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lundi, 19 mars 2007

Bayrou, président suisse

À gauche comme à droite, il est un argument anti-Bayrou qui semble imparable (en tout cas pour ceux qui l’utilisent comme un miraculeux passe partout rhétorique):  on ne peut pas gouverner au centre. À l’UMP comme au PS, on est d’accord (pour une fois) : il ne sera pas question de collaborer avec le candidat UDF s’il est élu. Le gouvernement d’union nationale ne sera pas.

Pour le petit Suisse que je suis, ce discours a quelque chose d’incongru. Car, depuis 50 ans, le gouvernement helvétique est justement composé de sept ministres dont l’appartenance dépend des forces en présence au Parlement. Aujourd’hui, deux socialistes, un centriste, deux radicaux (droite libérale) et deux UDC (droite nationaliste). Bref, pratiquement tout le spectre des tendances politiques essayant de travailler ensemble pour, au bout du compte, gouverner de manière consensuelle, au centre. On appelle ça « la formule magique ».

La culture politique est différente en France, me direz-vous. Ok. La polarité inhérente au système et aux caractères rend, aujourd’hui, tout consensus impensable de ce côté-ci du Jura. Peut-être. Mais il faut admettre que si la formule est pratiquée à quelque kilomètre de chez vous, elle est envisageable ici, au prix d’un effort et d’une volonté de changement. De rupture comme ils disent.

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dimanche, 11 février 2007

Santini pense comme Bayrou, mais veut agir avec Sarkozy

Le meilleur ennemi de Bayrou, c’est André Santini. Guest-star du meeting des comités de soutien à Nicolas Sarkozy dimanche à la Mutualité, le député-maire UDF d’Issy-les-Moulineaux est venu sur scène pour exposer son ralliement au candidat de l’UMP. Et pour expliquer pourquoi la candidature de François  Bayrou est vouée à l’échec. André Santini est même allé jusqu’à annoncer le ralliement obligé de Bayrou. Même si les mots étaient choisis, la charge a été violente. Jugez plutôt.


« Nous sommes quelques-uns à nous interroger sur l’avenir d’un Centre qui double la gauche par la gauche (…) Il y a bien sûr quelque chose de sympathique dans cette démarche [celle de Bayrou, ndlr] ; il y a un courage évident à vouloir bouleverser les lignes (…) C’est un dessein éminemment respectable de vouloir renverse la table, comme on dit. Et nous aurions tort de railler cette démarche, d’insulter les hommes qui la portent et qui demain nous rejoindront. Simplement, elle me paraît vouée à l’échec parce qu’il n’y a pas assurément une majorité de Français pour la soutenir et qu’il n’y a pas une majorité de responsables politiques qui y soient sensibles (…) Imaginons un seul instant qu’une telle démarche soit plébiscitée par les Français. Comment, concrètement, la mettre en œuvre au gouvernement ? Avec qui ? Avec quelle majorité à l’Assemblée ? Cette démarche est intellectuellement satisfaisante. Elle est pratiquement inefficace. » L’intéressé appréciera la démonstration.


On nous avait annoncé nombre de ralliements d’ouverture à Sarkozy ce dimanche et certains noms de gauche comme Jean-Marie Bockel, avaient même circulé. Finalement, l’ouverture à gauche n’est pas allée plus loin que le centre droit avec Santini et Christian Blanc. Si cela n’est pas une révolution dans la campagne de Sarkozy, ce peut être un coup dur dans celle de Bayrou.


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mercredi, 07 février 2007

Bayrou : le troisième homme introuvable (en ligne)

Il y a une dizaine de jours, il était impossible de passer à coté de François Bayrou. Un moment habituel de la campagne : un des deux candidats de premier rang connaît une période de creux, quelques mois avant l’élection, c’est donc le moment de se poser la question du fameux troisième homme. Nous avons donc eu droit à des couvertures et des articles de presse qui mélangeaient allègrement quelques verbatims à du doigt mouillé pour nous expliquer que, peut-être, François Bayrou pourrait créer la surprise. Bien sûr, il y a les sondages : Ségolène perd quelques points, François en gagne quelques uns. Mais à quelle réalité profonde correspond ce mouvement ? Nul  ne le sait.

 Il paraît que c’est sur internet que François Bayrou a les moyens de faire son beurre. Peut-on glaner, dans les blogs, quelques indices d’un tel mouvement, quelques signes de ralliement ? Je suis parti à la recherche des dissidents, de ceux qui frémissent, qui hésitent à pencher pour le centriste, ou de ceux qui refusent au contraire de se laisser emporter par « la tentation Bayrou ». Et je n’ai pas été déçu.

