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dimanche, 22 avril 2007

Morandini slalome

Sur son blog, Jean-Marc Morandini a annoncé qu’il donnerait les résultats du premier tour avant 20 heures, puis qu’il ne le ferait pas. Finalement, il a annoncé à 18h31 que plus de 80000 personnes tentaient «de se connecter au même moment sur ce  blog en 10 minutes».

 Mais tout ce qu’il a donné, c’est qu’à 19h35, sur Canal +, la marionnette de Bachelot parlait de "succès" et que «celle de Lang avait un verre de champagne à la main».


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vendredi, 20 avril 2007

Royal soutenue par les universitaires ? Dans ses rêves peut-être mais la réalité est tout autre.

Quatorze «présidents d’universités» ont annoncé officiellement leur soutien à Ségolène Royal. En quête de légitimité quant à ses compétences de femme d’Etat, Ségolène ne pouvait rêver mieux que le soutien de tenants de l’enseignement supérieur.

Seulement voilà sur les quatorze signataires seulement six sont effectivement encore en poste à la tête d’une université. Ces six présidents sont par ailleurs connus depuis longtemps pour leur engagement à gauche dont Sylvie Faucheux (Versailles Saint Quentin) est candidate socialiste aux législatives dans les Yvelines et Richard Messina (Evry Val d’Essonne) est conseiller général socialiste de l’Essonne.
Les quatre autres, Bernard Bosredon (Paris VI), Jean-Claude Fortier (Bourgogne, Marc Gontard (Rennes II) et Richard Lioger (Metz) sont tous membres ou proches du PS. Les universités sont traditionnellement classées à gauche et comme ironise Olivier Vial, délégué général de l’UNI, organisation de la droite universitaire, « ce qui m’étonne et me rassure, c’est qu’ils soient si peu nombreux à soutenir la candidate socialiste. Ca fait un peu baroud d’honneur d’archéo-présidents d’université ! ».

En résumé sur 82 présidents d’université seulement 6 sont derrière Royal, par conséquent 76 ne sont visiblement pas emballés par la vision de l’enseignement supérieur de la candidate socialiste.

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jeudi, 08 mars 2007

Royal, Guignol, Gnafron et Joe Dalton

C’est désormais une habitude des meetings de Ségolène Royal, depuis son raout de Villepinte le 11 février : la séquence «Guignol-Gnafron». Mercredi soir, à Dijon, la candidate socialiste a récidivé. En fin de discours, elle s’est adressé à la salle par un subtil jeu de questions-réponses digne des spectacles pour enfants. Reprenant les grands termes de son slogan, elle a lancé un «La voulez-vous cette France plus juste ?», suivi d’un autre «La voulez-vous cette France plus forte ?». Réponse méga sonore : un «Ouiiiiiiiii» bissé majoritairement par le Mouvement des Jeunes Socialistes et la Ségosphère. Une pratique qui peut sembler infantilisante à l’égard des militants PS. Personnellement, je m’attends à chaque fois à voir débouler sur la scène, derrière la candidate, la marionnette de Nicolas Sarkozy grimé en Gnafron, et le public de reprendre comme un seul homme : «Attention Ségolène, derrière toi, derrière toiiiiii !!!!!!». Patience.

Mardi soir, être journaliste n’était pas la meilleure carte de visite au Zénith de Dijon. La salle de concert, qui a accueilli par le passé Pascal Obispo, Johnny ou la Star Academy 6, était pleine comme un œuf. Au point qu’une partie du public devait rester debout dans la fosse, par manque de places assises pour tout le monde. Problème, le meeting ayant lieu à partir de 17h30, la majorité des venus étaient des retraités, un public qui pour le coup, n’aime pas beaucoup la station verticale pendant plus de deux heures. Or, dans un coin de la salle, un grand carré de sièges rouges avait été réservé pour la presse.

Plusieurs places étant inoccupées une longue partie du meeting, les journalistes préférant se déplacer dans les travées ou se rendre en salle de presse à l’écart. Résultat, très vite, les chères places furent prises d’assaut par les cheveux blancs. Au point de provoquer quelques frictions avec les services de presse et d’ordre du PS. «Y’a pas de raison que les médias s’assoient et pas nous, nous on a notre carte du parti, on est prioritaire», a lancé une vieille dame.

Il y a une semaine, lors du déplacement de Ségolène Royal en banlieue parisienne, à Clichy-sous-Bois, la presse aussi avait été prise à partie par certains habitants, rapidement excédés de voir la «meute» de photographes, cameramen et rédacteurs tout bousculer sur son passage pour suivre la candidate. «Vous dites, dans vos journaux, qu’en banlieue, y’a que des sauvages, mais vous donnez pas l’exemple», avait raillé, à raison, une mère de famille.

Mais journaliste, ça a aussi ses bons côtés. Mardi soir, après le meeting, on a été quelques uns à être conviés dans la loge de Ségolène Royal pour une conversation à bâtons rompus sur la campagne. Le genre de rendez-vous «off» que nous, journalistes, on adore, et ils nous permettent le cas échéant de récolter quelques infos intéressantes ou de préciser certains points confus. Fauteuils en cuir noir et moquette rouge, la candidate a discuté avec nous pendant près d’une demi-heure. Faut savoir quelque chose avec Ségolène Royal, c’est qu’elle est très forte pour donner l’impression de faire du «off» sans en faire. Bayrou qui n’est que «l’illusion du changement», Le Pen qui serait «très sous-évalué» dans les sondages, une petite phrase sur Airbus, une autre sur la «longue campagne», et hop, fermez le ban.

Rien de vraiment révolutionnaire, vous en conviendrez. Sauf une tirade plutôt inattendue, tant sur la forme que sur le fond. Interrogée à deux reprises sur la montée dans les sondages de François Bayrou, Ségolène Royal finit par se crisper sur la notion de «changement». A la troisième question, elle part dans une réponse scandée, très directe : «Mon pacte présidentiel entraîne les réformes les plus radicales ! J’apporterai la preuve obstinée, permanente, acharnée, que j’incarne le seul changement, et qu’en plus, moi je le réaliserai ! Avec moi, les questions des banlieues seront réglées, avec moi les questions d’éducation seront réglées, avec moi, l’économie repartira, parce que je le veux vraiment!». Quinze secondes de volontarisme politique pur et dur, qui laisse néanmoins une drôle d’impression, entre méthode Coué et colère toute rouge de Joe Dalton. Bastien Bonnefous

Un phénomène pas encore remarqué par les médias classiques, c'est via le web que la nouvelle génération d'intellectuels s'engagent dans la campagne

Difficilement et lentement, une nouvelle génération d'intellectuels, plutôt de gauche, est en train de percer. L’atelier intellectuel et surtout la collection La Republique des idées leur a donné une certaine visibilité. Les travaux de d’Eric Maurin sur les nouveaux ghettos, de Philippe Askenazy sur les conditions de travail, de Thomas Piketty sur l'Impôt sur le revenu à travers le 20e siècle ou encore de Louis Chauvel sur la dérive des classes moyennes sont maintenant connus et largement relayés. Le colloque de Grenoble de mai dernier avait un petit côté événement fondateur générationnel. Même si tous n’ont pas la même inclinaison politique, une nouvelle pensée de gauche semblait émerger.

Pourtant en début de campagne, cette nouvelle génération intellectuelle ne s’est pas manifestée. Plusieurs observateurs l’ont souligné avec des explications différentes : volonté de nourrir le débat politique mais aussi de rester à sa périphérie, réticences supposées envers Ségolène Royal... Cela a été vrai un temps. Cela ne l'est plus.
Ce qui est étonnant, c'est que c'est par le web et de manière individuelle qu'ils ont pris position. Alors que les colonnes des grands journaux leur sont ouvertes, ils ont choisi une autre voie. Thomas Piketty, la même semaine où Le Monde lui consacre une pleine page, passe par le site reconnu mais assez confidentiel antisarko pour prendre position. Il est suivi quelques jours après par Thierry Pech, secrétaire général de la République des Idées qui s'exprime sur le même site. Depuis, le mouvement s'amplifie. Philippe Askenazi s'exprime sur un blog provisoire. Ils utilisent les blogs de Libé, du Nouvel Obs ou sont accueillis par l'agence intellectuelle en ligne Telos...

Cet engagement se fait non seulement via le web, mais aussi à gauche et notamment contre Bayrou. C'est notable.  Au moment où les médias classiques se font échos de la supposée percée de François Bayrou chez les blogueurs et dans certains milieux intellectuels, ils ne relèvent pas ce phénomène, à mes yeux, bien plus marquant. Car c'est aussi là que le nouveau stimulus intellectuel se trouve vraiment. La comparaison est alors rude : d’un côté les posts de Loic Le Meur, pape des blogueurs de droite, sur ses performances de joggeur, les analyses pas toujours passionnantes de plusieurs blogueurs assez médiatisés et les billets des intellectuels que je viens de citer.  

Voici, quelques liens mettant en exergue ce phénomène:


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mercredi, 07 mars 2007

Webtélés des candidats : trois approches symptomatiques

Pendant qu'en France, on parle de l'élection dailymotion, les Etats-Unis sont en train de préparer, pour l'année prochaine, l'élection youtube. Jeff jarvis a décidé de suivre cet aspect de l'élection de près à travers un blog dédié, prezvid.  Il y suit l'actualité de l'usage de la vidéo en campagne, et la met en perspective d'usage, dans un espace de veille passionnant.

