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mercredi, 02 mai 2007

Les écolos avec Royal

C'est vrai, les Verts sont descendus électoralement bien bas le 22 avril : 1,57 %. Passé le choc, on réfléchit et on se remet à la tâche.Pour l'instant, la tâche, c'est de militer pour que la candidate de lagauche gagne le 6 mai. Oui, les Verts appellent à voter Ségolène Royal. Sans ambiguïté, les Verts appellent donc à voter pour la gauche. Encore une fois, certaines personnes poseront la question suivante :«pourquoi l'écologie est-elle ancrée à gauche ?» J'essaie de répondre à cette question dans un billet sur mon blog: L'écologie, de gauche ET de droite ? Mais quand on défend un projet de société où on confisque le débatsur l'énergie en imposant l'EPR, où on pense pouvoir continuer à tuer l'espace urbain à coup de bagnoles grâce aux agrocarburants français ou importés du Brésil, un projet de société qui relègue des personnes qui fuient leurs pays pour des raisons politiques ou climatiques aurang de voleurs, quand on est le seul candidat à refuser ne serait-cequ'un moratoire sur les OGM en plein champs, je trouve qu'il est délicat de se qualifier d'écologistes. «Pour les écolos, de toute façon, quand on compare les programmes des deux candidats du deuxième tour, y a pas photo. L'Alliance pour la planète a donnéla note de 16/20 à Royal, seulement 8,5/20 à Sarkozy. C'est aussi pourça que je voterai le 6 mai pour Ségolène Royal, sans état d'âme.

 

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Sarkozy favori, sauf révolution copernicienne

Au-delà de la mobilisation démocratique saluée par tous, et de la fiabilité prouvée des enquêtes d’opinion sur lesquels nous ne reviendrons pas, trois enseignements politiques essentiels se dégagent du scrutin du 22 avril :

1. Le premier tour place très nettement Nicolas Sarkozy en position de favori. Le candidat de l’UMP a réussi la mobilisation de toutes les droites et bénéficie d’un rapport de force électoral (même en partageant l’électorat de François Bayrou) particulièrement favorable dans la perspective du second tour.  
2. L’extrême gauche a raté une occasion historique de prendre place dans le paysage politique français, du fait de ses divisions. Rassemblée autour d’un seul candidat, elle aurait pu talonner, voire dépasser le FN, ce qui aurait constitué un événement considérable. Ses querelles de clocher et de leadership l’en ont empêché.
3. La logique du vote utile identitaire a porté Ségolène Royal. Le souhait de voir la gauche présente au second tour a prévalu sur toute autre considération. Le Sondage Sortie des Urnes d’Ipsos est particulièrement clair sur ce point : quand 60% des électeurs sarkozystes disent que leur principale motivation de vote fut « le projet », 52% des électeurs de Ségolène Royal mettent d’abord en avant « l’appartenance politique » de la candidate.

Les enquêtes de second tour, auxquelles ont peut faire confiance au vu de la justesse de celles du premier tour, la situent autour de 46% : un handicap qui nous paraît impossible à renverser en quinze jours, dans un contexte où les réserves abstentionnistes sont nulles et où le taux de fermeté du choix pour le second tour dépasse les 90%. En France comme aux Etats-Unis, le débat d'entre-deux tours n'a jamais inversé le rapport de force; en général il conforte simplement les électeurs de chaque camp. Les quinze jours de campagne ne pourront donc suffire à inverser une tendance clairement favorable à Nicolas Sarkozy. Du coup, seul un «accident» ou un acte politique lourd peuvent modifier le cours des choses. Deux hypothèses sont envisageables pour ce type de scenarii:

•    une lourde erreur de comportement de Nicolas Sarkozy, qui le ferait apparaître comme trop «nerveux», ou «brutal», en réactivant ses traits d’image négatifs : disons le nettement, nous n’y croyons guère au vu de son excellente capacité à se maîtriser, à maîtriser sa communication et son discours. Nicolas Sarkozy paraît trop «fort» pour commettre les erreurs attendues par ses adversaires.

•    un pari stratégique et politique de la part de Ségolène Royal, celui d’annoncer dans les jours qui viennent aux Français qu’une fois élue elle nommera François Bayrou Premier ministre. Cela est peut-être pour elle la seule manière de s’assurer un report suffisant –c'est à dire quasi intégral- des voix centristes du premier tour sur son nom. Au vu des reports de voix dans les enquêtes d'intentions de vote second tour, ni son projet, ni sa personnalité ne suffisent. Une initiative de ce type ne rendrait pas la victoire certaine mais à l’évidence la défaite moins sûre, si l’on se souvient que tous les sondages pointaient François Bayrou largement vainqueur dans l’hypothèse d’un duel de second tour avec Nicolas Sarkozy. Cette stratégie, qui consiste à remettre en cause  quarante ans d’alliances et de comportements politiques pour conserver une chance de l’emporter, nous parait toutefois très peu probable. Sous réserve de ce retournement d'alliances, nous pensons que Nicolas Sarkozy sera le prochain Président de la République française.


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vendredi, 27 avril 2007

Certains ont-ils intérêt à transformer cette campagne en vaudeville ?

Je suis halluciné par le jeu auquel se livrent certains. Nous avons eu dimanche une belle étape pour la démocratie : forte participation, beau score de premier tour et net recul d FN. Tout pour faire pendant 15 jours un beau débat entre deux projets.

Et depuis que se passe t il ? Une pièce de tartuffe ! Il y a 10 jours Ségolène Royal critiquait avec violence Francois Bayrou ; aujourd'hui elle soutient qu ils ont des convergences. On nous prend pour des ânes. Segolene royal tombe dans le jeu des combinaisons politiciennes ! Elle déjeune en ville avec DSK pour la jouer "aimons nous folle vie". Pendant ce temps Nicolas Sarkozy est en visite dans un chantier du bâtiment ... No comment !

Le plus scandaleux, ce sont les accusations de pression sur la PQR ou Canal plus. En résumé, ils jettent en l'air des rumeurs pour faire croire que Nicolas Sarkozy a exercé des pressions sans avancer la moindre preuve. C'est juste digne des procès de Moscou. On lance une rumeur et on vous dit "prouvez votre innocence" ! C'est parfaitement honteux !

Ségolène royal a par exemple dit que le patron du syndicat de la PQR avait ete convoqué par Nicolas Sarkozy ... Sauf que comme il l'a lui même indiqué dans une dépêche AFP, le dit-patron était à un meeting devant 500 personnes. Je suis surtout énervé parce que je ne voudrais pas que l'on nous fausse ce débat de 2ème tour qui doit être un débat sur le fond entre deux projets et pas un vaudeville.

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vendredi, 20 avril 2007

Royal soutenue par les universitaires ? Dans ses rêves peut-être mais la réalité est tout autre.

Quatorze «présidents d’universités» ont annoncé officiellement leur soutien à Ségolène Royal. En quête de légitimité quant à ses compétences de femme d’Etat, Ségolène ne pouvait rêver mieux que le soutien de tenants de l’enseignement supérieur.

Seulement voilà sur les quatorze signataires seulement six sont effectivement encore en poste à la tête d’une université. Ces six présidents sont par ailleurs connus depuis longtemps pour leur engagement à gauche dont Sylvie Faucheux (Versailles Saint Quentin) est candidate socialiste aux législatives dans les Yvelines et Richard Messina (Evry Val d’Essonne) est conseiller général socialiste de l’Essonne.
Les quatre autres, Bernard Bosredon (Paris VI), Jean-Claude Fortier (Bourgogne, Marc Gontard (Rennes II) et Richard Lioger (Metz) sont tous membres ou proches du PS. Les universités sont traditionnellement classées à gauche et comme ironise Olivier Vial, délégué général de l’UNI, organisation de la droite universitaire, « ce qui m’étonne et me rassure, c’est qu’ils soient si peu nombreux à soutenir la candidate socialiste. Ca fait un peu baroud d’honneur d’archéo-présidents d’université ! ».

En résumé sur 82 présidents d’université seulement 6 sont derrière Royal, par conséquent 76 ne sont visiblement pas emballés par la vision de l’enseignement supérieur de la candidate socialiste.

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vendredi, 06 avril 2007

C’est Pas de Chance

Le Contrat Première Chance de Ségolène Royal est le dernier avatar du n’importe quoi en matière d’accès à l’emploi pour les jeunes. Cette mesure « phare » du programme de la candidate socialiste illustre le vide sidéral de son approche de la jeunesse. Par son CPC, Madame Royal stigmatise les jeunes en considérant à priori comme perdu ceux qui sortent du système scolaire sans qualification.

 Non contente de subventionner la précarité, Madame Royal, jusque dans le choix du nom de ce nouveau contrat gadget : CPC, montre qu’elle n’a tiré aucun enseignement de la crise du CPE. Je reste sans voix devant sa capacité à vouloir infantiliser les Français en particulier les plus jeunes d’entre nous. Nous ne voulons pas être pris par la main mais que soient créées, en France, les conditions favorables pour nous permettre de devenir adulte, de pouvoir construire, d’avoir le sentiment de réussir, d’être autonome.

Si, militant de l'UNI, j’ai décidé de soutenir Nicolas Sarkozy, c’est parce qu’il veut nous sortir de la spirale de l’assistanat en remettant le travail au cœur de la société et en faisant de la formation un enjeu national. Madame Royal avec son C’est Pas de Chance nie les valeurs qui sont celles que je partage avec tous les jeunes : liberté, dignité, mérite, effort et goût du risque alors que Nicolas Sarkozy les incarne. Ce que je veux, ce que les jeunes veulent c’est qu’ensemble tout devienne possible.

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dimanche, 25 mars 2007

Vote utile… identitaire ou stratégique ?

