Avertir le modérateur

lundi, 12 mars 2007

Tirés d'affaires

Tiré d'affaires

Après les révélations du Canard Enchaîné sur les ristournes dont aurait bénéficié Nicolas Sarkozy de la part d’un promoteur immobilier, et celles sur la sous-évaluation du patrimoine immobilier du couple Hollande-Royal se pose une nouvelle fois la question de l’impact des «affaires» sur l’opinion. Disons le tout net : nous pensons qu’il n’y a plus d’effets de ce genre de révélations sur le rapport de force électoral. Les commentateurs qui en scrutent les conséquences, les acteurs politiques qui les espèrent sans le dire, nous semblent fonder leur jugement sur une croyance dépassée.

La mémoire collective française a pourtant gardé trace d’affaires particulièrement pénalisante pour ceux qu’elles concernaient : on pense à la feuille vierge d’impôts de Chaban-Delmas publiée début 1972 qui fragilisa considérablement sa candidature présidentielle ou encore aux révélations sur les diamants (et le fameux « bonsoir messieurs, bonsoir mesdiams » de Thierry Le Luron) qui précipita sans doute la défaite de VGE en 1981.

Mais depuis les années 70-80, le contexte d’opinion a considérablement évolué. D'après la Sofres, 60% des Français pensent aujourd'hui que les élus politiques sont «plutôt corrompus» ; ils étaient moins de 40% en 1977. Près d'une personne sur deux juge à présent la politique comme une « activité peu honorable » ; cette proportion a presque doublée en 20 ans.

Dit autrement, l’opinion a aujourd’hui un rapport tellement désabusé, presque cynique, au politique que le discrédit collectif épargne la stigmatisation individuelle. Etre impliqué dans une affaire n’est plus distinctif puisque l’ensemble de la classe politique est déconsidérée, gauche et droite confondues. Pour les Français, nourris des affaires « mitterrandiennes » (Urba, Mnef) d’un côté et « chiraquiennes » de l’autre (HLM de Paris, marchés publics truqués d’Ile-de-France - Méry, billets d’avion), la suspicion est généralisée et concerne la classe politique dans son ensemble.

A l’évidence, cette représentation du « tous pareils » - voire du «tous pourris» - pénalise les plus honnêtes en épargnant ceux qui le sont moins. En 2002, Lionel Jospin pensait l’emporter en misant sur l’intégrité, cf. le "présider autrement", avec "l'autre ment" en subliminal.

Avec ses casseroles, Jacques Chirac préside la France depuis 12 ans...Le subtil balancier du Canard, touchant une semaine la droite une semaine la gauche, ne peut que conforter l'immunisation globale des Français aux affaires.

Dès lors, et même si d'un point de vue moral on peut le regretter, l’appartement de Neuilly ne devrait pas fragiliser son propriétaire. Certes, l’affaire renforcera probablement les anti-sarkozystes, elle confortera le vote extrême droite, mais elle n’ébranlera pas les soutiens du candidat UMP. L’affaire de l’usage des RG à des fins personnelles n’a eu aucun impact. Celle de l’appartement devrait faire « pschitt » elle aussi. La sous-évaluation du patrimoine de Ségolène Royal pour diminuer l’ISF laissera à peine plus de traces, sur un électorat de gauche un peu plus sourcilleux sur les questions éthiques et plus sensible à l’exemplarité des comportements en matière fiscale.

medium_lefil.jpg

 

mardi, 06 février 2007

François Bayrou ou le Tour de France tranquille

L’anti-people, l’anti-paillette, l’homme qui ne se rend jamais aux avant-premières, qui n’est jamais dans les feuilles de choux des célébrités, c’est bien lui.Pendant que certains font tourner à plein régime la campagne poubelle, lui continue depuis septembre dernier, dans le plus grand silence, son tour de France. Deux déplacements par semaine. Dans chaque ville, dans chaque village, des visites d’entreprises, des réunions publiques, des rencontres avec des étudiants, des chercheurs, des mamans… Pas de grands médias nationaux qui le suivent, un déjeuner presse avec les quotidiens locaux, régionaux. Il s’imprègne de la vie des gens, il répond, il est accessible. Loin de Paris, de son cabinet, de son agenda, toutes ces petites choses qui vous étouffent un personnage. Il a trouvé le rythme, l’équilibre.
Il est serein.

Bon du coup, je le vois plus. Mais pas question de quitter Paris et le QG.

Et puis moi contrairement à lui je suis parisienne, et j’aime cette ville.

Et moi, son cheminement je le vois de Paris. Je le vis à Paris.
Mi blogosphère-mi marchés.

Mes « nouveaux » amis de la blogosphère parient tous sur un Bayrou au 2e tour, je reçois des mails encourageants de connaissances de l’UMP et du PS, et sur les marchés, les passants nous demandent le tract « François Bayrou ».

Alors il est clair qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus profond que les sondages qui sont pourtant unanimes sur l’ascension de François Bayrou. J’attends avec impatience la sortie des projets portés par les candidats et non par les partis. C’est à ce moment-là que les vrais choix se feront. Et que c’est sur le fond que nous serons amenés à nous prononcer.

A 29 ans, je n’ai jamais connu de programme électoral depuis que je suis née. Le dernier réel programme a été porté par François Mitterrand en 1981 avec ses 110 propositions. Depuis rien, que de la com’, que des promesses, que des constats (« la fracture sociale » de Chirac). Jamais de propositions, jamais d’engagements.

Mon choix de l’indépendance, de la séparation des pouvoirs, de la 6e République est déjà fait. J’attends de voir les budgets chiffrés des uns et des autres pour avoir un avis objectif sur le fond. J’attends de voir qui chargera encore un peu plus notre barque sur la dette publique. Ça, ce sera pour moi impardonnable.

medium_quitt.jpg

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu