Avertir le modérateur

mercredi, 28 mars 2007

"Moranogate": le blog n’est pas une blague

Nous avions évoqué ici l’initiative du blog "nadine revient", qui a fort déplu à la députée sarkozyste un temps mise sur la touche. Cette dernière, fort méfiante, nous disait avoir tenté en vain de contacter les promoteurs de son prétendu soutien en ligne. A notre tour, nous avons effectué la démarche de laisser un message à ce «collectif de jeunes pop’» (comprendre Jeunes populaires, la branche des – de 30 ans de l’UMP), quasi-certain d’avoir affaire à une plaisanterie. Un sentiment qui s’était même accru à la lecture du dernier billet de lundi, «Cachan, c’était vraiment juste pour râler», critiquant Josiane Balasko tout en regrettant : «“Les Bronzés 3”, c’était quand même bien. C’est dommage qu’elle ait mal tourné».

Surprise, ce mercredi matin, Pierre, «24 ans, militant UMP depuis 2003», nous répond ceci: «Bien sûr que je suis bien un membre des Jeunes Pop. Quel intérêt aurais-je à faire "un coup monté politicien"? Je comprends que Nadine Morano puisse faire peur, parce que les politiques, autant de gauche que de droite ont toujours intérêt à museler et saboter les talents, pour des raisons personnelles et de basses ambitions (…)Le contenu du site est assez explicite sur le pourquoi nous la soutenons, je n'ai pas besoin d'en faire des tartines. Quand elle a été mise au piquet pour un mois (ce que nous ne savions pas encore, puisqu'il était prévu que ce soit pour toute la campagne), nous avons décidé de réagir car nous avons trouvé les raisons de ce rejet injuste et injustifié». Et de conclure, à propos des demandes de fermeture du blog par la députée : «personne n'a pris contact avec nous, alors que le mail est très visible sur le site (puisque vous l'avez trouvé tout seul). Elle n'a aucune raison d'être en colère, bien au contraire; elle a été assez peu soutenue lors de son passage à vide, et nous avons été les seuls à être là. Et son retour est la preuve que nous avons réussi!»

 

medium_medium_medium_medium_medium_stephane.2.2.jpg

 

mercredi, 14 février 2007

Ouverture ouverture

La journée de dimanche était un peu une folle journée politique ! D'un côté Nicolas Sarkozy à la Mutualité, de l'autre Ségolène Royal à Villepinte et pour couronner le tout Jacques Chirac sur Vivement dimanche. Le contraste entre deux approches était intéressant.Le choix de Nicolas Sarkozy a été très clair : le temps des affrontements idéologiques et des vieilles luttes gauche droite est dépassé. Il faut avoir le courage de reconnaître que des bonnes idées existent des deux côtés. C'est ainsi que pendant toute la matinée sont intervenues à la Mutualité des personnalités qui venaient d'horizons différents.

Là, je vous parle des huis clos auxquels les journalistes n'avaient pas accès : des électeurs anciennement indécis, des Français qui avaient renoncé à s'engager politiquement ou des gens de gauche attirés par les propositions de Nicolas Sarkozy.

Il y eut deux témoignages émouvants. Le premier était celui d'un professeur de banlieue qui a exprimé son ras-le-bol. Déçu par le PS et leurs propositions très conservatrices, il a indiqué qu'il était intéressé par les propositions de Sarkozy notamment sur la revalorisation des salaires et le retour à un minimum de respect à l'école. Il fut très applaudi. Le second vint de Véronique Vasseur, une docteur qui avait travaillé dans les prisons et qui est une des premières à avoir tiré la sonnette d'alarme sur la situation inacceptable des prisons dans ce pays. Elle prenait le premier engagement politique de sa vie aux côtés de Nicolas Sarkozy.

De l'autre côté, le discours de la candidate socialiste au cours de la semaine passée s'est durci. J'ai été consterné notamment par son discours sur l'histoire la semaine dernière. Grosso modo, mais je caricature à peine, il y a les bons et les méchants. Les bons sont toujours à gauche, les méchants toujours à droite et dans l'histoire la gauche est toujours du bon côté et la droite toujours du mauvais. Cela sent bon son sectarisme et pour l'historien que je suis c'est encore plus grave car c'est une distorsion de l'histoire assez dramatique. Mais sur le plan politique je suis frappé de voir son évolution. Il y a un mois elle tenait un discours de respect par rapport à tout le monde. Il faut croire que la tolérance ne résiste pas aux mauvais sondages.

