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jeudi, 08 mars 2007

Un phénomène pas encore remarqué par les médias classiques, c'est via le web que la nouvelle génération d'intellectuels s'engagent dans la campagne

Difficilement et lentement, une nouvelle génération d'intellectuels, plutôt de gauche, est en train de percer. L’atelier intellectuel et surtout la collection La Republique des idées leur a donné une certaine visibilité. Les travaux de d’Eric Maurin sur les nouveaux ghettos, de Philippe Askenazy sur les conditions de travail, de Thomas Piketty sur l'Impôt sur le revenu à travers le 20e siècle ou encore de Louis Chauvel sur la dérive des classes moyennes sont maintenant connus et largement relayés. Le colloque de Grenoble de mai dernier avait un petit côté événement fondateur générationnel. Même si tous n’ont pas la même inclinaison politique, une nouvelle pensée de gauche semblait émerger.

Pourtant en début de campagne, cette nouvelle génération intellectuelle ne s’est pas manifestée. Plusieurs observateurs l’ont souligné avec des explications différentes : volonté de nourrir le débat politique mais aussi de rester à sa périphérie, réticences supposées envers Ségolène Royal... Cela a été vrai un temps. Cela ne l'est plus.
Ce qui est étonnant, c'est que c'est par le web et de manière individuelle qu'ils ont pris position. Alors que les colonnes des grands journaux leur sont ouvertes, ils ont choisi une autre voie. Thomas Piketty, la même semaine où Le Monde lui consacre une pleine page, passe par le site reconnu mais assez confidentiel antisarko pour prendre position. Il est suivi quelques jours après par Thierry Pech, secrétaire général de la République des Idées qui s'exprime sur le même site. Depuis, le mouvement s'amplifie. Philippe Askenazi s'exprime sur un blog provisoire. Ils utilisent les blogs de Libé, du Nouvel Obs ou sont accueillis par l'agence intellectuelle en ligne Telos...

Cet engagement se fait non seulement via le web, mais aussi à gauche et notamment contre Bayrou. C'est notable.  Au moment où les médias classiques se font échos de la supposée percée de François Bayrou chez les blogueurs et dans certains milieux intellectuels, ils ne relèvent pas ce phénomène, à mes yeux, bien plus marquant. Car c'est aussi là que le nouveau stimulus intellectuel se trouve vraiment. La comparaison est alors rude : d’un côté les posts de Loic Le Meur, pape des blogueurs de droite, sur ses performances de joggeur, les analyses pas toujours passionnantes de plusieurs blogueurs assez médiatisés et les billets des intellectuels que je viens de citer.  

Voici, quelques liens mettant en exergue ce phénomène:


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mardi, 27 février 2007

«Monsieur le Maire, les femmes n’ont pas assez de «couilles» pour élire une femme»

Ce mail, il m’est arrivé tôt ce matin. Il avait un titre suffisamment accrocheur pour que je le lise en premier dans la multitude accumulée dans la nuit et même le reprenne en titre de ce premier billet. Le sujet et la tonalité que j’avais prévu pour ce retour à un blog collectif devaient être tout autre. J’étais parti sur une analyse très sérieuse du programme social et économique de Bayrou. Sérieuse nécessairement, car il faut se les coltiner les 12 pages, sans intertitre et en interlignage simple. Bref, je voulais montrer et montrerai une autre fois qu’avec ce programme, le Béarnais avait abandonné les habits du Che pour reprendre ceux de Raymond Barre . Que ces attaques contre la classe médiatico-politique faisaient écho aux critiques sur le « Microcosme » de l’homme de la Réunion. L’Ile ! Et non, pas la grande alliance politique. Mais, tout cela sera pour une autre fois. Car ce petit mail, m’a bel et bien interloqué. En effet, pourquoi dans les enquêtes d’opinion, Ségolène Royal ne fait pas le plein de voix chez les femmes ? Loin de là. Rien que du très classique, en fait dans l’histoire de la domination. Historiquement, une partie de la gauche a longtemps été réservée face aux votes des femmes par crainte qu’elles votent comme le disait le curé. Mais, quand même ! Il demeure aujourd’hui à l’égard de Ségolène Royal une suspicion très forte. Plus que je ne l’aurais cru. Et elle va se réfugier dans des recoins de notre inconscient collectif pas toujours évident à traquer.

Suspicion, sur sa compétence, bien sûr. Le lynchage du début de l’année nous a montré son intensité. J’attends de voir les réactions aux approximations d’hier de Nicolas Sarkozy sur RMC. Plantage sur les sous marins nucléaires, vision plus que floue sur Al Qaïda et pour l’instant pas grand-chose. Mais, il n’y a pas que la compétence de la candidate socialiste qui soit mise en cause. Ce débat a été en partie clos avec le discours de Villepinte. Solide, charpenté, global. L’examen de passage a été réussi pour reprendre les commentaires des habituels chroniqueurs. Il reste aujourd’hui autre chose. Et c’est bien elle même, et c’est bien l statut qu’on lui réserve du fait de son état de femme.

Et c’est là, qu’on retombe sur François Bayrou. Après avoir percé en jouant au trublion, il veut consolider ses positions en apparaissant désormais comme le seul raisonnable. C’est celui qui rassure, surtout les milieux bien pensant. Il renvoie dos-à-dos Sarkozy et Royal, sur des arguments en fait dissymétriques. C’est éclairant quand il attaque la prodigalité des deux principaux candidats, En fait, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne se comportent pas de la  même façon. Le chiffrage du projet de la candidate socialiste n’a pas connu les mêmes approximations que celui de l’UMP. Il n’y a pas eu de dérapage contrôlé sur la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, sur 5, 10 puis 20 ans. Et pourtant, le candidat de l’extrême centre peut continuer à creuser son sillon. Il joue bien sûr sur la caricature des socialistes dispendieux, même si celle ci commence à être vraiment has been. La gauche est devenue bien souvent plus exemplaire que la droite. Il suffit de comparer l’état des finances publiques en 1995 après le Gouvernement Balladur avec François Bayrou comme numéro 2 et Nicolas Sarkozy comme Secrétaire d’Etat au budget avec celui de 2002.

Mais, en fait il peut continuer d'exploiter ce créneau de l’homme rassurant car il y a bel et bien autre chose.  Ce n’est pas compliqué de vouloir rassurer quand on veut se démarquer de Nicolas Sarkozy. Ses comportements, ses interpellations inquiètent. On a tous en tête son trouble jeu de pompier pyromane comme Ministre de l’Intérieur.  On peut effectivement se demander ce qu’il ferait sans garde fou. Mais, il y  aussi la volonté de rassurer face à Ségolène Royal. Et, là on cherche les raisons. Quels sont les actes, les dérapages verbaux, les propos qui nécessitent de devoir rassurer les Français face à Ségolène Royal. Quand a-t-elle été borderline, comme ils disent ? En rien, si ce n’est qu’elle est une femme. Nicolas Sarkozy fait peur, à raison. Ségolène Royal, inquiète, sans raison, mais par abus de clichés.   Clichés sur l’incompétence des femmes, sur cette vieille et éculée étymologie du mot hystérie … C’est aussi cela qu’il va falloir surmonter chez les Français, et les Françaises.

 

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