Pendant ce temps, en France, on voit plusieurs stratégies à l'oeuvre dans la campagne française :

Une volonté de contrôle total de l'agenda et du ton par Nicolas Sarkozy, avec sa NSTV qui fleure bon les années 80, une sorte d'ORTF du web. Volonté de contrôle d'une "vraie chaine de télé", qui est tempérée par la créativité et la volonté de jouer au journaliste fait parfois débarquer des petits couacs dans une machine de communication ultra huilée (pourquoi montrer ainsi l'équipe de jeunes loups de l'entourage de Sarkozy ? Pourquoi cette chaîne libre cours dont certaines vidéos font penser à des canulars ? Pourquoi créer ce drôle de truc, le jour jeune ?), Le format est celui de l'embedded, des coulisses, dans le souci de créer une sorte de connivence avec le spectateur. Spectateur seulement : le candidat ne parle pas directement sur NSTV, il est suivi par des journalistes, intermédié, observé, raconté par des tiers. On montre son équipe, ses locaux, ses déplacements. Il est étonnamment absent de NSTV, désincarné, le spectateur n'y a pas non plus beaucoup de place, de pouvoir. Aspect intéressant, à suivre, les décryptages et la chaîne sur la recherche, contenus rébarbatifs sur la forme, mais qui apportent du débat, du fond dans une chaîne très "publi reportage". Bref, un OWTNI (objet web télévisuel non identifié).

Coté Ségolène Royal, ce sont aujourd'hui surtout les images officielles qui circulent (plus que les vidéos de Nicolas Sarkozy, semble-t-il). On retrouve, géré par des militants, le site segolene-video, qui reprend tous les passages media de la candidate et les grands discours (il en existe de multiples clones, qui créent un effet d'écho sur le web). Assez peu de reportages en propre, à part ceux, au style étonnant, de FatCat Films, caméra épaule et premiers plans flous, comme pour les fameux voeux web de la socialiste (ça parait déjà si loin !). On attend, il parait, une grande série de petites vidéos qui mettrait en scène les cent propositions. On attend, on attend. Cent vidéos, en six semaines ? La vidéo chez Ségolène Royal, c'est l'inverse de NSTV : peu de contenus propres, pas d'hébergement centralisé. J'émets peu, je limite les contenus à mes discours, et je vous laisse diffuser de proche en proche. Cohérent avec le positionnement "miroir des désirs" et "autonomiste" de la candidate.

Chez Bayrou, sans grand étonnement, on est dans l'entre deux, dans une troisième voie. Le candidat a sa web télé, mais c'est une télé où il privilégie la parole directe, sans interlocuteur. Reportages de campagne non majoritaires, pas de "coulisses", mais plus d'évocations directes de sa personne et de ses propositions, par lui-même. Il tente donc d'abolir les frontières et de parler directement, ce que Ségolène Royal n'a fait que lors de ses voeux, et que Nicolas Sarkozy ne fait pas, s'adressant toujours à travers l'intermédiaire d'un Frèches ou d'un La Brosse. Il est, de ce point de vue, dans un registre plus proche de la web télé de David Cameron, dans une continuité certaine, également, de son positionnement d'homme sans intermédiaires. Notons que François Bayrou est pour l'instant le seul à tenir des tribunes, derrière son bureau, pour expliquer ce que sont les éléments de son projet aux internautes, "en exclusivité".

Je passe sur la télé de Jean-Marie Le Pen, qui fleure bon les années 60 (tout est fait en studio) ou le traitement intégral des meetings par les verts (qui ont diffusé un clip de campagne que je trouve raté). 

Les télés des candidats en disent beaucoup sur leur approche, leur positionnement. Un patron à l'agenda suractif, une candidate qui se retranche derrière la mobilisation de ses supporters, un homme qui se place directement face au peuple.

Reste à savoir ce que veulent les Français, ou, à tout le moins, les internautes.

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vendredi, 02 mars 2007

Où est la face sexy des centristes?

Une semaine à crapahuter sur le site sexycentriste.com et pourtant, sur la page d’accueil, je figure toujours parmi les derniers internautes enregistrés, aux côtés de Tachatte et Bipbip.
Malgré leurs pseudos, les internautes débattent assez sérieusement de propositions politiques. Certes, les discussions sont plus nourries sur le port du string à l’école et la réouverture des maisons closes que sur la taxe Tobin, mais quand même, on est loin de «vous habitez chez vos parents?» ou de «et au fait, tu baises?».

Bref, sur sexycentriste.com, c’est beaucoup de centrisme et pas beaucoup de sexy. Comment faire pour passer à l’attaque subtilement mais sûrement? Je décide d’envoyer un message privé à un internaute avec qui j’ai, d’après les calculs de ce site, «100 % d’affinités politiques» et un autre avec qui j’ai «0% d’affinité».

Voici à quoi ressemble mon appât: «Bonjour, j'ai 100% (ou 0%) d'affinités politiques avec vous... Alors voilà, je vous écris parce que c'est fait pour ça aussi, ce site, non?». Mon collègue Pierre trouve la formulation de mon message trop littéraire, qu'ils ne mordront jamais à l'hameçon…

A suivre…

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mercredi, 28 février 2007

Quand Bayrou sort TF1 de la Politic’ Academy

J’ai vu un PPDA excédé par François Bayrou qui ne s’est pas plié pas aux règles fixées par la chaîne. Bayrou est face aux Français, il prend le temps qu’il faut pour écouter, aller au bout de son raisonnement quelque soit le timing qu’on veut lui imposer. S’il tient à une chose, François Bayrou c’est de profiter de la fenêtre médiatique qui s’ouvre enfin, et donner les clés de compréhension aux Français pour choisir en toute connaissance de cause. On est bien loin de la politique à emporter, vendeuse de tapis, loin des radios crochet : 2 minutes pour vendre la soupe! 

J’ai été agréablement surprise par les questions du public très tournées vers l’avenir et pas seulement autocentrées. Ca change de l’émission Chirac et les 100 jeunes lors de la campagne référendaire, ainsi que les deux premières oraux de TF1 de qui donnaient l’impression fausse d’une société nombriliste et individualiste. Un homme à la fois à l’écoute, mais pas au même niveau. Les Français attendent en même temps de la proximité, des intermédiaires en moins, mais aussi d’être portés, tirés vers le haut, vers des perspectives qui fondent notre société ou le « comment vivre ensemble ». 

J’ai retrouvé la même qualité de débat que je vois chaque jour sur Internet Une fois dépassée la campagne poubelle ou la politique paillette, enfin on parle enfin du fond, on parle de la dette, de l’importance de l’éducation, de notre politique internationale, du dépassement du clivage gauche droite, de sa concrétisation sur le terrain des législatives après la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.
 
Et pendant ce temps-là, les tontons flingueurs sont de sortie UMPS tous unis contre François Bayrou. Je sens qu’on va rire ! Mais pendant ce temps, là, François est reparti sur les routes de France, à Metz ce soir…

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mardi, 27 février 2007

«Monsieur le Maire, les femmes n’ont pas assez de «couilles» pour élire une femme»

Ce mail, il m’est arrivé tôt ce matin. Il avait un titre suffisamment accrocheur pour que je le lise en premier dans la multitude accumulée dans la nuit et même le reprenne en titre de ce premier billet. Le sujet et la tonalité que j’avais prévu pour ce retour à un blog collectif devaient être tout autre. J’étais parti sur une analyse très sérieuse du programme social et économique de Bayrou. Sérieuse nécessairement, car il faut se les coltiner les 12 pages, sans intertitre et en interlignage simple. Bref, je voulais montrer et montrerai une autre fois qu’avec ce programme, le Béarnais avait abandonné les habits du Che pour reprendre ceux de Raymond Barre . Que ces attaques contre la classe médiatico-politique faisaient écho aux critiques sur le « Microcosme » de l’homme de la Réunion. L’Ile ! Et non, pas la grande alliance politique. Mais, tout cela sera pour une autre fois. Car ce petit mail, m’a bel et bien interloqué. En effet, pourquoi dans les enquêtes d’opinion, Ségolène Royal ne fait pas le plein de voix chez les femmes ? Loin de là. Rien que du très classique, en fait dans l’histoire de la domination. Historiquement, une partie de la gauche a longtemps été réservée face aux votes des femmes par crainte qu’elles votent comme le disait le curé. Mais, quand même ! Il demeure aujourd’hui à l’égard de Ségolène Royal une suspicion très forte. Plus que je ne l’aurais cru. Et elle va se réfugier dans des recoins de notre inconscient collectif pas toujours évident à traquer.

Suspicion, sur sa compétence, bien sûr. Le lynchage du début de l’année nous a montré son intensité. J’attends de voir les réactions aux approximations d’hier de Nicolas Sarkozy sur RMC. Plantage sur les sous marins nucléaires, vision plus que floue sur Al Qaïda et pour l’instant pas grand-chose. Mais, il n’y a pas que la compétence de la candidate socialiste qui soit mise en cause. Ce débat a été en partie clos avec le discours de Villepinte. Solide, charpenté, global. L’examen de passage a été réussi pour reprendre les commentaires des habituels chroniqueurs. Il reste aujourd’hui autre chose. Et c’est bien elle même, et c’est bien l statut qu’on lui réserve du fait de son état de femme.

Et c’est là, qu’on retombe sur François Bayrou. Après avoir percé en jouant au trublion, il veut consolider ses positions en apparaissant désormais comme le seul raisonnable. C’est celui qui rassure, surtout les milieux bien pensant. Il renvoie dos-à-dos Sarkozy et Royal, sur des arguments en fait dissymétriques. C’est éclairant quand il attaque la prodigalité des deux principaux candidats, En fait, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne se comportent pas de la  même façon. Le chiffrage du projet de la candidate socialiste n’a pas connu les mêmes approximations que celui de l’UMP. Il n’y a pas eu de dérapage contrôlé sur la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, sur 5, 10 puis 20 ans. Et pourtant, le candidat de l’extrême centre peut continuer à creuser son sillon. Il joue bien sûr sur la caricature des socialistes dispendieux, même si celle ci commence à être vraiment has been. La gauche est devenue bien souvent plus exemplaire que la droite. Il suffit de comparer l’état des finances publiques en 1995 après le Gouvernement Balladur avec François Bayrou comme numéro 2 et Nicolas Sarkozy comme Secrétaire d’Etat au budget avec celui de 2002.