En tout cas pour moi, il est indispensable d'ouvrir les fenêtres et de faire rentrer un nouvel oxygène. J'ai travaillé, à la demande de Nicolas Sarkozy d'ailleurs, avec quelqu'un comme Martin Hirsch, président d'Emmaüs, qui est plutôt de sensibilité de gauche et ce fut un de mes travaux les plus intéressants des deux dernières années sur le thème de famille et pauvreté. Il faut faire rentrer de nouvelles idées, être capable de se remettre en cause. C'est le choix qui a été fait par Nicolas Sarkozy. Tant mieux.

medium_laurent.jpg

 

dimanche, 11 février 2007

Santini pense comme Bayrou, mais veut agir avec Sarkozy

Le meilleur ennemi de Bayrou, c’est André Santini. Guest-star du meeting des comités de soutien à Nicolas Sarkozy dimanche à la Mutualité, le député-maire UDF d’Issy-les-Moulineaux est venu sur scène pour exposer son ralliement au candidat de l’UMP. Et pour expliquer pourquoi la candidature de François  Bayrou est vouée à l’échec. André Santini est même allé jusqu’à annoncer le ralliement obligé de Bayrou. Même si les mots étaient choisis, la charge a été violente. Jugez plutôt.


« Nous sommes quelques-uns à nous interroger sur l’avenir d’un Centre qui double la gauche par la gauche (…) Il y a bien sûr quelque chose de sympathique dans cette démarche [celle de Bayrou, ndlr] ; il y a un courage évident à vouloir bouleverser les lignes (…) C’est un dessein éminemment respectable de vouloir renverse la table, comme on dit. Et nous aurions tort de railler cette démarche, d’insulter les hommes qui la portent et qui demain nous rejoindront. Simplement, elle me paraît vouée à l’échec parce qu’il n’y a pas assurément une majorité de Français pour la soutenir et qu’il n’y a pas une majorité de responsables politiques qui y soient sensibles (…) Imaginons un seul instant qu’une telle démarche soit plébiscitée par les Français. Comment, concrètement, la mettre en œuvre au gouvernement ? Avec qui ? Avec quelle majorité à l’Assemblée ? Cette démarche est intellectuellement satisfaisante. Elle est pratiquement inefficace. » L’intéressé appréciera la démonstration.


On nous avait annoncé nombre de ralliements d’ouverture à Sarkozy ce dimanche et certains noms de gauche comme Jean-Marie Bockel, avaient même circulé. Finalement, l’ouverture à gauche n’est pas allée plus loin que le centre droit avec Santini et Christian Blanc. Si cela n’est pas une révolution dans la campagne de Sarkozy, ce peut être un coup dur dans celle de Bayrou.


medium_medium_carzon.4.2.jpg

Villepin se rassemble tout seul

Où était Villepin alors que toute la droite se réunissait à la salle de la Mutualité dimanche ? Personne ne s’est posé la question, et surtout tout le monde s’en foutait un peu. Le pire, c’est qu’une grande partie du gouvernement actuel était présent dans la salle, qu’ils soient anciens ou récents soutiens : Dominique Bussereau, Jean-François Copé, Renaud Donnedieu de Vabres, Dominique Perben, Michèle Alliot-Marie… Mais point de Dominique de Villepin. La volonté de rassemblement prônée par Nicolas Sarkozy s’arrête aux portes de Matignon.

On ne sait pas ce que qu’il a fait durant la réunion publique mais à l’heure où tout le monde quittait la salle de la Mutualité, le Premier ministre et son fils se rendaient au cinéma La Pagode, situé non loin de Matignon. Pour aller voir « La vie des autres ». Ça ne s’invente pas.

David Carzon (avec l’aimable collaboration de 20 Minutes Lille)

vendredi, 09 février 2007

Quand la campagne déblogue à pleins tubes

A voir fonctionner ce blog, il y a quelque chose qui me chiffonne : l’inexistence de débats transversaux et la quasi-absence de la gauche, hormis un jeune militant PS appliqué. Ce blog a été pensé et voulu comme une plateforme « multi-voies » « multi-voix » pour que chacun puisse confronter ses points de vue, ses idées, ses doutes, ses déceptions... Il s’agit pas de convaincre des convertis mais d’éclairer des indécis et de nourrir une soif de débats que nous pouvons ressentir au quotidien jusque dans les colonnes de notre journal.

Je peux comprendre que sur des blogs de militants purs et durs de tous poils, on veuille rester entre soi et qu’on se supporte pas la présence d‚ennemis dont la seule intention est de polluer l’endroit. De la même manière, les supporters de l’OM n’ont pas envie de voir débarquer dans leur café habituel leurs homologues du PSG, venus, non pas pour discuter, mais pour casser des verres. [Attention, amis supporters du PSG ou de l’OM, il s’agit d’une image, il ne faut pas prendre cela au pied de la lettre, j’aurais pu inverser les rôles ou choisir d’autres clubs.]

Ce qui est plus difficile à saisir, c’est cette volonté, presque assumée, de refuser le débat. Sur ce blog présidentielle de 20 Minutes, nous avons fait appel à des politiques pour alimenter les échanges, deux à droite, deux à gauche pour respecter une forme d’équité. Le problème, c’est que, si les deux contributeurs de droite, Quitterie Delmas (UDF) et Laurent Wauquiez (UMP) jouent le jeu, ce n’est pas le cas de l’autre côté. David Assouline (PS) et Stéphane Pocrain (Indépendant) n’ont toujours pas envoyé leur première note. Manque de temps ou d’intérêt?

Autre exemple, lorsque nous avons demandé à Malek Boutih (PS) de reprendre le flambeau, il nous a répondu en substance qu’une présidentielle c’était un « corps à corps ». Résultat, ce blog n’a été alimenté que par des voix de droite, ce qui nous pose des problèmes d’équilibre. [Nous sommes à la recherche de nouveaux contributeurs de gauche en ce moment même].

Ce n’est pas tout. Dans un précédent post, Johan Hufnagel, rédacteur en chef du Web de 20 Minutes, demandait aux militants de gauche de nous « troller », en référence à une consigne interne au PS sur une néthique à respecter durant la campagne. C’était une manière ironique de faire un appel du pied pour que les internautes s’investissent dans le débat de manière un peu plus franche. Sauf que nous avons reçu une réponse très sérieuse de la part d’une socialiste : « Il est hors de question pour nous de donner la réplique à la horde de décérébrés sarkozystes qui pourrissent les forums et les blogs de France depuis plusieurs semaines à coup d'invectives, de copiés-collés et de minables tentatives d'intox. » Moi, ça me laisse sur le cul. Encore une fois, nous ne sommes pas dans un espace militant, mais sur un blog qui se veut ouvert, indépendant. Un endroit où devraient s’échanger des idées entre ceux qui ont des convictions et ceux qui se posent des questions. Comment gagner une campagne électorale quand on n’accepte de parler qu’à ceux qui pensent déjà comme vous ?


Ce malaise n’est pas seulement le fait du blog présidentielle de 20 Minutes. On peut le percevoir plus globalement dans la manière dont les candidats, élus, militants, sympathisants, se sont emparés de cet outil. Pour schématiser, à droite, vous avez l’UMP qui s’en sert pour diffuser sa bonne parole, et à gauche, on l’utilise pour faire remonter les idées. Point commun, il s’agit dans les deux cas d’une utilisation verticale de l’Internet.

Le problème est là : pour la première fois, les politiques et les citoyens ont à leur disposition, un outil transversal qui permet d’interagir, et on ne l’utilise la plupart du temps que dans un seul sens. Cela n’avait pas été le cas en 2005 pour le référendum sur le Traité constitutionnel européen. D’une part parce que les clivages politiques étaient transcendés. D’autre part, car les citoyens étaient à la recherche d’une information qu’ils ne pouvaient pas avoir ailleurs. Le cadre d’une élection présidentielle est forcément différent, mais le besoin d’informations et d’échanges n’en est pas moins important. Tout le monde s’imagine que les moindres idées ou réflexions qui circulent sont par essence partisanes, même sur les blogs collectifs ou sur les wiki qui tentent de donner des clés concrètes aux électeurs. Même si c’était vrai, l’important — contrairement aux blogs personnels — ce ne sont pas ceux qui écrivent, ce sont ceux qui lisent.

medium_carzon.4.jpg

 

jeudi, 08 février 2007

Nicolas Sarkozy sait à qui il s’adresse mais nous, on ne sait plus qui parle

Quand Nicolas Sarkozy va au marché de Rungis ou dans une usine Alstom en Bourgogne, il parle à la France qui se lève tôt, à la France des ouvriers, la France qui travaille, la France qui en bave des ronds de chapeaux pour des clopinettes.