Le constat, tout d’abord, est assez simple : je n’ai pas trouvé un seul blogueur « de droite » qui se pose la question du vote pour le béarnais. S’il existe une forte blogosphère de droite qui reste critique à l’égard de Sarkozy, elle est essentiellement constituée de chiraquiens patentés, de gaullistes irréductibles ou de villepinistes, qui semblent encore espérer la candidature de l’actuel président (ou de son premier ministre ?). L’alternative au vote Sarkozy semble plutôt être le suicide politique que le ralliement à Bayrou.

Il faut donc chercher à gauche. 

Les regards se tournent naturellement vers les soutiens de DSK. Il se murmure que ce sont de ces supporters de Strauss-Kahn qui ont lancé une pétition de soutien à Bayrou (signée les socialistes anonymes, quel courage !), sans que l’on ne puisse confirmer quoi que ce soit. L’impact aura donc été assez réduit par l’anonymat des émetteurs. Les blogueurs strauss-kahniens les plus connus, comme Christophe Grébert de monputeaux ou Guillermo de Radical Chic, font toujours dans le soutien ferme à Ségolène. L’un dans un registre militant classique, l’autre par une explication froide et sans enthousiasme excessif  : « de mon côté, on m'a tellement fait le coup du frémissement, alimenté d'anecdotes super représentatives ("J'ai toujours voté à gauche. Cette fois, je vote pour vous. Bonsoir") que je m'étonne que d'autres puissent quand même s'embarquer la dedans. ». Même Fraise des bois, qui chronique son expérience des débats participatifs avec beaucoup de recul critique par rapport à la « littérature officielle du parti », ne passe pas la ligne jaune de la dissidence.

Alors, hormis quelques anonymes, tout le monde au garde à vous derrière Ségolène dans le camp socialiste ? Pas de dissidence, de prise de recul ? Certes non. Mais il faut chercher loin, en profondeur, pour trouver du socialiste dissident, de l’ex-électeur de Jospin qui avoue sa préférence pour Bayrou. Des figures de la blogosphère sont sur le point de céder. Laurent Gloaguen, qui se dit de gauche, résiste encore : il n’est pas séduit par le candidat. XIII, en revanche, relève avec un certain enthousiasme les sondages qui scandent la montée du béarnais. Des frémissements, des choix ni blancs ni noirs : serait-ce qu’on ne soutient pas un centriste avec la même ferveur qu’un autre ancré dans un camp ?

 

Et puis il y a l’énigme : les ralliements de Fabiusiens, que l’on rapporte ici ou là. Oh, pas des ralliements façon allégeance. Pas des ralliements de soutien, pour faire campagne, mais des analyses froides de Fabiusiens qui avoueraint leur préférence pour Bayrou plutôt que pour la poitevine. On s’interroge. Machisme ? Folie ? Calcul machiavélique ? Non, c’est finalement plus simple, et c’est Edgar qui s’explique :

 
Mettons que j'aie envie de voter utile. Il y a quatre candidats qui peuvent passer : Sarko, Ségo, Bayrou et Le Pen. Le Pen jamais, Sarko, seulement s'il est en face de Le Pen ; restent deux candidats : Ségo et Bayrou. Les deux ont voté oui à ma connaissance, et celui qui a eu les termes les plus respectueux et intelligents sur le non ce n'est pas Ségo c'est Bayrou.

 

On se prend à espérer avoir enfin trouvé le socialiste dissident. Las. Malgré cette brillante démonstration, Edgar avoue : « disons qu'entre deux candidats sérieux pour le deuxième tour je choisis le plus à gauche.».

 
Chou blanc donc. Je n’ai donc pas trouvé un seul traître, tourneur de veste ou converti heureux qui s’assume. Le néo-bayrouiste de gauche se fait tellement discret qu’on ne le trouve point.

 
En guise de thermomètre, on imagine que les équipes de l’UDF préfèreront les sondages. 

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mardi, 06 février 2007

François Bayrou ou le Tour de France tranquille

L’anti-people, l’anti-paillette, l’homme qui ne se rend jamais aux avant-premières, qui n’est jamais dans les feuilles de choux des célébrités, c’est bien lui.Pendant que certains font tourner à plein régime la campagne poubelle, lui continue depuis septembre dernier, dans le plus grand silence, son tour de France. Deux déplacements par semaine. Dans chaque ville, dans chaque village, des visites d’entreprises, des réunions publiques, des rencontres avec des étudiants, des chercheurs, des mamans… Pas de grands médias nationaux qui le suivent, un déjeuner presse avec les quotidiens locaux, régionaux. Il s’imprègne de la vie des gens, il répond, il est accessible. Loin de Paris, de son cabinet, de son agenda, toutes ces petites choses qui vous étouffent un personnage. Il a trouvé le rythme, l’équilibre.
Il est serein.