Mais, en fait il peut continuer d'exploiter ce créneau de l’homme rassurant car il y a bel et bien autre chose.  Ce n’est pas compliqué de vouloir rassurer quand on veut se démarquer de Nicolas Sarkozy. Ses comportements, ses interpellations inquiètent. On a tous en tête son trouble jeu de pompier pyromane comme Ministre de l’Intérieur.  On peut effectivement se demander ce qu’il ferait sans garde fou. Mais, il y  aussi la volonté de rassurer face à Ségolène Royal. Et, là on cherche les raisons. Quels sont les actes, les dérapages verbaux, les propos qui nécessitent de devoir rassurer les Français face à Ségolène Royal. Quand a-t-elle été borderline, comme ils disent ? En rien, si ce n’est qu’elle est une femme. Nicolas Sarkozy fait peur, à raison. Ségolène Royal, inquiète, sans raison, mais par abus de clichés.   Clichés sur l’incompétence des femmes, sur cette vieille et éculée étymologie du mot hystérie … C’est aussi cela qu’il va falloir surmonter chez les Français, et les Françaises.

 

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lundi, 26 février 2007

Bayrou : le décollage a eu lieu

Un petit schéma vaut mieux qu'un long discours : 

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(vous voyez la montée de la courbe bleue ?) 

Ceci-dit, un petit discours s'impose, surtout en prolongation d'une note publiée il y a quelques semaines sur ce blog, où je notais un frémissement pour le moins léger en faveur de François Bayrou dans les discussion qui émaillaient les espaces sociaux en ligne, et l'absence de ralliements (certains ont eu lieu depuis). 

Ce joli graphique indique, jour après jour, le nombre de billets publiés sur des blogs incluant les termes "françois bayrou" (bleu), "ségolène royal" (orange) et "nicolas sarkozy" (vert). L'outil de mesure est blogpulse, mais on peut également se référer à d'autres outils, tels que le tendançologue, sur l'observatoire de la présidentielle. Ils indiquent une évolution proche.

Tous les outils convergent : on parle, en ligne, désormais presque autant de Bayrou que des deux autres candidats. Le rapport n'est pas encore celui d'une égalité de traitement par les internautes, mais, pour simplifier, là où 100 blogs parlent de Sarkozy ou de Ségolène, on monte, hors exceptions, à 70 pour Bayrou, contre un rapport de 100 à 15/20 il y a trois semaines.

Le décollage a donc eu lieu. Il date de début février. Auparavant, c'était le calme plat, ou presque, sur le candidat centriste (le frémissement est très léger entre le 15 et le 30 janvier, et le même mouvement est perceptible chez tous les candidats : c'est l'élection en soit qui prend de la part de bruit médiatique, Bayrou voit même sa "part de marché " baisser).

Thierry Crouzet voit dans ce décollage le symbole de la victoire du 5ème pouvoir, qui impose son candidat à la société médiatique :

"Cette idée il ne l’a pas imposée, il l’a juste semée. Le cinquième pouvoir s’en est emparé, il l’a diffusée lentement. Aujourd’hui, elle remonte par percolation comme l’eau dans une cafetière, elle finit par atteindre la surface, et les Ségo-Sarko comme les médias ne peuvent plus l’ignorer. Alors ils la répètent, la consolident. Mais elle n’est pas née grâce à eux, elle n’a pas été calculée par eux mais par le cinquième pouvoir lui-même."

Difficile de dire qui est l'oeuf et la poule, dans l'émergence de Bayrou ces trois dernières semaines, entre le supposé cinquième pouvoir que constitueraient les internautes, nouvelle force autonome, et les media et faiseurs habituels d'opinion. Thierry en fait un élément de démonstration de la révolution qu'il chronique dans son livre et qu'il promeut depuis des mois. Je reste pour ma part dubitatif.

D'une part, les internautes, selon tous les outils de mesure dont on peut disposer, parlaient nettement moins de Bayrou que ne peut le supposer son poids électoral (il était 5  à 6 fois moins présent que les deux leaders). Tout juste pouvait-on noter, qualitativement, une sensibilité croissante au candidat centriste dans quelques espaces relativement visibles, et peut-être pionniers, des discussions politiques. C'est faible. Rien ne permet de dire que les internautes onteffectivement diffusé la graine Bayrou, que la plante a germé, avant que les media ne viennent l'arroser.

Car les media ont copieusement arrosé la graine : ce sont manifestement les sondages de la fin janvier qui ont généré l'explosion. Entre le 20 et le 30 janvier, plusieurs sondages montrent une progression de François Bayrou, qui, fait nouveau, passe devant Jean-Marie Le Pen. La presse s'empare alors de son maronnier de chaque janvier de présidentielle : le troisième homme. Les couvertures s'affolent, et Bayrou fait la une des media : l'hypothèse du troisième homme devient crédible, et, peu à peu, surtout la semaine dernière, l'hypothèse d'arrivée au second tour de François Bayrou devient un sujet de conversation majeur, même chez les internautes. La plus forte progression de Bayrou dans les discussions correspond à la semaine où il est très fortement exposé médiatiquement (A vous de Juger, France Europe Express...) en télévision.

Le fameux "cinquième pouvoir" est peut-être responsable, partiellement, du gain initial de quelques points dans les sondages, du passage de 7 à 8 ou 9%, à la faveur d'un discours fortement orienté dans le sens, le thème, les valeurs de ces internautes actifs (critique des media). Rien ne le prouve, mais on pourrait l'imaginer. Reste que le décollage réel, celui qui fait de F. Bayrou aujourd'hui une alternative crédible, répond à une logique proche de celle de l'apparition de S. Royal il y a plus d'un an : par un jeu d'emballement médiatique fondé sur quelques sondages d'opinion, sur un personnage dont le discours ou le positionnement est manifestement susceptible de remporter une adhésion. 

De quoi rester encore modeste sur le poids et l'influence des blogs et des internautes dans le jeu politique... En tout cas comme initiateurs de mouvements de fond. Ils sont en revanche de fantastiques relais réactifs à l'actualité médiatique.

 

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J’ai testé le premier site de rencontre politique (enfin, pas encore), épisode 2…

Une semaine après m’être inscrite à sexycentriste.com, le site de rencontres des jeunes UDF, je m’étonne qu’ils ne m’aient toujours pas envoyé la confirmation de mon inscription par mail. Hé, les UDF, vous ne voulez pas que je vous rencontre ou quoi?

A force de pester en attendant mes codes d’accès qui ne viennent pas, mon collègue Nicolas finit par trouver la solution au problème: le mail envoyé par sexycentriste.com est bloqué depuis huit jours dans mon dossier de «messages indésirables». Le filtre anti-spams de 20 minutes est un poil trop aiguisé.

Toutes mes excuses, les sexycentristes, je retire ce que j’ai dit: vous n’êtes pas moins réactifs que le site qui vous a inspiré - meetic.fr pour ne pas le nommer. Et maintenant que j'ai mon mot de passe, on va pouvoir passer aux choses sérieuses...

 

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« Qu'on supprime l'élection présidentielle »

medium_aleveque.jpgC'est un fait : l'humoriste Christophe Alévêque (photo : Julien Cassagne) a le cœur à gauche. Mais que ce soit dans les émissions de Laurent Ruquier ou dans ses spectacles, il n'épargne personne de sa verve caustique. Dans son livre sorti début février Surtout, n'oubliez pas d'avoir peur (Editions du Panama), il compile pensées et petites phrases définitives sur tous les sujets de société. Avec la présidentielle en toile de fond. Pour 20 Minutes, il revient sur certaines de ces pensées et les décrypte.

« Ségolène Royal a remporté les primaires socialistes avec 61% des voix. 61% des militants socialistes ont donc voté contre le programme du Parti socialiste. Vivement la suite.»

J'ai écrit ça en décembre et on peut dire que j'ai eu le nez creux vu ce qu'il s'est passé par la suite. Ségolène Royal a été choisie sans programme, elle a été choisie sur sa personne. J'ai trouvé ça un peu léger de choisir quelqu'un parce qu'elle est en tête des sondages. En tant qu'humoriste, il y a eu une tendance à nous taxer de machiste dès qu'on attaquait Ségolène Royal. Sa vraie boulette en réalité, c'est d'avoir refusé le débat et d'avoir fait de la victimisation sur le fait que ce soit une femme. Moi, que ce soit une femme ou pas une femme, j'en ai rien à foutre. J'ai été attaqué tellement de fois sur le machisme et la misogynie, ça ne tient pas la route. Je crois que ça amuse les cons et ça sert de paravent à ceux qui n'ont pas grand-chose à dire.

 

« 21 avril. Jacques Chirac en sauveur de la République, c'est comme si on disait à un malade en phase terminal : Tiens, voilà de l'aspirine. »

Son bilan est proche du rien. Le mouvement des choses a continué dans son ensemble, les pauvres ont été pauvres, le chômage a augmenté. Rien n'a changé. Par contre, c'est un vrai Républicain. Après le 21 avril, il aurait dû intégrer dans son gouvernement des gens de toutes les couleurs politiques. Ce n'est pas le président le plus dangereux qu'on ait eu. Ou qu'on va avoir. Chirac, c'est un vrai Républicain. La France peut lui dire merci de ne pas nous avoir mis dans le bourbier irakien. Rien pour ça, on peut lui dire un petit merci quand même. Quand je vois Sarkozy, Chirac me paraît quelqu'un de social, de laïc, de républicain.

 

« La seule vraie différence entre Le Pen et Sarkozy, c'est 30 cm. Et 30 cm, ça peut faire mal. »

Je fais dans la caricature, c'est mon moyen d'expression. Mais quand on voit la politique répressive de Sarkoy ou sur l'immigration… Il a même repris un slogan du Front national : « la France tu l'aimes ou tu la quittes ». Maintenant, il dit qu'il a changé, mais il n'a pas cessé de faire du pied aux électeurs du Front national. On a des instances démocratiques, il ne pourra pas faire ce qui veut. Mais je pense que ce serait un mauvais choix pour les Français. J'essaye de faire en sorte que ce que je dis soit fondé. Même si des fois, c'est dur parce qu'il me met en colère.