Alors quand Nicolas Sarkozy va à Toulon, ce n’est plus tout à fait la même chose, il doit parler aux militaires, aux anciens des colonies, aux harkis, aux rapatriés, aux électeurs qui avaient jadis porté à l’hôtel de ville un maire Front national. Mais troquer le bleu de travail contre la tunique bleu-blanc-rouge, tout comme jongler entre les casquettes de candidat et de ministre, ça ne le dérange pas vraiment. C’est vrai quoi, si on veut être le président de tous les Français, ou au moins être élu par une majorité d’entre eux, il ne faut pas être à ça près et être capable de se changer plus vite qu’un mannequin Dior lors d’un défilé haute couture.


Prenez sa visite à Toulon mercredi. Le candidat arrive en voiture à l’Arsenal. Une minute plus tard, son statut de candidat disparaît lorsqu’il se présente au pied de la passerelle de la frégate La Fayette, un bâtiment de la Marine française.

 

medium_toulon1.jpgLorsqu’il monte à bord, c’est en effet, le ministre de l’Intérieur qui prend le relais. Pour l’occasion, il est accompagné de Michèle Alliot-Marie, qui porte elle l’uniforme de ministre de la Défense. « La Frégate effectue des missions qui concerne ces deux ministères », nous explique-t-on sur place pour justifier cette visite de l’équipage qui chasse notamment le trafic de stupéfiants dans l’Océan Indien.


La visite commence par une tournée d’inspection des troupes. Serait-ce l’effet du roulis ou justement d’un problème d’ajustement de la casquette, mais tout n’est pas très au « carré » comme on dit chez les militaires. Michèle Alliot-Marie commence à partir sur sa gauche quand elle devrait passer en revue les troupes qui se trouvent à sa droite. Un officier la prend par le bras et la ramène dans le droit chemin. Sarkozy se retrouve derrière tout le monde au moment où les honneurs sont rendus. Un autre officier intervient aussitôt et mine de rien, lui fait de la place rapidement à côté de la ministre de la Défense.


medium_toulon4.2.jpgSur la passerelle de la frégate, ça se complique quand les journalistes sont autorisés à poser des questions. La journaliste de BFMTV demande à s’adresser au ministre des Cultes qui sommeille en Nicolas Sarkozy (oui, le candidat-ministre de l’Intérieur est aussi ministre des Cultes pour compliquer la chose) pour avoir son avis sur la menace de démission du Conseil français du culte musulman suite à la lettre de soutien du candidat Sarkozy (oui je sais c’est compliqué) à Charlie-Hebdo dans le procès des caricatures. Nicolas Sarkozy accepte de répondre, non sans avoir fait remarquer que ce sont les journalistes qui l’ont forcé à changer de casquette. Sauf que dans sa réponse, on ne sait pas vraiment qui s’exprime du candidat ou du ministre.


Fin de la visite sur la frégate. Nicolas Sarkozy se rend sur le porte-avions Le Charles-de-Gaulle, également basé à l’Arsenal de Toulon durant les douze mois par an d'entretien dont le bâtiment fait l’objet, c’est dire si les autres nations peuvent craindre l'intervention de ce fleuron de notre Marine natinale.


Cette fois, il n’y aura pas de caméras, pas de petites phrases, pas de journalistes. C’est le candidat cette fois qui fait cette visite, avec la ministre de la Défense. Serait-ce du favoritisme ? « Non, pas du tout, répond-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Tous les candidats peuvent, s’ils le souhaitent, visiter le Charles-de-Gaulle, pour avoir des informations concrètes sur notre Défense. Mais comme pour Nicolas Sarkozy, ce se fera sans caméras. Cela pourrait être utile à certains pour, par exemple, connaître le nombre de sous-marins nucléaires français en exercice. »


Un peu plus tard, lors de la réunion publique qui a lieu au Zénith, c’est bien le candidat qui est réclamé sur la scène par Michèle Alliot-Marie (pas la ministre de la Défense, mais la militante qui avait failli se présenter à l’investiture UMP pour la présidentielle, elle aussi devant jongler avec les titres sous peine de remontrances élyséennes). Le candidat Sarkozy déboule sous un tonnerre d’applaudissements pour une heure d’un show « spéciale dédicace » à l’électoral local.


Dans une semaine, le ministre de l’Intérieur doit se rendre à la Réunion pour une visite de deux jours. Là encore, il sera difficile de distinguer sa véritable casquette. En tout cas, il y a une chose qui ne change pas : que ce soit le ministre ou le candidat, ce sont les mêmes journalistes qui le suivent.

medium_carzon.4.jpg

mardi, 06 février 2007

François Bayrou ou le Tour de France tranquille

L’anti-people, l’anti-paillette, l’homme qui ne se rend jamais aux avant-premières, qui n’est jamais dans les feuilles de choux des célébrités, c’est bien lui.Pendant que certains font tourner à plein régime la campagne poubelle, lui continue depuis septembre dernier, dans le plus grand silence, son tour de France. Deux déplacements par semaine. Dans chaque ville, dans chaque village, des visites d’entreprises, des réunions publiques, des rencontres avec des étudiants, des chercheurs, des mamans… Pas de grands médias nationaux qui le suivent, un déjeuner presse avec les quotidiens locaux, régionaux. Il s’imprègne de la vie des gens, il répond, il est accessible. Loin de Paris, de son cabinet, de son agenda, toutes ces petites choses qui vous étouffent un personnage. Il a trouvé le rythme, l’équilibre.
Il est serein.

Bon du coup, je le vois plus. Mais pas question de quitter Paris et le QG.

Et puis moi contrairement à lui je suis parisienne, et j’aime cette ville.

Et moi, son cheminement je le vois de Paris. Je le vis à Paris.
Mi blogosphère-mi marchés.

Mes « nouveaux » amis de la blogosphère parient tous sur un Bayrou au 2e tour, je reçois des mails encourageants de connaissances de l’UMP et du PS, et sur les marchés, les passants nous demandent le tract « François Bayrou ».

Alors il est clair qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus profond que les sondages qui sont pourtant unanimes sur l’ascension de François Bayrou. J’attends avec impatience la sortie des projets portés par les candidats et non par les partis. C’est à ce moment-là que les vrais choix se feront. Et que c’est sur le fond que nous serons amenés à nous prononcer.

A 29 ans, je n’ai jamais connu de programme électoral depuis que je suis née. Le dernier réel programme a été porté par François Mitterrand en 1981 avec ses 110 propositions. Depuis rien, que de la com’, que des promesses, que des constats (« la fracture sociale » de Chirac). Jamais de propositions, jamais d’engagements.

Mon choix de l’indépendance, de la séparation des pouvoirs, de la 6e République est déjà fait. J’attends de voir les budgets chiffrés des uns et des autres pour avoir un avis objectif sur le fond. J’attends de voir qui chargera encore un peu plus notre barque sur la dette publique. Ça, ce sera pour moi impardonnable.

medium_quitt.jpg

 

lundi, 05 février 2007

Ombres et lumières

Je vais être clair. Apparemment, je suis comme 70% des Français, ce début de campagne ne me satisfait pas. Trop d'attaques personnelles, trop de coups en dessous de la ceinture, pas assez de débats sur le fond. Soyons honnêtes : il y a des francs tireurs dans les deux camps et j'ai bien en tête quelques noms dans notre famille politique qui préfèrent tirer sur les autres plutôt que de faire des propositions. Mais je suis mal à l'aise actuellement avec la stratégie du PS. Que se passe-t-il ? Ils nous disent qu'ils attendent les résultats de leurs débats participatifs et que donc ils ne peuvent rien dire sur le fond — je ferai prochainement un point là-dessus. A moins de trois mois du premier tour, c'est un peu prendre les gens pour des cons. On commence à écouter les électeurs juste avant les élections et, alors qu'ils ont eu cinq ans pour présenter leur programme, ils ne sont pas fichus de dire où ils en sont. Trop facile. Mais surtout cela fait qu'il est impossible pour l'instant d'avoir un débat.

Un exemple. Jeudi, j'ai fait un débat sur France Inter contre Jack Lang. Cela m'a beaucoup fait rire, c'était ma marionnette préférée au Bébette show ! Mais pour le reste, je suis reparti très déçu. Grosso modo à chaque fois qu'il y avait une question de fond, j'expliquais nos propositions (refonte de la carte scolaire, vrais moyens au niveau des ZEP, refonte des bourses pour mieux répondre aux classes moyennes, dynamisation de nos campus universitaires etc). Et lui répondait : «on attend les résultats de notre débat participatif». Du coup, pour meubler le temps, il flinguait le bilan des cinq années passées sur le thème «nous étions parfaits, vous avez tout cassé». C'est un peu simpliste !