Le vote utile sera un des déterminants des comportements électoraux de l’électorat de gauche le 22 avril. Dans ce domaine, deux logiques s’affrontent : celle du vote utile « identitaire » et celle du vote utile « stratégique ». La clé du premier tour tient de cet arbitrage. Le vote utile « identitaire » doit s’entendre comme le réflexe de l’électorat de gauche d’éviter un nouveau 21 avril, et l'absence de la gauche au second tour. Ce comportement réduit l’espace politique de la gauche de la gauche (7% aujourd’hui pour 10,4% le 21 avril 2002 selon le dernier sondage Ipsos) et profite à la candidate socialiste. Il constitue sans doute un argument majeur de vote en faveur de Ségolène Royal, qui lui permet d’afficher aujourd’hui un taux de mobilisation des sympathisants PS (70%) meilleur que celui recueilli par Lionel Jospin le 21 avril 2002 (47%).

Le vote utile « stratégique » peut se définir quant à lui comme le vote privilégiant la meilleure solution pour battre Nicolas Sarkozy. Il profiterait à François Bayrou, mieux placé dans les enquêtes d’intentions de vote second tour et expliquerait le ralliement d’une partie des sympathisants socialistes à l’élu béarnais. Que de tels électeurs stratèges existent ne fait pas de doute. Pour autant, ce vote utile stratégique nous semble moins important que le vote identitaire, et en perte de vitesse. En effet, la publication régulière depuis janvier d'enquêtes de second tour donnant Ségolène Royal battue face à Nicolas Sarkozy, et qui dans le même temps mesurent François Bayrou en tête, devrait alimenter le siphonage de l'électorat de gauche vers le leader centriste. Or, si au plus fort de sa percée François Bayrou captait le soutien de 25% des proches du PS, ce taux est aujourd'hui retombé à 15%. Après une progression de 10 points en un mois et demi sur l'ensemble de l'échantillon Ipsos (jusqu'à 24%), il en a perdu 5 cette semaine (19% au dernier pointage).

L'explication de ce reflux se trouve peut-être dans les pronostics de victoire. Malgré les enquêtes favorables, la conviction que François Bayrou pouvait gagner ne s’est pas imposée dans l’opinion, y compris au sein de son électorat : le 16 mars, seuls 22% des personnes déclarant une intention de vote pour lui au premier tour pensaient qu’il serait élu le 6 mai (Ipsos). Au final, la résistance actuelle de Ségolène Royal dans les enquêtes, alors même qu’elle s'est trouvée un temps à égalité avec Bayrou, et la dynamique défavorable cette semaine du candidat de l’UDF dessinent assez nettement à un mois du premier tour la prévalence d’un vote identitaire politique sur un vote stratégique transgressant les appartenances.

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lundi, 12 mars 2007

Tirés d'affaires

Tiré d'affaires

Après les révélations du Canard Enchaîné sur les ristournes dont aurait bénéficié Nicolas Sarkozy de la part d’un promoteur immobilier, et celles sur la sous-évaluation du patrimoine immobilier du couple Hollande-Royal se pose une nouvelle fois la question de l’impact des «affaires» sur l’opinion. Disons le tout net : nous pensons qu’il n’y a plus d’effets de ce genre de révélations sur le rapport de force électoral. Les commentateurs qui en scrutent les conséquences, les acteurs politiques qui les espèrent sans le dire, nous semblent fonder leur jugement sur une croyance dépassée.

La mémoire collective française a pourtant gardé trace d’affaires particulièrement pénalisante pour ceux qu’elles concernaient : on pense à la feuille vierge d’impôts de Chaban-Delmas publiée début 1972 qui fragilisa considérablement sa candidature présidentielle ou encore aux révélations sur les diamants (et le fameux « bonsoir messieurs, bonsoir mesdiams » de Thierry Le Luron) qui précipita sans doute la défaite de VGE en 1981.

Mais depuis les années 70-80, le contexte d’opinion a considérablement évolué. D'après la Sofres, 60% des Français pensent aujourd'hui que les élus politiques sont «plutôt corrompus» ; ils étaient moins de 40% en 1977. Près d'une personne sur deux juge à présent la politique comme une « activité peu honorable » ; cette proportion a presque doublée en 20 ans.

Dit autrement, l’opinion a aujourd’hui un rapport tellement désabusé, presque cynique, au politique que le discrédit collectif épargne la stigmatisation individuelle. Etre impliqué dans une affaire n’est plus distinctif puisque l’ensemble de la classe politique est déconsidérée, gauche et droite confondues. Pour les Français, nourris des affaires « mitterrandiennes » (Urba, Mnef) d’un côté et « chiraquiennes » de l’autre (HLM de Paris, marchés publics truqués d’Ile-de-France - Méry, billets d’avion), la suspicion est généralisée et concerne la classe politique dans son ensemble.

A l’évidence, cette représentation du « tous pareils » - voire du «tous pourris» - pénalise les plus honnêtes en épargnant ceux qui le sont moins. En 2002, Lionel Jospin pensait l’emporter en misant sur l’intégrité, cf. le "présider autrement", avec "l'autre ment" en subliminal.

Avec ses casseroles, Jacques Chirac préside la France depuis 12 ans...Le subtil balancier du Canard, touchant une semaine la droite une semaine la gauche, ne peut que conforter l'immunisation globale des Français aux affaires.

Dès lors, et même si d'un point de vue moral on peut le regretter, l’appartement de Neuilly ne devrait pas fragiliser son propriétaire. Certes, l’affaire renforcera probablement les anti-sarkozystes, elle confortera le vote extrême droite, mais elle n’ébranlera pas les soutiens du candidat UMP. L’affaire de l’usage des RG à des fins personnelles n’a eu aucun impact. Celle de l’appartement devrait faire « pschitt » elle aussi. La sous-évaluation du patrimoine de Ségolène Royal pour diminuer l’ISF laissera à peine plus de traces, sur un électorat de gauche un peu plus sourcilleux sur les questions éthiques et plus sensible à l’exemplarité des comportements en matière fiscale.

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jeudi, 08 mars 2007

Royal, Guignol, Gnafron et Joe Dalton

C’est désormais une habitude des meetings de Ségolène Royal, depuis son raout de Villepinte le 11 février : la séquence «Guignol-Gnafron». Mercredi soir, à Dijon, la candidate socialiste a récidivé. En fin de discours, elle s’est adressé à la salle par un subtil jeu de questions-réponses digne des spectacles pour enfants. Reprenant les grands termes de son slogan, elle a lancé un «La voulez-vous cette France plus juste ?», suivi d’un autre «La voulez-vous cette France plus forte ?». Réponse méga sonore : un «Ouiiiiiiiii» bissé majoritairement par le Mouvement des Jeunes Socialistes et la Ségosphère. Une pratique qui peut sembler infantilisante à l’égard des militants PS. Personnellement, je m’attends à chaque fois à voir débouler sur la scène, derrière la candidate, la marionnette de Nicolas Sarkozy grimé en Gnafron, et le public de reprendre comme un seul homme : «Attention Ségolène, derrière toi, derrière toiiiiii !!!!!!». Patience.

Mardi soir, être journaliste n’était pas la meilleure carte de visite au Zénith de Dijon. La salle de concert, qui a accueilli par le passé Pascal Obispo, Johnny ou la Star Academy 6, était pleine comme un œuf. Au point qu’une partie du public devait rester debout dans la fosse, par manque de places assises pour tout le monde. Problème, le meeting ayant lieu à partir de 17h30, la majorité des venus étaient des retraités, un public qui pour le coup, n’aime pas beaucoup la station verticale pendant plus de deux heures. Or, dans un coin de la salle, un grand carré de sièges rouges avait été réservé pour la presse.

Plusieurs places étant inoccupées une longue partie du meeting, les journalistes préférant se déplacer dans les travées ou se rendre en salle de presse à l’écart. Résultat, très vite, les chères places furent prises d’assaut par les cheveux blancs. Au point de provoquer quelques frictions avec les services de presse et d’ordre du PS. «Y’a pas de raison que les médias s’assoient et pas nous, nous on a notre carte du parti, on est prioritaire», a lancé une vieille dame.

Il y a une semaine, lors du déplacement de Ségolène Royal en banlieue parisienne, à Clichy-sous-Bois, la presse aussi avait été prise à partie par certains habitants, rapidement excédés de voir la «meute» de photographes, cameramen et rédacteurs tout bousculer sur son passage pour suivre la candidate. «Vous dites, dans vos journaux, qu’en banlieue, y’a que des sauvages, mais vous donnez pas l’exemple», avait raillé, à raison, une mère de famille.

Mais journaliste, ça a aussi ses bons côtés. Mardi soir, après le meeting, on a été quelques uns à être conviés dans la loge de Ségolène Royal pour une conversation à bâtons rompus sur la campagne. Le genre de rendez-vous «off» que nous, journalistes, on adore, et ils nous permettent le cas échéant de récolter quelques infos intéressantes ou de préciser certains points confus. Fauteuils en cuir noir et moquette rouge, la candidate a discuté avec nous pendant près d’une demi-heure. Faut savoir quelque chose avec Ségolène Royal, c’est qu’elle est très forte pour donner l’impression de faire du «off» sans en faire. Bayrou qui n’est que «l’illusion du changement», Le Pen qui serait «très sous-évalué» dans les sondages, une petite phrase sur Airbus, une autre sur la «longue campagne», et hop, fermez le ban.

Rien de vraiment révolutionnaire, vous en conviendrez. Sauf une tirade plutôt inattendue, tant sur la forme que sur le fond. Interrogée à deux reprises sur la montée dans les sondages de François Bayrou, Ségolène Royal finit par se crisper sur la notion de «changement». A la troisième question, elle part dans une réponse scandée, très directe : «Mon pacte présidentiel entraîne les réformes les plus radicales ! J’apporterai la preuve obstinée, permanente, acharnée, que j’incarne le seul changement, et qu’en plus, moi je le réaliserai ! Avec moi, les questions des banlieues seront réglées, avec moi les questions d’éducation seront réglées, avec moi, l’économie repartira, parce que je le veux vraiment!». Quinze secondes de volontarisme politique pur et dur, qui laisse néanmoins une drôle d’impression, entre méthode Coué et colère toute rouge de Joe Dalton. Bastien Bonnefous

mercredi, 07 mars 2007

Webtélés des candidats : trois approches symptomatiques

Pendant qu'en France, on parle de l'élection dailymotion, les Etats-Unis sont en train de préparer, pour l'année prochaine, l'élection youtube. Jeff jarvis a décidé de suivre cet aspect de l'élection de près à travers un blog dédié, prezvid.  Il y suit l'actualité de l'usage de la vidéo en campagne, et la met en perspective d'usage, dans un espace de veille passionnant.

