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mercredi, 02 mai 2007

Sarkozy favori, sauf révolution copernicienne

Au-delà de la mobilisation démocratique saluée par tous, et de la fiabilité prouvée des enquêtes d’opinion sur lesquels nous ne reviendrons pas, trois enseignements politiques essentiels se dégagent du scrutin du 22 avril :

1. Le premier tour place très nettement Nicolas Sarkozy en position de favori. Le candidat de l’UMP a réussi la mobilisation de toutes les droites et bénéficie d’un rapport de force électoral (même en partageant l’électorat de François Bayrou) particulièrement favorable dans la perspective du second tour.  
2. L’extrême gauche a raté une occasion historique de prendre place dans le paysage politique français, du fait de ses divisions. Rassemblée autour d’un seul candidat, elle aurait pu talonner, voire dépasser le FN, ce qui aurait constitué un événement considérable. Ses querelles de clocher et de leadership l’en ont empêché.
3. La logique du vote utile identitaire a porté Ségolène Royal. Le souhait de voir la gauche présente au second tour a prévalu sur toute autre considération. Le Sondage Sortie des Urnes d’Ipsos est particulièrement clair sur ce point : quand 60% des électeurs sarkozystes disent que leur principale motivation de vote fut « le projet », 52% des électeurs de Ségolène Royal mettent d’abord en avant « l’appartenance politique » de la candidate.

Les enquêtes de second tour, auxquelles ont peut faire confiance au vu de la justesse de celles du premier tour, la situent autour de 46% : un handicap qui nous paraît impossible à renverser en quinze jours, dans un contexte où les réserves abstentionnistes sont nulles et où le taux de fermeté du choix pour le second tour dépasse les 90%. En France comme aux Etats-Unis, le débat d'entre-deux tours n'a jamais inversé le rapport de force; en général il conforte simplement les électeurs de chaque camp. Les quinze jours de campagne ne pourront donc suffire à inverser une tendance clairement favorable à Nicolas Sarkozy. Du coup, seul un «accident» ou un acte politique lourd peuvent modifier le cours des choses. Deux hypothèses sont envisageables pour ce type de scenarii:

•    une lourde erreur de comportement de Nicolas Sarkozy, qui le ferait apparaître comme trop «nerveux», ou «brutal», en réactivant ses traits d’image négatifs : disons le nettement, nous n’y croyons guère au vu de son excellente capacité à se maîtriser, à maîtriser sa communication et son discours. Nicolas Sarkozy paraît trop «fort» pour commettre les erreurs attendues par ses adversaires.

•    un pari stratégique et politique de la part de Ségolène Royal, celui d’annoncer dans les jours qui viennent aux Français qu’une fois élue elle nommera François Bayrou Premier ministre. Cela est peut-être pour elle la seule manière de s’assurer un report suffisant –c'est à dire quasi intégral- des voix centristes du premier tour sur son nom. Au vu des reports de voix dans les enquêtes d'intentions de vote second tour, ni son projet, ni sa personnalité ne suffisent. Une initiative de ce type ne rendrait pas la victoire certaine mais à l’évidence la défaite moins sûre, si l’on se souvient que tous les sondages pointaient François Bayrou largement vainqueur dans l’hypothèse d’un duel de second tour avec Nicolas Sarkozy. Cette stratégie, qui consiste à remettre en cause  quarante ans d’alliances et de comportements politiques pour conserver une chance de l’emporter, nous parait toutefois très peu probable. Sous réserve de ce retournement d'alliances, nous pensons que Nicolas Sarkozy sera le prochain Président de la République française.


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vendredi, 20 avril 2007

Royal soutenue par les universitaires ? Dans ses rêves peut-être mais la réalité est tout autre.

Quatorze «présidents d’universités» ont annoncé officiellement leur soutien à Ségolène Royal. En quête de légitimité quant à ses compétences de femme d’Etat, Ségolène ne pouvait rêver mieux que le soutien de tenants de l’enseignement supérieur.