Bon du coup, je le vois plus. Mais pas question de quitter Paris et le QG.

Et puis moi contrairement à lui je suis parisienne, et j’aime cette ville.

Et moi, son cheminement je le vois de Paris. Je le vis à Paris.
Mi blogosphère-mi marchés.

Mes « nouveaux » amis de la blogosphère parient tous sur un Bayrou au 2e tour, je reçois des mails encourageants de connaissances de l’UMP et du PS, et sur les marchés, les passants nous demandent le tract « François Bayrou ».

Alors il est clair qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus profond que les sondages qui sont pourtant unanimes sur l’ascension de François Bayrou. J’attends avec impatience la sortie des projets portés par les candidats et non par les partis. C’est à ce moment-là que les vrais choix se feront. Et que c’est sur le fond que nous serons amenés à nous prononcer.

A 29 ans, je n’ai jamais connu de programme électoral depuis que je suis née. Le dernier réel programme a été porté par François Mitterrand en 1981 avec ses 110 propositions. Depuis rien, que de la com’, que des promesses, que des constats (« la fracture sociale » de Chirac). Jamais de propositions, jamais d’engagements.

Mon choix de l’indépendance, de la séparation des pouvoirs, de la 6e République est déjà fait. J’attends de voir les budgets chiffrés des uns et des autres pour avoir un avis objectif sur le fond. J’attends de voir qui chargera encore un peu plus notre barque sur la dette publique. Ça, ce sera pour moi impardonnable.

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mardi, 30 janvier 2007

Lettre ouverte aux élus UDF

Chers amis, Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous remercier d’exister. Tout simplement. Mais avec beaucoup d’émotion. François Bayrou vous a proposé de l’accompagner dans une aventure, vous l’avez choisi. Avec lui, vous avez résisté. Résisté au rouleau compresseur, résisté à la pensée unique, résisté aux pressions incessantes depuis 2002. Ces pressions en fait n’ont jamais cessé. On ne le dit pas assez. A chaque remaniement ministériel, vos téléphones ont sonné. En local, les menaces sont aujourd’hui explicites.

Si vous n’aviez pas été là, je ne me serai peut-être jamais engagée. A l’heure de prendre ma carte, j’ai refusé de me couper de la moitié de mes proches, des mes collègues, de mes réseaux, des énergies avec lesquelles je voulais construire le monde de demain. Et vous étiez là. Cet espace qui ne ressemblait à rien de connu existait, enfin.

C’est parce que vous avez sauvegardé cet espace de liberté que cette aventure est possible. Oui vous avez fait des sacrifices de vie personnelle, oui vous avez subi des pressions, oui, vous avez fait un long cheminement, et parfois vécu des traversées du désert. Votre avenir personnel, mon avenir personnel ne comptent pas dans cette aventure. Parce qu’elle ne nous appartient pas. Elle appartient aux Français qui, chaque jour un peu plus nombreux, placent un espoir réel dans la démarche proposée par François Bayrou.

Cet espoir est incarné par des multiples visages, élus, acteurs de la société civile, citoyens. Parce que les Français n’en peuvent plus d’être les otages d’une guerre incessante clan contre clan qui ne leur bénéficie jamais. Parce qu’ils saluent le courage de François Bayrou, son intégrité et qu’ils lui trouvent l’honnêteté de dire qu’il ne gouvernera pas seul. Pas qu’avec les siens. Qu’il y a urgence, urgence nationale. Parce qu’avant la sortie de son projet en février, ils entendent déjà les grandes lignes de son projet.

Si ses prises de positions sur les médias, sur notre démocratie malade sont violentes mais justes, il est rassurant, par la cohérence de sa vision politique. Parce quand la vérité fait mal, il la dit. Le malaise que nous ressentons tous est enfin exprimé. C’est le point de départ d’une construction, d’une re-construction.

Si le début de cette histoire s’est écrit grâce à vous, elle va continuer avec ou sans chacun d’entre nous. C’est notre choix et notre liberté de conscience. Ne regardez pas les cartographies électorales, vos chances ou non d’être réélu. La clé c’est les Présidentielles. Elle seule permettra de rebattre les cartes, de redessiner nos institutions, de proposer aux citoyens de nouveaux espaces de décision, une nouvelle feuille de route,un programme de réformes à mener, contre vents et marées avec un gouvernement et un Parlement qui représentent vraiment les Français. Si votre résistance a permis cela, vous aurez écrit une page de l’Histoire.   Nous sommes là. Avec vous. Si vous portez cette vision malgré les embûches, si vous souhaitez, comme nous, changer les pratiques politiques, nous vous aiderons.