 

« Quand ils sont dans l'opposition les hommes politiques réfléchissent. Quand ils sont au gouvernement, ils gèrent. Je propose donc que l'opposition doit au gouvernement. »

Très souvent, l'opposition a une idée de réforme dans la poche et une fois au gouvernement, elle nous dit : « ha ben non, y'a l'Europe, les syndicats sont contre, les Français ne veulent pas de réforme ». Je pense qu'ils sont impuissants. Au moins qu'ils le disent. Ne perdons pas de vue que Sarkozy est au pouvoir depuis cinq ans, donc s'il avait gouverné autrement, on s'en serait rendu compte. Peut-être qu'il n'était pas au bon poste… Je trouve que cette campagne manque d'idéologie, nous devons choisir dans quelle société nous voulons vivre. Pour le moment, il n'y a pas eu de débat au sein de l'UMP et il y a eu un faux-débat au PS avec trois mannequins de cire du musée Grévin qui ont fait des monologues. Pour le moment, le vrai débat n'a pas eu lieu. J'espère qu'il y aura un débat aussi intéressant que celui qui a eu lieu pour la Constitution européenne. Quelle que ce soit la personne qui est élue, mais au moins, qu'on parle des vrais problèmes, des vraies réformes. Aujourd'hui, les cartes sont brouillées. De toute façon, moi je suis pour qu'on supprime l'élection présidentielle et qu'on redonne le pouvoir au Parlement qui élit un Premier ministre. On est un des derniers pays avec un président avec autant de pouvoirs. On n'est pas moderne du tout.

 

« Ne confondons pas liberté et libéralisme. Si la liberté remplit les hommes, le libéralisme les vide. »

Les gens pensent que le libéralisme et la mondialisation sont inéluctables et c'est une erreur idéologique. Les gens sont résignés alors qu'il ne faudrait pas l'être. Et je vais me référer au président de la République qui a déclaré que le libéralisme n'était pas une solution, que la société allait dans le mur. Le libéralisme, ça ne veut plus rien dire. Libéralisme, libre-échange, ce sont de beaux mots, dedans il y a liberté, échange, mais tout ça est un leurre. La vraie définition du libéralisme est dans mon bouquin : « A qui ça sert de violer les gens quand on peut les baiser ». Moi, j'ai voté non à la Constitution et je pense que si on avait voté ça, il aurait été de plus en plus difficile de faire des réformes sociales. Le libéralisme serait devenu une façon politique et sociale de diriger les pays. C'aurait été un fait acquis. Moi, je ne suis pas d'accord.

 

« Le chômage a baissé en août. Des milliers de personnes ont retrouvé un boulot. Elles espèrent maintenant avoir un salaire. »

On nous dit que le chômage baisse. Je n'y crois pas. C'est comme les chiffres de la délinquance. Regardez ce qu'il se passe en Angleterre, ils affichent un taux de chômage de 4,5%. Mais là-bas, une personne qui a travaillé une fois dans la quinzaine n'est plus considérée comme chômeur. Alors deux jours de salaire par mois, au risque de paraître gauchiste, ça me paraît peu pour vivre. Chez nous, ça commence à se voir. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a plein de tentes le long des berges. Moi, je suis un bouffon, je suis là pour titiller le pouvoir, je n'ai pas de programme, mais je vois que les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 4,75%, c'est-à-dire 73,5 milliards. C'est très bien, je suis pour que les entreprises fassent des bénéfices. Mais peut-être qu'il faudrait à un moment partager la galette.

 

« Le gouvernement a lancé un nouveau plan pour les banlieues. Pourtant, le problème n'est pas d'y aller, c'est d'en sortir. »

Je ne comprends pas que les émeutes qu'elles n'aient pas eu lieu plus tôt. Que ce soit la gauche ou la droite, tout le monde a échoué. C'est là où un mec comme Sarkozy me fait très peur, car non seulement il a échoué, mais il refuse de voir dans ces émeutes, un phénomène politique. Pour lui, c'est le fait des voyous. Il faudrait un jour prêter l'oreille aux messages qu'il y a derrière. Cela n'excuse pas tout, ce n'est pas en brûlant des bagnoles qu'on va obtenir quelque chose. Mais chez les jeunes qui ont été arrêtés, la plupart n'avaient pas de casier judiciaire.

 

« En occident, un mariage annulé c'est un homme sauvé ; dans un pays islamique, c'est une femme. »

C'est très dur de faire rire avec la religion en ce moment, c'est pour cela que je me refuse à céder le pas au communautarisme. Dans mon spectacle, j'ai un sketch sur un repas avec un juif, un catholique, un protestant et un musulman. Toutes les communautés en prennent plein la gueule. Personnellement, j'en ai marre de ce pseudo-retour à la religion qui n'est prétexte à défendre sa chapelle. Je me refuse à accepter le fait qu'il faut faire partie d'une communauté pour se moquer d'elle.

 

« Si Jésus avait été empalé, la gay pride serait une fête religieuse. »

Ce ne sont pas les communautés qui se défendent aujourd'hui becs et ongles avec l'aide d'avocats et d'associations de défense qui vont m'empêcher de dire ce que j'ai envie de dire. Bien au contraire. Concernant la communauté homosexuelle, je vais leur donner un conseil d'hétérosexuel : ne rentrez dans le moule, inventez de nouveaux modes de vie, trouvez une autre idée que cette connerie de mariage, donnez nous des idées à nous hétérosexuels perdus dans nos valeurs judéo-chrétiennes. C'est un mec qui est marié depuis 20 ans et pour qui ça se passe plutôt bien qui vous le dit. Mais pourquoi ont-ils envie de faire les mêmes conneries ? S'ils trouvent une bonne idée, je les suis.

 

« Fumeurs, quand vous fumez à côté d'un non-fumeur, il fume aussi ! C'est dégueulasse, il profite de votre tabac sans payer. Pensez à lui réclamer des sous. »

Si un conseil à donner aux jeunes, c'est : ne commencez pas. C'est une connerie. Bon c'est vrai, dans une vie, on en fait beaucoup de conneries. Mais il faut arrêter de nous mentir, la clope n'est pas que mauvaise, c'est un anti-dépresseur, c'est un calmant. Sauf qu'au lieu d'en fumer trois dans une journée, on en fume quarante. Et ça, c'est complètement con. On nous ment sur les chiffres. Je veux bien qu'on parle de ça, mais il faut en parler dans son ensemble. Il faut sortir les vrais chiffres. Il faut qu'on dise ce que ce que fait une cigarette, en bien, en mal, même si on est d'accords, elle fait beaucoup plus de mal que de bien. Et là, on peut se décider, quand on a toutes les données en mains. N'oublions pas que plus on interdit les choses, plus on a envie de les faire. Et arrêtons cette hypocrisie, si la clope est interdite, les buralistes sont des dealers, faisons leur fermer leur établissement et mettons les en prison même.


Propos recueillis par David Carzon

 

jeudi, 22 février 2007

Anarchie in the Yucca

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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mardi, 20 février 2007

Tout ou rien

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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lundi, 19 février 2007

La présidentielle sur Second Life : a-t-on atteint le fond ?

Second Life (pour ceux qui l’ignoreraient encore, un jeu de « réalité virtuelle », comme l’indique son nom) est le nouveau phénomène médiatique du moment. Depuis que Ségolène Royal y a ouvert un « comité virtuel », peu de temps après le Front National, la communauté française s’est élargie jusqu’à devenir la seconde de ce monde virtuel.Depuis quelques semaines, je me balade donc, au gré de mon temps libre, dans les espaces de Second Life . J’y ai goûté les joies de la politique en 3D sous avatar, avec l’objectif de tenter de comprendre si ce nouvel espace d’échange apporte quelque chose à la campagne d’autre qu’un gadget étonnant.Pour qui est un vieil habitué des échanges numériques, Second Life fait un peu penser aux premiers newsgroups des années 90 : tout le monde passe par là, peut venir ajouter son grain de sel, troller, pourrir le moindre échange qui commence à se structurer, et il y a presque une prime aux terroristes et manipulateurs.


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Le siège du FN a ainsi été l’objet de manifestations très violentes à la mi janvier. Des anti fascistes ont bravé toutes les règles habituelles d’antiviolence de cette simulation de réalité pour tenter de décourager le parti de Jean-Marie Le Pen d’y rester. Achat de tous les terrais adjacents, pollution par l’envoi de « ballons » volant pour occuper l’espace de la permanence : le genre de choses que l’on peut faire dans cet univers virtuel, pas dans la vie réelle. Le FN est parti, puis revenu. L’oppression a recommencé. Les choses semblent s’être stabilisées : on ne peut plus accéder à la permanence qu’en s’y téléportant, mais les pollutions de militants anti-FN semblent être plus réduites depuis quelques jours. 

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Il faut dire que les comportements violents ne sont pas l’apanage des anti-FN. Un jeune sympathique militant du FN pollue le siège de son propre parti avec des affiches volantes pour un candidat du … FN ! J’ai récemment croisé un jeune militant, portant message de soutien à Nicolas Sarkozy sur son T-shirt, qui envoyait des « ballons » représentant Ségolène dans une boite de vache qui rit en direction de la permanence virtuelle de Ségolène Royal. Il venait, m’a-t-il expliqué, de se faire exclure de la permanence pour comportement irrespectueux et m’a avoué envoyer ainsi des « ballons » depuis plusieurs dizaines de minutes.
Pas un instant ces militants ne se comporteraient ainsi dans la vraie vie (et on ne les y autoriserait pas : imaginez entrer dans le QG de Nicolas Sarkozy avec un drapeau socialiste à la main). L’anonymat, la facilité, l’automatisation ouvrent aux excès et parfois à la bêtise. Second Life manque de règles, de polices, et son équilibre repose sur un consentement mutuel des participants.