Seulement voilà sur les quatorze signataires seulement six sont effectivement encore en poste à la tête d’une université. Ces six présidents sont par ailleurs connus depuis longtemps pour leur engagement à gauche dont Sylvie Faucheux (Versailles Saint Quentin) est candidate socialiste aux législatives dans les Yvelines et Richard Messina (Evry Val d’Essonne) est conseiller général socialiste de l’Essonne.
Les quatre autres, Bernard Bosredon (Paris VI), Jean-Claude Fortier (Bourgogne, Marc Gontard (Rennes II) et Richard Lioger (Metz) sont tous membres ou proches du PS. Les universités sont traditionnellement classées à gauche et comme ironise Olivier Vial, délégué général de l’UNI, organisation de la droite universitaire, « ce qui m’étonne et me rassure, c’est qu’ils soient si peu nombreux à soutenir la candidate socialiste. Ca fait un peu baroud d’honneur d’archéo-présidents d’université ! ».

En résumé sur 82 présidents d’université seulement 6 sont derrière Royal, par conséquent 76 ne sont visiblement pas emballés par la vision de l’enseignement supérieur de la candidate socialiste.

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vendredi, 09 février 2007

Happy Hour

Au gré de ses bulles intimistes, Wayne nous fait partager les élucubrations et interrogations d'un citoyen et électeur plongé au quotidien, bon gré mal gré, dans le grand bain électoral... 

 
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mercredi, 07 février 2007

Musiques maestro!

La présidentielle en France, c’est un peu comme l’Eurovision. Quand on est candidat, il faut accepter de se plier à la tradition de l’hymne kitsch. Outre-Rhin, les militants de la CDU communiaient avec Angela Merkel sur  «Angie», des Rolling Stones. En France, ceux de l’UMP pourront vibrer sur «Allez Sarko ohoho !», écrite et composée par Nicolas Luciani. Un hymne aux paroles puissantes et percutantes: «Sarko ohoh! Sarko à l'Elysée oh! Sarko ohoh! Go! Go! Ségo K.O.!! Sarko ohoh! Des lendemains toujours plus beaux…»«Et Chirac maintenant» de 1981, ou le «Strauss-Kahn y va gagner» de la dernière primaire socialiste. Pas forcément pire que le

Au PS justement, comme pour son programme, Ségolène attend (peut-être consulte-t-elle Cali?). Mais les jeunes militants ont déjà pensé à leur candidate et lui ont écrit «Une rose, un projet, une femme», sur l’air de la chanson d’Ilona –mais si, celle qui fait «un oiseau, un enfant, une chèvre…».

L’année dernière, Nicolas Sarkozy avait, lui,  eu droit à son rap semi-officiel avec «Mon pays France», qui avait inondé de nombreuses boîtes mails avant d’être hébergé sur le site de l’UMP. Le parti poursuit d’ailleurs son opération séduction de la jeunesse. Le site DiscoSarko.com – qui permet de faire danser le ministre de l’Intérieur sur Stayin’ Alive ou Chaud Cacao, mais aussi de recevoir une newsletter envoyée par un groupe de soutien à Nicolas Sarkozy – a reçu la bénédiction de l’intéressé himself. Selon le Guardian, il aurait quand même demandé son avis à Cécilia. Au cas où.


Mais au-delà de toutes ces opérations flirtant de près ou de loin avec la com’, on trouve une mine d’artistes inspirés par la campagne. Des artistes comme… les Musclés. Oui, oui, Bernard Minet, Framboisier et les autres de la glorieuse époque du Club Dorothée, qui avaient connu les sommets avec «La merguez party». Et bien, ils reviennent avec «Nicolas et Ségolène». Le titre fait un carton sur Dailymotion et un single est même disponible. Les Ignobles du Bordelais ont eux choisi un autre couple, «Nicolas et Cécilia», réunis dans un clip réalisé avec des oursons gélifiés. Il y a aussi William Berg, «raide dingue» de Ségolène ou le reggae de Khalifa, qui s’en prend aussi bien au «beau tailleur» de l’une qu’aux «jets de haine de l’autre».


Autre artiste engagé, Bernie Bonvoisin. Le chanteur culte de Trust – qui a fait son retour en 2006, notamment avec le titre Sarkoland – a choisi de soutenir un autre rebelle: François Bayrou. Malheureusement, pas de chanson de Trust en cours de composition pour l’UDF. Ça aurait eu de la gueule, non? A la place, François Bayrou a le droit à un détournement d'une chanson de K-maro.

Allez une dernière fois, pour la route «Sarko ohoh! Sarko à l'Elysée oh! Sarko ohoh!».

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