Moi, aujourd’hui, je n’ai pas peur. Parce que ma plus grande peur c’est que rien ne change. Mon plus grand espoir : que le paysage politique soit renouvelé, que les règles du jeu changent, que nous redevenions le pays des Lumières.   Alors aujourd’hui, du fond du cœur, merci.

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mardi, 23 janvier 2007

Lutte des clans moyenâgeuse

Et si les citoyens s’invitaient dans cette campagne ?

Pour se remettre en cause, que leur faudra-t-il de plus qu’un 21 avril, un 29 mai, une crise des banlieues, une crise de CPE ? Les deux gros partis mammouths s’entêtent et emploient les mêmes recettes qu’auparavant. Sourds aux avertissements de notre peuple. L’impression de revenir au Moyen Age, ou dans une guerre. Porte de Versailles, c’était l’état de Siège. Des cars de CRS, des cars de militants, les drapeaux, comme les blasons d’antan.
 
Chacun aligne ses troupes. L’heure des ralliements a sonné. S’égrainent les communiqués de presse annonçant ces bonnes nouvelles qui ne concernent que la vie interne des partis. Derrière le rideau, les tractations de l’ombre. Des postes sont promis, des circonscriptions sont réservées, échangées. Les dossards des investis aux législatives changent au gré des deals et des parachutages.
 
Ah ! les équipes des Etats majors sont belles ! Ces alliances sont fondées, non sur une vision de la France, mais sur des rapports de force interne. Ces alliés de la dernière heure tous au premier rang, tous soumis le temps d’un meeting devant leurs leaders consacrés, couronnés. Ces ennemis si critiques hier tous ralliés. Et les médias qui marchent encore ! Personne n’y croit, ni les acteurs, ni même les médias, mais tout le monde joue le jeu. Nos deux têtes couronnées paraissaient si isolées dans cette mise en scène du pouvoir qu’ils ont tant souhaité, tant rêvé.
 
Le projet politique de ces ceux leaders : vaincre la droite, vaincre la gauche. Ne croient-ils pas que les Français sont lassés par leur guerre partisane qui se résume à faire campagne un clan contre l’autre ?
 
On aurait pu croire qu’ils auraient appris l’humilité, la sincérité et l’exemplarité.


L’humilité de dire qu’ils n’ont pas à eux seuls la solution. (Cela ferait belle lurette qu’ils auraient mis en place les politiques adéquates s’ils l’avaient, n’est-ce pas monsieur le ministre d’Etat, numéro 2 du gouvernement).
 
La vérité. Reconnaître leurs erreurs du passé et la situation dans laquelle nous sommes : la dette publique, les retraites, la détérioration de l’environnement autant de fardeaux sur les épaules de la jeunesse d’aujourd’hui et des générations futures. Contrairement à ce qu’ils pensent notre peuple est mature et prêt à entendre la vérité. Ce sont les mensonges proférés, les belles promesses jamais tenues qui créent un climat de peur et d’insécurité.
 
L’exemplarité. A l’heure de dire aux Français que la situation est grave, et qu’il va falloir se serrer la ceinture, les millions engloutis dans les campagnes présidentielles laissent un goût amer.
 
Deux bonnes nouvelles montrent pourtant que tout est possible cette année : les inscriptions massives sur les listes électorale et l’apparition des nouveaux médias.

Une fois encore, l’espoir est de mise chez les Français, ils sont des centaines de milliers à s’être inscrits sur les listes, 192 000 à Paris. Ils veulent y croire. Ils sont 6 sur dix à se déclarer intéressés par cette campagne. Ils étaient 38% à la même époque en 2002. Voilà l’espoir de cette campagne. Et en voilà l’enjeu. Les politiques seront-ils à la hauteur ?
 
Pour accompagner cette démarche citoyenne, l’entrée en scène des nouveaux médias est providentielle ! Le bipartisme a du souci à se faire. Les modes de pensées uniques aussi. Les outils collaboratifs sont nés, les moyens d’expression plus équitables.
 
Les électeurs sont les décideurs. Ils ont la main. Leur vote personnel aura des conséquences sur notre destin collectif.
 
Cette campagne promet des surprises, de belles surprises, nous avons rendez-vous avec l’Histoire.
Cette Histoire, c’est notre histoire. D’où que nous venions.

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