Depuis quelques jours, le calme revient. L’irruption de la politique française sur Seond Life a fait du bruit, plutôt en négatif. Espérons que les deux prochains mois de campagne montreront au contraire des pratiques innovantes et un peu plus responsables.

J’y reviens dans un prochain billet.

 

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vendredi, 16 février 2007

Sarkozy les pieds dans le cliché


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Photos 1 et 2 Reuters.

Photo 3 AFP 

 

 

«Les campagnes électorales ne sont plus ce qu’elles étaient, on n’oblige plus les gens à venir» accueillir les candidats, assure Nassima Dindar, présidente UMP du conseil général de la Réunion dans une vidéo intitulée «V’la Sarko, la campagne est lancée». Pourtant, le passage de Nicolas Sarkozy dans l’île n’échappe pas aux clichés : comité d’accueil brandissant des pancartes, collier de fleurs à l’aéroport, visages peinturlurés… Une vraie spontanéité ! Sauf que ni les colliers de fleurs, ni le body painting ne font partie des traditions réunionnaises.

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J’ai testé le premier site de rencontre politique (enfin, pas encore)…

A peine débarquée à la rédaction web de 20 minutes, je reçois jeudi, un mail de mon collègue Stéphane, qui s’occupe de la rubrique sport. «Vous en rêviez, écrit-il. Voici un site de rencontre rien que pour vous» et avec, l’adresse dudit site, http://sexycentriste.com, une initiative des jeunes bayrouistes. 

Un clic plus tard, me voici sur une page web au design sommaire qui revendique le statut de «premier site de rencontre politique» et promet: «échangez, rencontrez, mesurez vos affinités politiques avec d'autres utilisateurs et même les candidats à la présidentielle». Wahou! Merci Stéphane, j’en rêvais en effet. 

Poussée par la curiosité ou plutôt - dois-je l’avouer ? - par une conscience professionnelle exacerbée par ma période d’essai contractuelle, je décide de tester la rencontre version jeune UDF. 

Pour bénéficier de ces services altruistes, il faut donc s’inscrire. Soit. Ah ben non, raté, on ne peut pas s’inscrire. Le service est saturé, «victime de son succès», nous dit-on ! 

Bon. Je réessayerai demain…

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Cliché(s)

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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jeudi, 15 février 2007

Blanc, rouge, noir

Laurent Lécollier est un jeune sympathisant UMP. Il rejoint ce blog pour la durée de la campagne.  Voici son premier billet.

Désireuse d’incarner la nouveauté pendant les primaires au sein du Parti Socialiste et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les militants socialistes, Ségolène Royal joua sur la symbolique des couleurs, en revêtant en toutes circonstances du blanc.Le blanc est la couleur de la pureté, de la vertu (et accessoirement de la monarchie, mais quand on s’appelle Royal…), la couleur rassurante par essence, puisqu’elle est la lumière.Désireuse d’incarner le changement, la naissance, la nouveauté, force est de constater que l’usage du blanc a accompagné la stratégie de Ségolène y compris dans sa posture de victime (le blanc n’était-il pas dans l’antiquité la couleur des vestales, ces prêtresses qui étaient brûlées vives ou enterrées vivantes en guise de sacrifice).

Au travers de cela, Ségolène, signifiait aux français qu’ils pouvaient avoir confiance, que tout irait bien, qu’ils étaient sous sa maternelle protection et qu’elle faisait le don de sa personne à la France dans une attitude héroïque de sacrifice.

Malheureusement l’éblouissante clarté du blanc et ses discours sirupeux n’ont plus suffit à aveugler l’opinion. L’effritement des sondages, l’absence de propositions, les interrogations de plus en plus pressantes de la gauche quant à sa réelle capacité à porter une candidature à l’investiture suprême, l’ont obligée à changer de cap et à donner un coup de barre à bâbord.

Le coup de barre à gauche
Ségolène Royal, alors qu’elle dispose d’une permanence de campagne, Boulevard Saint Germain à Paris, a finalement décidé de faire du siège du Parti Socialiste une vitrine de sa campagne à défaut d’en être le cœur décisionnel. Ensuite, Ségolène modifia l’organigramme de son équipe de campagne en faisant une ouverture aux éléphants du parti. Enfin pour faire face à son absence d’idées originales, de programme et à ses carences coupables sur les sujets portés par un chef de l’Etat (politique internationale, défense,…), elle a repris quasiment mot pour mot la plate-forme programmatique socialiste, dont elle avait toujours dit qu’elle s’en émanciperait.

Le 11 février, à Villepinte, Ségolène Royal devait énoncer ces idées pour la France, faire la synthèse de ses forums participatifs, elle n’a fait que reprendre ce qui avait été écrit par le Parti Socialiste en l’enrobant d’un titre « 100 propositions pour la France » référence de triste mémoire aux « 110 propositions du programme commun de Mitterrand en 1981 ». A la place du blanc, omniprésent des dernières semaines, Ségolène Royal choisit cette fois le rouge, comme couleur symbolique du virage à gauche. C’est donc tout de rouge vêtu, qu’elle s’exprima devant les socialistes dimanche. Quel bel hommage à la gauche que de porter ses couleurs, celles de la rose chère au Parti Socialiste, celles du drapeau frappé de la faucille et du marteau attaché aux racines marxistes de la gauche.

Ce rouge, dont elle s’est revêtue dimanche, se voulait symbole de courage, d’assurance, de passion, de chaleur et il pourrait bien devenir la couleur de ce qu’est au fond  Ségolène, une ambitieuse, impulsive, colérique. Ce rouge qu’arborait Ségolène serait dès lors le 1er signe du danger, de l’agressivité de la candidate socialiste. Ce changement de couleur est un avertissement avant que Ségolène ne revête l’ultime couleur en fin de campagne, le noir. Le noir du dessein qui est le sien, le noir de l’horizon économique qui serait le notre.

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Duhamel, première victime des blogs

C’est l’épitaphe qu’on pourra graver sur la tombe médiatique du chroniqueur multi-cartes. Après avoir annoncé fin novembre, lors d’une rencontre avec des étudiants parisiens de Sciences Po et des jeunes UDF de Paris qu’il avait l’intention de voter François Bayrou, Alain Duhamel a donc été suspendu « jusqu'à la fin de la campagne électorale » par France Televisions aujourd’hui, alors qu’il devait ce soir même, interviewer le candidat UDF à la présidentielle dans l’émission « A vous de juger » sur France 2.

L’affaire en elle-même est aussi étonnante que la manière dont elle a explosé médiatiquement. C’est Guy Birenbaum qui en est en partie à l’origine après une note publiée sur son blog jeudi matin. « La vidéo que vous allez voir m'a été signalée hier soir, explique le journaliste-éditeur. Elle aurait été déposée il y a une semaine sur Dailymotion par les jeunes UDF de Paris. » (NDLR : elle se trouvait sur le blog des jeunes UDF depuis le 5 février). Guy Birenbaum signale qu’au moment où il publie la vidéo en question, elle n’a été vue que 265 fois sur Dailymotion alors qu'elle se trouvait. Une dizaine d’heures plus tard, elle a été regardée à plus de 11000 reprises.

Mais surtout, elle est arrivée jusqu’aux pontes de France Televisions qui ont préféré prendre des sanctions dans la journée. Du jamais vu. On attendait aussi jeudi soir des réactions du côté de RTL, où Alain Duhamel officie. Et Guy Birenbaum aussi. Ambiance.

Le célèbre chroniqueur aura à peu près tout raté dans cette campagne électorale. Après avoir sorti un livre en janvier 2006 sur les prétendants à l’Elysée dans lequel il avait oublié volontairement de citer Ségolène Royal - il l'a ajoutée dans la version poche sortie le mois dernier - le voilà éjecté de la scène médiatique pour avoir soutenu un candidat. On appelle cela l’élection de trop.

Dernière minute : RTL et Duhamel ont décidé d'un commun accord d'interrompre, pendant le temps de la campagne présidentielle, l'éditorial quotidien du journaliste.

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Voici la vidéo en question

 

 

mercredi, 14 février 2007

Défense d'Afficher

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lundi, 12 février 2007

Télé Royalité

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dimanche, 11 février 2007

Villepin se rassemble tout seul

Où était Villepin alors que toute la droite se réunissait à la salle de la Mutualité dimanche ? Personne ne s’est posé la question, et surtout tout le monde s’en foutait un peu. Le pire, c’est qu’une grande partie du gouvernement actuel était présent dans la salle, qu’ils soient anciens ou récents soutiens : Dominique Bussereau, Jean-François Copé, Renaud Donnedieu de Vabres, Dominique Perben, Michèle Alliot-Marie… Mais point de Dominique de Villepin. La volonté de rassemblement prônée par Nicolas Sarkozy s’arrête aux portes de Matignon.

On ne sait pas ce que qu’il a fait durant la réunion publique mais à l’heure où tout le monde quittait la salle de la Mutualité, le Premier ministre et son fils se rendaient au cinéma La Pagode, situé non loin de Matignon. Pour aller voir « La vie des autres ». Ça ne s’invente pas.

David Carzon (avec l’aimable collaboration de 20 Minutes Lille)

vendredi, 09 février 2007

Happy Hour

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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jeudi, 08 février 2007

Nicolas Sarkozy sait à qui il s’adresse mais nous, on ne sait plus qui parle

Quand Nicolas Sarkozy va au marché de Rungis ou dans une usine Alstom en Bourgogne, il parle à la France qui se lève tôt, à la France des ouvriers, la France qui travaille, la France qui en bave des ronds de chapeaux pour des clopinettes.


