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samedi, 31 mars 2007

Un taux d’élucidation qui élude la réalité

L’affaire des incidents de la gare du Nord illustre parfaitement un des points que j’ai expliqué dans le journal de vendredi concernant le bilan du ministre de l’Intérieur : le taux d’élucidation de la police ne reflète que les affaires que les policiers pensent avoir résolues et non pas les affaires résolues.


Je m’explique. Quand les policiers arrêtent un type qu’ils soupçonnent d’avoir commis un certain nombre de délits, qu’ils l’interrogent et qu’ils font en sorte qu’ils soient renvoyés devant un tribunal, évidemment qu’ils pensent ne pas se tromper. Mais bon, ça ne se passe pas toujours comme ils le pensent. Il y a plein de raisons – bonnes ou mauvaises, ce n’est pas le propos - qui font que le type en question n’est pas condamné par le tribunal. Toutefois, ce n’est pas parce que le type est relaxé, que le taux d’élucidation est corrigé, lui. Il n’y a pas d’interaction entre les statistiques de la police et celles de la justice.


On en revient à l’affaire de la gare du Nord. L’actuel ministre de l’Intérieur balance que l’homme interpellé à l’origine des incidents est un multirécidiviste condamné à 22 reprises et entre illégalement sur le territoire français. Sauf qu’on a appris depuis que François Baroin s’était basé sur les fiches de la police et qu’il était à côté de la plaque. Quand le véritable dossier judiciaire du suspect a été connu, on s’est rendu compte du fossé : le mec n’a été condamné « que » sept fois pour des délits mineurs et il n’était pas en situation irrégulière, le tribunal administratif ayant annulé une procédure de reconduite à la frontière.


Entre-temps, tout le monde s’est gargarisé ou écharpé sur les infos balancées par le très temporaire ministre de l’Intérieur. Même sur ce blog, on a pu lire ceci dans la note précédente écrite par Laurent Lécollier, militant de l’UNI : « Au fait le pauvre resquilleur, si l’on écoute les déclarations de la gauche, serait presque une victime. Dans les faits il s’agit plus simplement d’un homme en situation irrégulière et très défavorablement connu des services de police. Le sens de la mesure et de la responsabilité étant ce qu’ils sont à gauche et en particulier chez Ségolène Royal, elle s’est emparée du sujet pour tenter de déstabiliser Nicolas Sarkozy, je dois dire en pure perte. »


Voilà donc ce que peut devenir, à droite comme à gauche, « le sens de la mesure et de la responsabilité » lors d’une campagne électorale. Quant à l’expression « très défavorablement connu des services de police », on se rend compte à quel point elle peut être éloignée de la réalité. En l’occurrence, dans l’affaire qui nous préoccupe, le seul sens qu’elle peut avoir, est politique. Uniquement politique.

 

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