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lundi, 12 mars 2007

Samedi dernier, grosse journée militante, très terrain

Voilà à quoi peut ressembler une journée de militantisme "de base", ou comment décrocher les voix une par une, du côté de Marne-la-Vallée.

Le matin, diffusion sur le marché. Autant il y a trois semaines nous étions nous, les Verts, les seuls à distribuer (en fait on dit"differ", abréviation du verbe "diffuser"), autant ce matin-là, laquasi totalité des partis était présente place de l'église, à Torcy. UMP, UDF, PCF, PS et Verts... À tel point que j'avais pitié pour le citoyen qui venait faire son marché alimentaire et qui se retrouvait à devoir mettre dans son sac, à côtédes œufs, des clémentines et du steak, 6 tracts en quadrichromievantant les mérites d'un(e) candidat(e).

Heureusement, les styles dffèrent nettement. Chez Sarkozy, c'est «je veux, je veux, je veux». Les communistes n'ont trouvé que quatre bonnes raisons de voter pour Buffet. Bayrou nous rassemble sans rien dire de neuf ni de concret. Royal expose une version allégée du pacte présidentiel. Et nous, nous rappelons que nous sommes les seuls à parlerd'écologie (on distribue celui-là, téléchargeable ici). À 11h30, petit tour devant l'école pour toucher les parents d'élève (j'ai déjà écrit ici combien c'était super sympa à faire).

L'après-midi, départ pour le village de Carnetin avec Antoine Parodi, mon futur candidat aux législatives. Nous nous armons de courage car un porte-à-porte avec que des pavillons, c'est long et fatigant. Accueil mitigé, allant du «la politique ça sert à rien» [1] à «moi aussi je suis un peu écolo». Carnetin est un village encore dans la banlieue parisienne, mais totalement excentré par rapport au RER A. Les quelques lignes de bus ont des fréquences affreusement basses. Autant dire que parler de «mauvaise desserte» relève de la litote la plus osée. Forcément, les gens se plaignent qu'ils doivent prendre leur voiture pour aller bosser ou faire leur course, mais c'est le problème de ce genre de village. Il est probable qu'aller habiter là permet d'avoir une plus grande surface pour un coût moindre qu'en centre-ville. On touche là au problème du prix du logement. Comme quoi tout est lié. Mais c'est pas évident de caser ça quand on dérange les gens chez eux un samedi après-miidi...

À 18h on arrête et on rentre chez soi. On continuera la semaine prochaine.

 [1] Antoine a trouvé la bonne réponse à ce genre de réflexions : «Ah bon, mais alors même sans Bush, y aurait eu la guerre en Irak ?»

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lundi, 05 mars 2007

Carnet de campagne (2)

Commune de Crespin, le 2  mars, à la frontière Belge. Porte à porte pour le vote Marie George Buffet. Il faut voir l’état des immeubles et des maisons de cette cité. En France, 6ème puissance économique au monde, au 21ème siècle, il existe encore des endroits où le sentiment d’abandon domine tout. Des familles, des ouvriers de chez Toyota, des employés communaux, des enfants, des personnes âgées habitent ici, avec leur fierté et leur dignité, avec les sourires et les malheurs de la vie. Pour eux la vie continue.

Mais l’état de ce quartier donne le sentiment que le temps s’est arrêté dans les années 50. La peinture défaite, la rue qui ressemble plus à une piste, les portes en bois, les fenêtres sans double vitrage… autant de signes extérieurs qu’aucuns travaux n’ont été entrepris ici depuis longtemps. Comment voulez vous que les gens aient confiance dans le rôle des élus ?
A la porte d’une de ces maisons, une jeune femme est assise sur les marches de son entrée. Trente ans, le regard perdu dans le vide, avec de longs cheveux blonds, très fine, elle ne tourne pas la tête quand je m’approche d’elle. Je force un peu les présentations et j’apprends qu’elle travaille à Toyota Onnaing, l’entreprise de cet arrondissement qui emploie 3 950 salariés. Je rentre dans le vif du sujet :

- «Avez-vous fait votre choix pour les prochaines élections?»
- «Non» me répond-elle.
- «Je ne vote pas. Ca ne sert à rien. J’aimerai un peu plus d’écologie mais, de toute façon, ça ne sert à rien de voter. Je ne m’occupe pas de la politique», poursuit-elle.
Après un bref échange pour essayer d’éveiller son intérêt pour la présidentielle en lui expliquant que la politique, elle, s’occupe d’elle, je n’arrive pas à susciter son intérêt. Le regard reste perdu dans le vide. Je suis sur le point de la quitter et je lui lance :
- «Vous travaillez en poste à Toyota Onnaing?»
- «Oui»
- «Et si je vous proposais de travailler plus pour gagner plus, comme le propose M. Sarkozy et la droite, qu’est ce que vous en pensez?».
Elle tourne la tête alors vers moi, ouvre grand ses yeux comme si je l’avais blessée et me répond d’une voix tout d’un coup ferme et déterminée.
«Ah ça non. Je suis cassée par le travail. Je veux gagner plus, tout court. On n’est pas assez payé. Je veux que mon salaire augmente pour les heures que je fais parce que c’est dur et parce qu’on est sous payé!».

C’est à ce moment que j’ai ressenti quelque chose dans ses yeux. C’était de la colère. Tout simplement. Et elle avait raison d’être en colère. Nous avons pu ensuite discuter des élections.

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