Pendant ce temps, en France, on voit plusieurs stratégies à l'oeuvre dans la campagne française :

Une volonté de contrôle total de l'agenda et du ton par Nicolas Sarkozy, avec sa NSTV qui fleure bon les années 80, une sorte d'ORTF du web. Volonté de contrôle d'une "vraie chaine de télé", qui est tempérée par la créativité et la volonté de jouer au journaliste fait parfois débarquer des petits couacs dans une machine de communication ultra huilée (pourquoi montrer ainsi l'équipe de jeunes loups de l'entourage de Sarkozy ? Pourquoi cette chaîne libre cours dont certaines vidéos font penser à des canulars ? Pourquoi créer ce drôle de truc, le jour jeune ?), Le format est celui de l'embedded, des coulisses, dans le souci de créer une sorte de connivence avec le spectateur. Spectateur seulement : le candidat ne parle pas directement sur NSTV, il est suivi par des journalistes, intermédié, observé, raconté par des tiers. On montre son équipe, ses locaux, ses déplacements. Il est étonnamment absent de NSTV, désincarné, le spectateur n'y a pas non plus beaucoup de place, de pouvoir. Aspect intéressant, à suivre, les décryptages et la chaîne sur la recherche, contenus rébarbatifs sur la forme, mais qui apportent du débat, du fond dans une chaîne très "publi reportage". Bref, un OWTNI (objet web télévisuel non identifié).

Coté Ségolène Royal, ce sont aujourd'hui surtout les images officielles qui circulent (plus que les vidéos de Nicolas Sarkozy, semble-t-il). On retrouve, géré par des militants, le site segolene-video, qui reprend tous les passages media de la candidate et les grands discours (il en existe de multiples clones, qui créent un effet d'écho sur le web). Assez peu de reportages en propre, à part ceux, au style étonnant, de FatCat Films, caméra épaule et premiers plans flous, comme pour les fameux voeux web de la socialiste (ça parait déjà si loin !). On attend, il parait, une grande série de petites vidéos qui mettrait en scène les cent propositions. On attend, on attend. Cent vidéos, en six semaines ? La vidéo chez Ségolène Royal, c'est l'inverse de NSTV : peu de contenus propres, pas d'hébergement centralisé. J'émets peu, je limite les contenus à mes discours, et je vous laisse diffuser de proche en proche. Cohérent avec le positionnement "miroir des désirs" et "autonomiste" de la candidate.

Chez Bayrou, sans grand étonnement, on est dans l'entre deux, dans une troisième voie. Le candidat a sa web télé, mais c'est une télé où il privilégie la parole directe, sans interlocuteur. Reportages de campagne non majoritaires, pas de "coulisses", mais plus d'évocations directes de sa personne et de ses propositions, par lui-même. Il tente donc d'abolir les frontières et de parler directement, ce que Ségolène Royal n'a fait que lors de ses voeux, et que Nicolas Sarkozy ne fait pas, s'adressant toujours à travers l'intermédiaire d'un Frèches ou d'un La Brosse. Il est, de ce point de vue, dans un registre plus proche de la web télé de David Cameron, dans une continuité certaine, également, de son positionnement d'homme sans intermédiaires. Notons que François Bayrou est pour l'instant le seul à tenir des tribunes, derrière son bureau, pour expliquer ce que sont les éléments de son projet aux internautes, "en exclusivité".

Je passe sur la télé de Jean-Marie Le Pen, qui fleure bon les années 60 (tout est fait en studio) ou le traitement intégral des meetings par les verts (qui ont diffusé un clip de campagne que je trouve raté). 

Les télés des candidats en disent beaucoup sur leur approche, leur positionnement. Un patron à l'agenda suractif, une candidate qui se retranche derrière la mobilisation de ses supporters, un homme qui se place directement face au peuple.

Reste à savoir ce que veulent les Français, ou, à tout le moins, les internautes.

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mardi, 27 février 2007

«Monsieur le Maire, les femmes n’ont pas assez de «couilles» pour élire une femme»

Ce mail, il m’est arrivé tôt ce matin. Il avait un titre suffisamment accrocheur pour que je le lise en premier dans la multitude accumulée dans la nuit et même le reprenne en titre de ce premier billet. Le sujet et la tonalité que j’avais prévu pour ce retour à un blog collectif devaient être tout autre. J’étais parti sur une analyse très sérieuse du programme social et économique de Bayrou. Sérieuse nécessairement, car il faut se les coltiner les 12 pages, sans intertitre et en interlignage simple. Bref, je voulais montrer et montrerai une autre fois qu’avec ce programme, le Béarnais avait abandonné les habits du Che pour reprendre ceux de Raymond Barre . Que ces attaques contre la classe médiatico-politique faisaient écho aux critiques sur le « Microcosme » de l’homme de la Réunion. L’Ile ! Et non, pas la grande alliance politique. Mais, tout cela sera pour une autre fois. Car ce petit mail, m’a bel et bien interloqué. En effet, pourquoi dans les enquêtes d’opinion, Ségolène Royal ne fait pas le plein de voix chez les femmes ? Loin de là. Rien que du très classique, en fait dans l’histoire de la domination. Historiquement, une partie de la gauche a longtemps été réservée face aux votes des femmes par crainte qu’elles votent comme le disait le curé. Mais, quand même ! Il demeure aujourd’hui à l’égard de Ségolène Royal une suspicion très forte. Plus que je ne l’aurais cru. Et elle va se réfugier dans des recoins de notre inconscient collectif pas toujours évident à traquer.

Suspicion, sur sa compétence, bien sûr. Le lynchage du début de l’année nous a montré son intensité. J’attends de voir les réactions aux approximations d’hier de Nicolas Sarkozy sur RMC. Plantage sur les sous marins nucléaires, vision plus que floue sur Al Qaïda et pour l’instant pas grand-chose. Mais, il n’y a pas que la compétence de la candidate socialiste qui soit mise en cause. Ce débat a été en partie clos avec le discours de Villepinte. Solide, charpenté, global. L’examen de passage a été réussi pour reprendre les commentaires des habituels chroniqueurs. Il reste aujourd’hui autre chose. Et c’est bien elle même, et c’est bien l statut qu’on lui réserve du fait de son état de femme.

Et c’est là, qu’on retombe sur François Bayrou. Après avoir percé en jouant au trublion, il veut consolider ses positions en apparaissant désormais comme le seul raisonnable. C’est celui qui rassure, surtout les milieux bien pensant. Il renvoie dos-à-dos Sarkozy et Royal, sur des arguments en fait dissymétriques. C’est éclairant quand il attaque la prodigalité des deux principaux candidats, En fait, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne se comportent pas de la  même façon. Le chiffrage du projet de la candidate socialiste n’a pas connu les mêmes approximations que celui de l’UMP. Il n’y a pas eu de dérapage contrôlé sur la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, sur 5, 10 puis 20 ans. Et pourtant, le candidat de l’extrême centre peut continuer à creuser son sillon. Il joue bien sûr sur la caricature des socialistes dispendieux, même si celle ci commence à être vraiment has been. La gauche est devenue bien souvent plus exemplaire que la droite. Il suffit de comparer l’état des finances publiques en 1995 après le Gouvernement Balladur avec François Bayrou comme numéro 2 et Nicolas Sarkozy comme Secrétaire d’Etat au budget avec celui de 2002.

Mais, en fait il peut continuer d'exploiter ce créneau de l’homme rassurant car il y a bel et bien autre chose.  Ce n’est pas compliqué de vouloir rassurer quand on veut se démarquer de Nicolas Sarkozy. Ses comportements, ses interpellations inquiètent. On a tous en tête son trouble jeu de pompier pyromane comme Ministre de l’Intérieur.  On peut effectivement se demander ce qu’il ferait sans garde fou. Mais, il y  aussi la volonté de rassurer face à Ségolène Royal. Et, là on cherche les raisons. Quels sont les actes, les dérapages verbaux, les propos qui nécessitent de devoir rassurer les Français face à Ségolène Royal. Quand a-t-elle été borderline, comme ils disent ? En rien, si ce n’est qu’elle est une femme. Nicolas Sarkozy fait peur, à raison. Ségolène Royal, inquiète, sans raison, mais par abus de clichés.   Clichés sur l’incompétence des femmes, sur cette vieille et éculée étymologie du mot hystérie … C’est aussi cela qu’il va falloir surmonter chez les Français, et les Françaises.

 

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lundi, 26 février 2007

« Qu'on supprime l'élection présidentielle »

medium_aleveque.jpgC'est un fait : l'humoriste Christophe Alévêque (photo : Julien Cassagne) a le cœur à gauche. Mais que ce soit dans les émissions de Laurent Ruquier ou dans ses spectacles, il n'épargne personne de sa verve caustique. Dans son livre sorti début février Surtout, n'oubliez pas d'avoir peur (Editions du Panama), il compile pensées et petites phrases définitives sur tous les sujets de société. Avec la présidentielle en toile de fond. Pour 20 Minutes, il revient sur certaines de ces pensées et les décrypte.

« Ségolène Royal a remporté les primaires socialistes avec 61% des voix. 61% des militants socialistes ont donc voté contre le programme du Parti socialiste. Vivement la suite.»

J'ai écrit ça en décembre et on peut dire que j'ai eu le nez creux vu ce qu'il s'est passé par la suite. Ségolène Royal a été choisie sans programme, elle a été choisie sur sa personne. J'ai trouvé ça un peu léger de choisir quelqu'un parce qu'elle est en tête des sondages. En tant qu'humoriste, il y a eu une tendance à nous taxer de machiste dès qu'on attaquait Ségolène Royal. Sa vraie boulette en réalité, c'est d'avoir refusé le débat et d'avoir fait de la victimisation sur le fait que ce soit une femme. Moi, que ce soit une femme ou pas une femme, j'en ai rien à foutre. J'ai été attaqué tellement de fois sur le machisme et la misogynie, ça ne tient pas la route. Je crois que ça amuse les cons et ça sert de paravent à ceux qui n'ont pas grand-chose à dire.

 

« 21 avril. Jacques Chirac en sauveur de la République, c'est comme si on disait à un malade en phase terminal : Tiens, voilà de l'aspirine. »

Son bilan est proche du rien. Le mouvement des choses a continué dans son ensemble, les pauvres ont été pauvres, le chômage a augmenté. Rien n'a changé. Par contre, c'est un vrai Républicain. Après le 21 avril, il aurait dû intégrer dans son gouvernement des gens de toutes les couleurs politiques. Ce n'est pas le président le plus dangereux qu'on ait eu. Ou qu'on va avoir. Chirac, c'est un vrai Républicain. La France peut lui dire merci de ne pas nous avoir mis dans le bourbier irakien. Rien pour ça, on peut lui dire un petit merci quand même. Quand je vois Sarkozy, Chirac me paraît quelqu'un de social, de laïc, de républicain.

 

« La seule vraie différence entre Le Pen et Sarkozy, c'est 30 cm. Et 30 cm, ça peut faire mal. »

Je fais dans la caricature, c'est mon moyen d'expression. Mais quand on voit la politique répressive de Sarkoy ou sur l'immigration… Il a même repris un slogan du Front national : « la France tu l'aimes ou tu la quittes ». Maintenant, il dit qu'il a changé, mais il n'a pas cessé de faire du pied aux électeurs du Front national. On a des instances démocratiques, il ne pourra pas faire ce qui veut. Mais je pense que ce serait un mauvais choix pour les Français. J'essaye de faire en sorte que ce que je dis soit fondé. Même si des fois, c'est dur parce qu'il me met en colère.

 

« Quand ils sont dans l'opposition les hommes politiques réfléchissent. Quand ils sont au gouvernement, ils gèrent. Je propose donc que l'opposition doit au gouvernement. »

Très souvent, l'opposition a une idée de réforme dans la poche et une fois au gouvernement, elle nous dit : « ha ben non, y'a l'Europe, les syndicats sont contre, les Français ne veulent pas de réforme ». Je pense qu'ils sont impuissants. Au moins qu'ils le disent. Ne perdons pas de vue que Sarkozy est au pouvoir depuis cinq ans, donc s'il avait gouverné autrement, on s'en serait rendu compte. Peut-être qu'il n'était pas au bon poste… Je trouve que cette campagne manque d'idéologie, nous devons choisir dans quelle société nous voulons vivre. Pour le moment, il n'y a pas eu de débat au sein de l'UMP et il y a eu un faux-débat au PS avec trois mannequins de cire du musée Grévin qui ont fait des monologues. Pour le moment, le vrai débat n'a pas eu lieu. J'espère qu'il y aura un débat aussi intéressant que celui qui a eu lieu pour la Constitution européenne. Quelle que ce soit la personne qui est élue, mais au moins, qu'on parle des vrais problèmes, des vraies réformes. Aujourd'hui, les cartes sont brouillées. De toute façon, moi je suis pour qu'on supprime l'élection présidentielle et qu'on redonne le pouvoir au Parlement qui élit un Premier ministre. On est un des derniers pays avec un président avec autant de pouvoirs. On n'est pas moderne du tout.

 

« Ne confondons pas liberté et libéralisme. Si la liberté remplit les hommes, le libéralisme les vide. »

Les gens pensent que le libéralisme et la mondialisation sont inéluctables et c'est une erreur idéologique. Les gens sont résignés alors qu'il ne faudrait pas l'être. Et je vais me référer au président de la République qui a déclaré que le libéralisme n'était pas une solution, que la société allait dans le mur. Le libéralisme, ça ne veut plus rien dire. Libéralisme, libre-échange, ce sont de beaux mots, dedans il y a liberté, échange, mais tout ça est un leurre. La vraie définition du libéralisme est dans mon bouquin : « A qui ça sert de violer les gens quand on peut les baiser ». Moi, j'ai voté non à la Constitution et je pense que si on avait voté ça, il aurait été de plus en plus difficile de faire des réformes sociales. Le libéralisme serait devenu une façon politique et sociale de diriger les pays. C'aurait été un fait acquis. Moi, je ne suis pas d'accord.

 

« Le chômage a baissé en août. Des milliers de personnes ont retrouvé un boulot. Elles espèrent maintenant avoir un salaire. »

On nous dit que le chômage baisse. Je n'y crois pas. C'est comme les chiffres de la délinquance. Regardez ce qu'il se passe en Angleterre, ils affichent un taux de chômage de 4,5%. Mais là-bas, une personne qui a travaillé une fois dans la quinzaine n'est plus considérée comme chômeur. Alors deux jours de salaire par mois, au risque de paraître gauchiste, ça me paraît peu pour vivre. Chez nous, ça commence à se voir. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a plein de tentes le long des berges. Moi, je suis un bouffon, je suis là pour titiller le pouvoir, je n'ai pas de programme, mais je vois que les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 4,75%, c'est-à-dire 73,5 milliards. C'est très bien, je suis pour que les entreprises fassent des bénéfices. Mais peut-être qu'il faudrait à un moment partager la galette.

 

« Le gouvernement a lancé un nouveau plan pour les banlieues. Pourtant, le problème n'est pas d'y aller, c'est d'en sortir. »

Je ne comprends pas que les émeutes qu'elles n'aient pas eu lieu plus tôt. Que ce soit la gauche ou la droite, tout le monde a échoué. C'est là où un mec comme Sarkozy me fait très peur, car non seulement il a échoué, mais il refuse de voir dans ces émeutes, un phénomène politique. Pour lui, c'est le fait des voyous. Il faudrait un jour prêter l'oreille aux messages qu'il y a derrière. Cela n'excuse pas tout, ce n'est pas en brûlant des bagnoles qu'on va obtenir quelque chose. Mais chez les jeunes qui ont été arrêtés, la plupart n'avaient pas de casier judiciaire.

 

« En occident, un mariage annulé c'est un homme sauvé ; dans un pays islamique, c'est une femme. »

C'est très dur de faire rire avec la religion en ce moment, c'est pour cela que je me refuse à céder le pas au communautarisme. Dans mon spectacle, j'ai un sketch sur un repas avec un juif, un catholique, un protestant et un musulman. Toutes les communautés en prennent plein la gueule. Personnellement, j'en ai marre de ce pseudo-retour à la religion qui n'est prétexte à défendre sa chapelle. Je me refuse à accepter le fait qu'il faut faire partie d'une communauté pour se moquer d'elle.

 

« Si Jésus avait été empalé, la gay pride serait une fête religieuse. »

Ce ne sont pas les communautés qui se défendent aujourd'hui becs et ongles avec l'aide d'avocats et d'associations de défense qui vont m'empêcher de dire ce que j'ai envie de dire. Bien au contraire. Concernant la communauté homosexuelle, je vais leur donner un conseil d'hétérosexuel : ne rentrez dans le moule, inventez de nouveaux modes de vie, trouvez une autre idée que cette connerie de mariage, donnez nous des idées à nous hétérosexuels perdus dans nos valeurs judéo-chrétiennes. C'est un mec qui est marié depuis 20 ans et pour qui ça se passe plutôt bien qui vous le dit. Mais pourquoi ont-ils envie de faire les mêmes conneries ? S'ils trouvent une bonne idée, je les suis.

 

« Fumeurs, quand vous fumez à côté d'un non-fumeur, il fume aussi ! C'est dégueulasse, il profite de votre tabac sans payer. Pensez à lui réclamer des sous. »

Si un conseil à donner aux jeunes, c'est : ne commencez pas. C'est une connerie. Bon c'est vrai, dans une vie, on en fait beaucoup de conneries. Mais il faut arrêter de nous mentir, la clope n'est pas que mauvaise, c'est un anti-dépresseur, c'est un calmant. Sauf qu'au lieu d'en fumer trois dans une journée, on en fume quarante. Et ça, c'est complètement con. On nous ment sur les chiffres. Je veux bien qu'on parle de ça, mais il faut en parler dans son ensemble. Il faut sortir les vrais chiffres. Il faut qu'on dise ce que ce que fait une cigarette, en bien, en mal, même si on est d'accords, elle fait beaucoup plus de mal que de bien. Et là, on peut se décider, quand on a toutes les données en mains. N'oublions pas que plus on interdit les choses, plus on a envie de les faire. Et arrêtons cette hypocrisie, si la clope est interdite, les buralistes sont des dealers, faisons leur fermer leur établissement et mettons les en prison même.


Propos recueillis par David Carzon

 

vendredi, 23 février 2007

La galère des petits candidats

Si Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font la course en tête pendant que François Bayrou et Jean-Marie Le Pen se disputent la troisième place, derrière, ça rame. Sous-exposition médiatique ou effet "vote utile", toujours est-il qu'aucun des autres candidats testés depuis octobre 2006 par les six principaux instituts de sondages n'a jamais dépassé la barre des 5%.

Selon la dernière mesure réalisée par BVA les 19 et 20 février, Marie-Georges Buffet mène le gruppetto à 4% d'intentions de vote, juste devant Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et Philippe de Villiers à 3% ; José Bové est à 2%, Dominique Voynet à 1%, et Corine Lepage est crédité d'un astérisque, renvoyant vers un diplomatique "résultat non significatif"...

Au-delà de la variation des scores d'un institut à l'autre, consécutifs à une offre électorale plus ou moins large (Ipsos propose l'offre la plus complète en testant également Nicolas Dupont-Aignan, Frédéric Nihous et Gérard Schivardi), le fait est qu'aucun des petits candidats n'arrive à percer. Ce n'était pas le cas en 2002, le rapport de force était beaucoup plus serré.

La Sofres avait mesuré dans ses intentions de vote de février Arlette Laguiller à 7,5% (le 23), Robert Hue à 6,5% (le 2), Noël Mamère à 7% (le 15), alors que Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Chevènement oscillaient autour des 10%. Ipsos obtenait des résultats comparables. A cette époque, derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin, cinq candidats pouvaient prétendre au podium.

Les petits candidats sont-ils aujourd'hui condamnés à rester en fond de cale ? Le sujet fait débat. Avec Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui captent toujours à eux deux environ 60% des intentions de vote, contre moins de 50% pour le total Chirac+Jospin en 2002, la marge de manœuvre est plus étroite.

D'autant plus que derrière, le candidat "ni gauche ni droite" de 2007 est plus haut que celui de 2002 (de 15 à 17% selon les instituts pour F. Bayrou, contre à peu près 10% pour J.P. Chevènement en février 2002), et que Jean-Marie Le Pen est lui aussi en avance sur ses temps de passage (+ 3 points en moyenne). C'est peut-être une conséquence du 21 avril, les candidats des grands partis mobilisent beaucoup mieux leur camp cette année. Plus de 80% de l'électorat UMP choisit Nicolas Sarkozy dès le premier tour (on était autour des 60% pour Jacques Chirac en 2002), les deux-tiers des sympathisants socialistes choisissent Ségolène Royal (moins de 60% en moyenne pour Lionel Jospin, et à peine un peu plus de 50% à l'approche du scrutin), François Bayrou est aujourd'hui soutenu par 60% des proches de l'UDF (40% en 2002) ; Le Pen reste à 80% de soutien dans son camp.

Avec un électorat moins dispersé, on se rapproche des "parts de marché" des différents partis, si l'on se réfère aux niveaux des proximités partisanes relevés par les sondeurs dans leurs échantillons. Pour autant, tout n'est pas joué. Les municipales 2008 en point de mire, les maires hésitent à parrainer qui que ce soit. Le couperet des 500 signatures devrait alors clarifier l'offre électorale et aider les candidats qui auraient gagné leur ticket d'entrée. Surtout, la campagne officielle n'a pas encore commencée. L'égalisation des temps de parole profite aux moins connus, et bouleverse parfois l'ordre établit.

En avril 2002, les Français découvraient Olivier Besancenot, qui gagnait alors soudainement 4 points d'intentions de vote, pour se retrouver tout près du seuil des 5%, qui fait passer le remboursement des frais de campagne de 5 à 50% des dépenses (plafonné selon le cas à  800 000 ou 8 millions d'euros). Ils étaient 7 à en bénéficier en 2002 (Chirac, Le Pen, Jospin, Bayrou, Laguiller, Mamère et Chevènement), pas sûr qu'en 2007 ils soient aussi nombreux.

•• Notre prévision : tous fauchés ! ••

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Le cimetière des éléphants

Treize, ils sont treize éléphants du PS à rejoindre l’équipe de campagne de Ségolène Royal. Parmi l’équipe du « pacte présidentiel », les trois candidats recalés à l’investiture socialiste, Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius et Lionel Jospin qui fait son grand retour.

Arnaud Montebourg n’avait trouvé qu’un défaut à Ségolène, « son compagnon ». Nous nous lui trouvons deux qualités. Royal n’est ni superstitieuse, ni rancunière. Renforcer son équipe avec treize personnes, dont la plupart ont émis plus que des doutes sur sa capacité à avoir l’étoffe d’un chef d’Etat.

Quoiqu’il en soit, la liste des éléphants qui la rejoignent vaut le détour. Pour les plus jeunes d’entre nous, adressez-vous à vos parents et grands parents pour savoir de qui il s’agit.  Mis à part les trois recalés, on retrouve Martine Aubry, Pierre Mauroy, Bertrand Delanoë, Yvette Roudy, Bernard Kouchner, Henri Emmanuelli et François Hollande, Gérard Collomb, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Bel. La dernière fois que tous furent réunis au sein d’une équipe de campagne présidentielle, se fut en 2002 autour de Lionel Jospin.

Le documentaire de Serge Moati sur cette campagne devrait être rediffusé tant il montrait l’ego démesuré de chacun des éléphants, plus préoccupé de tirer la couverture à soi que de contribuer à la victoire du candidat Jospin. Enfin, une question se pose, qui sera parmi ces treize nouveaux arrivants, le Judas de la bande ?

Ségolène Royal déclarait, à l’occasion de son grand oral sur TF1, « dans une équipe où il y a une vingtaine de personnes, il devrait y avoir une à deux personnes handicapés,…sinon c’est de la discrimination », se faisant ainsi la championne de la mixité sociale, du changement de regard de la société sur le handicap. Dommage que Marie-Ségolène ne tienne pas compte de ces propres engagements car dans son équipe de campagne pas, l’ombre d’une personne handicapée et pourtant ils sont trente six.

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mardi, 20 février 2007

Le deuxième effet Birenbaum

Suite à «l’affaire Duhamel», il n’était pas inintéressant de se promener sur le blog de l’autre victime expiatoire de cet invraisemblable emballement blogo-médiatique, Guy Birenbaum. Devenu celui qui a fait «tomber» l’emblème de l’éditorialiste politique des 40 dernières années, l’éditeur NRV poursuit involontairement sa démarche iconoclaste (dans le sens «briseuse d’icônes»). Ainsi, parmi les 400 commentaires ayant succédé à son post «Leurre de vérité» de vendredi dernier, le lendemain de la suspension de Duhamel, se trouve ce lien, posté par "Jeff Tweedyson" à 10h45: http://www.acrimed.org/IMG/mp3/Bianco_Elkabbach_280107.mp3.
Cela se passe le dimanche 28 janvier sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach reçoit Jean-Louis Bianco, lors de l’émission «Le grand rendez-vous».  Ce n’est pas par sympathie ou allégeance particulière à Acrimed que je transmets ce lien, mais parce qu’il isole le passage troublant de l’émission. Dans la blogosphère (par exemple ici), il s’est répandu que l’interview avait été retirée du site de la station. Si plusieurs pages de www.europe1.fr sont souvent «temporairement indisponibles», l’émission est bel est bien consultable. Mais en grande partie inaudible pour cause de coupures multiples. On en retrouve un script intégral sur le site de Jean-Louis Bianco.

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Il y a des bas et débats

Tout le monde s’en sort avec les honneurs. Au lendemain de l’émission J’ai une question à vous poser avec Ségolène Royal, il apparaît très clairement que les hommes (et femmes) politiques ne peuvent pas être mis en danger par ce genre d’émissions. Ils sont trop aguerris, trop entraînés pour être mis en difficulté. Les questions des Français invités font « café du commerce », chacun évoquant son cas personnel qui relève plus d’un édile local que d’un futur président de la République.


Face à ces questions, les hommes politiques n’ont pas de mal à répondre. Chacun dans son style : Sarkozy pointilleux à l’extrême (comme ça on ne voit pas quand il prend quelques libertés avec la réalité), Royal plus dans l’empathie (comme ça on ne voit pas quand elle ne répond pas précisément aux questions)… De toute façon, ils sont tranquilles, ils n’ont pas de contradicteurs et rares sont les citoyens qui peuvent, sur le fond et sur la forme, relancer les candidats.


Autre avantage pour les invités : les intervieweurs sont peu virulents, hormis un petit quart d’heure de chauffe pour le candidat de l’UMP sur les questions de l’homoparentalité et de la place des Français d’origine immigrée. Même avec Jean-Marie Le Pen, dont on aurait pu attendre quelques frictions avec le public, le ton a été étonnement calme, le panel étant même plus sévère un peu plus tard durant la même émission avec Marie-George Buffet.


Ce n’est pas que ce format soit inutile, c’est surtout qu’il est incomplet, même si, comme me le souffle mon collègue Arnaud, c’est grâce à ce genre d’émission sur le référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005 qu’on a pu voir que Chirac « ne comprenait pas » les jeunes. Un tournant dans la campagne.


Le problème, c’est que nous, pauvres petits électeurs, nous n’avons guère que ça à nous mettre sous la dent pour le moment. Il nous manque un vrai débat entre les candidats, et pas un affrontement entre leurs lieutenants comme c’est le cas actuellement. Moi, je rêve de vrais face-à-face avant le premier tour pour confronter les idées et les hommes (et femmes). Malheureusement, je pense que ce souhait ne sera pas exaucé, les deux principaux candidats, Royal et Sarkozy estimant avoir trop à perdre dans ce genre d’affrontements. Ils attendent le second tour pour se confronter ainsi. Une attitude qui a déjà joué des tours à certains

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Le panel contre le débat

Etonnant. Même si Ségolène Royal ne semble pas particulièrement à l'aise dans l'exercice elle parvient toutefois à présenter ses propositions. Le problème majeur de l'émission est qu'une nouvelle fois, les problèmes personnels des panélistes sont valorisés par rapport aux problèmes généraux de fond. Les questions tournent principalement autour des thèmes chers à la gauche et c'est dommage car cela ne fait pas forcément avancer le débat.

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lundi, 19 février 2007

La présidentielle sur Second Life : a-t-on atteint le fond ?

Second Life (pour ceux qui l’ignoreraient encore, un jeu de « réalité virtuelle », comme l’indique son nom) est le nouveau phénomène médiatique du moment. Depuis que Ségolène Royal y a ouvert un « comité virtuel », peu de temps après le Front National, la communauté française s’est élargie jusqu’à devenir la seconde de ce monde virtuel.Depuis quelques semaines, je me balade donc, au gré de mon temps libre, dans les espaces de Second Life . J’y ai goûté les joies de la politique en 3D sous avatar, avec l’objectif de tenter de comprendre si ce nouvel espace d’échange apporte quelque chose à la campagne d’autre qu’un gadget étonnant.Pour qui est un vieil habitué des échanges numériques, Second Life fait un peu penser aux premiers newsgroups des années 90 : tout le monde passe par là, peut venir ajouter son grain de sel, troller, pourrir le moindre échange qui commence à se structurer, et il y a presque une prime aux terroristes et manipulateurs.


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Le siège du FN a ainsi été l’objet de manifestations très violentes à la mi janvier. Des anti fascistes ont bravé toutes les règles habituelles d’antiviolence de cette simulation de réalité pour tenter de décourager le parti de Jean-Marie Le Pen d’y rester. Achat de tous les terrais adjacents, pollution par l’envoi de « ballons » volant pour occuper l’espace de la permanence : le genre de choses que l’on peut faire dans cet univers virtuel, pas dans la vie réelle. Le FN est parti, puis revenu. L’oppression a recommencé. Les choses semblent s’être stabilisées : on ne peut plus accéder à la permanence qu’en s’y téléportant, mais les pollutions de militants anti-FN semblent être plus réduites depuis quelques jours. 

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Il faut dire que les comportements violents ne sont pas l’apanage des anti-FN. Un jeune sympathique militant du FN pollue le siège de son propre parti avec des affiches volantes pour un candidat du … FN ! J’ai récemment croisé un jeune militant, portant message de soutien à Nicolas Sarkozy sur son T-shirt, qui envoyait des « ballons » représentant Ségolène dans une boite de vache qui rit en direction de la permanence virtuelle de Ségolène Royal. Il venait, m’a-t-il expliqué, de se faire exclure de la permanence pour comportement irrespectueux et m’a avoué envoyer ainsi des « ballons » depuis plusieurs dizaines de minutes.
Pas un instant ces militants ne se comporteraient ainsi dans la vraie vie (et on ne les y autoriserait pas : imaginez entrer dans le QG de Nicolas Sarkozy avec un drapeau socialiste à la main). L’anonymat, la facilité, l’automatisation ouvrent aux excès et parfois à la bêtise. Second Life manque de règles, de polices, et son équilibre repose sur un consentement mutuel des participants.

Depuis quelques jours, le calme revient. L’irruption de la politique française sur Seond Life a fait du bruit, plutôt en négatif. Espérons que les deux prochains mois de campagne montreront au contraire des pratiques innovantes et un peu plus responsables.

J’y reviens dans un prochain billet.

 

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vendredi, 16 février 2007

Les trois défis de Ségolène Royal

Dans son fameux article « l’opinion publique n’existe pas », Pierre Bourdieu, outre un questionnement critique sur l’outil des sondages, dénonçait les « coups de forme et de force » auxquels leur exploitation médiatique pouvait donner lieu. L’actualité récente nous fournit deux belles illustrations de ces « coups », c’est-à-dire d’utilisation partiale des enquêtes d’opinion. Ainsi du sondage de l’Ifop pour Paris-Match.

Réalisé le lundi, lendemain du discours de Ségolène Royal à Villepinte, publié dès le lundi après-midi, il n’avait pour finalité que de démontrer, ainsi que l’a écrit l’institut et que l’ont commenté nombre d’agences et de médias « l’absence d’effet Villepinte ». Comme si cet effet aurait forcément dû être immédiat et se mesurer entre le dimanche soir et le lundi matin, comme si l’on présupposait au fond que tous les Français étaient au meeting ou rivés devant LCI ou BFM TV… Le bon sens, comme la rigueur, commande toujours de laisser le temps à une réaction de se produire avant d’en mesurer les effets. L’oubli du temps, voilà bien le coup de forme de l’Ifop.

Ou encore du sondage réalisé par BVA pour Orange et commenté ainsi par l’AFP « Ségolène Royal progresse au premier tour mais régresse au second ». La régression supposée, à 47% au second tour, s’appuye dans cette enquête sur une comparaison avec une autre enquête BVA du 7 février donnant alors 48% à la candidate socialiste. Le problème est qu’à cette date, BVA est le seul institut à mesurer Ségolène Royal à 48% quand tous les autres la mesurent à 47% ou 46% …

Du coup, ce qui aurait été stabilité et progrès chez n’importe quel autre institut devient recul chez BVA. On aurait aimé là encore que ce sondage soit traité avec plus de justesse et de discernement. Car finalement, au-delà de ces instrumentalisations, que mesure t-on depuis Villepinte ? On observe d’abord une légère remontée de Ségolène Royal (mesurée par BVA et Ipsos), liée à une meilleure mobilisation des sympathisants de gauche sur son nom. Ce n’est pas massif mais le mouvement de démobilisation du mois de janvier est clairement enrayé. Cette remobilisation relative ne suffit pour autant, et pour l’instant, à enclencher une véritable dynamique. Pour espérer changer de braquet, Ségolène Royal doit relever à notre sens relever trois défis :

 

  1. Accroître la mobilisation de l’électorat PS sur son nom. 66% des sympathisants socialistes expriment aujourd’hui une intention de vote en sa faveur au premier tour. C’est mieux que ce que recueillait Lionel Jospin à une époque similaire en 2002 mais cela reste encore loin de l’excellente assiste de Nicolas Sarkozy sur l’électorat UMP (85%). Là est probablement la marge la plus facile à conquérir pour la présidente du Poitou.

  2. Creuser l’écart chez les jeunes. Traditionnellement, on le sait, l’électorat âgé – qui pèse d’ailleurs de plus en plus au sein de l’électorat français, est majoritairement acquis à la droite. Ségolène Royal doit donc compenser par une mobilisation sans faille de la jeunesse en sa faveur. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, puisque elle ne devance que d’assez peu Nicolas Sarkozy sur ce segment.

  3. Reconquérir les classes populaires. On se trouve là désormais face au défi classique du PS à chaque élection depuis une dizaine d’années, accru par le fait que Nicolas Sarkozy y tient des positions inhabituelles pour un leader de droite. Aujourd’hui, il réalise au sein de ces couches sociales de meilleurs scores que Ségolène Royal, et Jean-Marie Le Pen (40% par exemple chez les titulaires d’un CAP-BEP contre 19% pour Ségolène Royal et 17% à Le Pen). Seule une inversion forte de tendance au sein  de cet électorat pourrait encore modifier un rapport de force aujourd’hui clairement favorable au candidat de l’UMP.

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17:59 Publié dans Le Fil | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : royal, sondages

mercredi, 14 février 2007

Ouverture ouverture

La journée de dimanche était un peu une folle journée politique ! D'un côté Nicolas Sarkozy à la Mutualité, de l'autre Ségolène Royal à Villepinte et pour couronner le tout Jacques Chirac sur Vivement dimanche. Le contraste entre deux approches était intéressant.Le choix de Nicolas Sarkozy a été très clair : le temps des affrontements idéologiques et des vieilles luttes gauche droite est dépassé. Il faut avoir le courage de reconnaître que des bonnes idées existent des deux côtés. C'est ainsi que pendant toute la matinée sont intervenues à la Mutualité des personnalités qui venaient d'horizons différents.

Là, je vous parle des huis clos auxquels les journalistes n'avaient pas accès : des électeurs anciennement indécis, des Français qui avaient renoncé à s'engager politiquement ou des gens de gauche attirés par les propositions de Nicolas Sarkozy.

Il y eut deux témoignages émouvants. Le premier était celui d'un professeur de banlieue qui a exprimé son ras-le-bol. Déçu par le PS et leurs propositions très conservatrices, il a indiqué qu'il était intéressé par les propositions de Sarkozy notamment sur la revalorisation des salaires et le retour à un minimum de respect à l'école. Il fut très applaudi. Le second vint de Véronique Vasseur, une docteur qui avait travaillé dans les prisons et qui est une des premières à avoir tiré la sonnette d'alarme sur la situation inacceptable des prisons dans ce pays. Elle prenait le premier engagement politique de sa vie aux côtés de Nicolas Sarkozy.

De l'autre côté, le discours de la candidate socialiste au cours de la semaine passée s'est durci. J'ai été consterné notamment par son discours sur l'histoire la semaine dernière. Grosso modo, mais je caricature à peine, il y a les bons et les méchants. Les bons sont toujours à gauche, les méchants toujours à droite et dans l'histoire la gauche est toujours du bon côté et la droite toujours du mauvais. Cela sent bon son sectarisme et pour l'historien que je suis c'est encore plus grave car c'est une distorsion de l'histoire assez dramatique. Mais sur le plan politique je suis frappé de voir son évolution. Il y a un mois elle tenait un discours de respect par rapport à tout le monde. Il faut croire que la tolérance ne résiste pas aux mauvais sondages.

En tout cas pour moi, il est indispensable d'ouvrir les fenêtres et de faire rentrer un nouvel oxygène. J'ai travaillé, à la demande de Nicolas Sarkozy d'ailleurs, avec quelqu'un comme Martin Hirsch, président d'Emmaüs, qui est plutôt de sensibilité de gauche et ce fut un de mes travaux les plus intéressants des deux dernières années sur le thème de famille et pauvreté. Il faut faire rentrer de nouvelles idées, être capable de se remettre en cause. C'est le choix qui a été fait par Nicolas Sarkozy. Tant mieux.

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lundi, 12 février 2007

Une nouvelle campagne commence

On attendait Ségolène Royal au tournant ces jours derniers, la disant « affaiblie », « éprouvée » par la multiplication des attaques personnelles. On misait tout sur la date du dimanche 11 février en se disant que cela constituerait un véritable coup d’accélérateur de la campagne présidentielle. Et, même si Nicolas Sarkozy s’est bien chargé de réunir ses comités de soutien dans la salle de la Mutualité, autrement connue pour accueillir les réunions socialistes, cette opération a tourné au flop et les projecteurs sont restés braqués sur le grand événement du jour : la déclinaison du pacte présidentiel socialiste.

En effet, le discours de Ségolène Royal devant près de 10.000 militants et de nombreuses personnalités réunis à Villepinte a résonné comme un souffle nouveau, une impulsion nécessaire, maîtrisée et réussie. Un ton juste, des formules claires, des propositions précises, la candidate m’a paru incarner la « force tranquille » mitterrandienne, portant un formidable espoir lucide et pragmatique.

Parlant tour à tour de la question de la dette de l’Etat, d’environnement, de la famille, de l’éducation, elle a fait sienne la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » alors que, deux heures plus tôt, son adversaire fustigeait l’égalité comme aliénation de l’homme. C’est à cet instant précis que le discours de la candidate s’est profondément inscrit à gauche et que j’ai ressenti une immense fierté de militer pour les mêmes causes humanistes et solidaires.