Alors quand Nicolas Sarkozy va à Toulon, ce n’est plus tout à fait la même chose, il doit parler aux militaires, aux anciens des colonies, aux harkis, aux rapatriés, aux électeurs qui avaient jadis porté à l’hôtel de ville un maire Front national. Mais troquer le bleu de travail contre la tunique bleu-blanc-rouge, tout comme jongler entre les casquettes de candidat et de ministre, ça ne le dérange pas vraiment. C’est vrai quoi, si on veut être le président de tous les Français, ou au moins être élu par une majorité d’entre eux, il ne faut pas être à ça près et être capable de se changer plus vite qu’un mannequin Dior lors d’un défilé haute couture.


Prenez sa visite à Toulon mercredi. Le candidat arrive en voiture à l’Arsenal. Une minute plus tard, son statut de candidat disparaît lorsqu’il se présente au pied de la passerelle de la frégate La Fayette, un bâtiment de la Marine française.

 

medium_toulon1.jpgLorsqu’il monte à bord, c’est en effet, le ministre de l’Intérieur qui prend le relais. Pour l’occasion, il est accompagné de Michèle Alliot-Marie, qui porte elle l’uniforme de ministre de la Défense. « La Frégate effectue des missions qui concerne ces deux ministères », nous explique-t-on sur place pour justifier cette visite de l’équipage qui chasse notamment le trafic de stupéfiants dans l’Océan Indien.


La visite commence par une tournée d’inspection des troupes. Serait-ce l’effet du roulis ou justement d’un problème d’ajustement de la casquette, mais tout n’est pas très au « carré » comme on dit chez les militaires. Michèle Alliot-Marie commence à partir sur sa gauche quand elle devrait passer en revue les troupes qui se trouvent à sa droite. Un officier la prend par le bras et la ramène dans le droit chemin. Sarkozy se retrouve derrière tout le monde au moment où les honneurs sont rendus. Un autre officier intervient aussitôt et mine de rien, lui fait de la place rapidement à côté de la ministre de la Défense.


medium_toulon4.2.jpgSur la passerelle de la frégate, ça se complique quand les journalistes sont autorisés à poser des questions. La journaliste de BFMTV demande à s’adresser au ministre des Cultes qui sommeille en Nicolas Sarkozy (oui, le candidat-ministre de l’Intérieur est aussi ministre des Cultes pour compliquer la chose) pour avoir son avis sur la menace de démission du Conseil français du culte musulman suite à la lettre de soutien du candidat Sarkozy (oui je sais c’est compliqué) à Charlie-Hebdo dans le procès des caricatures. Nicolas Sarkozy accepte de répondre, non sans avoir fait remarquer que ce sont les journalistes qui l’ont forcé à changer de casquette. Sauf que dans sa réponse, on ne sait pas vraiment qui s’exprime du candidat ou du ministre.


Fin de la visite sur la frégate. Nicolas Sarkozy se rend sur le porte-avions Le Charles-de-Gaulle, également basé à l’Arsenal de Toulon durant les douze mois par an d'entretien dont le bâtiment fait l’objet, c’est dire si les autres nations peuvent craindre l'intervention de ce fleuron de notre Marine natinale.


Cette fois, il n’y aura pas de caméras, pas de petites phrases, pas de journalistes. C’est le candidat cette fois qui fait cette visite, avec la ministre de la Défense. Serait-ce du favoritisme ? « Non, pas du tout, répond-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Tous les candidats peuvent, s’ils le souhaitent, visiter le Charles-de-Gaulle, pour avoir des informations concrètes sur notre Défense. Mais comme pour Nicolas Sarkozy, ce se fera sans caméras. Cela pourrait être utile à certains pour, par exemple, connaître le nombre de sous-marins nucléaires français en exercice. »


Un peu plus tard, lors de la réunion publique qui a lieu au Zénith, c’est bien le candidat qui est réclamé sur la scène par Michèle Alliot-Marie (pas la ministre de la Défense, mais la militante qui avait failli se présenter à l’investiture UMP pour la présidentielle, elle aussi devant jongler avec les titres sous peine de remontrances élyséennes). Le candidat Sarkozy déboule sous un tonnerre d’applaudissements pour une heure d’un show « spéciale dédicace » à l’électoral local.


Dans une semaine, le ministre de l’Intérieur doit se rendre à la Réunion pour une visite de deux jours. Là encore, il sera difficile de distinguer sa véritable casquette. En tout cas, il y a une chose qui ne change pas : que ce soit le ministre ou le candidat, ce sont les mêmes journalistes qui le suivent.

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mercredi, 07 février 2007

Prologue

 
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16:45 Publié dans Wayne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : presidentielle, bd, blog

De l’électeur pris en compassion…

Le premier a en user fut Nicolas Sarkozy, dans «A vous de juger» «J'ai une question à vous poser» lundi soir sur TF1. Vers 22h30, un jeune Français d’origine maghrébine et visiblement pas anti-Sarko interroge le ministre candidat sur les comportements policiers à l’encontre de types comme lui, décrivant ce jour où il fut victime d’insultes. Réponse du ministre de l’Intérieur :   

-    «Vous savez ce qu’on va faire, au pot après l’émission, vous me donnerez tous les détails sur votre interpellation, et si cela s’avère vrai, on va le régler votre problème».

Pour être tout à fait honnête, le ministre-candidat avait déclaré que «pas un abus de police n’avait pas été sanctionné» et qu’il avait «même interdit le tutoiement» durant sa présence place Beauvau. 

Environ dix heures plus tard, vers 9h45, ce fut au tour de Dominique Bussereau de recycler la méthode. Lors de l’émission «Interactif», une auditrice de France Inter alerte le ministre de l’Agriculture sur l’impunité d’un de ses voisins éleveur porcin, dont le caractère extensif de l’entreprise mettait en danger l’écosystème du site. Bis repetita, pour le ministre, qui évacuait la question d’un :   

  - «hors-antenne, vous me donnerez les coordonnées précises de cette entreprise et nous règlerons l’affaire», avant d’ajouter tout de même un «même si je n’encourage pas la délation»…

   
Alors, extension du domaine de la compassion en politique, ou clientélisme à la sauce médiatique?

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lundi, 05 février 2007

Douste-Blazy défend Sarkozy

 Surtout, ne demandez pas à Philippe Douste-Blazy si son livre «Des affaires pas si étrangères» est son testament au Quai d’Orsay, la question, même prononcée avec un sourire, ne le fait pas rire. Car, visiblement, il a pris goût à la diplomatie et compte bien, si son poulain l’emporte, demeurer ministre des Affaires étrangères.

Ne lui demandez pas non plus si ses débuts difficiles au Quai d’Orsay le porte à l’indulgence sur les bourdes de Ségolène Royal, il fait semblant de ne pas comprendre la question…

Si, en revanche vous lui demandez de commenter la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, il le fait avec plaisir. Reçu à déjeuner, lundi, par l’association de la presse diplomatique française à l’occasion de la sortie de son livre, le ministre a défendu corps et âmes le candidat de l’UMP à la présidentielle: «on dit que Nicolas Sarkozy est atlantiste et pro-israélien. C’est une caricature. Sur la politique intérieure aussi on l’avait caricaturé en ultra-libéral. Aujourd’hui c’est lui qui s’adresse le plus aux pauvres. Sur la politique étrangère, vous allez voir, il va évoluer…». Après avoir évoqué – invoquer Jaurès, Nicolas Sarkozy revendiquera-t-il bientôt la filiation Villepin ?
 

 

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jeudi, 01 février 2007

Quand Sarkozy fait son marché

Il est 5 h 15 à Rungis, jeudi. Nicolas Sarkozy arrive tandis qu’une quarantaine de journalistes télé, radio et presse écrite –moi y compris - l’attendent de pieds fermes (et gelés). Le candidat semble un peu tendu en sortant de sa voiture. Pourtant, il a un avantage sur nous : il porte un beau blouson ciré tout blanc, tout neuf, alors que nous avons dû revêtir des blouses blanches en papier, question d’hygiène. Bref, lui peut se la péter quand nous avons l’air de chirurgiens slovakistanais.

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C’est toujours impressionnant de voir l’appétence des caméras et des micros pour Nicolas Sarkozy. A peine est-il arrivé que tous se ruent sur lui le questionnant sur l’affaire des RG, sur son adversaire socialiste. Les caméras forment un tel rempart qu’il est quasiment impossible d’entendre ce qu’il se dit. Le candidat se prête au jeu, mais pas trop longtemps. Il n’est pas venu pour ça. Il s’engage dans le hall Poissons, toujours suivi par une nuée de journalistes qui ne le lâcheront pas.

Ce genre de déplacement est aussi l’occasion de choper quelques conversations entre journalistes. Exemple :

 

« Putain, t’étais pas à Beaubourg avec Chirac hier. C’était drôle. Quand il est sorti, il a voulu prendre un bain de foule, il a serré deux-trois mains et on a commencé à entendre quelqu’un crier “Chez le juge”, mais comme il est sourd, il entend rien alors ce sont ses conseillers qui l’ont ramené vers la voiture pour repartir. »


Ce jeudi matin à Rungis, Nicolas Sarkozy est venu tâter du « vrai gens », et il va le faire durant plus de deux heures. En effet, ils sont peu nombreux à l’envoyer sur les roses. Au contraire, beaucoup veulent le saluer, l’encourager, se faire prendre en photo avec lui. Le candidat serre des mains, tape sur des épaules (à défaut de tâter le cul des vaches), donne des petits coups de poing dans la poitrine de ses interlocuteurs.


Le conflit, il l’évite, sachant pertinemment que les caméras n’attendent que ça. Il va serrer la main d’une caissière derrière une porte vitrée. Elle lui parle, il n’entend pas, se penche vers l’hygiaphone. « Qui c’est qui les paye les milliards de cette campagne », lui hurle-t-elle. Les caméras sont loin, le candidat hoche la tête et recule sans dire un mot.

La visite continue à travers les poulpes et autres noix de Saint-Jacques avant les volailles, les abats… Ça discute pénibilité, travail de nuit, promesses électorales etc. Les vendeurs, sans vraiment le vouloir, lui servent l’occasion de se mettre en valeur

 

« - Ça marche les affaires ? demande Nicolas Sarkozy à un tripier, tandis les caméras filment au milieu des pieds de cochons, des foies sanguinolents, et autres cervelles.`
-    Vous savez, on ne fait plus de bonnes marchandises aujourd’hui.
-    Pourquoi ?
-    Ben, faut remettre les gens au travail
-    Ça tombe bien, c’est mon programme »


Parfois, les discussions sont plus dangereuses pour le candidat, comme celle avec cet employé français d’origine maghrébine.

 

-    « Vous savez monsieur Sarkozy, je suis pas une racaille, je me lève tous les jours à trois heures du matin pour 1280 euros net. Et je ne peux même pas me loger.

-    Moi, je veux que tout le monde devienne propriétaire.
-    Ce n’est pas le problème, on me demande 800 euros pour louer un taudis, c’est les trois quart de ma paye.
-    Ce n’est pas normal, on n’empêche les gens de travailler », conclue le candidat UMP pour ramener le débat sur un terrain plus favorable, véritable thème de ce déplacement matinal.


Au et à mesure, Nicolas Sarkozy, se sentant en terrain conquis, se détend complètement, plaisante avec les marchants, glisse une vanne dans l’oreille de ses journalistes habitués à le suivre, prend tellement de temps que la visite s’éternise. Mais l’homme politique n’oublie pas un instant qu’il est venu là pour parler de « la France qui se lève tôt » et qui « veut travailler plus ». N’hésitant pas non plus à dire, alors qu’il est cerné par une forêt de caméras qu’il « veut rester accessible pour les Français ». Il leur faudra quand même franchir certains barrages.

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Photo Reuters 

 

mercredi, 31 janvier 2007

Petits conseils au candidat Bové

Le quasi candidat Bové a, comme la plupart des partants, réussi sa «précampagne», passant ainsi avec succès les commandements 1 et 2 du parfait postulant.

1. La petite phrase de début de campagne tu trouveras. C’est fait. Le «picotement dans le ventre», vaut bien le sarkozien «J’y pense et pas seulement le matin en me rasant». 

2. La campagne interne tu réussiras. Après t’être porté candidat à l'investiture des antilibéraux, puis t’être retiré devant les divisions, tu as annoncé ton retour, porté par les signatures de 30.000 pétitionnaires. 

Restent maintenant les commandements 3 et suivants :
 
3. Pour la France, tu te sacrifieras. Avant tout, en annonçant ta candidature, prends soin de préciser que tu as entendu l’appel des Français et que ce n’est pas par ambition personnelle que tu y vas.

4. L’Internet, tu utiliseras. Le fax à l’afp désormais c’est ringard, alors pour déclarer ta flamme à la patrie, utilise plutôt un blog, ou un site internet. Mercredi soir, la République des blogs se réunit à Paris, d’autres y ont déjà fait un saut, mais pour toi c’est peut-être trop tôt.
 
5. L’écologie, tu n’oublieras pas. Un commandement facile à tenir pour toi. Cela dit, ton refus de signer le pacte écologique de Nicolas Hulot pourrait te coûter des voix…

6. Ingrid Betancourt non plus, tu n’oublieras pas. Le manifeste pour sa libération tu signeras. Pour le moment personne ne l’a fait, tu pourrais faire un bon coup médiatique.

7. Devant le cercueil de l’abbé Pierre, tu te recueilleras. C’est un peu tard pour te prévenir, mais tu peux toujours faire un saut à Esteville, en Seine Maritime, là où il est inhumé. 

8.  Au Proche-Orient, tu iras. Déplacement officiel à Beyrouth, Jérusalem et Gaza tu feras. José, sur ce dossier très sensible, tu le sais, il faut faire attention à ce que l’on dit.  

9. Les 500 signatures, tu obtiendras. Il faut se dépêcher, il ne reste qu’un mois et demi.

10. Le dernier commandement, les internautes te donneront.

 

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mardi, 30 janvier 2007

Lettre ouverte aux élus UDF

Chers amis, Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous remercier d’exister. Tout simplement. Mais avec beaucoup d’émotion. François Bayrou vous a proposé de l’accompagner dans une aventure, vous l’avez choisi. Avec lui, vous avez résisté. Résisté au rouleau compresseur, résisté à la pensée unique, résisté aux pressions incessantes depuis 2002. Ces pressions en fait n’ont jamais cessé. On ne le dit pas assez. A chaque remaniement ministériel, vos téléphones ont sonné. En local, les menaces sont aujourd’hui explicites.

Si vous n’aviez pas été là, je ne me serai peut-être jamais engagée. A l’heure de prendre ma carte, j’ai refusé de me couper de la moitié de mes proches, des mes collègues, de mes réseaux, des énergies avec lesquelles je voulais construire le monde de demain. Et vous étiez là. Cet espace qui ne ressemblait à rien de connu existait, enfin.

C’est parce que vous avez sauvegardé cet espace de liberté que cette aventure est possible. Oui vous avez fait des sacrifices de vie personnelle, oui vous avez subi des pressions, oui, vous avez fait un long cheminement, et parfois vécu des traversées du désert. Votre avenir personnel, mon avenir personnel ne comptent pas dans cette aventure. Parce qu’elle ne nous appartient pas. Elle appartient aux Français qui, chaque jour un peu plus nombreux, placent un espoir réel dans la démarche proposée par François Bayrou.

Cet espoir est incarné par des multiples visages, élus, acteurs de la société civile, citoyens. Parce que les Français n’en peuvent plus d’être les otages d’une guerre incessante clan contre clan qui ne leur bénéficie jamais. Parce qu’ils saluent le courage de François Bayrou, son intégrité et qu’ils lui trouvent l’honnêteté de dire qu’il ne gouvernera pas seul. Pas qu’avec les siens. Qu’il y a urgence, urgence nationale. Parce qu’avant la sortie de son projet en février, ils entendent déjà les grandes lignes de son projet.

Si ses prises de positions sur les médias, sur notre démocratie malade sont violentes mais justes, il est rassurant, par la cohérence de sa vision politique. Parce quand la vérité fait mal, il la dit. Le malaise que nous ressentons tous est enfin exprimé. C’est le point de départ d’une construction, d’une re-construction.

Si le début de cette histoire s’est écrit grâce à vous, elle va continuer avec ou sans chacun d’entre nous. C’est notre choix et notre liberté de conscience. Ne regardez pas les cartographies électorales, vos chances ou non d’être réélu. La clé c’est les Présidentielles. Elle seule permettra de rebattre les cartes, de redessiner nos institutions, de proposer aux citoyens de nouveaux espaces de décision, une nouvelle feuille de route,un programme de réformes à mener, contre vents et marées avec un gouvernement et un Parlement qui représentent vraiment les Français. Si votre résistance a permis cela, vous aurez écrit une page de l’Histoire.   Nous sommes là. Avec vous. Si vous portez cette vision malgré les embûches, si vous souhaitez, comme nous, changer les pratiques politiques, nous vous aiderons.

Moi, aujourd’hui, je n’ai pas peur. Parce que ma plus grande peur c’est que rien ne change. Mon plus grand espoir : que le paysage politique soit renouvelé, que les règles du jeu changent, que nous redevenions le pays des Lumières.   Alors aujourd’hui, du fond du cœur, merci.

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lundi, 29 janvier 2007

2007=2002+5 ?

Y aura-t-il un 21 avril caché en avril 2007 ? Ce soir de tonnerre-là, les électeurs ont adressé trois messages aux responsables politiques. D’abord, ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir fait voté. Rien n’est joué en avance, surtout quand 14% des électeurs font un «vote d’isoloir», marquant leur hésitation jusqu’au moment de glisser leur bulletin. Ensuite, ils ont sanctionné l’ensemble des partis de pouvoir, et non pas seulement le futur résident permanent de l’île de Ré, Lionel Jospin. Le cocktail de 2002, c’était un tiers d’abstentions, un petit tiers de votes aux extrêmes et un gros tiers de votes pour le quintette des partis de gouvernement (PCF, verts, PS, UDF, UMP). Enfin, l’esprit de mai a eu beau marqué son rejet de Jean-Marie Le Pen, l’extrême droite était et reste une force sur laquelle il faut compter.

Aujourd’hui, le spectre d’avril hante toujours les débats et les stratégies de campagne. Nicolas Sarkozy veut aller chercher un à un les électeurs Le Pen. Ségolène Royal veut rompre avec l’autisme de Lionel Jospin en écoutant d’abord le peuple de gauche avant de proposer. Cela semble leur profiter puisqu’ils cumulent 66% des intentions de vote au 1er tour en janvier. On pourrait même parler d’un retour de désir pour la politique puisqu’en janvier  74% des sondés se disent intéressés par la campagne contre 67% en avril 2002. L’extrême gauche est cantonnée à son carré de fidèles et à son poids désormais assez stable de 5%. Difficile de la voir s’ériger en deuxième gauche, capable de renverser la reine Royal. Mais doit-on vraiment prendre ces sondages au pied du chiffre ?

Premièrement, l’électorat a bien envie de politique mais pas tant que ça de sa classe politique. Elle continue à être décriée : 60% la considèrent plutôt corrompue et plus de 80% des Français pensent qu’elle ne s’occupe pas des problèmes qui les concernent. 65% des électeurs sondés dans le BPF n’ont confiance ni en la gauche, ni en la droite pour gouverner le pays. Ce n’est pas pour rien qu’ils veulent la voir changer avec plus de femmes, plus de jeunes, ou de personnes issues de l’immigration. L’énarchie ne fait plus recette. 

Deuxièmement, même si la gauche se rassemble derrière la candidate socialiste, est-ce parce qu’elle convainc ou bien parce que le 21 avril incite au vote utile ? Le « camp des travailleurs » s’est-il vraiment réconcilié avec les socialistes ?

Troisièmement, Le Pen n’a pas disparu derrière les politiques de sécurité de Nicolas Sarkozy, bien au contraire. Les intentions de vote sont plutôt défavorables au leader du FN (quoique, avec 13% des votes possibles en janvier 2007, il est en avance de 4 points par rapport à janvier 2002). Mais il  se banalise, notamment avec la persistance chez certains électeurs de l’effet crise des banlieues. Il n’a plus a tordre les faits pour qu’ils lui conviennent, d’autres s’en sont chargés pour lui.

Conséquence, sa marge de progression est grande puisque deux fois plus d’électeurs se disent d’accord avec ces idées qu’ils ne disent voter pour lui. Décidément ce spectre d’avril est bien difficile à exorciser…

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mardi, 23 janvier 2007

Lutte des clans moyenâgeuse

Et si les citoyens s’invitaient dans cette campagne ?

Pour se remettre en cause, que leur faudra-t-il de plus qu’un 21 avril, un 29 mai, une crise des banlieues, une crise de CPE ? Les deux gros partis mammouths s’entêtent et emploient les mêmes recettes qu’auparavant. Sourds aux avertissements de notre peuple. L’impression de revenir au Moyen Age, ou dans une guerre. Porte de Versailles, c’était l’état de Siège. Des cars de CRS, des cars de militants, les drapeaux, comme les blasons d’antan.
 
Chacun aligne ses troupes. L’heure des ralliements a sonné. S’égrainent les communiqués de presse annonçant ces bonnes nouvelles qui ne concernent que la vie interne des partis. Derrière le rideau, les tractations de l’ombre. Des postes sont promis, des circonscriptions sont réservées, échangées. Les dossards des investis aux législatives changent au gré des deals et des parachutages.
 
Ah ! les équipes des Etats majors sont belles ! Ces alliances sont fondées, non sur une vision de la France, mais sur des rapports de force interne. Ces alliés de la dernière heure tous au premier rang, tous soumis le temps d’un meeting devant leurs leaders consacrés, couronnés. Ces ennemis si critiques hier tous ralliés. Et les médias qui marchent encore ! Personne n’y croit, ni les acteurs, ni même les médias, mais tout le monde joue le jeu. Nos deux têtes couronnées paraissaient si isolées dans cette mise en scène du pouvoir qu’ils ont tant souhaité, tant rêvé.
 
Le projet politique de ces ceux leaders : vaincre la droite, vaincre la gauche. Ne croient-ils pas que les Français sont lassés par leur guerre partisane qui se résume à faire campagne un clan contre l’autre ?
 
On aurait pu croire qu’ils auraient appris l’humilité, la sincérité et l’exemplarité.


L’humilité de dire qu’ils n’ont pas à eux seuls la solution. (Cela ferait belle lurette qu’ils auraient mis en place les politiques adéquates s’ils l’avaient, n’est-ce pas monsieur le ministre d’Etat, numéro 2 du gouvernement).
 
La vérité. Reconnaître leurs erreurs du passé et la situation dans laquelle nous sommes : la dette publique, les retraites, la détérioration de l’environnement autant de fardeaux sur les épaules de la jeunesse d’aujourd’hui et des générations futures. Contrairement à ce qu’ils pensent notre peuple est mature et prêt à entendre la vérité. Ce sont les mensonges proférés, les belles promesses jamais tenues qui créent un climat de peur et d’insécurité.
 
L’exemplarité. A l’heure de dire aux Français que la situation est grave, et qu’il va falloir se serrer la ceinture, les millions engloutis dans les campagnes présidentielles laissent un goût amer.
 
Deux bonnes nouvelles montrent pourtant que tout est possible cette année : les inscriptions massives sur les listes électorale et l’apparition des nouveaux médias.

Une fois encore, l’espoir est de mise chez les Français, ils sont des centaines de milliers à s’être inscrits sur les listes, 192 000 à Paris. Ils veulent y croire. Ils sont 6 sur dix à se déclarer intéressés par cette campagne. Ils étaient 38% à la même époque en 2002. Voilà l’espoir de cette campagne. Et en voilà l’enjeu. Les politiques seront-ils à la hauteur ?
 
Pour accompagner cette démarche citoyenne, l’entrée en scène des nouveaux médias est providentielle ! Le bipartisme a du souci à se faire. Les modes de pensées uniques aussi. Les outils collaboratifs sont nés, les moyens d’expression plus équitables.
 
Les électeurs sont les décideurs. Ils ont la main. Leur vote personnel aura des conséquences sur notre destin collectif.
 
Cette campagne promet des surprises, de belles surprises, nous avons rendez-vous avec l’Histoire.
Cette Histoire, c’est notre histoire. D’où que nous venions.

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Lundi, à la rédac’...

Lundi, à la rédac’, on a reçu un mail d’un certain Francis Meynier.
D’abord on a cru qu’il postulait pour intégrer le quotidien. Francis Meynier, ça ne me disait rien. Vous non plus, ça ne vous dit dit sans doute rien — à moins de faire partie des 131 personnes qui ont voté pour lui en lors d’une élection partielle en 1998  — mais Francis Meynier est candidat à l’élection présidentielle.

Ni plus ni moins que l’un des quarante et quelques candidats déjà plus ou moins déclarés.
Dans son mail, le citoyen Meynier nous informe de son programme grâce un fichier joint au format rtf :«la reconnaissance du vote blanc, la stricte limitation de tous les mandats politiques (hormis ceux des communes de moins de 10 000 habitants), condition nécessaire pour obtenir auprès des maires des petites communes les 500 parrainages requis». Il avait déjà posté à l’identique sur certains blogs.

Mais peu importe la profession de foi, ce n’est pas ce débat qui m’intéresse. Mais plutôt ce qui fait qu’un Francis Meynier se lance dans une telle «aventure» ? Qu’est-ce qui fait qu’on qu’on peut penser pouvoir incarner un combat politique ou qu’on a un destin national? Qu’est ce qui fait qu’on peut oser se lancer, qu’on s’appelle Francis, Nicolas, François, Arlette, Ségolène, Stéphane, José, Marie-George, etc… Un soupçon d’inconscience ? Un poil d’ego surdimensionné ?


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lundi, 22 janvier 2007

Et c’est parti ...

Ouf ! Honnêtement, je suis content qu’on sorte enfin de cette période d’étripage dans notre camp. Je n’en pouvais plus de ce jeu de petites phrases entre tous les ego surdimensionnés de la politique.
Le congrès pour Nicolas Sarkozy était incroyable ! Je me suis levé à 4 heures du matin et on est parti avec près de 300 personnes pourêtre vers 10 h 00 au meeting. L'impression était incroyable avec près de100.000 personnes — allez disons 70.000 personnes —  qui étaient venues departout. C’est une des choses que j aime dans l’engagement politique : des gens venus de partout en France des jeunes, des aînés, des cadres, desclasses moyennes, des retraités ... Un peu de tout. J’avoue que j’ai eu quelques moments de vraie émotion. C’est tout bête mais en regardant défiler un petit film où on voyait s’exprimer des Français de tous les métiers et de toutes les régions, je me suis juste dit que ce pays décidemment avait quelque chose de magique. Visiblement, Sarkozy était ému. On ne pouvait pas le voir à l’écran mais il a monté les marches avec une certaine lenteur comme conscient qu’une nouvelle page s’ouvrait.

Et maintenant. Maintenant, je voudrais juste que cette campagne ne soit pas un jeu de massacre consistant à démolir ceux d’en face. Si seulement on pouvait se contenter de mettre nos propositions sur la table ce ne serait pas si mal ! J’ai été choque par un brûlot contre Sarkozy qui était à la limite du dénigrement personnel. En tout cas je pense que dans ma génération, on en a ras le bol de ce genre de dénigrement. A suivre ...

Prochain épisode, je vous raconterai la mise en place de l’équipe de campagne.

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je suis sympathisant de gauche...

Etudiant en droit de 21 ans, je suis sympathisant de gauche depuis presque dix ans. C’est la cohabitation de 1997 entre Jacques Chirac et Lionel Jospin qui commence à forger mes convictions politiques tant la période 1997-2002 permet la mise en place de réformes nécessaires (abaissement de la TVA à 19,6%, adoption du pacte civil de solidarité). Je me définis comme social-libéral, proche des conceptions de Dominique Strauss-Kahn sur la « social-démocratie » tout en m’intéressant aux idées du député-maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel. Je suis ainsi plutôt contre les 35 heures car j’estime que celui qui veut travailler davantage doit pouvoir gagner davantage.
 
N’ayant pas l’âge de voter en 2002 et attristé du résultat du 1er tour de l’élection présidentielle, j’ai attendu quelques années pour m’encarter dans un parti politique. Ce n’est que depuis mars 2006 que je suis militant au Parti socialiste, depuis le jour du lancement de la grande campagne d’adhésion initiée par François Hollande et Jack Lang. Ce fut une opportunité de comprendre le fonctionnement interne d’une formation politique tout en conjuguant mon intérêt pour les débats sur les questions locales et nationales. Ce fut également la concrétisation d’un engagement personnel de longue date, la volonté de participer aux débats sur le projet socialiste et à la désignation d’un candidat.
 
Originaire de Fontainebleau, j’ai toujours vécu en Seine-et-Marne et j’attends de cette campagne qu’elle sache porter l’intérêt général et non les intérêts particuliers, que la «démocratie participative», l’ «ordre juste» et la « sécurité durable » ne soient pas que de simples formules et prennent vie pour la XIIIème législature. Attachant une attention particulière aux réformes de nos voisins européens, notamment celles du président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, j’ai ardemment défendu le traité établissant une Constitution pour l’Europe et espère un consensus sur le volet institutionnel avant tout débat de fond sur les politiques de l’Union. J’attends désormais que l’élection ne se fasse pas sur un débat contextuel mais sur une vraie perspective d’avenir.

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