Le résultat, c'est que pour meubler le temps en attendant le soit-disant grand soir du 11 février, je trouve qu'ils font les poubelles pour éviter d'avoir à parler de leurs propositions. Dernier exemple en date, la soit-disante fiche RG sur le type de Greenpeace. Je ne me souviens même plus de son nom. La fiche a été commandée en 1997 par Jospin, il n'y a rien dedans et en plus, malgré toute l'estime, que j'ai pour cette organisation, il faut quand même reconnaître que ce n'est pas un perdreau de l'année et qu'ils ont organisé plusieurs manifestations ultraviolentes.

En tout cas, vivement que la candidate socialiste mette enfin des propositions sur la table pour que le débat puisse avoir lieu des deux côtés.

medium_laurent.jpg

 

mercredi, 31 janvier 2007

« La seule animation, c’est la pizza »

Tous les mardis, Loïc Le Meur, qui donne un coup de main pour la campagne Internet de Nicolas Sarkozy (il ne veut pas qu’on dise qu’il est le monsieur Internet de Sarko), convie des blogueurs au siège de campagne du candidat de l’UMP. Il y a quinze jours, seuls les militants avaient été invités à rencontrer Nicolas Sarkozy. Mardi soir, la réunion était ouverte à tous les blogueurs. Et François Fillon était là pour répondre à leurs questions. Récit d’une soirée qui a vraiment démarré au moment où elle se terminait.

medium_BLOG01.3.jpgUn peu près 20h, une quarantaine de personnes prennent place dans la salle, assises en demi-cercle face à François Fillon, Loïc Le Meur, et Yves Jégo, arrivé un peu en retard. Le premier lance le débat en évoquant justement la note qu’il était en train d’écrire pour son blog. « Est-ce que Nicolas Sarkozy doit rester au Ministère de l’Intérieur ? » s’interroge tout haut le conseiller politique du candidat. Et de répondre seul à la question, déroulant les arguments habituels.La salle est sage, des mains se lèvent pour poser les premières questions, tel ce chroniqueur de Benito Report, ou Bertrand qui se demande combien « on va manger avant de réagir ? ».

 

Fillon est en terrain connu, et la réunion tourne à la rencontre politique classique. On parle Europe, cumul des mandats, Royal, autonomie des universités... Le discours est bien rôdé : « On a besoin d’un président qui gouverne sans se cacher derrière le Premier ministre ; la question de la démission de Ségolène Royal ne se pose pas ; il faut libérer le travail, l’accroissement de la richesse nationale passe par l’accroissement des heures travaillées. »

 

Rien de nouveau sous le soleil, ni sur le fond, ni dans la forme. Il faut dire que l’assistance n’est pas spécialement vindicative. Bien au contraire, malgré la présence du militant socialiste Christophe Grébert qui est venu au titre de journaliste pour le blog Génération 2007. Loïc Le Meur demande combien il y a de militants dans l’assistance. Une quinzaine de mains se lèvent. Mais s’il avait demandé combien il y a de sympathisants, les mains auraient été plus nombreuses.

 

medium_BLOG03.jpgVolontairement ou involontairement, François Fillon manque de peu l’incident diplomatique en expliquant qu’en France les personnes qui sont aux plus hautes fonctions « sont issues des urnes ». Oubliant, ou non, que le Premier ministre n’a jamais affronté les électeurs. Personne ne relève, le remarque glisse sur l’assistance. La soirée ronronne un peu, il ne manque plus qu’un feu dans la cheminée et de la Suze pour tout le monde «La seule animation, c’est la pizza », lâche MRY, blogueur émérite qui s’intéresse de près aussi à Nicolas Sarkozy. «La dernière fois, c’était plus vivant». Même Loïc Le Meur finit par demander à l’assistance comme rendre ce débat « moins chiant ». «Il faudrait se mettre debout, pour une ambiance plus “café”», assure MRY.

 

Et c’est lorsque l’on débat sur la manière dont on doit débattre que tout s’anime. «Vous êtes libres, c’est vous qui posez la question, c’est vous qui choisissez les sujets», ironise Loïc Le Meur. François Fillon est parti. Tout le monde se lève, on met les manteaux, les groupes se forment, on se « podcast » ou se « vidéocast ». C’est maintenant que les vraies discussions commencent.  « La règle ici, c’est la liberté », rappelle Yves Jégo. « Les blogueurs peuvent être durs quand ils sont derrière leur écran, mais en face ils ne disent plus rien. C’est dommage.»

medium_carzon.3.jpg
Photos Sébastien Ortola
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu