’instant. On a désormais la réponse.Les journalistes griffonnent vaguement sur leurs calepins, attendant surtout Menucci et sa liste. Or, de Menucci, point dans la salle. Fatalement, la question est posée à Jack Lang par une journaliste : 

-    «Qu’en est-il du programme de déplacements de la candidate ? ».

-    « Il n’est pas encore finalisé. Patrick Menucci devait vous le présenter aujourd’hui, il le fera en réalité demain », répond Lang.  

Petit énervement des journalistes, qui ont la vague impression de s’être déplacés pour pas grand chose.

-    « Mais pouvez-vous au moins nous dire ce que va faire Ségolène Royal samedi ? », relance un journaliste.

Samedi 3 février doit normalement lancer le processus de synthèse des centaines de débats participatifs qui ont eu lieu depuis décembre. En revanche, quid du déroulement de la journée. Embarras visible de Jack Lang :

-    « Je ne vais pas inventer ce que je ne sais pas… Pour samedi, il est prévu que Ségolène fasse un déplacement en province … ou bien reste à Paris ».  


Cette fois, c’est sûr, on est vraiment venu pour rien.

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mardi, 30 janvier 2007

Orages

Pathétique. Si on ne pouvait faire mystère des coups bas qui allaient se donner, 2007 sera bien l’année des « boules puantes ». Cette semaine, nouveaux rebondissements. Gérald Dahan, à la merci de l’UMP, piège une Ségolène Royal particulièrement « légère » sur les questions territoriales – sur le statut de la Corse qui, comme chacun sait, est un enjeu fondamental. Je trouve particulièrement inadmissible ce genre de canular qui tente de déstabiliser la candidate socialiste. Le procédé est malhonnête et ce n’est pas en se comportant comme un trublion de la sorte que Dahan va élever le débat, bien au contraire.

Ce que j’attends et ce que nous attendons tous, ce sont des définitions d’axes politiques et pas des tentatives d’intimidation tout à fait indignes et qui musèlent complètement le débat. Au lieu d’entendre et d’évaluer des choses intéressantes ou plus critiquables, il faut anticiper la dernière invention de tel ou tel camp. 

En clair, dans l’état actuel des choses, je comprends la remontée spectaculaire de François Bayrou dont je salue par ailleurs le positionnement ferme à l’encontre de l’UMP. Je regrette davantage la percée silencieuse du vote pour l’extrême droite qui m’apparaît plus comme un vote contestataire que comme un suffrage pour les thèses nationalistes.

Et pendant ce temps-là, José Bové qui croit bon, au nom d’un « état de nécessité » (prétend-il) d’arracher des champs de maïs transgénique ou de faire régner la zizanie, annonce qu’il rendra publique sa candidature le 1er février. Je ne m’inquiète pas particulièrement d’une telle annonce et doute que celui-ci réunira les 500 parrainages d’élus d’au-moins 30 départements. Et, dans l’hypothèse où celui-ci les obtiendrait, l’un des enjeux majeurs d’une élection reposant essentiellement sur les questions politiques, économiques et sociales, Bové ne pourra pas faire mystère de son ingérence.

Jamais une campagne n’aura débuté aussi tôt. Mais moins de trois mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, les cartes sont jetées et chaque petite phrase va compter, être décortiquée par l’adversaire et critiquée. Et ça, qu’on se le dise, l’UMP s’en est fait une spécialité puisqu’une commission a été chargée de reprendre tous les propos de Ségolène Royal pour démonter chacune de ses interventions. J’attends donc la présentation du programme de la candidate socialiste le 11 février pour étudier chaque proposition, sachant pertinemment que je ne dégagerai pas un enthousiasme démesuré. Mais que le parti du ministre-candidat Sarkozy cesse un peu d’user de procédés détestables et laisse un peu entrevoir ses idées. L’attaque est souvent contre-productive et il existe une tendance à se prendre de sympathie pour celui qui supporte les mauvaises critiques. Que la droite poursuive sur sa lancée, il pourrait y avoir de nouvelles surprises les 22 avril et 6 mai.

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lundi, 22 janvier 2007

je suis sympathisant de gauche...

Etudiant en droit de 21 ans, je suis sympathisant de gauche depuis presque dix ans. C’est la cohabitation de 1997 entre Jacques Chirac et Lionel Jospin qui commence à forger mes convictions politiques tant la période 1997-2002 permet la mise en place de réformes nécessaires (abaissement de la TVA à 19,6%, adoption du pacte civil de solidarité). Je me définis comme social-libéral, proche des conceptions de Dominique Strauss-Kahn sur la « social-démocratie » tout en m’intéressant aux idées du député-maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel. Je suis ainsi plutôt contre les 35 heures car j’estime que celui qui veut travailler davantage doit pouvoir gagner davantage.
 
N’ayant pas l’âge de voter en 2002 et attristé du résultat du 1er tour de l’élection présidentielle, j’ai attendu quelques années pour m’encarter dans un parti politique. Ce n’est que depuis mars 2006 que je suis militant au Parti socialiste, depuis le jour du lancement de la grande campagne d’adhésion initiée par François Hollande et Jack Lang. Ce fut une opportunité de comprendre le fonctionnement interne d’une formation politique tout en conjuguant mon intérêt pour les débats sur les questions locales et nationales. Ce fut également la concrétisation d’un engagement personnel de longue date, la volonté de participer aux débats sur le projet socialiste et à la désignation d’un candidat.
 
Originaire de Fontainebleau, j’ai toujours vécu en Seine-et-Marne et j’attends de cette campagne qu’elle sache porter l’intérêt général et non les intérêts particuliers, que la «démocratie participative», l’ «ordre juste» et la « sécurité durable » ne soient pas que de simples formules et prennent vie pour la XIIIème législature. Attachant une attention particulière aux réformes de nos voisins européens, notamment celles du président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, j’ai ardemment défendu le traité établissant une Constitution pour l’Europe et espère un consensus sur le volet institutionnel avant tout débat de fond sur les politiques de l’Union. J’attends désormais que l’élection ne se fasse pas sur un débat contextuel mais sur une vraie perspective d’avenir.

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