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jeudi, 08 février 2007

Les intentions ne sont pas des votes :

Comme d’habitude les sondages sont sur la sellette; comme d’habitude ils sont au banc des accusés avec un nouveau prévenu, les médias, accusés de bipolariser la vie politique française; et pourtant plus qu’à leur habitude, ils scandent les hauts et les bas de la campagne présidentielle. Le débat public est devenu cette course de chevaux avec pronostics, handicaps et écuries présidentielles, que dénoncent les politologues américains.

Un candidat grimpe d’un point et ça y est : sa campagne prend, une candidate perd trois points et elle patine, voire décroche. Et si d’aventure les scores du 22 avril diffèrent des intentions du 21, les sondeurs se seront encore plantés. Petits rappels des raisons pour lesquels les sondages ne peuvent donner le « vrai résultat ».

D’ordinaire, le petit théâtre politico-médiatique ne se joue que devant une salle à moitié vide. L’opinion a d’autres choses à penser que suivre les rebondissements, les dialogues et les intrigues de la scène électoral : près d’un Français sur deux ne s’intéressent pas à la politique. Par conséquent, les intentions de vote jusqu’à six mois d’une présidentielle ne veulent rien dire : la majorité des citoyens ne savent ni qu’il y a une élection et qui sont les candidats.

Par conséquent la campagne électorale est, avant même d’être un moyen de choisir entre les candidats, une séance de bachottage pour les électeurs distraits. Et quand on révise, on change d’avis. Aujourd’hui, les intentions de vote paraissent figer, avec Royal et Sarkozy loin devant, Bayrou et Le Pen qui se dispute la médaille de bronze et une flopée de candidats qui lutte pour atteindre les 5%. Si variation il y a elles sont somme toute limitées. De même 49% des électeurs sondés par CSA se disent « certains de leur choix », ils sont même 61% pour Jean-Marie Le Pen. Dès lors on parle déjà de tiercé gagnant, on parle de cristallisation du choix, c’est imprudent.


Parce que dans la troisième vague du BPF mené par le CEVIPOF, on constate par exemple que près d’un électeur Royal ou Sarkozy sur deux pourrait «probablement voter» pour un autre candidat, et cette proportion s’élève à deux sur trois dans l’électorat de Le Pen, pourtant le plus sûr de son choix… Il faut tenir de plus en plus compte des indécis, de ces électeurs en session de rattrapage qui finalement ne savent encore ni s’ils vont voter, ni pour qui.

Leur proportion a augmenté régulièrement dans les dernières décennies: en 1988, 8,5% des personnes interrogées déclaraient avoir choisi le candidat pour qui ils allaient voter pendant la campagne et 11% au « dernier moment », en 1995 elles étaient respectivement 22,5% et 21,5%, en 2002, 21% et 21%. Et ça, les sondages le mesurent finalement très mal tout simplement parce qu’il est des comportements qu’on a du mal à admettre face à un intervieweur : difficile de dire qu’on ne veut pas remplir son devoir civique, difficile de paraître encore hésitant, difficile de dire « Jean-Marie Le Pen ».

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