Déclinant son programme en matière d’environnement, de famille, d’éducation, du système des retraites, de la sécurité sociale professionnelle, elle est apparue aussi bien convaincue que convaincante. Amenée également par la force des choses à préciser ses positions sur les questions internationales, elle n’a pas manqué de rappeler son attachement au continent africain et à la défense des droits de l’homme.

Et comme une ultime défiance au candidat Sarkozy, la présidente de la région Poitou-Charentes a proposé une réforme institutionnelle de grande envergure : la suppression de l’article 49-3 de la Constitution qui permet au gouvernement d’outrepasser les débats parlementaires mais surtout la nomination systématique d’un député de l’opposition à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée Nationale. Que ceux qui taxent Ségolène Royal de démagogie retiennent que son discours de Villepinte fut celui de l’ouverture, de la présentation d’un « pacte présidentiel » fort pour une France juste. En attendant ses futures propositions sur la justice, la fiscalité et la lutte contre les discriminations, ce premier volet est particulièrement enthousiasmant et le discours apparaît réussi.

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mercredi, 07 février 2007

Musiques maestro!

La présidentielle en France, c’est un peu comme l’Eurovision. Quand on est candidat, il faut accepter de se plier à la tradition de l’hymne kitsch. Outre-Rhin, les militants de la CDU communiaient avec Angela Merkel sur  «Angie», des Rolling Stones. En France, ceux de l’UMP pourront vibrer sur «Allez Sarko ohoho !», écrite et composée par Nicolas Luciani. Un hymne aux paroles puissantes et percutantes: «Sarko ohoh! Sarko à l'Elysée oh! Sarko ohoh! Go! Go! Ségo K.O.!! Sarko ohoh! Des lendemains toujours plus beaux…»«Et Chirac maintenant» de 1981, ou le «Strauss-Kahn y va gagner» de la dernière primaire socialiste. Pas forcément pire que le

Au PS justement, comme pour son programme, Ségolène attend (peut-être consulte-t-elle Cali?). Mais les jeunes militants ont déjà pensé à leur candidate et lui ont écrit «Une rose, un projet, une femme», sur l’air de la chanson d’Ilona –mais si, celle qui fait «un oiseau, un enfant, une chèvre…».

L’année dernière, Nicolas Sarkozy avait, lui,  eu droit à son rap semi-officiel avec «Mon pays France», qui avait inondé de nombreuses boîtes mails avant d’être hébergé sur le site de l’UMP. Le parti poursuit d’ailleurs son opération séduction de la jeunesse. Le site DiscoSarko.com – qui permet de faire danser le ministre de l’Intérieur sur Stayin’ Alive ou Chaud Cacao, mais aussi de recevoir une newsletter envoyée par un groupe de soutien à Nicolas Sarkozy – a reçu la bénédiction de l’intéressé himself. Selon le Guardian, il aurait quand même demandé son avis à Cécilia. Au cas où.


Mais au-delà de toutes ces opérations flirtant de près ou de loin avec la com’, on trouve une mine d’artistes inspirés par la campagne. Des artistes comme… les Musclés. Oui, oui, Bernard Minet, Framboisier et les autres de la glorieuse époque du Club Dorothée, qui avaient connu les sommets avec «La merguez party». Et bien, ils reviennent avec «Nicolas et Ségolène». Le titre fait un carton sur Dailymotion et un single est même disponible. Les Ignobles du Bordelais ont eux choisi un autre couple, «Nicolas et Cécilia», réunis dans un clip réalisé avec des oursons gélifiés. Il y a aussi William Berg, «raide dingue» de Ségolène ou le reggae de Khalifa, qui s’en prend aussi bien au «beau tailleur» de l’une qu’aux «jets de haine de l’autre».


Autre artiste engagé, Bernie Bonvoisin. Le chanteur culte de Trust – qui a fait son retour en 2006, notamment avec le titre Sarkoland – a choisi de soutenir un autre rebelle: François Bayrou. Malheureusement, pas de chanson de Trust en cours de composition pour l’UDF. Ça aurait eu de la gueule, non? A la place, François Bayrou a le droit à un détournement d'une chanson de K-maro.

Allez une dernière fois, pour la route «Sarko ohoh! Sarko à l'Elysée oh! Sarko ohoh!».

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vendredi, 02 février 2007

Le paradoxe Le Pen

Tous les indicateurs montrent que Jean-Marie Le Pen reste sur une dynamique politique favorable. Plus d'un Français sur quatre se dit «d'accord avec ses idées». Mesuré aujourd’hui entre 11% et 14% dans les intentions de vote, il atteint des niveaux supérieurs à ceux enregistrés en janvier 2002 (entre 8 et 11%). Dans la lignée des élections de 1988 (14,4%), 1995 (15%) et 2002 (16,9%), il devrait une nouvelle fois faire un bon score, entre 15 et 20%. Ce dernier chiffre constitue toutefois un plafond difficilement dépassable, comme en témoigne le second tour de 2002 (17,8%).

Or ni Ségolène Royal ni Nicolas Sarkozy ne semblent courir le risque de tomber sous ce seuil de 20%. Chacun dispose en effet au sein de son camp de soutiens beaucoup plus fermes et élevés que ceux dont disposaient Lionel Jospin et Jacques Chirac à l'époque. Avec des intentions de vote entre 32% et 35%, soit quasiment le total des voix Balladur et Chirac de 1995, Nicolas Sarkozy bénéficie d’une mobilisation de et d’un niveau d’adhésion sans comparaison à ceux de 2002. Le candidat UMP capte en outre aujourd’hui plus de 20% des électeurs lepénistes dès le premier tour, amputant le leader frontiste d’une partie de ses ressources.

Malgré le "trou d’air", Ségolène Royal reste à des niveaux jamais atteints par Lionel Jospin (de 26 à 29% contre 22-24%). Même avec la candidature de Bové, les désistements de Taubira et Chevènement limitent la dispersion. En outre, la mémoire du 21 avril et «l’effet remords» qui en découle, devraient jouer en faveur d’un vote utile dès le premier tour.

En somme, et à deux mois et demi du scrutin, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal captent à eux deux plus de 60% des intentions de vote (Jacques Chirac et Lionel Jospin n'en recueillaient que 48% en janvier 2002, et 36,7% le jour du scrutin). A moins d'un événement de campagne imprévisible et destructeur pour l'un des deux principaux candidats, anticiper la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour peut être un argument politique de mobilisation, mais en aucun cas résulter de la lecture des sondages pré-éléctoraux.

•• Notre prévision : Jean-Marie Le Pen ne sera pas au second tour de la présidentielle ••

 

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jeudi, 01 février 2007

Jack Lang (de bois)

Pas facile d’être le porte-parole d’une campagne qui patine. Le PS a inauguré ce jeudi matin sa nouvelle formule d’une conférence de presse quotidienne au siège du parti, rue de Solférino, QG officiel de la campagne de Ségolène Royal, avec Jack Lang en hôte de service.

Vers 11h00, une vingtaine de journalistes, tous médias confondus, se pressaient sous le chapiteau installé dans la cour du PS. Fauteuils plastique mais design, siglés Starck, le slogan « le progrès pour tous, le respect pour chacun » sur fond bleu, une toute petite rose au poing socialiste sous le micro, et Jack Lang au pupitre.Pour être franc, on n’était pas venu spécialement pour l’ancien ministre de la Culture. On avait plutôt été attiré par un mail du service de presse du PS, reçu mercredi soir, et indiquant qu’à l’occasion de ce point-presse, « Patrick Menucci annoncera le programme des principaux meetings et manifestations de la candidate». 

Menucci, c’est « monsieur Organisation » chez Ségolène Royal, et cette liste de déplacements de la candidate, on l’attendait depuis des lustres, Royal, comme Sarkozy d’ailleurs, ayant tendance à annoncer ses voyages à l’étranger ou meetings en province quelques jours seulement avant la date. Pas toujours facile alors pour nous, les médias, de s’organiser. Jack Lang commence son discours. Un petit coup de griffe à Sarkozy qui « met l’Etat sous la coupe de son clan » (rapport aux récentes affaires des RG), une moue méprisante pour José Bové qualifié de « candidature de plus », et la brosse à reluire pour Ségolène. « Le moral de la candidate est excellent… elle a une pêche d’enfer… ».

Bref, de la bonne grosse langue de bois, mais avec les réels talents oratoires de Jack Lang. Pour faire bonne figure, il annonce également que « des responsables du parti » viendront fréquemment à ce point-presse, « représenter la candidate ». Au menu de la semaine prochaine : Jean-Pierre Chevènement et Claude Bartolone. On se demandait comment Royal allait associer à sa campagne des éléphants au rancart pour l’instant. On a désormais la réponse.Les journalistes griffonnent vaguement sur leurs calepins, attendant surtout Menucci et sa liste. Or, de Menucci, point dans la salle. Fatalement, la question est posée à Jack Lang par une journaliste : 

-    «Qu’en est-il du programme de déplacements de la candidate ? ».

-    « Il n’est pas encore finalisé. Patrick Menucci devait vous le présenter aujourd’hui, il le fera en réalité demain », répond Lang.  

Petit énervement des journalistes, qui ont la vague impression de s’être déplacés pour pas grand chose.

-    « Mais pouvez-vous au moins nous dire ce que va faire Ségolène Royal samedi ? », relance un journaliste.

Samedi 3 février doit normalement lancer le processus de synthèse des centaines de débats participatifs qui ont eu lieu depuis décembre. En revanche, quid du déroulement de la journée. Embarras visible de Jack Lang :

-    « Je ne vais pas inventer ce que je ne sais pas… Pour samedi, il est prévu que Ségolène fasse un déplacement en province … ou bien reste à Paris ».  


Cette fois, c’est sûr, on est vraiment venu pour rien.

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mardi, 30 janvier 2007

Ce que les internautes préfèrent

Ce que les internautes préfèrent ? la vie privée de Ségolène plus que son programme. La candidate PS remporte un sondage à double tranchant. Xiti Monitor (1), institut d’études et de mesures d’audiences web, a mené début janvier une enquête sur les recherches des internautes concernant les deux favoris actuels (des médias surtout) de la présidentielle, à savoir Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Durant la période observée, la première a plus attiré la curiosité que le second. Sur 100 visites, 63 ont concerné la candidate socialiste. Un résultat qui reflète principalement une plus grande apparition médiatique de Ségolène Royal. En revanche, les requêtes analysées montrent que sa vie privée et certains de ses propos intéressent plus les internautes que son programme.

  1. La première des recherches concerne son nom à 53%.
  2. Viennent ensuite sa vie privée (9,4%),
  3. ses maladresses médiatiques (6,0%),
  4. sa campagne et son programme (5,7%),
  5. François Hollande (1,3%)…

Concernant Nicolas Sarkozy,

  1. 43,8% des requêtes se font sur son nom.
  2. Le deuxième centre d’intérêt est sa femme, Cécilia Sarkozy (4,5% des recherches, à comparer au score de François Hollande)
  3. Le programme (3,7%).
A noter que cette enquête a été réalisée avant l’affaire des RG, avant la suspension d’Arnaud Montebourg, et aussi avant certaines déclarations concernant la Corse.

(1) Etude menée sur un périmètre de 67 sites web d’actualité et média généralistes entre le 1er et le 15 janvier.

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Orages

Pathétique. Si on ne pouvait faire mystère des coups bas qui allaient se donner, 2007 sera bien l’année des « boules puantes ». Cette semaine, nouveaux rebondissements. Gérald Dahan, à la merci de l’UMP, piège une Ségolène Royal particulièrement « légère » sur les questions territoriales – sur le statut de la Corse qui, comme chacun sait, est un enjeu fondamental. Je trouve particulièrement inadmissible ce genre de canular qui tente de déstabiliser la candidate socialiste. Le procédé est malhonnête et ce n’est pas en se comportant comme un trublion de la sorte que Dahan va élever le débat, bien au contraire.

Ce que j’attends et ce que nous attendons tous, ce sont des définitions d’axes politiques et pas des tentatives d’intimidation tout à fait indignes et qui musèlent complètement le débat. Au lieu d’entendre et d’évaluer des choses intéressantes ou plus critiquables, il faut anticiper la dernière invention de tel ou tel camp. 

En clair, dans l’état actuel des choses, je comprends la remontée spectaculaire de François Bayrou dont je salue par ailleurs le positionnement ferme à l’encontre de l’UMP. Je regrette davantage la percée silencieuse du vote pour l’extrême droite qui m’apparaît plus comme un vote contestataire que comme un suffrage pour les thèses nationalistes.

Et pendant ce temps-là, José Bové qui croit bon, au nom d’un « état de nécessité » (prétend-il) d’arracher des champs de maïs transgénique ou de faire régner la zizanie, annonce qu’il rendra publique sa candidature le 1er février. Je ne m’inquiète pas particulièrement d’une telle annonce et doute que celui-ci réunira les 500 parrainages d’élus d’au-moins 30 départements. Et, dans l’hypothèse où celui-ci les obtiendrait, l’un des enjeux majeurs d’une élection reposant essentiellement sur les questions politiques, économiques et sociales, Bové ne pourra pas faire mystère de son ingérence.

Jamais une campagne n’aura débuté aussi tôt. Mais moins de trois mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, les cartes sont jetées et chaque petite phrase va compter, être décortiquée par l’adversaire et critiquée. Et ça, qu’on se le dise, l’UMP s’en est fait une spécialité puisqu’une commission a été chargée de reprendre tous les propos de Ségolène Royal pour démonter chacune de ses interventions. J’attends donc la présentation du programme de la candidate socialiste le 11 février pour étudier chaque proposition, sachant pertinemment que je ne dégagerai pas un enthousiasme démesuré. Mais que le parti du ministre-candidat Sarkozy cesse un peu d’user de procédés détestables et laisse un peu entrevoir ses idées. L’attaque est souvent contre-productive et il existe une tendance à se prendre de sympathie pour celui qui supporte les mauvaises critiques. Que la droite poursuive sur sa lancée, il pourrait y avoir de nouvelles surprises les 22 avril et 6 mai.

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vendredi, 26 janvier 2007

Combats ou coups bas?

On nous avait promis un débat d’idées, une campagne projet contre projet… Sauf que depuis que la campagne pour la présidentielle a vraiment commencé (c’est-à-dire depuis la désignation de Nicolas Sarkozy comme le candidat de l’UMP), on attend encore. Et les récentes affaires de ces derniers jours ne laissent augurer rien de bon.

Listons les ensemble :

  1. Ségolène Royal obligée de dévoiler son patrimoine après une campagne sur internet et des mails qui sont venus on ne sait d’où ; rumeurs sur la fragilité, voire l’inexistence, du couple Royal-Hollande ;
  2. Nicolas Sarkozy soupçonné d’utiliser les RG pour enquêter sur l’entourage de Royal ;
  3. livre noir du PS sur le bilan du ministre de l’Intérieur,
  4. création d’une cellule pour relever les bourdes de la candidate socialiste parce que dixit un membre du staff  de  Sarko « on veut trouver des angles d’attaque et pas répéter les erreurs de Fabius et Strauss-Kahn qui l’ont attaqué sur un plan personnel.»… Une cellule efficace puisque dans les rédactions, il ne passe pas une journée sans que l’on reçoive des mails argumentés sur telles ou telles déclarations de Ségolène Royal.


Ne soyons pas angéliques, on le sait, une campagne électorale, c’est quelque chose de violent, c’est un affrontement idéologique majeur dans le temps politique. Ceci étant dit, les Français n’oublieront pas qu’on a leur a promis une campagne différente basée sur les idées. Or regardons un peu ce qu’il se passe : Nicolas Sarkozy a déjà avancé une bonne partie de son programme (des proches assurent toutefois qu’il a en réserve de « nouvelles propositions majeures »), et Ségolène Royal n’a pas terminé son débat participatif. C’est comme si Michael Schumacher avait terminé ses tours de chauffe alors que Fernando Alonso en était toujours à régler le moteur de sa Formule 1. Il est difficile de savoir qui a la meilleure voiture.

Quant aux autres, on ne les entend pas non plus sur leur programme pour le moment : François Bayrou insiste dans sa posture « Moi, François, seul contre les médias » puisque ça fonctionne, Marie-George Buffet doit assumer le rôle de celle qui a tué la candidature unique antilibérale, Dominique Voynet n’incarne toujours pas l’écologie au-delà des seuls Verts, et les Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et consorts se battent pour exister.

Rarement une campagne n’a commencé de manière aussi virulente. Quelle tournure prendra-t-elle ? Difficile de se faire une idée tant que tous les programmes ne sont pas finalisés. On se souvient qu’en 2002, c’est la fin de campagne qui avait été vampirisée par les questions de sécurité. En tout cas, Quitterie Delmas (UDF) qui officie aussi sur ce blog, s’est déjà posée la bonne question en se demandant si le programme de la droite n’était pas juste de battre la gauche, et inversement.

N’oublions pas non plus qu’il y en a un qui continue de mener campagne à son rythme, surfant toujours sur les déçus de la politique, et en se disant que si la campagne continue comme ça, c’est tout bénéfice pour lui.

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lundi, 22 janvier 2007

Les candidats, le stress et l’Internet

Plus que 89 jours.

L’investiture de Nicolas Sarkozy, le 14 janvier, a marqué la fin d’une période, celle de la pré campagne, celle où les candidats s’offrent encore l’illusion que leurs éventuelles erreurs pourraient ne pas avoir trop de conséquences. Depuis une bonne semaine, nous sommes en campagne : tout le monde est là (même Nicolas Hulot se sent obligé de clarifier sa position) ou presque, et nous sommes entrés dans un combat à durée déterminée. Quand il reste moins de cent jours, on n’économise plus ses forces, on se jette dans la bataille.Et ces cent jours commencent par des bévues du coté gauche. Renvoi d’Arnaud Royal, hésitations et complexes fiscaux, prestation plus que moyenne sur TF1 de la candidate : la tension est palpable. Ségolène Royal a trouvé un coupable à la tension : le début de campagne de « racaille », se posant en victime de rumeurs, alors qu’elle chercherait à élever le débat. Le stress s’explique simplement, en fait : nous sommes dans la première élection où Internet peut venir bouleverser les choses en permanence. Les internautes sont, dans le programme des cent jours à venir, un fantastique moteur d’incertitude. Ils sont déjà à l’origine de deux emmerdements de taille pour la candidate, qu’elle a réussi jusqu’ici à reprendre, mais qui ont fortement modifié son agenda politico médiatique : la vidéo sur les 35h des professeurs, et la rumeur sur la SCI qu’elle avait constituée avec son compagnon.

Pourquoi ce niveau de stress ? Parce que chaque équipe de campagne se demande ce qui va sortir, encore, des échanges des internautes. Elles tentent soit de le prévenir (bon courage), soit de le modérer, soit, parfois, mais sans jamais l’avouer, de susciter les bruits qui pourront embarrasser l’autre camp. Les media, qui ont flairé le filon, surveillent en permanence ce petit monde des internautes, transformant volontiers la moindre vidéo postée en un phénomène de société. Les blogueurs et internautes, eux, continuent bon an mal an leurs échanges d’un air à moitié amusé, à moitié nerveux : ils n’ont jamais demandé ce statut de trublions du jeu politique, et sentent bien toutes les tentatives de manipulation ou d’instrumentalisation dont ils sont l’objet.

Dans ce jeu, c’est finalement surtout aux intermédiaires classiques du débat qu’il faut faire appel : sachez vous modérer, ne pas légitimer ce qui n’est que de la rumeur en la brandissant à la une, ne pas en rajouter sur la moindre calomnie qui circule en ligne. Les internautes savent bien, eux, que l’essentiel de leurs échanges n’est pas fait de ça.

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PS : merci à 20minutes.fr de m’accueillir dans ce blog, où je tenterai de suivre avec vous cette passionnante campagne en ligne.

 
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